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24/11/2014

L'adieu à l'automne d'après Jon Fosse, création Elizabeth Czerczuk

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Théâtre Laboratoire
ELIZABETH CZERCZUK

 

20, Rue Marsoulan

75012 PARIS

 

( M° Nation / Picpus )

 

tél. 01 43 40 79 53

 

Pl. 18€ - T.R. 10 & 14€

 

À 20h. Jeudi, Vendredi, Samedi

 

 

Jusqu'au : 30 NOVEMBRE 2014

 

 

Adaptation, mise en scène et chorégraphie : Elisabeth Czerczuk

D'après la pièce " Rêve d'Automne " de Jon Fosse

( L'Arche éditeur )

Traduction : Terje Sinding

 

 

avec Elizabeth Czerczuk (La Femme) - Delry Guyon (L'Homme) - Khaly Hammar, Hayssam Hoballah (L'Esprit de l'Homme)

 

Musique originale : Matthieu Vonin

 

Scénographie et lumières : Grzegorz Jasniak

 

Peinture : Henryk Bukowski

 

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N'étant pas particulièrement fan de Jon Fosse, je pense que c'est la Providence qui a guidé mes pas ...

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgLe Théâtre Laboratoire d'Elizabeth Czerczuk est vraiment un lieu à découvrir pour sa beauté mais également et surtout pour ce qui est produit par cette jeune femme venue de Pologne au sujet de laquelle le terme de " charme slave " n'est pas un vain mot.

 

Adepte de la théorie de Jerzy Grotowski lequel valorisait le corps au profit de la dramaturgie, c'est une expression pluridisciplinaire qu'elle nous propose. Nous avons trop l'habitude en France de ranger les artistes dans de petites cases qui font qu'une fois l'étiquette collée, ceux-ci restent prisonniers d'un rôle, sans cesse redemandé, éternellement répétitif.

 

Ici de savants jeux de lumière mettent en valeur la beauté sauvage du paysage tandis que les personnages jouent et dansent en complémentarité. Nous flirtons constamment avec le rêve et le symbolisme s'invite par le biais de deux valises transparentes évoquant le passé dont chacun est habité. Le décor étant celui d'une tombe située dans la forêt à l'automne, sont-ils morts, sont-ils vivants ou uniquement l'un des deux ? ... Sont-ce des âmes errantes pour l'éternité à la recherche l'une de l'autre ? ... Eros et Thanatos connaissent seuls la vérité.

 

Le spectacle est d'une beauté à couper le souffle et bien plus que le bienvenu en une époque où nous n'avons que trop tendance à tirer l'expression vers le bas.

Or pourquoi aller au théâtre si ce n'est pour avoir une vision, hélas trop éphémère, de la beauté ? Ce spectacle là pourrait se regarder en boucle tant il subjugue le spectateur qui se voit proposer ici ce qu'il recherche sans cesse mais ne trouve pratiquement jamais.

 

Faites vite car hélas, cela ne se joue que jusqu'au 30 Novembre mais peut-être ce moment exceptionnel bénéficiera-t-il d'une prolongation ou sera-t-il suivi d'une reprise ? C'est notre vœu le plus cher. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

 

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Théâtre labo EC.jpg

23/11/2014

L'ADIEU A L'AUTOMNE d'après JON FOSSE (bande annonce)

 

Théâtre Laboratoire Elizabeth Czerczuk

 

20, rue Marsoulan

 

75012 PARIS (M° Nation ou Picpus)

 

Tél. 01 43 40 79 53

 

( jusqu'au : 30 NOVEMBRE )

09:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/11/2014

Dieu, qu'ils étaient lourds !...

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THÉÂTRE de la REINE BLANCHE

 

2 bis, passage Ruelle

 

75018 PARIS

 

 

(M° La Chapelle / Marx Dormoy)

 

 

Réserv. 01 40 05 06 96

 

 

Plein tarif : 24€

tarif réduit : 18€

 

 ( photo : Pierre Maelstaf )

 

 

les semaines impaires : du mardi au samedi à 21h

 

 

jusqu'au : 21 FEVRIER 2014

 

 

Conception, adaptation et mise en scène : Ludovic LONGELIN

 

avec Marc-Henri LAMANDE et en alternance : Thomas GANIDEL, Ludovic LONGELIN, Mathieu WILHEM

 

Durée : 1h.10

 

 

Louis-Ferdinand Céline, auteur le plus décrié mais également le plus fascinant du paysage littéraire français, que n'a t-on dit ou écrit le concernant ? L'homme et sa franchise abrupte dérangeait - pas de " politiquement correct " avec lui.

Il dynamitait les idées comme il le faisait de l'écriture jusque là, de préférence académique. Il fallait alors en priorité " bien écrire " pour devenir écrivain. Ce n'est hélas plus le cas.

 

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Pour le docteur Destouches, s'exprimer par écrit, c'était tout autre chose, et pour ce faire utilisait-il le scalpel. Une évidence s'impose, il y eut un avant comme il existe un après Céline mais ce dernier reste et restera inimitable, lui et sa feinte facilité ... Il l'expliquera à ce journaliste qui l'interviewe, sa devise était " le travail avant tout " - les autres ? …" des cafouilleux ! " Car l'écrivain n'est pas tendre avec ses confrères dont l'expression lui paraît d'une calamiteuse lourdeur ! 

Le spectacle commence par une chanson satirique et gouailleuse tout à fait dans l'esprit de cet anarchiste viscéral puis, sortant peu à peu de l'obscurité, nous découvrons Marc-Henri Lamande, enfoui dans son fauteuil qualifié de  " chaise électrique " les cheveux argentés par la lumière.

Certes, le père Céline était moins beau que lui, avait plus l'air d'un clodo mais le verbe aidant - peu à peu - le spectateur aura l'impression d'avoir le modèle vivant sous ses yeux.

 

Le phénomène d'incarnation si rare au théâtre est ici réel.

 

Pour lui donner la réplique dans le rôle du journaliste de radio, trois comédiens pratiquent l'alternance mais quelque soit l'interprétation personnelle de chacun, une évidence s'impose : les questions étaient soigneusement préparées en ce temps là. Une interview ne se bornait pas à la simple improvisation. 

Nous captons au fil des questions et des réponses la reconstitution d'une vie dérangeante pour beaucoup mais encore plus pour l'auteur concerné lequel ne fait aucune concession, à rien ni à qui que ce soit. Pacifiste avant tout, il entre en guerre contre les idées toutes faites, contre l'ordre établi, conspue les juifs qu'il assimile en bloc et sans nuances, au pouvoir de l'argent et à la corruption que celui ci engendre.  Céline paiera très cher sa virulence et ses excès obsessionnels.  Sa parole abrupte déclencha bien des haines qui perdurent encore mais la rédemption de cet être à part passe en priorité par l'amour de l'écriture bien sûr, par sa générosité également, lui qui acceptait sans hésiter de soigner gratuitement les malades qui ne pouvaient payer; sans oublier son proverbial attachement à son chat, Bébert qui, en ces périodes difficiles, le suivra partout ainsi que son épouse Lucette et cet amour aérien qu'il nourrissait pour la danse lequel trahissait le raffinement secret de cet être aux propos excessifs et souvent orduriers. Un personnage ! ... que Marc-Henri Lamande ressuscite parfaitement.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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 ( photo : Camille Goudard )

La Reine Blanche.jpg

10:21 Publié dans THEATRE | Lien permanent