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15/10/2014

Le plaisir de rompre et Le pain de ménage de Jules Renard

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Théâtre DAUNOU

7, rue Daunou

75002 PARIS

 

(M° Opéra)

 

Loc. 01 42 61 69 14

 

 

Pl. 20 à 35€

 

A 19h. du mardi au samedi

 

A 17h30 le dimanche

 

Mise en scène : Pierre LAVILLE

 

avec Béatrice AGENIN et Laurent D'OLCE

 

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Drôle de bonhomme que ce Jules Renard, atrabilaire notoire (« pas fermé l’œil : le rossignol a gueulé toute la nuit ») et diariste  redoutable, qui pourtant dans ces deux dialogues élégants et un peu surannés que nous pouvons entendre au Théâtre Daunou laisse transparaître une sensibilité inquiète.

 

Mis en scène par Pierre Laville, avec une économie d’effets dont nous lui savons un gré infini, Béatrice Agenin, magnifique et rare, et Laurent d’Olce, efficace, nous donnent à voir et entendre « le Pain de ménage » puis « Le Plaisir de rompre ».

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgDans la première de ces pièces en un acte, nous assistons à une entreprise de séduction de la part d’un homme marié à l’égard d’une femme mariée elle aussi. Il faut préciser qu’ils le sont chacun de leur côté, et qu’ils sont, selon toute apparence, heureux dans leur conjugo. Toutefois le Monsieur se ressent le besoin de tenter  de savoir si son charme quarantenaire peut encore opérer et si la Dame est en mesure de répondre à ses tentatives. Nous vous laissons le soin d’apprécier et des manœuvres et de leurs suites, mais il faut bien reconnaître et bien que Jules Renard ait été, si on en croit les biographes, parfaitement heureux dans son mariage, que l’auteur nous brosse un tableau assez peu optimiste des individus.

 

Peut être prêts à l’aventure, les plateaux de la balance oscillent avant que le fléau se fixe. A vous de voir ce que vous en pensez…

 

Dans « Le Plaisir de rompre », c’est la future ex maîtresse et un imminent nouveau marié qui se rencontrent pour la dernière fois, selon toute apparence, avant que le fiancé n’aille aux épousailles, comme on va à Canossa.

Ils cherchent à rompre avec élégance et tact, et on s’aperçoit vite que la Dame, certainement plus âgée que son amant, organise la vie de ce dernier.

 

Cette pièce vive n’est pas enjouée, et démontre assez bien la veulerie des hommes, leur faiblesse, leur manque de détermination, leur soumission, et pour tout dire, leur petitesse.

 

Là encore Jules Renard démontre son vif talent à brosser une situation désespérante, d’où une certaine légèreté n’est pas absente, parce que la politesse, c’est aussi savoir tout dire en effleurant les mots.

 

Ces personnages ne sont pas futiles, ils sont délicieusement humains, faibles et forts à la fois.

 

La supériorité de Renard sur Guitry est qu’il ne prend pas les femmes pour des objets, fussent-ils d’admiration, mais bel et bien pour des êtres pensants. Et c’est bien là ce qui ressort de ces deux courtes pièces : les femmes mènent le monde que les hommes croient diriger. 

 

Allez-y vite, c’est au théâtre Daunou à 19 heures et c’est une délicieuse manière de commencer une soirée.

 

© Frédéric Arnoux

www.theatrauteurs.com

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10:50 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/10/2014

Gouttes d'eau sur pierres brûlantes de Rainer Werner Fassbinder

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Théâtre de Belle Ville

94, rue du Fbg du Temple

75011 PARIS

 

(M° Belleville ou Goncourt)

 

Loc. 01 48 06 72 34

 

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

- de 26 ans & abonnés : 10€

 

 

jusqu'au : 21 OCTOBRE 2014

 

DIMANCHE & LUNDI à 21h.15

le MARDI à 19h

 

 

Mise en scène : Hugo BARDIN

 

 

avec : Antonin CHALON ou Alexis GILOT (en alternance), Marie PETIOT, Emmanuel REHBINDER, Kameliya STOEVA

 

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Première pièce écrite par Rainer Werner Fassbinder alors âgé de 19 ans. 

On a coutume d'assimiler les auteurs aux personnages qu'ils créent et RWF fut sans doute et successivement, Franz puis Léopold puisque nous savons à peu près tout de sa courte vie.

 

Ce rimbaldien germanique avait n'en doutons pas, l'intention de parvenir au génie " par le dérèglement de tous les sens " mais il voulait également  réveiller un pays devenu atone suite aux épreuves traversées durant la dernière guerre. 

Ses créations seront donc autant d'électrochocs en direction d'une population qui avait décidé de ne plus rien voir ni entendre.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgAvant que la pièce commence, nous découvrons le plus jeune des deux personnages masculins,  debout face au public et se rongeant les ongles avec obstination.

Une voix off s'élève alors venue du côté des spectateurs, cette intervention ayant valeur de prologue peut-être un peu trop prolongé ( ? ... ) d'autant que le public est impatient de découvrir celui qu'il entend.

 

Léopold ( Emmanuel Rehbinder ) et Franz ( hier, Alexis Gilot ) peuvent désormais se faire face. Chacun a respectivement 35 et 20 ans. Un homme expérimenté face à un post-adolescent qui continue à se chercher et a eu la malchance de trouver le premier. Car Léopold est un chasseur qui ramène sa proie dans sa tanière. Interrogation, aveux … le piège s'est refermé.

Le jeune homme essaiera bien d'évoquer et invoquer Anna, sa fiancée mais son interlocuteur aura tôt fait de lui prouver l'inanité de cette relation.

Changement de lumière, quelques mesures de danse favorisant l'effeuillage et le pas sera franchi.

 

Un certain temps s'est écoulé, Franz installé chez Léopold joue les vestales tandis que son seigneur, maître et amant parcourt les routes pour les besoins de sa profession. Il s'absente souvent durant tout une semaine et revient de fort méchante humeur. O ironie !  Il s'ensuivra ce que l'on désigne parfois sous le terme de : " querelle d'allemands " 

 

Les " ex " : Anna ( Marie Petiot ) et Véra ( Kameliya Stoeva ) ne vont pas tarder à refaire leur apparition une à une, ce qui donnera des idées à Léopold qui cherche toujours à pimenter sa vie sans égard pour les autres, bien au contraire !  … 

La mise en scène se veut alors très " hot " et Hugo Bardin ne manque pas d'imagination. (tout au long de la pièce, une plus grande maîtrise de la direction d'acteurs serait toutefois souhaitable.)  

Le caractère trivial de certaines situations ne sera pas écarté mais nous savons que chez l'auteur les choses se sont parfois déroulées de la sorte et l'inéluctable aura lieu dans un climat de cynisme effarant.

 

Ceux qui ne connaissent pas encore la pièce ou veulent la revoir ont jusqu'au 21 octobre pour cela.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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 ( photos : Raphaël PIRON )

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14:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/10/2014

Sugar de Joëlle Fossier

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VINGTIÈME THÉÂTRE

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

 

(M° Ménilmontant)

 

Loc. 01 48 65 97 90

 

 

Pl. 25€, Séniors : 20€, Etud. 13€

 

A 21h30, jeudi, vendredi, samedi

 

A 17h30 le dimanche

 

 

jusqu'au : 26 OCTOBRE 2014

 

 

Mise en scène : Frédérique LAZARINI

 

avec : Guillaume BIENVENU, Stéphane DOURET, Denis LAUSTRIAT, Frédérique LAZARINI

 

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Jusqu'à la dernière guerre, il n'était pas rare qu'un bon bourgeois, père de famille, notable de surcroit entretienne une petite amie, bref mène une vie double connue ou non par son épouse … 

Puis les moeurs ont changé, les femmes ont - paraît-il - été libérées pour que les hommes bénéficient de plus de liberté encore.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgActuellement, force est de constater que seuls les garçons parviennent à bénéficier d'une semblable prise en charge, ce qui n'exclut nullement les états d'âme. 

Georges (Denis Laustriat) notaire de son état, donc notable socialement, notoirement père de famille a " mis dans ses meubles " comme on disait jadis, William (Guillaume Bienvenu) il y a de cela 5 ans.

Comme à l'accoutumée en pareille circonstance, l'homme marié joue les courants d'air ne voulant surtout pas détruire le bel édifice de sa vie apparemment rangée.

Au paroxysme d’un état dépressif, William, qui ne fait plus que dormir ou se lamenter, vient de bazarder (il n'y a pas d'autre terme) les meubles et autres bibelots que Georges lui avait offert.

Un voisin sympathique (du moins dans un premier temps) - rôle interprété par Stéphane Douret - s'est chargé de la transaction.

Arrivée de la soeur, infirmière urgentiste ( Frédérique Lazarini) mère poule du frérot (William) et femme de caractère ! Après avoir recueilli des aveux totalement superflus, cette dernière va décider de prendre la situation en mains et c'est alors que quelques rebondissements vont avoir lieu.

Concernant Joëlle Fossier, on se souvient tout particulièrement de la pièce, " Compartiment fumeuses " qu' Ivana Coppola jouait à la perfection sans oublier " Les Zola " d'un tout autre registre ...

Cette fois l'auteur (e) semble avoir voulu surfer sur la vague dont, pour l’heure, les médias nous rebattent les oreilles ad nauseam.

La scène au cours de laquelle le " voisin sympathique " se transforme brusquement en plouc anti-gay (injurieux au possible) en dit long sur la réaction de certains.

Maintenant si on examine la situation sans l'ombre d'un a-priori, que deviendront ces deux hommes disons … dans 5 ans ? Une fois qu'ils auront bu jusqu'à la lie la coupe de la promiscuité maritale...  L'âme humaine est ainsi faite qu'elle désire toujours ce qu'elle n'a pas et peut-être alors la nostalgie viendra à Georges de sa vie d'avant avec ses enfants mais n'anticipons pas. Toute expérience doit se vivre personnellement pour être profitable.

Vous avez encore jusqu'au 26 octobre pour aller voir la pièce si le thème vous intéresse, bien sûr.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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15:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent