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07/03/2018

RAPTURE de Noëmie Ksicova d'après le Ravissement de Lol V.Stein de Marguerite Duras

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Théâtre de Belle Ville

 

94, rue du Fbg.du Temple

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Belleville)

 

LOC. 01 48 06 72 34

 

Pl. 25 / 15 & 10€

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

Les lundi et mardi à 21h15

 

jusqu'au : 13 MARS 2018

 

Durée : 1h30

 

CREATION COLLECTIVE

 

Librement inspirée du Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras

 

Conception, écriture : Noëmie KSICOVA

 

avec Matthieu Marie, Cécile Péricone, Claire Sermonne,

Cyril Texier, Emilie Vaudou

 

 

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Beaucoup de chaises sur scène … ( à rendre jaloux Ionesco )

Côté jardin, un couple : lui, lit un extrait du Ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras tandis que sa vis-à-vis, dit de mémoire le passage qui suit, tant elle est imprégnée du livre. Les lectures ont elles un impact aussi grand sur notre vie ?

Apparaissent alors 3 personnages debout, en fond de scène qui chantent ( fort bien ) puis, incitation au souvenir : il s'agit en fermant les yeux de reconstituer la chambre de notre enfance, quand nous avions entre 7 et 10 ans ensuite celle de notre fin d'adolescence, 10 ans plus tard, le lieu étant peut-être le même ? ...

Cécile ( remarquable Cécile Péricone, à la voix prenante, à la diction parfaite ) essaie d'effacer de sa mémoire l'image du père mort maintenant lequel avait sombré dans la régression mentale à la fin de sa vie. Convoquer des souvenirs plus anciens et meilleurs devraient l'aider en cette démarche.

Alors surgit le personnage de Lol ( Emilie Vaudou )  dont le fiancé s'est brusquement épris d'une autre femme lors d'un bal auquel ils étaient allés ensemble au Casino Municipal de T. Beach. Elle reste interdite par la scène qui se déroule sous ses yeux tandis que sa raison sombre peu à peu. Tatiana ( superbe Claire Sermonne ! ) présente a donc assisté à la scène.

Le couple du début va devenir celui qui s'est formé ce soir là

( Michael Richardson et Anne-Marie Stretter, la femme du Vice-Consul ) Il en sera souvent ainsi tout au long du spectacle durant lequel le temps est aboli au profit de la mémoire souvent douloureuse mais qui revient tel un inévitable boomerang.

 

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Les deux amies vont se perdre de vue durant 10 ans, ce qui semble être ici le chiffre fatidique. Chacune s'est mariée, Lol a même eu des enfants mais le passé va s'inviter de nouveau.

Ce fiancé volage Michael ( Cyril Texier ) par sa trahison a fait d'elle une voyeuse en demande de satisfaction.

Car depuis ce jour là, elle aime regarder les couples s'aimer mais il semble que ce soit bien plus compliqué que cela car une trouble attirance relie Lol à Tatiana et une relation triangulaire va se former - du moins mentalement - dans l'esprit de Lola, qui empruntera jalousement à Tatiana son amant : Jacques

( Matthieu Marie ) lequel n'a pu lui résister ...

Mais les complications ne sont-elles pas typiques du climat durassien ?

Cette création collective brille par l'esthétisme des images, le caractère parfois chorégraphique des déplacements mais pas seulement car l'intensité dramatique est également au rendez-vous.

 

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D'immenses surtitres envahissent ponctuellement le rideau situé en fond de scène ajoutant un impact supplémentaire à ce qui est dit et vu. Ne manquez surtout pas ce rendez-vous, la pièce se jouant encore au Belleville jusqu'au 13 Mars ( lundi et mardi prochains ) et je ne saurais trop vous conseiller de l'aller voir …




Simone Alexandre

 

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15:21 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/03/2018

SEASONAL AFFECTIVE DISORDER de LOLA MOLINA

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THEATRE LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

Du mardi au samedi à 21h

 

jusqu'au : 31 MARS 2018

 

 

Mise en scène : Lélio PLOTTON

 

avec : Anne-Lise HEIMBURGER ( Dolly )

 

& Laurent SAUVAGE ( Vlad )

 

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En fond de scène, un écran qui servira à illustrer les divers lieux traversés mais la première image évoque une pierre brute, sorte de rocher que l'on imagine dur comme le silex, froid comme lui également.

Vlad ( Laurent Sauvage ) nous communique sa mémoire d'outre-tombe - un gisant incroyablement debout nous parle … De son vivant cet homme s'était spécialisé dans la pratique du tatouage et ne se déplaçait jamais sans son matériel et puis un jour ou plutôt une nuit ( sans doute plus cafardeuse que les autres ) il a rencontré Dolly  ( Anne-Lise Heimburger ) une gamine qui traînait les bars et l'attraction fut immédiate.

 

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Une copine à elle vient de se suicider or comme elle était présente lors du drame, la police l'a convoquée en qualité de témoin mais elle ne s'est pas rendue au rendez-vous ce qui la met dans une situation scabreuse et la cavale à deux a commencé car malaise et panique ne s'expliquent pas.

Les taches de sang que Dolly avait dans la nuque sont encore moins explicables. Si on tue quelqu'un les éclaboussures ont lieu de face or elle tenait la porte coincée avec le pied …

Elle explique tout cela fébrilement à Vlad qui ne demande qu'à la croire car cet homme éprouve un irrésistible besoin de protéger cette femme encore enfant très " borderline " et poétesse de surcroît. Irrémédiablement, il est sous le charme !

De toute évidence, l'un et l'autre sont en crise alors pourquoi ne pas se rejoindre ? L'un et l'autre manquent d'argent alors pourquoi ne pas voler ce qui leur fait défaut ?
Une incroyable course en avant, complètement suicidaire va se déclencher avec la police aux trousses. L'issue n'était que trop prévisible …

 

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( photos : Victor TONNELLI )



Le parti-pris de mise en scène est assez incroyable, volontairement décalé et finalement s'impose à nous comme une évidence, lumière apocalyptique et musique créant une atmosphère surréaliste.

Pourtant, il eut fallu fort peu de choses pour que leur existence se normalise, un toit par exemple au lieu de ces abris provisoires et un enfant bien sûr dont Dolly rêve de façon tellement compulsive qu'elle ira jusqu'à en kidnapper un.

L'état de nerfs excessif de Dolly est mis en valeur par l'apparente tranquillité de Vlad et les deux interprètes gèrent l'un et l'autre leur personnage respectif avec maestria.

Très curieusement, les spectateurs sont piégés par cette histoire dont ils connaissent pourtant l'issue mais devenant peu à peu aussi déraisonnables que ces deux là, ils se surprennent à espérer une impossible happy end. C'est une belle expérience que nous vivons là.

Ce spectacle a bénéficié du prix Lucernaire : Laurent Terzieff - Pascale de Boisson 2017 et mérite tout notre intérêt.




Simone Alexandre

 

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13:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/03/2018

Miracle en Alabama de William Gibson

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THEATRE LA BRUYERE

 

5, rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

 

 

(M° St-Georges)

 

Tél. 01 48 74 76 99

 

Pl. 38€, 30€ & 22€

(hors frais de location)

 

- de 26 ans : 10€ du mardi au jeudi

 

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Adaptation et mise en scène : Pierre VAL

 

avec Valérie ALANE, Julien CRAMPON, Stéphanie HEDIN, Marie-Christine ROBERT, Pierre VAL et Lilas MEKKI en alternance avec Clara BRUCE

 

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Voilà une belle et forte pièce, à l'atmosphère prenante, au thème dérangeant certes car " cela n'arrive pas qu'aux autres " et à l'écoute de ce qui se passe nous nous disons que le Sort fut sans nul doute, clément avec nous.

Certes, la médecine a fait des progrès depuis l'époque évoquée ici : 22 ans après la guerre de Sécession qui opposa nordistes et sudistes laissant une trace profonde dans les esprits, en cette Amérique que nous nous efforçons incroyablement d'imiter à l'heure actuelle pour le pire encore plus que pour le meilleur …

Or n'oublions pas que c'est une histoire vraie qui est relatée ici, ce qui lui confère d'autant plus d'impact. Le personnage d'Helen Keller est bien connu de certains car elle devint conférencière et militante politique à la renommée internationale.

Victime d'une congestion cérébrale à l'âge de 2 ans, elle deviendra aveugle et sourde.
Nous allons donc accompagner les péripéties vécues par sa famille qui cherche désespérément à gérer la cruelle situation.

Helen bien qu'entourée des siens mais isolée par sa cécité devient rapidement un petit animal sauvage qui ne répond plus à ce cruel vécu que par les sensations qui lui restent, à savoir l'odorat et le toucher.

 

Tout son être se révolte face à une telle situation bien sûr. Comment pourrait-il en être autrement ? Et les parents ne savent que faire, accumulant les erreurs, se maudissant en permanence pour une situation dont ils ne sont nullement responsables.

 

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( photos : LOT )



Arrivera alors Annie Sullivan, personnage déterminé qui a vaincu à force de volonté sa propre cécité et bien décidée à non seulement gérer cet état de faits mais à sortir ce petit être de l'impasse dans laquelle la fatalité l'a plongé.

Il y eut bien sûr ce film en noir et blanc d'Arthur Penn ( 1962) un classique du genre qui mérite de figurer chez tous les collectionneurs de DVD, chez tous les amoureux de grandes et belles histoires humaines.

Cette fois, deux interprètes féminines se partagent en alternance ce rôle éprouvant au possible,

Lilas MEKKI ( elle aussi sourde et muette) qui fait ici ses premiers pas sur scène et Clara BRICE laquelle maîtrise parfaitement le langage des signes.

Pierre VAL qui a signé la mise en scène et dirigé cet engagement très physique pour ces deux comédiennes est également le capitaine Arthur KELLER ( le père d'Helen et de James, fils qu'il a eu lors d'un précédent mariage.)

Julien CRAMPON offre sa belle pressante et son physique d'archange blond au personnage du fils en question, lequel relégué un peu par les événements a le recul nécessaire pour juger de la situation.

Le reste de la famille, la mère : Kate Keller interprétée par Valérie ALANE et la tante Eve ( Marie Christine ROBERT ) tentent de gérer tant bien que mal la situation. Disons qu'elles sont tout comme le père, dépassées par elle.

Vous avouerai-je que je suis ressortie de la salle " retournée comme un gant " ?

Ne manquez pas ce rendez-vous empreint tout à la fois de rigueur, d'humour également et de débordante humanité.

C'est vraiment une pièce à voir par tout ce qu'elle apporte de réflexions sur le sort qui nous est imparti et qui nous permet au passage de remercier la Providence qui jusqu'alors nous a protégés puisqu'elle nous a permis de voir et entendre cette belle histoire évoquée pour nous aujourd'hui.




Simone Alexandre

 

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14:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent