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16/04/2014

Partisans de Régis Vlachos

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LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

 

(M° N.Dame des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

Ts les jours sauf dimanche à lundi à 21h.30

Matinée le dimanche à 17h.

 

 

jusqu'au : 15 JUIN 2014

 

Mise en scène : François BOURCIER

avec Lucie JOUSSE, Matthieu HORNUSS, Jean-Hugues COURTASSOL

 

" Ami, entends-tu, le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

" Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? "

 

 

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Une femme puis deux hommes de même génération se rejoignent et attendent sous leur parapluie respectif au niveau de l'Assemblée Nationale.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgNous sommes le 27 mai 1943 et une scène de la vie ordinaire vient de se dérouler sous leurs yeux … " Indignez-vous " aurait dit Stéphane Hessel.  A l'époque, il était suicidaire de s'indigner en public car le danger était partout et la police collaborait, on ne pouvait donc se fier à qui que ce soit.

Après quelques tentatives de dialogues et autres escarmouches verbales, l'un des trois va se décider à lancer le mot de code, les autres suivront. Ces trois là sans le savoir avaient bien rendez-vous.

Car à cette date précise, le Conseil National de la Résistance s'apprêtait à mettre en place les mesures dont nous avons bénéficié durant des décennies, ces fameux " droits acquis " qui depuis quelques temps jouent les peaux de chagrin ... 

Deux hommes, une femme, représentants anonymes de mouvements politiques divers oubliant ou essayant d'oublier leurs différences joignent leurs efforts afin que l'avenir devienne plus serein, que la liberté et le droit triomphent.

Ces trois là n'ont pas pouvoir de décision mais ce sont des témoins actifs qui sont venus en un lieu aussi secret que précis attendre le résultat de la réunion du CNR, quelques noms représentatifs seront alors évoqués,

- Jean Moulin lequel (ironie) avait choisi un nom de guerre habituellement réservé aux bergers allemands : Rex ! 

- Le Troquer, héros de la première guerre, représentant la SFIO, 

- Lanniel qui avait pourtant voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 et quelques autres, communistes jusqu'aux représentants de la droite traditionnelle et catholique.

Nous ne les verrons jamais mais nous entendrons des bribes de leur réunion par le biais d'une porte ouverte tandis que nos trois impatients sur le gril, passent le temps comme ils peuvent, en se chamaillant parfois.

Chacun a son représentant officiel de l'autre côté de la porte sauf la femme qui n'a pas encore acquis le droit de vote et qui de surcroit est juive donc doublement stigmatisée. Au bout du compte,  ils finiront par s'entendre et même se rejoindre.

L'utilisation du poste de radio est omniprésente car c'était alors en dehors de la presse écrite favorable au régime en place, le seul moyen d'information.

Les trois comédiens sont d'un naturel confondant. Ici, aucun effet théâtral superflu, ils sont vrais tels que devaient l'être leur personnage dans la réalité de l'époque.

Voici une pièce à ne pas manquer car elle nous remet en mémoire l'utilité du vrai courage quand tout nous échappe ou presque et que le sort de tous est entre les mains de quelques uns. Belle piqure de rappel, non ? ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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13:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/04/2014

Les vaisseaux du coeur, d'après Benoîte Groult

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PETIT MONTPARNASSE

31, rue de la Gaité

75014 PARIS

 

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

 

 

loc. 01 42 22 77 74

 

 

Pl. 18/32€ - de 26 ans : 10€

 

Ts les jours sauf dimanche et lundi à 19h.

dimanche à 17h.

 

 

Adaptation de Josiane PINSON

 

Mise en scène : Jean-Luc TARDIEU

 

avec Josiane PINSON et Serge RIABOUKINE

 

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgCette histoire autobiographique, derrière la crudité des mots, traitée avec grande pudeur tant par le metteur en scène (Jean Luc Tardieu) que par les interprètes : Josiane Pinson et Serge Riaboukine nous épargne toute sensation de voyeurisme. Histoire d'une passion qui joue incroyablement les prolongations en s'offrant le luxe d'être pérenne !

Un homme, une femme - tout normalement - se rencontrent, se reconnaissent, se complètent, jusqu'à ne faire plus qu'un. Pourtant, tout au départ les séparait : culture (ou absence de) niveau social, sans compter les aléas de la vie ...

En dépit de tous ces obstacles et peut-être grâce à eux, le lien ne se brisera pas et perdurera jusqu'à la disparition de l'un des deux.

Josiane Pinson module ce texte avec bonheur, nous offrant ce personnage solaire de femme aimante en dépit de tout.

Serge Riaboukine prête à ce rôle d'homme rustique toute l'intelligence des êtres simples en phase avec la réalité.

Ce texte et cette pièce tombent à point nommé pour nous rappeler que les vraies valeurs, celles du coeur, du corps et de l'esprit ont encore quelque avenir en une époque où certains ne savent plus très bien ce qu'ils sont ...

La scénographie est d'une sobriété extrême, les artifices n'ayant rien à faire ici. Il ne suffit aux spectateurs que d'écouter avec leur coeur, au risque peut-être d'essuyer furtivement une petite larme en toute fin de pièce mais peut-on avoir honte de ses sentiments ? Certes non ! Puisque ces deux là ne trichent pas, nous aurions mauvaise grâce de le faire … Croyez-moi, allez-y car on a le coeur dilaté quand on en sort !  

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Ingrid Mareski )

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08:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/04/2014

L'Aide Mémoire de Jean-Claude Carrière

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THÉÂTRE de l'ATELIER

1, Place Charles Dullin

75018 PARIS

 

(M° Anvers)

 

Loc. 01 46 06 49 24

 

T.l.j. sauf dimanche & lundi à 21h. 

Samedi suppl. à 16h.

Pl. de 15 à 39 €

 

 

( photo : Nathalie Hervieux)

 

 

 

Mise en scène, Ladislas Chollat

 

avec Sandrine Bonnaire et Pascal Greggory

 

 

 

« L’aide-mémoire » est un texte de Jean-Claude Carrière créé au théâtre de l’Atelier, avec Delphine Seyrig et Henri Garcin. C’est avec Sandrine Bonnaire et Pascal Greggory qu’il revient sur les lieux de sa création.

 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgSi à la création en 1968 cette non histoire pouvait paraître novatrice, en 2014, elle a pris un sacré coup de vieux ! C’est un peu en dehors du temps, un peu ancré dans l’époque des sexualités sans question ni lendemains, et pour tout dire, un peu difficile à comprendre si tant est qu’il y ait quelque chose à comprendre. Peut-être ne faut-il qu’admettre sans se poser de question, à la manière d’un charbonnier fixant sa foi… 

 

Le talent des interprètes n’y est pour rien, Bonnaire reste lumineuse et tendrement rosse, Greggory ambigu et dissimulé, mais le texte a souffert des avancées de la modernité, et l’histoire ne tient plus que parce que nous voulons y croire. Pour reprendre la formule ultra célèbre de Cocteau « Quand un mystère vous échappe, il faut feindre d’en être l’organisateur ». Cette pièce paraît procéder de cette même logique, un peu facile, un peu roublarde.

 

La mise en scène de Ladislas Chollat n’arrange rien, qui semble demander aux deux personnages de se regarder jouer, mais pas se regarder l’un l’autre, ce serait trop simple,  mais se regarder eux-mêmes, et cette double distance n’est pas sans générer un long malaise, en dehors de cette interminable anecdote de la femme coucou qui fait son nid à la place des autres.

 

Ce dialogue entre surréalisme et incompréhension mutuelle, les deux personnages se croisant en fait sans vraiment se rencontrer, s’évitant aussi vite qu’ils se rapprochent, deux solitudes forcenées que la compagnie des autres  ne trouble pas, ces autres qui ne sont parfois que l’objet de note(s) sur un aide-mémoire, ce dialogue donc paraît être un morceau de choix, semble-t-il, souvent repris, en 1980 au Théâtre Saint-Georges par Caroline Cellier et André Dussollier, à la Comédie des Champs-Elysées en 1992 par Fanny Ardant et le merveilleux Bernard Giraudeau, au même endroit encore en 1993 par Jane Birkin et Pierre Arditi.

 

Ces reprises successives font de ce texte l’un des plus connus de la scène parisienne, et si nous vous conseillons d’y aller, c’est pour les comédiens, et rien que pour eux.

 

On a le sentiment que « l’Aide-mémoire » est entré au répertoire des dialogues du théâtre privé, un peu comme une pièce de passage, un relais que les générations successives de comédiens se repassent, comme une épreuve initiatique d’un rite qui nous échappe..

 

On peut y trouver son compte, ou passer complètement à côté.

 

Frédéric Arnoux ©

www.theatrauteurs.com

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14:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent