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21/09/2013

FIN DE SERIE, comédie méchante et burlesque en hommage aux vieux

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VINGTIEME THEATRE

7, Rue des Plâtrières

75020 PARIS


(M° Ménilmontant)


Loc. 01 48 65 97 90


www.vingtiemetheatre.com


Pl. 25€ - Séniors : 20€ - Etud. 13€


Du mercredi au samedi à 21h.30

dimanche à 15h

.

jusqu'au 13 OCTOBRE 2013


 

Un spectacle de et avec : Alain Boone, Jean-Claude Cotillard et Zazie Delem.


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Cela commence par une chanson dont les paroles principales sont " aïe ! aïe " ce qui d'emblée, nous amène à penser que le " la " est donné. ll s'ensuivra un tas de bruits destinés à meubler cette solitude à deux : ponctualité d'un coucou suisse, bulles produites par un faux poisson rouge, intervention fréquente d'un faux oiseau qui s'égosille, jusqu'au miaulement ou ronron (c'est selon) d'un faux chat. Tous ces animaux bien réels poseraient problème aussi vaut-il mieux se contenter de cette forme d'ersatz qui présente tous les avantages sans les inconvénients.

Le couple est installé dans ce séjour mais ne se parle pas ou si peu. Il est vrai que tout a été dit depuis longtemps, alors à quoi bon en rajouter ?

Après les petites péripéties constituant la routine quotidienne, Monsieur décide de prendre l'air et Madame brusquement libérée allume la radio, se précipite sur la bouteille d'alcool et allume une cigarette : la belle vie, quoi ! 

C'est à ce moment que le médecin se pointe, la démarche aussi naturelle que celle d'un mannequin présentant la dernière collection à griffe. Après avoir évalué la situation qu'il désapprouve bien sûr, il se campera à la rédaction d'une ordonnance longue comme un jour sans pain. 

Le mari une fois de retour aura droit au contrôle de son pacemaker qui fait mauvais ménage avec le four à micro-ondes mais permet quelques dérapages conjugaux en direction du sado-masochisme. A chaque âge ses plaisirs ...

Le gag surréaliste aura lieu au moment du déballage des médicaments qui ne tarderont pas à couvrir la table; quant au médecin ce dernier épingle systématiquement ses honoraires à la porte puis se retourne d'un air de dire,

- " ne vous inquiétez pas, je vais revenir " ! 

Il reviendra en effet, sous les traits d'un kiné ou d'un représentant des pompes funèbres et chaque fois affichera sa note en partant.  

C'est drôle, d'une drôlerie un peu grinçante mais c'est également une performance scénique pour ces trois là qui, le temps d'une représentation conjurent le sort et pour eux et pour nous. D'autant qu'il n'y a pas d'urgence en une époque où le jeunisme règne.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Géraldine Aresteanu )

 

17:44 Publié dans THEATRE | Lien permanent

20/09/2013

Le Soldat ventre-creux de Hanokh Levin

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CARTOUCHERIE de VINCENNES

Théâtre de la Tempête

Route du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes

+ navette gratuite ou autobus 112)


Réserv. 01 43 28 36 36


www.la-tempete.fr


plein tarif : 18€

T.R. 15€ et 12€

mercredi, tarif unique : 12€


du mardi au samedi à 20h.30

dimanche à 16h.30


 

Texte français : Jacqueline Carnaud et Laurence Sendrowicz  (Editions Théâtrales)


Mise en scène : Véronique Widock


avec : Stéphane Facco (Le Soldat Ventre-Creux) - Vincent Debost (Le Soldat Ventre-Plein) - Axel Petersen (La Femme) - Henri Costa (Le Soldat Ventre-à-terre) - Christophe Pinon (Le Grand-père, les Voisins) 

en alternance, Nicolas Couffin et Mateo Frey (L'Enfant)

 

 

Très critique en ce qui concerne le triomphalisme des israéliens après la Guerre des Six Jours, Hanokh Levin était trop intelligent pour ne pas s'être posé la question suivante,


- " si cela avait duré cinq ans, quel Sosie aurais-je été au retour d'une mobilisation générale ? " 


Or (comme chacun sait) tout auteur se projette dans les personnages qu'il crée. 

La pièce commence à la façon d'une parodie de cet Amphitryon de Molière  que nous connaissons tous. ( ceux qui veulent paraître plus savants même s'ils ne l'ont pas lu, feront référence à Plaute ... ) et cette lanterne n'est pas Alcmène mais son fils qu'il s'apprête à revoir et découvrir en même temps. Un père veut toujours faire figure d'exemple aux yeux de sa descendance. Notre Sosie va donc se parer des plumes du paon en une répétition de la rencontre qu'il appréhende et qui, bien entendu ne se déroulera pas comme prévu. ( sinon, il n'y aurait pas eu de pièce ! ) 

Dans la tragi-comédie antique - car tout ce qui nous vient des dieux est tragique - Mercure prenait les traits de Sosie pour mieux servir son maître Zeus, qui lui même avait emprunté ceux du Sosie en question. Ici, le roi des dieux est déjà dans la place puisqu'il se nomme dérisoirement : Ventre-Plein.

Il possède donc demeure, femme et enfant et notre soldat revenu de guerre le ventre-creux ( comme son nom l'indique ) n'a plus rien et ne parvient même pas à se faire reconnaître. 

Comble de malheur après s'être fait rosser de main de maître par l'occupant des lieux, il va se voir confronté à un autre reflet de lui-même sous les traits de Ventre-à-Terre agonisant, en un surcroît de malédiction.

Sa femme ne le reconnaît pas, son fils non plus puisqu'il n'avait que 3 ans au moment du départ, il a faim, est fatigué et n'a plus désormais aucun toit au dessus de sa tête. Connaissez-vous pire sort que celui-là ? En utilisant cette métaphore du ressenti de l'ancienne diaspora : nulle part chez eux, l'auteur en a dérangé plus d'un, ce, à un point tel, que la pièce ne fut jamais créée en Israël, ce qui permet au théâtre de la Tempête de nous la présenter grâce à une distribution brillante et une mise en scène allant jusqu'au chorégraphique donc, sollicitant l'engagement total des interprètes qu'il convient d'applaudir avec enthousiasme ce dont le public reconnaissant, ne se prive pas. 

Car nous portons tous le deuil d'Hanokh Levin dont l'humour allié à la justesse d'analyse a laissé un grand vide derrière lui. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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( photo : Myriam Drosne )


 

11:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/09/2013

Homme et galant homme d'Eduardo De Filippo

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THEATRE 14 JEAN MARIE SERREAU

20, avenue Marc Sangnier

75014 PARIS


(M° Porte de Vanves)


Réserv. 01 45 45 49 77


Pl. 25€ - T.R. 18€

Lycéens, -26 ans, chômeurs : 11€


jusqu'au : 26 OCTOBRE 2013


Texte français : Huguette Hatem


Mise en scène : Patrick Pelloquet


avec : Jean-Marc Bihour - Jean-Jacques Blanc - Pierre Gondard - Hervé Gouraud - Thierry Lacour - Raphaëlle Lenglare - Yvette Poirier - Gwénaël Ravaux - Patricia Varnay - Philippe Vermulen.


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Enfin ! du théâtre, du vrai, avec des personnages hauts en couleurs, du rythme et un verbe enlevé, voilà qui nous console des plates adaptations de romans et autres nouvelles dont on nous gratifie à longueur d'année.

Théâtre dans le théâtre également puisque l'action est véhiculée par une troupe d'acteurs comme il en existait jadis, vivant chichement de leur métier mais le pratiquant avec passion au fil du temps et des tournées.

Nous sommes dans une station balnéaire où ces comédiens se produisent avec les moyens du bord lesquels ne sont pas somptueux. Alors on se débrouille du mieux que l'on peut, essayant de déjouer la vigilance du personnel de ce petit hôtel qui fait la guerre au linge étendu et aux repas concoctés en douce, en dépit des interdictions. 

Comment pourraient-il s'offrir le restaurant avec une recette semblable à celle de la veille, par exemple ? Les spectateurs allaient et venaient le long du promenoir, faisant peu de cas de ce qui se passait sur scène. 

Gennaro en sa qualité de directeur de troupe, se creuse les méninges pour trouver une solution. Une ultime répétition est mise au point sur place tandis que la tambouille se prépare d'une cuillère active ...

Les jeunes générations ignorent ce que fut le rôle du souffleur au théâtre et l'importance qu'il avait alors. Indispensable et cependant tarabusté, sans lui certains acteurs et non des moindres auraient connu maintes difficultés. Peut-être même ne se seraient ils jamais fait un nom ? Jean-Marc Bihour rend à cet emploi ingrat un posthume hommage par son jeu à l'intelligente subtilité. 

Jean-Jacques Blanc est truculent au possible et nous campe un Gennaro dévastateur et pas seulement pour ses poches de costume ! ...

La distribution est trop nombreuse pour que je les nomme tous, signalons toutefois l'aristocratique élégance de Pierre Gondard en comte Tolentano, la belle prestation de Thibaut Lacour amusant au possible dans son évasion en direction de la folie et surtout, la maestria avec laquelle Yvette Poirier campe ses personnages successifs de vieille dame cassée en deux ajoutée à la rigueur toute militaire de cette commissaire de police dépassée par les événements. 

La mise en scène de Patrick Pelloquet est active, enlevée, on rit de bout en bout et nous ressortons du théâtre en disant : " j'y retournerais bien ! ... "

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : E. Lizambard )

 

13:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent