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06/06/2014

Voltaire-Rousseau de Jean-François Prévand

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POCHE-MONTPARNASSE

75, boulevard du Montparnasse

75006 PARIS

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 45 44 50 21

 

A 19h. du mardi au samedi

 

A 17h.30 le dimanche

 

 

Mise en scène de l'auteur et de Jean-Luc Moreau

 

avec : Jean-Paul Farré et Jean-Luc Moreau

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgC’est toujours un plaisir rare, presque une suavité que de se frotter à l’intelligence d’un texte presque nu. Car au Théâtre de poche, Jean Pauul Farré et Jean Luc Moreau sont respectivement Voltaire-Rousseau , la pièce de Jean François Prévand, mise en scène par lui-même et Jean Luc Moreau avec discrétion et efficacité, du mardi au samedi à 19 heures et le dimanche à 17h30.

 

Ces deux-là ne s’aimaient guère, et nous avons face à face, dans une rencontre inventée un duel verbal entre un orgueilleux couvert de gloire et un faux modeste auto-flagellant.

 

Voltaire est réputé pour son esprit et ses mots demeurent aujourd’hui davantage que son poussiéreux et pesant théâtre, ou nombre de ses écrits ampoulés ( "La Henriade", quel pensum ! ) et parfois bassement flatteurs, voire complaisants.

Il reste de lui surtout les « Contes philosophiques »  et l’affaire Calas. Cela peut paraître peu, c’est énorme si on veut bien se replacer dans le contexte historique.

 

Rousseau est moins flambard, plus en retrait, genevois pour tout dire, de cette nation discrète mais solide, et bien qu’il ait lui aussi joui des faveurs de quelques grands, et notamment des dames, il pose au solitaire, au quasi ermite, qui défend la bonne nature de l’homme et croit en des mythes, ou du moins feint d’y croire.

 

Nous avons là deux grands pendards de penseurs peu dupes d’eux-mêmes, qui sont en représentation permanente, pour les autres, mais pour la satisfaction de leur immense vanité aussi, et peut être surtout.

 

L’argument de la pièce est une visite de Rousseau à Voltaire pour savoir si ce dernier ne serait pas l’auteur caché d’un pamphlet intitulé « Sentiments des citoyens » qui est un tissu d’infamie contre Rousseau lui-même. Le jeu du chat et de la souris, à rôle parfois inversé, est un exercice périlleux auquel Farré–Moreau se livrent avec un talent tel que nous croyons voir Voltaire-Rousseau.

 

Nous voyons et entendons les deux esprits s’affronter, s’allumer, se déchirer, feindre de se concilier pour retomber dans une querelle au fond inextinguible.

 

Cela nous vaut notamment un numéro de Farré-Voltaire d’une haute drôlerie, avec une vue plongeante sur la mécanique de son cerveau en marche. C’est un magnifique moment de théâtre.

 

Rousseau est plus posé, et plus dissimulé aussi, ce qui est une forme d’exploit quand on sait le caractère au fond assez chafoin de Voltaire.

 

L’esprit des lumières passe, dans un texte moderne, plein d’allusions à notre actualité, et on cite les encyclopédistes, d’Alembert, Diderot et madame d’Epinay aussi qui n’était pas la plus sotte des femmes de son temps… 

 

Et se dire que les cénotaphes de ces deux olibrius se font face au Panthéon désormais laisse rêveur sur la notion de cohabitation et l’éternité de leur dispute.

 

Cette pièce est une reprise, qui se donne depuis sa création en 1991. Ce peut être aussi une nouveauté pour qui ne la connait pas et qui a la chance de pouvoir la découvrir.

 

Il faut aller assister à la performance des deux acteurs, diction parfaite, équilibristes des mots et jongleurs des idées.

 

C’est un beau spectacle, c’est une très belle soirée d’intelligence et d’humour courtois.

 

Frédéric Arnoux ©

www.theatrauteurs.com 

 

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 ( photos : Brigitte Enguerand )

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10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/06/2014

Le Roi nu de Evguéni Schwartz

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THÉÂTRE 13 / Jardin

103A, bd Auguste Blanqui

75013 PARIS

 

(M° Glacière)

 

loc. 01 45 88 62 22

 

Pl. 24€ - T.R. 16€

(le 13 de chq mois, tarif unique : 13€)

 

mardi, jeudi et samedi à 19h.30

mercredi et vendredi à 20h.30

dimanche à 15h.30

 

Traduction d'André Markowicz (Ed. Les Solitaires Intempestifs)

 

Mise en scène : Léa Schwebel

 

avec Mansour Bel Hadj, Julien Jacob, Charly Labourier ou Régis Vallée, Olivia Lamorlette, Solen Le Marec, Amandine Marco, Violette Mauffet.

 

 

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgEn découvrant l'espace scénique, on se dit qu'il y aura beaucoup de changements à vue et tout commence par une musique cristalline, très agréable.

Sept comédiens ont relevé le défi qui consiste à interpréter 48 personnages virevoltants, durant 1h.30 sans interruption.

La pièce est inspirée de 3 contes d'Andersen ( Le Porcher, La princesse au petit pois et Le Roi nu ) et a servi de prétexte à l'auteur pour dénoncer le ridicule du Pouvoir ce qui lui valu d'être à ce titre censurée par le régime stalinien, pas dupe, même si Evguéni Schwarz expliqua que celui qu'il visait était en réalité Hitler car ici toutes les dictatures sont bel et bien concernées.

Un jeune et beau porcher tombe éperdument amoureux d'une jolie princesse et - ô miracle ! - celle-ci partage immédiatement sa flamme. Seulement voilà, le roi son père a décidé de la marier avec un voisin puissant, vieux, bête et laid et nos tourtereaux resteront un temps séparé.  Heureusement l'imagination du jeune homme pourra inverser le cours du Destin.

Henri, le porcher amoureux est interprété en alternance par Charly Labourier et Régis Vallée - Je pense avoir vu ce dernier sur scène le jour où j'assistai à la représentation et puis vous affirmer que tout en lui témoigne d'un grand sens de l'esthétisme.

Julien Jacob drôlissime est (entre autre) Le Roi nu ainsi qu'une suivante (hilarante à souhait) de la jeune princesse, ce rôle étant joué par la jolie Violette Mauffet.

Olivia Lamorlette est incroyable en gouvernante allemande et fait preuve ici d'une présence scénique dévastatrice.

En règle générale, j'ai trouvé les costumes réalisés par Mélisa Léoni, très sombres et par conséquent un peu triste mais il est vrai que l'époque évoquée était au diapason.

Quant aux masques et prothèses conçus par Amélie Madeline et Oriane Poncet, disons que le duo n'a pas fait dans la dentelle ! ...

Durant tout ce temps, les comédiens s'amusent comme des fous. Les spectateurs quant à eux rient ou s'endorment (c'est selon) tant il est vrai que la perception d'un spectacle est hautement personnelle, puisque basée sur l'expérience de chacun.

Ici, il semble que Léa Schwebel ait plus précisément visé le jeune public et se souvenant sans doute que " la chair est triste " ses directives sont allées délibérément dans le sens du grotesque sachant à quel point les enfants sont attirés par les monstres qu'ils trouvent hilarants.

Cette comédie burlesque se donne jusqu'au 22 juin et constitue le spectacle idéal pour une sortie en famille.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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 ( Photos : Pauline Miko ) 

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11:21 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/06/2014

Monsieur Belleville de et par Thibault Amorfini

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Théâtre de Belle Ville

94, rue du fbg. du Temple

75011 PARIS

 

(M° Goncourt ou Belleville)

 

Loc. 01 48 06 72 34

 

du mardi au samedi à 21h.15

Dimanche à 20h.30

 

Relâche les 14, 20, 24 & 29 Juin

 

 

jusqu'au 13 JUILLET 2014

 

 

Texte, vidéos et idée originale : Thibault Amorfini

 

Mise en scène : Brigitte Sy

 

Musique : Aurore Juin

 

avec  Thibault Amorfini, Erwan Daouphars, Céline Groussard, Ludovic Lamaud, Hélène Vivies.

 

 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgBelleville, quartier populaire par excellence, aimé par les uns, honni par les autres, lesquels n'hésitent pas à dénoncer " la faune " qui s'y presse … 

En cette époque où les gens ont tendance à vivre par écran interposé, celui qui se nomme ou se surnomme plus exactement " Monsieur Belleville ", ce vagabond infatigable, hante les rues, attentif à tout ce qui se passe, incroyablement disponible à ceux qu'il croise.

L'homme est jeune - baskets et blouson - porteur également d'un bonnet enfoncé profondément sur la tête en dépit d'une chevelure qui a tendance à vouloir prendre le large. Au fil des mois et des intempéries ce poète réinvente la ville.

C'est ainsi qu'il porte la même attention au pigeon mourant qu'à ce père Noël nain.

Bref, il est disponible à tous, qualité devenue rarissime ! 

Tandis que certains s'inventent une autre vie en n'hésitant pas à se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas, lui est bien réel, authentique et cependant, complètement atypique. 

Ne croyez pourtant pas qu'il vive hors du temps ce, parce qu'il se passe aisément d'internet ou de téléphone portable.

Il s'inquiète même régulièrement de ce qui se passe dans le monde en consultant la presse écrite, démarche oubliée depuis longtemps par le plus grand nombre d'entre nous et croyez moi, son geste n'a rien de ringard. Car ce jeune SDF n'a pas perdu le goût de vivre, d'apprécier les autres.

Certes, beaucoup de ceux qui sont actuellement dehors et vivent en toute logique, cette situation plus mal que lui, crieraient à l'idéalisme (dans le meilleur des cas) alors que ce témoin actif nous aide tout simplement à voir ce que nous ne savons plus regarder, c'est à dire, les autres.

Moi qui suis généralement allergique à l'utilisation de vidéos au théâtre, je dois reconnaître que celles-ci sont superbes et porteuses d'une grande signification.  Il s'agit pour l'heure du premier volet d'un diptyque consacré à l'urbanisme humain (par conséquent à suivre …) et le texte écrit par Thibault Amorfini est à la disposition des spectateurs qui désireraient le lire après avoir vu le spectacle. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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15:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent