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30/09/2013

Mensonges d'Etats de Xavier Daugreilh

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THEATRE DE LA MADELEINE

19, rue de Surène

75008 PARIS


(M° Madeleine)

 

Loc. 01 42 65 07 09


www.theatremadeleine.com


Pl. 45€, 35€, 25€ & 15€


 

Du mardi au samedi à 21h.

Matinée samedi à 16h

& dimanche à 17h.


Mise en scène : Nicolas Briançon


avec Samuel Le Bihan, Marie-Josée Croze, Michaël Cohen, Jean-Pierre Malo, Bernard Malaka, Aurélien Wiik,

Pierre-Alain Leleu, Eric Prat.


 

En ce 16 janvier 1944, nous découvrons le bureau du colonel Bannerman à Londres.  Le Destin un temps confisqué par Hitler est en marche. Seule la ruse peut triompher de la violence barbare et le LCS (London Controlling Section) va s'y employer. L'action se déroulera alternativement dans deux lieux différents puisque l'homologue de Bannerman est le baron von Roenne qui de son côté dirige le service de renseignements allemand. 

Il fallait un agent expérimenté pour faire la navette entre les deux afin que la stratégie puisse réussir. De même que dans l'Antiquité Ulysse eut l'idée de ce cheval truffé de troupes qui détermina la victoire des Grecs sur les Troyens, cette fois une armée fantôme a germé dans l'esprit d'un écrivain : le wing commander anglais Whitley qui la baptisa : Le Fusag (First United States Army Group) Il ne s'agissait rien moins que d'un leurre à grande échelle, entraînant la participation de menuisiers pour le décor ainsi que de comédiens chargés de diffuser les vrais-faux-messages codés que les allemands décrypteraient à coup sûr. 

Afin de rendre sa première pièce historique un peu plus agréable, Xavier Daugreilh a eut l'idée de confier le rôle de l'agent double à une femme : Garbo qui assurera la liaison entre les protagonistes. Les conflits armés n'excluent pas les idylles, bien au contraire, le danger les exacerbant comme chacun sait. La duplicité fera le reste. Cynisme politico-militaire qui envoie l'aviation au massacre afin de mieux garantir une victoire fomentée par la stratégie.

Nous savons à quelques détails près que les choses se sont passées ainsi. Il était donc difficile de créer un suspens alors que l'issue était par avance connue. C'est en quelque sorte une gageure à laquelle Nicolas Briançon s'attaquait !

- Samuel Le Bihan est Bannerman (John Henry Bevan dans la réalité, lequel ne souffrait pas d'une cirrhose  mais paya plus tard sa dépendance au nombre de Players qu'il fumait en permanence) le comédien est parfait. 

- Marie-Josée Croze est Garbo, l'agent double dont le charme et la duplicité se nichent dans la diversité de sa garde-robe.

Le relief et la fantaisie sont successivement incarnés par Jean-Pierre Malo qui campe ici un Patton dévastateur et Aurélien Wiik, ce drôle et attachant René ... 

Quant à Bernard Malaka si son personnage de Von Roenne est irréprochable sur le plan psychologique, il lui manque peut-être (?) un zeste de raideur germanique car n'oublions pas qu'il s'agissait d'un prussien qui s'était déjà distingué lors de la première guerre mondiale mais il est vrai qu'Erich Von Stroheim nous a traumatisés à vie !    

Les scènes de guerre sont évoquées par le biais de projections, la sonorisation faisant le reste. En cette période morose, il est difficile de présumer l'impact qu'un tel thème aura sur le grand public par conséquent, laissons faire les dieux et le talent des comédiens. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( Photos : Pascal Victor )


14:07 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/09/2013

La Locandiera de Carlo Goldoni

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THEATRE de l'ATELIER

1, place Charles Dullin

75018 PARIS


(M° Abbesse, Pigalle, Anvers)


Loc. 01 46 06 49 24


www.theatre-atelier.com


Pl. 40, 30 & 15€


Du mardi au samedi à 20h.

matinée le samedi à 16h.


jusqu'au : 25 JANVIER 2014


 

Traduction : Jean-Paul MANGANARO


Mise en scène : Marc PAQUIEN


avec Dominique BLANC - André MARCON - Anne CAILLERE - François DE BRAUER - Anne DURAND - Gaël KAMILINDI - Pierre-Henri PUENTE - Stanislas STANIC


 

Aucun doute, mieux vaut entrer dans cette auberge que dans celle des Adrets.  

La maîtresse des lieux est accorte, malicieuse en diable et possède un charme fou.

Du reste, tous ceux qui séjournent chez elle ne veulent plus en repartir. 

Sauf un, en la personne de  ce chevalier de Ripafratta qui évite de se frotter aux femmes ... 

Car c'est un vrai bourreau des coeurs, cette Mirandolina à qui la talentueuse Dominique Blanc prête regard et sourire enjôleurs. Personne ne lui résiste, depuis les valets jusqu'aux seigneurs, lesquels en la voyant ne rêvent que de se commettre avec une aubergiste, pourvu que ce soit elle ! 

L'étique marquis de Forlipopoli (François de Brauer) veut être son protecteur tandis que l'opulent comte d'Albafiorita (Pierre-Henri Puente) la couvre de bijoux qu'elle feint de refuser pour ensuite accepter afin qu'il ne se fâche pas.  Nul risque pourtant puisque ces hommes pour elle sont prêts à tout et se chamaillent en espérant. C'est donc une reine qui règne sur cette auberge et n'aime rien tant que sa liberté et son pouvoir de femme.

Comment imaginer alors, qu'elle ne se pique pas au jeu, en voyant un homme apparemment insensible aux charmes de son sexe, elle qui les tient tous en servitude ? Or la dame a plus d'un tour dans son sac. Le pauvre chevalier incarné de façon virile par André Marcon qui a tout d'un roc mais dont on finira par découvrir la faille (identique pour tous) brusquement éperdu, fou d'amour après avoir renié toutes ses théories sur le sujet ne pourra que faire sienne la célèbre phrase de Napoléon : " devant l'amour, une seule victoire : la fuite ! " au grand dam de son serviteur Tonino (charmant Gaël Kamilindi)  qui lui aussi comptait au nombre des victimes ...

Quant à Fabrizzio (Stanislas Stanic) le serviteur fidèle qui espère désespérément devenir l'époux de cette femme tant convoitée, ses voeux pourront enfin être exaucés. Deux comédiennes cherchant à passer pour des grandes dames (Anne Durand dans le rôle d'Ortensia et Anne Caillère (Dejanira) tenteront bien de détourner l'attention de ces coqs asservis mais ne feront que passer en cette superbe adaptation de Jean-Paul Manganaro, mise en scène avec brio par Marc Paquien.

Quant à vous, ne laissez surtout pas passer cet événement théâtral, au risque d'être inconsolables. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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( photos : ARTCOMART )


 

13:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

23/09/2013

Hannibal de Christian Dietrich Grabbe

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THEATRE de GENNEVILLIERS

41 avenue des Grésillons

92230 GENNEVILLIERS


(M° Gabriel Péri - ligne 13)


Réserv. 01 41 32 26 26


www.theatre2gennevilliers.com


Pl. 24€ / 15€ / 12€ / 9€



les mardi et jeudi à 19h.30

mercredi, vendredi, samedi à 20h.30

dimanche à 15h.

relâche le lundi.


jusqu'au : 4 OCTOBRE 2013


 

Traduction et adaptation: Bernard Pautrat


Mise en scène : Bernard Sobel


 

avec : Sarah Amrous, Jacques Bonnafé, Romain Brosseau,

Eric Castex, Pierre-Alain Chapuis, Laurent Charpentier,

Simon Gauchet, Claude Guyonnet, Jean-Claude Jay,

Yann Lefelvre, Vincent Minne, Anaïs Muller,

François-Xavier Phan, Tristan Rothhut, Gaëtan Vassart



 

Si Hannibal  " n'est pas une pièce historique " elle se situe cependant à une époque précise de l'Histoire, c'est à dire entre le II ème et 1er siècle de notre ère. Rome et Carthage s'affrontaient alors. On en connaît l'issue.

Christian Dietrich Grabbe est un auteur méconnu. Il le fut de son vivant et le resta (jusqu'ici) après sa mort, ce qui relève de l'injustice flagrante car le texte est puissant, ironique parfois avec souvent, des accents quasi shakespeariens. 

Merci à Bernard Sobel de nous l'avoir fait découvrir !

Est-ce par manque d'imagination ? ... Mais les anachronismes vestimentaires me dérangent au plus haut point. Ici, Mina Ly nous présente un salmigondis de costumes appartenant à 3 époques différentes ce qui - a mes yeux - nuit quelque peu à l'unité de la pièce tout en empêchant les interprètes de se glisser sans réserve dans la peau du personnage qu'ils sont censés incarner car quoiqu'ils fassent cette " pelure " qu'ils ont sur le dos nous obligera à voir un comédien jouant un rôle. Reproche que l'on ne saurait cependant adresser à Jacques Bonnafé tant il investit en dépit de son aspect contemporain, celui d' Hannibal.

Passons donc sur cette réserve pour saluer le travail phénoménal que ce spectacle a demandé.  

A l'exception du rôle titre, les comédiens ont chacun plusieurs partitions à jouer.

C'est ainsi par exemple que Pierre-Alain Chapuis (pour ne citer que lui) sera tour à tour, marchand d'esclaves, Caton, le despote de Capoue, un prêtre cartaginois et le roi Prusias, rôle dont visiblement il se régale presque sans mesure. 

Là, encore une parenthèse vestimentaire sera largement exploitée en direction cette fois de l'époque napoléonienne et si c'était un clin-d'oeil, il est pour le moins appuyé !  

Les éléments de décors effectuant à vue, des aller-retour entre les cintres et le plateau, nous confirment que nous sommes bien au théâtre; en revanche les effets parfaitement réussis de lumière lors des sacrifices humains à Moloch ainsi que l'incendie de Carthage frapperont efficacement les imaginations. 

La pièce est longue (2 heures 40) mais mérite le déplacement d'autant qu'à l'issue de la représentation, bon nombre de spectateurs auront envie de mieux connaître cet auteur qui n'a peut-être pas vécu assez longtemps pour s'imposer à la gloire qu'il méritait.  Aussi précisons que son oeuvre est disponible aux Editions de l'Age d'Homme et qui sait ? ... peut-être d'autres titres seront-ils enfin portés à la scène ? 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( Photos : Hervé Bellamy )


11:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent