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01/11/2012

Sacco et Vanzetti de Alain Guyard

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THEATRE du PETIT HEBERTOT

78bis, boulevard des Batignolles

75017 PARIS


(M° Villiers ou Rome)


Loc. 01 42 93 13 04


du mardi au samedi à 20h.

matinée le samedi à 17h


 

Mise en scène et scénographie,


François BOURCIER



avec Jacques DAU (Vanzetti) et Jean-Marc CATELLA (Sacco) 


 

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De prime abord, les spectateurs découvrent une vidéo, documentaire rappelant les manifestations qui eurent lieu en faveur de Sacco et Vanzetti lesquelles furent réprimées par la police.

Pourtant il y eut cette marée humaine, ceux qui descendaient dans la rue chapeautés, semblant appartenir à la couche moyenne de la population, pas seulement au " petit peuple " ... (dans les années 20 on reconnaissait plus qu'aujourd'hui le niveau social à l'habillement). En dépit de cela, ils ne purent rien faire et la double exécution eut - hélas - bien lieu. Mais que peut la foule quand le Pouvoir est à ce point déterminé à vouloir faire un exemple? Nous savons qu'ils étaient innocents l'un et l'autre, se trouvant en des lieux différents de ceux où se situèrent les deux motifs d'incrimination successive, car en pareil cas les gouvernants s'acharnent, persistent et signent.

L' anarchiste ! ... le mouton noir, le poseur de bombes, l'obsession paranoïaque de l'Etat, quand ce dernier en tient un, coupable ou pas, il n'est plus question de le lâcher.

Dau et Catella que l'on était habitués à voir dans des numéros comiques sont ici confondants de " vérisme " tant humain que dramatique. On se retrouve un peu dans le même état d'esprit que le jour où l'on découvrit que André Raimbourg (alias Bourvil) n'était pas un simple amuseur mais un comédien capable de nous arracher des larmes. 

L'un et l'autre se sont tellement investis dans leur rôle respectif qu'ils finissent par ressembler aux personnages historiques nous faisant oublier que c'est une pièce à laquelle nous assistons et l'indignation face à ce qu'ils s'apprêtent à subir, nous submerge. 

Avec presque rien ... des chaises que l'on déplace, l'utilisation d' une grande pièce d'étoffe et quelques costumes convenant aux personnages évoqués, cela suffit pour qu'on y croie. Seul rappel à la réalité, ils resteront pieds nus l'un et l'autre.

La mise en scène conçue par François Bourcier est sobre mais efficace et les bruitages hautement évocateurs. Pour toutes ces raisons, cette pièce écrite de façon percutante par Alain Guyard se doit d'être incontournable. Allez y ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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16:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/10/2012

1984 Big Brother vous regarde.

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THEATRE de MENILMONTANT

15, Rue du Retrait

75020 PARIS


(M° Gambetta)


Réserv. 01 46 36 98 60


Pl. 20€ - 15€


 

Jusqu'au 1er MARS 2013


chaque vendredi à 21h.


 

Mise en scène et réalisation filmique : Sébastien Jeannerot


Adaptation : Alan Lyddiard


Musique : Lucien Zerrad


 

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avec Sébastien Jeannerot, Swan Demarsan, Florence Nilsson, Loïc Fieffé ou Sébastien Antoine, Hervé Terrisse ou Grégory Baud, Pierre Biesmans et Tony Vasquez.

 

 

 

Avant que le spectacle commence, quatre personnages sont assis en tailleur à l'avant-scène, la tête recouverte de casquettes à oreillettes faisant fatalement penser aux pays de l'Est.

Derrière eux un écran sur lequel passe un film d'actualités en accéléré. Ils vont se lever, une lampe au front tels d'obscurs zombies. Evocation du Ministère de l'Abondance conséquence de la politique menée et hautement revendiquée.

La musique très forte a tendance à couvrir le commentaire ce qui déclenche chez le spectateur un surcroît d'attention. Afin de permettre la communication une novlangue a vu le jour. Nous découvrons un jeune couple. Etrange que dans ce Ministère on soit aussi friand du chocolat que l'on dévore comme s'il s'agissait du fruit défendu ...

L'homme tient quotidiennement un journal lequel sera cause de tout ce qu'il devra subir par la suite. Des relents d' Inquisition flottent dans l'air. L'idéologie est différente mais les procédés restent les mêmes. Comment briser un esprit révolté ? Nous allons découvrir les méthodes employées. On se croirait revenus au Moyen Age. Scène de boucherie ordinaire. Pour en arriver là, la surveillance dura 7 ans ! 

Winston avait une phobie : les rats, lesquels seront mis à contribution car décidément ces régimes totalitaires ne reculent devant rien bien au contraire.  

A la crainte succédera l'humiliation, la torture, afin que l'individu irrémédiablement cassé puisse aller jusqu'à la prosternation. Ou comment exercer son Pouvoir sur les autres ...

Orwell en 1930 a dénoncé ce désir de puissance qui correspondait à l'époque à la montée du fascisme. Le thème est hélas récurrent. Il prophétisait la fin de la vie privée, celle de la liberté d'expression avant que des satellites soient utilisés en vue d'un ordre mondial qui depuis quelques temps se précise ... Ce spectacle qui tient autant du cinéma qu'à la scène est donc plus que jamais d'actualité. Quant au spectateur, ce dernier n'a nullement l'impression d'être au théâtre mais plutôt d'être témoin d'une monstruosité que seuls les politiques savent parfois imaginer. C'est en fait le constat de ce qui s'est déjà produit et à ce titre peut se reproduire encore. On ne sait ni quand ni comment mais il convient de s'en convaincre ce qui hélas n'est pas très difficile d'autant que les interprètes sont plus que persuasifs. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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22:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/10/2012

La petite fille de Monsieur Linh, d'après Philippe Claudel

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A LA FOLIE THEATRE

6, Rue de la Folie Méricourt

75011 PARIS


(M° St-Ambroise)


Réserv. 01 43 55 14 80

www.folietheatre.com


Pl. 20€ - T.R. 15€


jusqu'au : 24 NOVEMBRE 2012


 

Adaptation et interprétation : Sylvie Dorliat


Mise en scène : Célia Nogues

 

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Qu'est-ce que le spectacle sinon un désir de partage ? 

A l'origine, un livre de Philippe Claudel  déclencha l'émotion de Sylvie Dorliat et lui donna envie de transmettre ce conte en l'adaptant pour la scène. Deux sensibilités féminines ont oeuvré de concert, Célia Noguès s'acquittant de la mise en scène avec une efficace subtilité.

C'est ainsi que naquit le spectacle nous racontant la rencontre improbable de deux hommes nés à des milliers de kilomètres l'un de l'autre, d'âge différent mais que le hasard va réunir un temps, sur ce même banc de jardin public après qu'un sort cruel ait dévasté leur existence respective. Ils ne parlent pas la même langue sinon celle du coeur et cependant la rencontre aura bien lieu. 

La scénographie est sobre, un banc, trois panneaux d'étoffe dont l'une permettra cette entrée en scène par le biais d'une ombre chinoise et puis cette cage avec une bougie symbolique à l'intérieur. Rien de superflu. La beauté du texte, l'émotion qu'il véhicule et le feu sacré qui porte la comédienne, véhiculé par une voix prenante mais jamais excessive. J'allais oublier la valise de Monsieur Linh accessoire indispensable à tout migrant mais il est vrai que le plus important est ici ce que l'on ne voit pas mais que l'interprète nous donne à imaginer ...

Il est des rendez-vous que l'on ne saurait manquer aussi ne passez pas à côté de celui-ci, courez-y vite ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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12:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/10/2012

Voyage, Voyages ...

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MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)


Loc. 01 42 33 42 03


manufacturedesabbesses.com


Pl. 24€ - T.R. 13€ -


- les jeudi, vendredi, samedi à 21h.

Matinée le dimanche à 17h.


 

d'après le roman de LAURENT GRAFF 

(Editions Le Dilettante)


Adaptation : Fred Bianconi


Mise en scène : PANCHIKA VELEZ


avec FRED BIANCONI

 

 

Un homme seul, forcément célibataire puisqu'il repasse. (Vous connaissez beaucoup d'hommes mariés qui repassent leurs vêtements, vous ?) 

Il dépose  soigneusement sa veste sur un valet de nuit et commence à nous faire part de ses projets de voyage. Du reste, il vient de faire acquisition d'une valise d'un rouge rutilant qui par voie de conséquence apporte une tache joyeuse en ce décor neutre au possible. Car cet homme curieusement ancré, vit un peu comme l'oiseau sur la branche, persuadé qu'il va prendre son envol. Il a un métier, certes - nous apprendrons un peu plus tard lequel - mais il vit surtout avec un seul dessein en tête, un seul rêve : partir !  ... n'importe où mais loin. En prévision il se fera même administrer tous les vaccins possibles et imaginables jusqu'à s'en rendre malade.

Il convient de préciser qu'il habite à Caen, ville qui est (selon lui) " la championne des villes tristes " Sans avoir mauvais esprit on se demande s'il ne penserait pas exactement la même chose où qu'il soit. En guise d'éclairage, il possède une immense mappemonde qu'il consulte régulièrement. Pour rompre sa solitude, son voisin, Pascal l'invite parfois à s'évader en sa compagnie au moyen d'une technique bien précise. C'est ce qu'il nomme : " vivre ! " Voilà pour l'amitié. 

Côté amour ou ce qui s'y apparente, cet homme entretient une liaison avec une asiatique mariée bien sûr, ce qui fait qu'il ne s'attarde pas trop sur les sentiments préférant évoquer des détails aussi intimes qu'érotiques. C'est la seule façon dont il pimente un peu sa vie mais tout a une fin et un jour la dame disparaîtra de sa vie. 

Parvenu à l'âge de 52 ans (n'ayant toujours pas bougé) il constatera avec satisfaction que le temps n'a pas de prise sur lui. En revanche, il enterre les autres très facilement surtout si ce sont des personnages en vue. C'est sans nul doute sa façon de se consoler du fait qu'il ne se passe jamais rien dans sa vie.

Je ne vais certes pas vous raconter la suite mais sachez que la fin constituera un moment privilégié qui nous consolera de la neutralité apparente du propos tant il est vrai que porter un roman à la scène, surtout par le biais d'un monologue reste une hasardeuse initiative. Le public paraissait cependant enthousiaste. Sans doute certains se reconnaissaient ils ? ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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(Photos : LOT)



13:49 Publié dans THEATRE | Lien permanent