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19/10/2018

LA MACHINE DE TURING de Benoît SOLES

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THEATRE MICHEL

 

38, rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

 

 

(M° Havre Caumartin)

 

LOC. 01 42 65 35 02

 

Pl. de 30 à 49€

 

http://www.theatre-michel.fr/

 

Du mardi au samedi à 21h

 

Dimanche à 16h

 

Mise en scène : Tristan PETITGIRARD

 

avec : Amaury de CRAYENCOUR et Benoît SOLES

 

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 Combien sommes nous de par le monde à nous être un jour posé la question,

- " que signifie cette pomme partiellement croquée qui figure sur les ordinateurs de la marque Apple ? "

J'avoue à ma grande confusion que si l'interrogation m'est venue à l'esprit, cela n'a pas duré plus de quelques secondes ...

Ce serait en fait un discret hommage rendu à Alan Turing, père spirituel de cet objet devenu indispensable à beaucoup d'entre nous. Il fut du reste une époque où le logo en question arborait les couleurs arc-en-ciel et ce n'était certes pas le fait du hasard, Alan Turing ce génial mathématicien s"étant suicidé en croquant une pomme imprégnée de cyanure, après avoir subi pendant deux ans une castration chimique du fait de son homosexualité.

Mais rassurez-vous si le destin de cet homme fut tragique, la pièce quant à elle est truffée d'humour " so british. " et le thème bien loin d'être dissuasif devrait en attirer plus d'un.

 

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Benoît Solès est tout à la fois l'auteur de la pièce et l'interprète du rôle de Turing.


Il présente sa fine et cependant musculeuse silhouette car le comédien n'a pas hésité à perdre 10 kg pour se glisser dans la peau de ce marathonien ( courir et calculer n'étant pas incompatible ) gageons également qu'il a dû fréquenter assidûment les salles de musculation à en juger par le résultat.

Il prête au personnage un look savamment débraillé avec ce pan de chemise qui s'échappe constamment de cet improbable pantalon qui est en fait un vulgaire pyjama tandis que le regard malicieux de cet homme reflète ponctuellement les étoiles.

Mais ne faut-il pas être rêveur pour être capable d' inventer ? …

La pièce fait voler en éclats la chronologie sans que pour autant l'action en soit ralentie, bien au contraire. Le récit commence par conséquent en 1952 et nous assisterons à de nombreux retours en arrière dont le plus important se situera durant la seconde guerre mondiale, période durant laquelle le génie de ce mathématicien sera mis à contribution.

En effet, les allemands codifiaient leurs messages au moyen d'une machine baptisée Enigma et notre homme fut chargé par le gouvernement britannique d'en décoder le fonctionnement, ce qu'il fit après deux ans de recherches obstinées et grâce à la confiance de Winston Churchill quand tous avaient cessé de croire en lui.

 

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( photos : Fabienne RAPPENEAU )



Pour donner la réplique à Benoît Solès, un comédien - un seul - en la personne d'Amaury de Crayencour sera successivement,

- le sergent Michael Ross, qui mènera l'enquête suite au cambriolage quelque peu crapuleux dont Alan fut victime et qui ainsi ira se jeter dans le piège qui se refermera sur lui.

- Arnold Murray rencontre nocturne du côté de Canal Street, lequel deviendra son amant,

et Hugh Alexander, champion international d'échecs chargé de lui confier cette mission qualifiée : " top secret."

Les deux comédiens se complètent parfaitement. Nous apprécions la précision et la rigueur de l'un face à la fantaisie de l'autre. Benoit Solès bégaie savoureusement face à son interlocuteur, se ronge les ongles tout en multipliant les traits d'esprit bref, joue les acrobates avec une maestria assez incroyable !

Que dire de la mise en scène de Tristan Petitgirard sinon qu'elle est tout à la fois précise et efficace. Le décor étant d'une importance active, je vous laisse le découvrir ...

Voilà une pièce à ne surtout pas laisser passer.


Simone ALEXANDRE

 

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09:58 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/10/2018

Le vieux juif Blonde d'Amanda STHERS

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THEATRE DES MATHURINS

 

36, Rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

LOC. 01 42 65 90 00

 

Pl. 26€ (tarif unique)

 

https://www.theatredesmathurins.com/ 

 

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 19h

Dimanche à 16h

 

Texte : Amanda Sthers

 

Interprète : Camille Razat

 

Musique : Stanislav Makovsky

 

sous le regard de : Volker Schlöndorff

 

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Avec régularité depuis sa création voilà douze ans, « Le vieux Juif Blonde » revient sur nos scènes parisiennes.

Première pièce d’Amanda Sthers, c’est actuellement le théâtre des Mathurins qui nous offre l’occasion de la voir ou la revoir. Cette fois, c’est le brillant Volker Schlöndorff qui assure la mise en scène, sans excès, dans un espace volontairement dépouillé, de façon sobre , élégante.

Accompagnée du son moelleux de l’archet de Stanislav Makovsky, Camille Razat nous donne à voir et à entendre une jeune femme partagée entre l’apparence qu’elle présente, une toute jeune femme blonde et fort jolie, et le personnage qui l’habite, un vieux juif de 77 ans, Joseph Rosenblatt, rescapé d’Auschwitz, qui continue de parler par sa voix.

 

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Nous entrons dans un monde fantastique où le jeune se confond avec le vieux, qui n’est pas sans évoquer l’inversion des processus retracé dans le film « L’étrange histoire de Benjamin Button », où parfois l’un prend le pas sur l’autre à la grande surprise de l’entourage de la jeune femme, pour lequel elle est simplement folle, parce qu’il convient toujours de ranger les uns et les autres dans des cases connues.

L’idée force de ce texte est d’avoir pu mêler les tourments ressentis par une jeune femme au sortir de l’adolescence et les souffrances d’un ancien déporté qui après avoir souffert dans sa chair porte sans fin le souvenir de ce passé douloureux.

Leur croisement peut revêtir quelque chose d’excessif, et pourtant la mécanique fonctionne.

Il y a dans le constat fait par la jeune fille du manque de respect accordé à sa personne une sorte de parallèle avec le mépris voire l’indifférence exercé par les bourreaux à l’encontre des déportés.

La vie de la jeune fille se trouve, par moments, par courts instants, affectée par la présence en elle de Joseph, son passé, ses croyances et les repas de famille deviennent des cérémonies baroques, surtout au moment des célébrations juives auxquelles la famille bien classique, bien bourgeoise, et peu informée, peu curieuse, au vrai qu’elle est de ce qui n’est pas elle, n’est pas du tout prête.

 

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( Photos : Richebé )



Dans une sorte de tourbillon de plus d’une heure, Camille Razat nous expose avec une grâce infinie la palette de sa sensibilité, de son talent, en interprétant plusieurs personnages, comme rapidement tracés, des esquisses, mais des esquisses suffisamment précises pour que nous rencontrions les uns et les autres avec ce qu’ils ont d’odieux ou de sympathique.

Dans un sentiment mêlé d’effroi et de curiosité que nous ne qualifierons pas, nous partageons les émois et les troubles de cette double personnalité, inquiet tant pour elle que pour celui qui l’habite.


Ce n’est pas pour autant un spectacle fantastique au sens que peut nous rendre « l’Exorciste », rien de malsain ni de macabre, juste le cheminement de deux souffrances superposées qui se retrouvent dans un même corps.

C’est à un monologue poignant que vous convie le théâtre des Mathurins, et ce « Vieux Juif Blonde » a bien du charme et des attraits.


Frédéric ARNOUX ©

 

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10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/10/2018

La Colombe et l'Epervier de Benoît MARBOT

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THEATRE du PETIT PARMENTIER

 

Place Parmentier

 

92200 NEUILLY-sur-SEINE

 

 

 

(M° Porte Maillot, sortie 7)

 

LOC. 01 46 24 03 83

 

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du mercredi au samedi à 20h30

 

jusqu'au : 20 OCTOBRE 2018

 

Mise en scène par l'auteur,

 

avec Marion TREMONTELS et Adrien MICHAUX

 

 

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L'action se déroule dans le salon bleu de la Vallée-aux-Loups, en cette fin de septembre 1828 où, étendue sur sa méridienne en une pause lascive, Juliette Récamier, un livre en mains s'apprête à recevoir le vicomte François-René de Chateaubriand.

L'un et l'autre se connaissent depuis longtemps et leurs échanges ont connu moult péripéties. Juliette en prétendant qu'elle ne l'attendait plus, ment bien évidemment, sa lecture étant là pour en témoigner.

L'Ambassadeur prenant le pas sur l'homme de lettres, Chateaubriand s'apprête à partir pour la cité papale où il est attendu avec sa légitime épouse, conformément aux préceptes de l'Eglise apostolique et romaine.

 Juliette va alors risquer la phrase scabreuse,

- " Quand partons-nous ? " ...

Il n'est que trop évident que le Pape ne tolèrerait pas que l'époux résidant en la ville éternelle, Madame de Châteaubriand restât à Paris !

L'orage pointe à l'horizon car ce poste à Rome n'a été obtenu que grâce aux relations de l'influente Juliette Récamier, les candidats étant nombreux et Tayllerand lui-même rêvant de cette nomination. Ayant accompli cet exploit, elle pensait donc l'accompagner. Hélas ...

Avec une flagrante mauvaise foi, Chateaubriand évoquera la nuée d'admirateurs qui se bouscule en permanence dans le salon de Madame Récamier, symbolisant le pouvoir qu'elle exerce sur les hommes les plus influents de l'époque.

Pour se faire pardonner, il promettra d'écrire chaque jour.

Juliette lui fait observer qu'elle, présente à ses côtés, toutes les célébrités d'Europe se précipiteraient autour d'eux alors que flanqué d'une épouse acariâtre et bigote …

Préoccupé de gloire, Chateaubriand ne pense qu'à collectionner les décorations : Grand Croix de St-André remise par le Tsar Alexandre 1er et maintenant celle du St-Esprit ! ( lui fait-elle remarquer non sans ironie.)

 

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( photos : Colcormarion )



Brusquement, Chateaubriand se souvient de ce sabre mauresque qui a disparu et qu'il veut absolument retrouver avant son départ … Belle diversion à la dispute !

Mais je vous laisse découvrir la suite d'autant que par le biais de cet échange tour à tour tendre et houleux, l'auteur n'a rien laissé au hasard porté par le romantisme échevelé de l'époque car même si la discrétion était de mise, on ne faisait pas les choses à moitié en ce temps là.

Il ne reste plus que la période du mercredi 17 au samedi 20 octobre pour découvrir cette pièce assez courte - presque trop - qui réunit le temps d'une représentation ce couple prestigieux évoquant pour nous l'amour battu en brèche par les honneurs et les tourments de la création artistique.


Simone ALEXANDRE

 

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10:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/10/2018

GALILEE LE MECANO de Francesco Niccolini, Marco Paolini et Michela Signori

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LA REINE BLANCHE

 

2 bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° La Chapelle)

 

LOC. 01 40 05 06 96

 

Pl. 25€ - 20€ - 15€

 

https://www.reineblanche.com/

 

du jeudi au samedi à 20h45

 

le dimanche à 15h

 

( le jeudi 18 Octobre la représentation aura lieu à 14h30 )

 

Traduction : Daniela Almansi

 

Adaptation : Jean Alibert et Gloria Paris

 

Scénographie et lumières : Laurent P. Berger

 

Son : Anouk Audart

 

Mise en scène : Gloria Paris

 

avec : Jean Alibert

 

 

jusqu'au : 28 OCTOBRE 2018

 

 

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Théâtre narratif mais qu'est-ce qu'un monologue sinon une narration plus ou moins active ? ...

 

Rassurez-vous, Jean ALIBERT de par son expérience sait donner vie à un texte. Il déclenche d'emblée un échange avec la salle, créant ainsi une bienveillante complicité.

En cette époque où l'on nous rebat les oreilles avec l'intelligence artificielle, nous parler de Galilée remet singulièrement les pendules à l'heure !

Jadis, le génie d'un homme se nourrissait de lecture, d'imagination et de savoir faire ...

 

( ça, c'est pour le côté " mécano. " )


C'est ainsi qu'il eut l'idée de créer cette lunette qui allait lui permettre de scruter aisément le ciel. Pour lui la voie était ouverte et le vieil obscurantisme révolu. Ce n'était pas évident en un siècle où l'Eglise était toute puissante.

 

Malheur à qui - de près ou de loin - contestait le dogme, les bûchers alors s'enflammaient rapidement. Giordano Bruno en est le triste exemple - " hors l'Eglise, point de salut ! "

Le géocentrisme hérité d'Aristote plaçait la terre au centre de l'Univers alors que Galilée adhérait à la théorie copernicienne et de ce fait était hélio-centriste.

 

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( photos : Pascal Gély )


 
Alors que le philosophe grec se demandait : " POURQUOI ? " question liée à la métaphysique, Galilée nettement plus pratique en bon physicien qui se respecte répondra : " COMMENT ?  " question sacrilège par excellence qui lui vaudra d'être mis à l'index par l'Eglise. Plus tard, cette dernière l'obligera comme on sait à renier ses découvertes.

 

D'où la célèbre phrase : " et pourtant, elle tourne ! "

Jean Alibert nous narre tout cela en s'amusant, en nous amusant, utilisant parfois de simples anecdotes pour alléger le langage qui risquerait d'en rebuter certains, le public n'étant pas composé exclusivement de scientifiques.
Ceux là - dont sans fausse honte, je fais partie - ressortiront du théâtre un peu plus savants qu'ils y étaient entrés.

 

Aussi, quelque soit votre bagage culturel, n'hésitez pas à vous rendre à la Reine Blanche car de même que la terre tourne autour du soleil, les spectateurs curieux se retrouvent très souvent en orbite non seulement autour mais à l'intérieur de ce lieu, preuve s'il en était besoin, que la force d'attraction existe bien.


Simone ALEXANDRE

 

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14:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent