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25/09/2013

La Locandiera de Carlo Goldoni

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THEATRE de l'ATELIER

1, place Charles Dullin

75018 PARIS


(M° Abbesse, Pigalle, Anvers)


Loc. 01 46 06 49 24


www.theatre-atelier.com


Pl. 40, 30 & 15€


Du mardi au samedi à 20h.

matinée le samedi à 16h.


jusqu'au : 25 JANVIER 2014


 

Traduction : Jean-Paul MANGANARO


Mise en scène : Marc PAQUIEN


avec Dominique BLANC - André MARCON - Anne CAILLERE - François DE BRAUER - Anne DURAND - Gaël KAMILINDI - Pierre-Henri PUENTE - Stanislas STANIC


 

Aucun doute, mieux vaut entrer dans cette auberge que dans celle des Adrets.  

La maîtresse des lieux est accorte, malicieuse en diable et possède un charme fou.

Du reste, tous ceux qui séjournent chez elle ne veulent plus en repartir. 

Sauf un, en la personne de  ce chevalier de Ripafratta qui évite de se frotter aux femmes ... 

Car c'est un vrai bourreau des coeurs, cette Mirandolina à qui la talentueuse Dominique Blanc prête regard et sourire enjôleurs. Personne ne lui résiste, depuis les valets jusqu'aux seigneurs, lesquels en la voyant ne rêvent que de se commettre avec une aubergiste, pourvu que ce soit elle ! 

L'étique marquis de Forlipopoli (François de Brauer) veut être son protecteur tandis que l'opulent comte d'Albafiorita (Pierre-Henri Puente) la couvre de bijoux qu'elle feint de refuser pour ensuite accepter afin qu'il ne se fâche pas.  Nul risque pourtant puisque ces hommes pour elle sont prêts à tout et se chamaillent en espérant. C'est donc une reine qui règne sur cette auberge et n'aime rien tant que sa liberté et son pouvoir de femme.

Comment imaginer alors, qu'elle ne se pique pas au jeu, en voyant un homme apparemment insensible aux charmes de son sexe, elle qui les tient tous en servitude ? Or la dame a plus d'un tour dans son sac. Le pauvre chevalier incarné de façon virile par André Marcon qui a tout d'un roc mais dont on finira par découvrir la faille (identique pour tous) brusquement éperdu, fou d'amour après avoir renié toutes ses théories sur le sujet ne pourra que faire sienne la célèbre phrase de Napoléon : " devant l'amour, une seule victoire : la fuite ! " au grand dam de son serviteur Tonino (charmant Gaël Kamilindi)  qui lui aussi comptait au nombre des victimes ...

Quant à Fabrizzio (Stanislas Stanic) le serviteur fidèle qui espère désespérément devenir l'époux de cette femme tant convoitée, ses voeux pourront enfin être exaucés. Deux comédiennes cherchant à passer pour des grandes dames (Anne Durand dans le rôle d'Ortensia et Anne Caillère (Dejanira) tenteront bien de détourner l'attention de ces coqs asservis mais ne feront que passer en cette superbe adaptation de Jean-Paul Manganaro, mise en scène avec brio par Marc Paquien.

Quant à vous, ne laissez surtout pas passer cet événement théâtral, au risque d'être inconsolables. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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( photos : ARTCOMART )


 

13:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/09/2013

Hannibal de Christian Dietrich Grabbe

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THEATRE de GENNEVILLIERS

41 avenue des Grésillons

92230 GENNEVILLIERS


(M° Gabriel Péri - ligne 13)


Réserv. 01 41 32 26 26


www.theatre2gennevilliers.com


Pl. 24€ / 15€ / 12€ / 9€



les mardi et jeudi à 19h.30

mercredi, vendredi, samedi à 20h.30

dimanche à 15h.

relâche le lundi.


jusqu'au : 4 OCTOBRE 2013


 

Traduction et adaptation: Bernard Pautrat


Mise en scène : Bernard Sobel


 

avec : Sarah Amrous, Jacques Bonnafé, Romain Brosseau,

Eric Castex, Pierre-Alain Chapuis, Laurent Charpentier,

Simon Gauchet, Claude Guyonnet, Jean-Claude Jay,

Yann Lefelvre, Vincent Minne, Anaïs Muller,

François-Xavier Phan, Tristan Rothhut, Gaëtan Vassart



 

Si Hannibal  " n'est pas une pièce historique " elle se situe cependant à une époque précise de l'Histoire, c'est à dire entre le II ème et 1er siècle de notre ère. Rome et Carthage s'affrontaient alors. On en connaît l'issue.

Christian Dietrich Grabbe est un auteur méconnu. Il le fut de son vivant et le resta (jusqu'ici) après sa mort, ce qui relève de l'injustice flagrante car le texte est puissant, ironique parfois avec souvent, des accents quasi shakespeariens. 

Merci à Bernard Sobel de nous l'avoir fait découvrir !

Est-ce par manque d'imagination ? ... Mais les anachronismes vestimentaires me dérangent au plus haut point. Ici, Mina Ly nous présente un salmigondis de costumes appartenant à 3 époques différentes ce qui - a mes yeux - nuit quelque peu à l'unité de la pièce tout en empêchant les interprètes de se glisser sans réserve dans la peau du personnage qu'ils sont censés incarner car quoiqu'ils fassent cette " pelure " qu'ils ont sur le dos nous obligera à voir un comédien jouant un rôle. Reproche que l'on ne saurait cependant adresser à Jacques Bonnafé tant il investit en dépit de son aspect contemporain, celui d' Hannibal.

Passons donc sur cette réserve pour saluer le travail phénoménal que ce spectacle a demandé.  

A l'exception du rôle titre, les comédiens ont chacun plusieurs partitions à jouer.

C'est ainsi par exemple que Pierre-Alain Chapuis (pour ne citer que lui) sera tour à tour, marchand d'esclaves, Caton, le despote de Capoue, un prêtre cartaginois et le roi Prusias, rôle dont visiblement il se régale presque sans mesure. 

Là, encore une parenthèse vestimentaire sera largement exploitée en direction cette fois de l'époque napoléonienne et si c'était un clin-d'oeil, il est pour le moins appuyé !  

Les éléments de décors effectuant à vue, des aller-retour entre les cintres et le plateau, nous confirment que nous sommes bien au théâtre; en revanche les effets parfaitement réussis de lumière lors des sacrifices humains à Moloch ainsi que l'incendie de Carthage frapperont efficacement les imaginations. 

La pièce est longue (2 heures 40) mais mérite le déplacement d'autant qu'à l'issue de la représentation, bon nombre de spectateurs auront envie de mieux connaître cet auteur qui n'a peut-être pas vécu assez longtemps pour s'imposer à la gloire qu'il méritait.  Aussi précisons que son oeuvre est disponible aux Editions de l'Age d'Homme et qui sait ? ... peut-être d'autres titres seront-ils enfin portés à la scène ? 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( Photos : Hervé Bellamy )


11:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/09/2013

FIN DE SERIE, comédie méchante et burlesque en hommage aux vieux

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VINGTIEME THEATRE

7, Rue des Plâtrières

75020 PARIS


(M° Ménilmontant)


Loc. 01 48 65 97 90


www.vingtiemetheatre.com


Pl. 25€ - Séniors : 20€ - Etud. 13€


Du mercredi au samedi à 21h.30

dimanche à 15h

.

jusqu'au 13 OCTOBRE 2013


 

Un spectacle de et avec : Alain Boone, Jean-Claude Cotillard et Zazie Delem.


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Cela commence par une chanson dont les paroles principales sont " aïe ! aïe " ce qui d'emblée, nous amène à penser que le " la " est donné. ll s'ensuivra un tas de bruits destinés à meubler cette solitude à deux : ponctualité d'un coucou suisse, bulles produites par un faux poisson rouge, intervention fréquente d'un faux oiseau qui s'égosille, jusqu'au miaulement ou ronron (c'est selon) d'un faux chat. Tous ces animaux bien réels poseraient problème aussi vaut-il mieux se contenter de cette forme d'ersatz qui présente tous les avantages sans les inconvénients.

Le couple est installé dans ce séjour mais ne se parle pas ou si peu. Il est vrai que tout a été dit depuis longtemps, alors à quoi bon en rajouter ?

Après les petites péripéties constituant la routine quotidienne, Monsieur décide de prendre l'air et Madame brusquement libérée allume la radio, se précipite sur la bouteille d'alcool et allume une cigarette : la belle vie, quoi ! 

C'est à ce moment que le médecin se pointe, la démarche aussi naturelle que celle d'un mannequin présentant la dernière collection à griffe. Après avoir évalué la situation qu'il désapprouve bien sûr, il se campera à la rédaction d'une ordonnance longue comme un jour sans pain. 

Le mari une fois de retour aura droit au contrôle de son pacemaker qui fait mauvais ménage avec le four à micro-ondes mais permet quelques dérapages conjugaux en direction du sado-masochisme. A chaque âge ses plaisirs ...

Le gag surréaliste aura lieu au moment du déballage des médicaments qui ne tarderont pas à couvrir la table; quant au médecin ce dernier épingle systématiquement ses honoraires à la porte puis se retourne d'un air de dire,

- " ne vous inquiétez pas, je vais revenir " ! 

Il reviendra en effet, sous les traits d'un kiné ou d'un représentant des pompes funèbres et chaque fois affichera sa note en partant.  

C'est drôle, d'une drôlerie un peu grinçante mais c'est également une performance scénique pour ces trois là qui, le temps d'une représentation conjurent le sort et pour eux et pour nous. D'autant qu'il n'y a pas d'urgence en une époque où le jeunisme règne.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Géraldine Aresteanu )

 

17:44 Publié dans THEATRE | Lien permanent

20/09/2013

Le Soldat ventre-creux de Hanokh Levin

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CARTOUCHERIE de VINCENNES

Théâtre de la Tempête

Route du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes

+ navette gratuite ou autobus 112)


Réserv. 01 43 28 36 36


www.la-tempete.fr


plein tarif : 18€

T.R. 15€ et 12€

mercredi, tarif unique : 12€


du mardi au samedi à 20h.30

dimanche à 16h.30


 

Texte français : Jacqueline Carnaud et Laurence Sendrowicz  (Editions Théâtrales)


Mise en scène : Véronique Widock


avec : Stéphane Facco (Le Soldat Ventre-Creux) - Vincent Debost (Le Soldat Ventre-Plein) - Axel Petersen (La Femme) - Henri Costa (Le Soldat Ventre-à-terre) - Christophe Pinon (Le Grand-père, les Voisins) 

en alternance, Nicolas Couffin et Mateo Frey (L'Enfant)

 

 

Très critique en ce qui concerne le triomphalisme des israéliens après la Guerre des Six Jours, Hanokh Levin était trop intelligent pour ne pas s'être posé la question suivante,


- " si cela avait duré cinq ans, quel Sosie aurais-je été au retour d'une mobilisation générale ? " 


Or (comme chacun sait) tout auteur se projette dans les personnages qu'il crée. 

La pièce commence à la façon d'une parodie de cet Amphitryon de Molière  que nous connaissons tous. ( ceux qui veulent paraître plus savants même s'ils ne l'ont pas lu, feront référence à Plaute ... ) et cette lanterne n'est pas Alcmène mais son fils qu'il s'apprête à revoir et découvrir en même temps. Un père veut toujours faire figure d'exemple aux yeux de sa descendance. Notre Sosie va donc se parer des plumes du paon en une répétition de la rencontre qu'il appréhende et qui, bien entendu ne se déroulera pas comme prévu. ( sinon, il n'y aurait pas eu de pièce ! ) 

Dans la tragi-comédie antique - car tout ce qui nous vient des dieux est tragique - Mercure prenait les traits de Sosie pour mieux servir son maître Zeus, qui lui même avait emprunté ceux du Sosie en question. Ici, le roi des dieux est déjà dans la place puisqu'il se nomme dérisoirement : Ventre-Plein.

Il possède donc demeure, femme et enfant et notre soldat revenu de guerre le ventre-creux ( comme son nom l'indique ) n'a plus rien et ne parvient même pas à se faire reconnaître. 

Comble de malheur après s'être fait rosser de main de maître par l'occupant des lieux, il va se voir confronté à un autre reflet de lui-même sous les traits de Ventre-à-Terre agonisant, en un surcroît de malédiction.

Sa femme ne le reconnaît pas, son fils non plus puisqu'il n'avait que 3 ans au moment du départ, il a faim, est fatigué et n'a plus désormais aucun toit au dessus de sa tête. Connaissez-vous pire sort que celui-là ? En utilisant cette métaphore du ressenti de l'ancienne diaspora : nulle part chez eux, l'auteur en a dérangé plus d'un, ce, à un point tel, que la pièce ne fut jamais créée en Israël, ce qui permet au théâtre de la Tempête de nous la présenter grâce à une distribution brillante et une mise en scène allant jusqu'au chorégraphique donc, sollicitant l'engagement total des interprètes qu'il convient d'applaudir avec enthousiasme ce dont le public reconnaissant, ne se prive pas. 

Car nous portons tous le deuil d'Hanokh Levin dont l'humour allié à la justesse d'analyse a laissé un grand vide derrière lui. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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( photo : Myriam Drosne )


 

11:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent