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03/12/2017

ARTAUD-PASSION de Patrice TRIGANO

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STUDIO HEBERTOT

 

78 boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

 

(M° Villiers / Rome)

 

Loc. 01 42 93 13 04

 

 

https://www.studiohebertot.com/

 

tous les mardi et mercredi à 21h

 

 

jusqu'au : 31 JANVIER 2018

 

 

Mise en scène : Agnès BOURGEOIS

 

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avec Jean-Luc DEBATTICE ( Antonin ARTAUD )

 

Agnés BOURGEOIS ( Florence LOEB )

 

 

accompagnés de Fred COSTA et Frédéric MINIERE,

musiciens compositeurs et créateurs d'univers sonores.

 

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Sur l'espace scénique encore enténébré sautent des feux follets symbolisant l'esprit dérangé d'Artaud, à force de douloureuse lucidité.

- Antonin Artaud, ce révolté prométhéen dont les pensées lui rongent le cerveau ...

- Artaud le maudit que l'écriture démangeait comme le prurit dont souffrait en permanence Marat, personnage qu'il incarnera pour l'éternité grâce au Napoléon d'Abel Gance.

Le Ciel dont il était banni se reflétait curieusement dans ses yeux : irrésistible aimant pour Florence Loeb, cette jeune fille de 16 ans que le quinquagénaire meurtri devait obséder sa vie durant.

Attirance inexplicable et non coupable - si l'on raisonne comme le commun des mortels - mais pour cet homme la sexualité était un piège dans lequel il refusait farouchement de tomber.

Pour illustrer cette rencontre surréaliste, l'auteur Patrice Trigano a choisi Agnès Bourgeois - qui sera tout à la fois Florence et le metteur en scène de la pièce - face à la massive stature et à l'animalité violente d'un Jean-Luc Debattice dont l'éternelle coiffure peut ici surprendre car il n'a nullement cherché à ressembler physiquement à l'original ( à l'impossible nul n'est tenu ) tandis qu'à contrario, sa partenaire s'est fidèlement composé les traits de celle dont l'écrivain traça le célèbre portrait.

Qui dit cruauté dit vérité et qui ( ? ) plus qu'Artaud en a expérimenté la réalité, lui que l'institution médicale a soumis à 58 électrochocs !!! Avec de telles moeurs, au diable la médecine ! Seule la Sainte (sic) Inquisition fut capable d'une telle barbarie.

Il est vrai que cet homme de son propre aveu avait digéré le christianisme jusqu'à le transformer en excrément souhaitant que Florence fasse de même avec sa judéité.
Ce n'est certes pas par hasard s'il traduisit le Moine de Lewis, lui qui se prétendait hanté !

Artaud était-il un mystique contrarié ? Sans doute, lui qui écrivait " dieu " en minuscule estimant que ce dernier avait failli et transformant le sang du Christ en laudanum ...

Par lui, le théâtre devient un lieu sacrificiel ( ce qu'il était sans doute à l'origine ) dont le but cathartique est d'épurer le monde.

Les valeurs subversives et salutaires de la révolte sont ici exprimées car le théâtre ne doit pas être un lieu de confort intellectuel bien au contraire puisque sa mission est de réveiller les consciences endormies ; or même la musique ici dérange positivement comme tout ce qui n'entre pas dans le " déjà entendu. "

Aussi, précipitez-vous au Studio Hébertot où cette expérience est à vivre.




Simone Alexandre

 

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14:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent

27/11/2017

Psy 2 cause (s) de Josiane PINSON

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L' ARCHIPEL

 

17, boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

Loc. 01 73 54 79 79

 

Pl. 27€ - T.R. 20€

 

https://www.larchipel.net/

 

Metteur en scène : Gil GALLIOT

 

Auteur-interprète : Josiane PINSON

 

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( photo : Aïda DIAGNE )

 

On peut toujours jouer sur le titre et se dire que Psy 2

Cause (s) n’est pas sans annoncer que nous aurons affaire à des problèmes avec la mère, cela se vérifiera, mais le rapprochement avec Norman Bates s’arrête là.


Dans sa nouvelle mouture, Josiane Pinson nous donne à voir une flopée de personnages plus ou moins « almodovariens » ( et le suffixe de cet adjectif inventé nous ravit ! ), tous peu ou prou au bord de la crise, de nerfs, de la quarantaine, de la vieillesse, de la post adolescence… Ce n’est parfois pas exempt de certaines longueurs mais mettons qu’elles soient voulues.

Ce spectacle écrit par une femme, interprété par une femme ( la même ! ), pour une femme, s’adresse aux femmes, et il est difficile pour un homme de s’y retrouver, comme de se retrouver. Les hommes ont un rôle pas très sympathique, coincés entre la veulerie, la lâcheté parfois, l’intérêt souvent, la lubricité, l’inconséquence, qui est l’autre nom,  pénalisant, pour la légèreté.

On peut y entendre un spectacle d’humour, et certains traits font sourire, mais sur le fond, c’est surtout une représentation de la dérive d’une femme plus très jeune, pour qui tout fait question, tout pose problème, et qui, en dépit du niveau que sa profession est censé lui conférer, est totalement larguée dans la vie, comme un naufragé sur sa planche , qui n’est pas même de salut.

On pourra trouver dans ses espoirs des accents à la Yvette Guilbert , croyant avoir trouvé en Raoul l’homme de sa vie et qui subit de nouveau, un « Quand on vous aime comme ça » très pathétique. En gros, rien jamais ne va, et rien ne peut aller.

Ce faux monologue, car en écho, en bande son, nous sommes avec les autres personnages ou avec la pensée de la comédienne est davantage anxiogène que réellement amusant.


Le monde dépeint est un monde de petites personnes qui sont souvent de petites gens, et la situation sociale ne change rien à cette approche, pleines qu’elles sont de contradictions, pleines de certitudes, pleines d’espoir et de crainte face au temps qui passe, et ces femmes, car ce sont surtout des femmes, renvoient une image atrocement inquiétante.

Louis XIV avait surnommé Madame de Maintenon « Votre Solidité » ; ces femmes pourraient être  appelées « vos fragilités » tant elles semblent toutes être au bord du désarroi, proches de l’abandon, par les autres et d’elles-mêmes, toujours dans l’attente de ce à quoi on leur a fait croire, enfant : l’arrivée d’un prince Charmant et une vie comme une promenade en barque, au soleil sur un lac immobile.

C’est en cela qu’elles ne peuvent qu’être déçues, et amères, et rechercher dans les plaisirs pour les uns, la futilité pour d’autres, ou le déni de tout, ou l’inconséquence pure et simple un remède qui permette de patienter en attendant la fin.

Ce n’est pas à proprement parler un spectacle d’humour que Gil Galliot met en scène, mais davantage un spectacle d’humeurs, que l’on pourrait, comme il y a quelques siècles affubler de qualificatifs divers pour  faire ressortir le caractère caché des maladies, et malaises,  qu’elles révèlent.

C’est au théâtre de l’Archipel, le mercredi à 21 heures et le samedi à 17h.




© Frédéric Arnoux

 

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11:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/11/2017

Une femme extraordinaire d'Arthur VERNON

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A LA FOLIE THEATRE

 

6, rue de la Folie Méricourt

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Saint-Ambroise)

 

LOC. 01 43 55 14 80

 

Pl. 22€ - T.R. 17€

 

http://www.folietheatre.com/

 

les jeudi, vendredi, samedi à 21h30

 

 

jusqu'au : 27 JANVIER 2018

 

 

Texte et mise en scène : Arthur VERNON

 

avec : Anna STERN et Daniel HEDERICH

 

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Les français étaient jadis volontiers libertins voire licencieux et de surcroit, fiers de l'être or il semble bien qu'un vent de puritanisme venu d'outre-Atlantique remette en cause depuis quelque temps cet état d'esprit.

Ceux que l'on nommaient jadis avec complaisance " des hommes à femmes " ont bien du souci à se faire, les proverbiales

" gauloiseries " n'étant plus de mise, la notion de harcèlement faisant une entrée fracassante auprès de celles qui vont grossir la meute des " chiennes de garde " envahissant les réseaux sociaux.

En raisonnant comme elles " le bon roi Henri " alias " Le vert galant " devient un vulgaire porc ( aillé de surcroît ! ) et Sacha Guitry un méprisable et médisant collectionneur de femmes.

Or pourquoi ces dernières seraient elles les seules victimes ?



Le sexe dit fort avoue rarement s'être laissé piéger par une Messaline ayant des objectifs qu'elle n'hésitera plus désormais à renier pour se plaindre une fois la victoire acquise et si le marchandage dénoncé manque de noblesse son utilisation n'en est pas moins méprisable.

 

Le libre arbitre n'existerait-il plus ?

Comme chacun sait, la passion est aveugle  et beaucoup

( homme ou femme ) se laissent prendre à ce petit jeu au moins une fois dans leur vie ( sinon plus ) a fortiori, quand la ruse s'immisce dans les relations.

 

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Par conséquent et vu le climat de délation ( n'ayons pas peur des mots ) qui règne actuellement, Arthur Vernon en digne héritier de Choderlos de Laclos a fort bien fait d'écrire cette pièce érotique ( porno diront certains ) afin d'analyser la psychologie d'un homme pris au piège de cet amour physique mais pas seulement.

- Ah !  " les égarements du coeur ( ? ) et de l'esprit " ...

 
Certes, je ne vous conseillerai pas d'assister à ce spectacle en famille mais que celui ou celle qui ne s'est encore jamais fait prendre à ce petit jeu, leur jette la première pierre !

Il est vrai que nous ne sommes pas habitués à ce mode d'expression au théâtre, réservé jusqu'alors au cinéma avec plus ou moins de bonheur …

Pourtant le schéma est classique, une jeune et belle femme - superbe même - a décidé de se rendre irrésistible afin d'en profiter. Pour cela, elle ne reculera devant rien. Les outils fournis par internet permettent toutes les supercheries et elle va en user et abuser afin de tisser sa toile en direction de ses victimes et de celle-ci en particulier. Comme la dame est mythomane, l'action ne manquera pas de rebondissements !

Je ne vais certes pas entrer dans les détails … non parce que le sujet est sulfureux mais tout simplement parce que m'étant demandé de bout en bout comment tout cela allait finir je ne voudrais pas vous priver du suspens dont j'ai bénéficié.

( cathos coincés s'abstenir.)

 

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( photo : Olivier PARENT )



Daniel Hederich s'implique complètement dans ce rôle d'homme victime d'une trop grande attraction pour cette femme belle à damner un Saint mais dont le manque de scrupules lui tient lieu de moteur pour mettre à exécution ses plans.

Ce personnage féminin interprété par Anne Stern est mis en valeur par son expérience de danseuse et chanteuse ce qui tombe bien puisque la supercherie utilisera le chant pour ajouter un prétexte supplémentaire à la démarche ...

Le soir où j'ai assisté au spectacle, nos deux équilibristes avaient un peu trop tendance à accélérer le rythme au préjudice de la diction mais il faut bien reconnaitre que ce qu'ils font là n'est pas facile et je ne doute pas qu'ils trouvent leur vitesse de croisière très rapidement.

En tout cas, l'esthétisme général est bien au rendez-vous d'autant que vu l'énergie déployée, l'homme ne tardera pas à perdre ses imperceptibles poignées d'amour …
Les spectateurs quant à eux risquent juste de se sentir un peu voyeurs mais au théâtre c'est permis, non ? Aussi foin d'hypocrisie, n'allez pas bouder votre plaisir !




Simone Alexandre

 

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11:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent