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02/03/2017

Au bord du lit d'après Guy de Maupassant

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THEATRE L'ARCHIPEL

 

17 boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

loc. 01 73 54 79 79

 

https://www.larchipel.net/

 

Pl. de 12 à 20€

 

Salle Rouge

 

chaque jeudi à 21h

 

Adaptation et mise en scène : Frédéric Jacquot

 

avec Elisa Birsel, Lina Veyrenc & Frédéric Jacquot

 

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( photo : E. Vayn )

 

 

Le spectacle commence par un éloge affamé de la femme, monologue savoureux ayant valeur d'amuse-gueule avec lequel Frédéric Jacquot se régale ; il n'est pas le seul et ce n'est que le début du festin.

 

Sacha Guitry disait,

- " Hmmm ! ... je suis contre les femmes, tout contre. "

 

Guy de Maupassant joua souvent - on le sait - de cette promiscuité là. Les propos que nous allons entendre sont donc le fait d'un connaisseur et d'un assidu.

 

Eloge des relations éphémères, le mariage étant le pire ennemi de l'amour comme le clament tous les célibataires endurcis.

 

Ah ! si les baldaquins pouvaient parler, gageons que l'Histoire de France prendrait une autre tournure  …

 

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( photo : B. Pons )

 

Chacun sait que lorsque les hommes sont entre eux, ils commentent leurs bonnes fortunes mais croyez-vous que les femmes fassent autrement ?

 

Soit dit en passant, le MLF nous fit perdre bien des avantages, une femme n'ayant jamais autant de pouvoir que lorsqu'elle feint d'être victime.

 

Car de tout temps, l'homme se figura que c'était lui qui tirait les ficelles alors qu'en réalité ses partenaires le menaient par le bout du nez. Eloge de la différence qui engendre un curieux impact à une époque où l'androgynie est revendiquée comme une victoire sur l'état naturel.

 

Par la finesse de ses observations, leur hardiesse également, Maupassant nous donne la nostalgie d'un temps révolu : celui où l'on prenait le temps d'aimer, d'être victime consentante ou femme dominatrice ( au choix ) l'ère du copinage n'ayant pas encore cours.

 

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( photos : B. Pons )

 

Confidences, échange de points de vue, anecdotes croustillantes, roueries féminines, je ne vous livrerai ici aucun secret qu'il vous faut absolument écouter sur place.

 

Sachez toutefois qu' Elisa Birsel et Lina Veyrenc rivalisent de drôlerie et d'élégance souvent coquine, tandis que leur partenaire masculin passe avec aisance d'un personnage à l'autre nous entraînant dans un tourbillon d'où l'humour n'est jamais absent.

 

Le texte est bien entendu un petit joyau de la langue française, l'esprit y est subtil et le rythme du spectacle enlevé. Allez-y sans tarder car on ne saurait bouder un tel plaisir.

 

 

Simone Alexandre

 

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11:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/03/2017

Voyage dans les mémoires d'un fou de et par Lionel Cecilio

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THEATRE L'ARCHIPEL

 

17, boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Strasbourg-St-Denis)

 

loc. 01 73 54 79 79

 

 

https://www.larchipel.net/

 

Pl. 20€ - T.R. 12€

 

Durée : 1h15

 

du jeudi au samedi à 19h

 

Spectacle écrit et interprété par LIONEL CECILIO

 

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Le théâtre l’Archipel propose actuellement, salle bleue, un texte écrit et interprété par Lionel Cecilio, qui se met également en scène, très inspiré des « Mémoires d’un fou » du regretté Gustave Flaubert, et on en retrouve de larges inspirations, jusqu’à certaines images même et la structure générale,  spectacle intitulé « Voyage dans les mémoires d’un fou ».

Disons- le tout net, la folie flaubertienne s’apparente plutôt aux dérives symbolistes de son temps et aux illuminations d’un Byron ou aux travaux picturaux de Moreau ou Carlos Schwabe plutôt qu’à la maladie cliniquement diagnostiquée. La vision de Flaubert est toutefois très en avance sur son époque car si son texte a été publié en 1901,  à titre posthume, il a été écrit en 1838 par un Gustave encore très adolescent. Et cela se ressent à la lecture.

Il nous est donné de voir, et d’entendre, la vie d’un jeune homme découpée en trois tranches : enfance, jeunesse, âge d’homme, avec un glissement vers un désespoir criant, fondé sur l’imminence de la fin prochaine en raison de la maladie du corps entrainant la défaillance de l’esprit.

Les beaux vers d’Aragon « Rien n’est précaire comme vivre, rien comme être n’est passager », résument assez  bien ce que dénonce notre personnage qui se remémore sa vie antérieure, avec force recours à des invocations de personnages plus ou moins exotiques dotés ou non d’accent, hommes et femmes confondus.


Peu à peu le corps s’affaisse et se brise, l’espoir s’amenuise et disparaît, la cohérence s’efface.

 

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( photo : Hugues Marcouyau )

 



Mais la folie de Flaubert n’est pas la folie médicale, elle est la part de l’homme qui le met à l’écart des autres, qui le sort du troupeau, qui le distingue. Les vrais fous seront Bouvard et Pécuchet, vrais cinglés de la littérature, aux apparences bonhommes et à la normalité de façade.

On a le sentiment tout au long de ce spectacle, et pour rester dans l’univers d’origine, d’assister à la nuit  atroce précédant son duel que passe le héros de Bel Ami, Georges Duroy, confronté également aux affres de sa fin potentielle  très prochaine. Le pire n’est jamais certain. Le meilleur non plus.

Et ces scènes retracent le malaise syphilitique de Maupassant,  qui en est mort, et qui partageait  cette maladie avec Flaubert, lequel, selon toute vraisemblance l’avait contractée lors de sa fréquentation des houris dans les  bordels stambouliotes.
 
Dans une chorégraphie assez légère et discrète de Sylviane Bauer Motti, et sur une musique plutôt surprenante de Lucien Pesnot, Lionel Cecilio donne à voir une palette de personnages, plus ou moins fouillés, dont certains prétendent à l’humour, et qui au final semblent constituer une sorte de réflexion adolescente autour de la destinée, des attentes de l’enfance aux constats parfois désabusés de l’âge.

C’est là un exercice périlleux qui laisse au spectateur le sentiment d’une énergie débordante, d’une déraison réelle, flamboyante.

 

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Le théâtre l’Archipel se distingue par ses choix, éclectiques et curieux,  et son sens  de l’intérêt porté à la création. Ce « Voyage » en fait partie et on peut y aller pour la découverte à laquelle il nous entraîne.



Frédéric Arnoux © 

 

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12:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

28/02/2017

BEN-HUR de Hugues Duquesne

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THEATRE DE DIX HEURES

 

36, boulevard de Clichy

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Pigalle)

 

loc. 01 46 06 10 17

 

 

https://theatrededixheures.fr/

 

les jeudi, vendredi, samedi à 20h

 

matinée le dimanche à 16h

 

 

Mise en scène : Luc SONZOGNI

 

avec Hugues DUQUESNE (Ben-Hur)

- Olivier MAG (Jésus de Narrateur)

- Adrien LALIGUE (Messala)

- Sébastien CHARTIER (Le Caméléon)

 

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Après " Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ "  voici le retour de Ben-Hur par le biais d'une nouvelle parodie hilarante au possible.

J'avoue que je me demandais comment la course de chars allait bien pouvoir se dérouler sur le petit plateau du théâtre de Dix-Heures mais il en fallait plus que cela pour désarmer nos quatre lascars !

Hugues Duquesne a donc extrait la quintessence narquoise du film de William Wyler, lui même inspiré par le célèbre roman de Lewis Wallace pour les soumettre à son esprit iconoclaste au possible, tout à fait dans l'esprit des Monty Python et s'est taillé la part du lion ( à l'époque des jeux du cirque, c'est logique ) en s'attaquant au rôle-titre.

Rassurez-vous, ses partenaires ne seront pas lésés et pour commencer le spectacle et le commenter chaque fois qu'il est nécessaire, Olivier Mag sera Jésus de Naza … non ! … de Narrateur. Il fera son apparition tout de blanc vêtu avec un chapeau qu'il a emprunté à une sorcière d'Halloween allant jusqu'à mimer une chevauchée de balai.

 

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Plus tard, il fera du porte-à-porte afin d'écouler son stock de calendriers arborant la photo des apôtres qui comme chacun sait étaient au nombre de 12, ( un par mois ) que l'on devine en petite tenue, autant dire carrément à poil :  les rugbymen n'ayant rien inventé.  

Adrien Laligue est Messala, vivante représentation du dieu Mars, persuadé du pouvoir infaillible et de la supériorité de Rome, ami d'enfance de Ben-Hur avec lequel il partage des souvenirs … UN surtout, dont il n'aime pas se rappeler.

Enfin celui que l'on surnomme " Le caméléon " l'homme à tout faire et qui fait tout de façon remarquable, l'irrésistible Sébastien Chartier, petit bonhomme mais grand acteur  se démultiplie en assurant tous les autres rôles.

A mourir de rire ! ! ! …

 

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( photos : Marie DICHARRY )



Ce spectacle mis en scène par Luc Sonzogni offre un festival de gags se succédant à une allure folle en n'oubliant pas d'écorner l'actualité au passage pour notre plus grand plaisir.

En ces temps bien plus que moroses où l'on risque le pire en caricaturant Mohammed, il est salutaire de se dire que l'on peut encore gentiment bousculer Jésus sans risquer sa vie, ce qui est un signe de bonne santé mentale.

Les improbables cathos-intégristes égarés en ce lieu pourront toujours solliciter le coup d'éponge fourni par le confessionnal le plus proche et ce faisant seront en mesure de revenir le lendemain puisqu'il est dit qu'il leur sera beaucoup pardonné car ils auront beaucoup aimé. Si tel ne fut pas le cas, tant pis pour eux. Aaaaamen !



Simonae Alexandrus

( disciple de Pierre Dac et de Jean Yanne

 

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09:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent