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04/11/2013

LULU de Frank Wedekind

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L' ÉTOILE DU NORD THÉÂTRE

16, rue Georgette Agutte

75018 PARIS


(M° Guy Môquet)


loc. 01 42 26 47 47



Pl. 16€ - T.R. 9€


Mardi, mercredi, vendredi à 20h.30

Jeudi à 19h.30

Samedi à 17h.


DU 29 OCTOBRE AU 16 NOVEMBRE 2013


 

Adaptation et mise en scène Thomas Matalou - Collectif ADM -


avec : Aurélia Arto, Pierre Banderet, Marie Favre, Sylvie Magand, Jacques Mazeran, Franck Micque, Miglen Mirtchev, Paul Tilmont.


 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgLe spectateur surpris se fait " cueillir " dans le hall pour une excursion-prologue un peu hors de saison. Pardon de dévoiler ce détail qui casse l'effet de surprise mais eu égard au temps actuel, mieux vaut être prévenu afin de s'équiper en capuches et autres parapluies ... Une seule chose est certaine, le visiteur ne risquera pas de s'endormir au creux d'un fauteuil car il sera ballotté à diverses reprises en parfait mimétisme avec l'esprit de l'auteur qui malmenait le bourgeois. 

Thomas Matalou a signé l'adaptation mais j'ai cru comprendre que la mise en scène était collective ? ... Sans doute vaudrait-il mieux parler de mise en espace (s) d'autant que la direction d'acteurs m'a parue cruellement absente.

Certes, quelques comédiens de belle personnalité se dégageront ici ou là, à commencer par la comédienne qui interprète le personnage-titre, bien sûr.

Mais quelle gageure que ce spectacle qui, il faut bien le reconnaître, part dans tous les sens. Car ce n'est pas seulement la Boîte de Pandore mais le miroir aux alouettes qui se révèle ici. Histoire très compliquée, destin cahotique de celle qui avant de devenir une femme fatale dans toute l'acception du terme, fut une enfant perdue, victime d'un pédophile qui jouera ensuite les entremetteurs, la poussant incidemment sur le chemin du crime ... 

Cette aventure ne se raconte pas, elle se découvre au fil et à mesure, dans ses ascensions comme dans ses chutes vertigineuses. Certes, les quelques cinéphiles qui connaissent le film de Pabst s'y retrouveront plus facilement que les autres, de même que les amateurs de l’opéra d’Alban Berg, et pour ceux qui voudront mettre un peu d'ordre parmi ce maelström de péripéties scabreuses, le texte de Pierre Jean-Jouve sera d'un grand secours. 

Wedekind voulait dénoncer tous les vices de son époque mais ceux-ci n'ont-ils pas toujours existé de façon plus ou moins visible ? L'ambition, l'argent et le sexe mènent le monde depuis la nuit des temps. Ici, le crime s'invite à diverses reprises et les tabous sexuels ont fait le reste, clouant l'auteur au pilori. Ses pièces furent donc interdites en Allemagne et sans Guillaume II de Wurtenberg puis Alban Berg cette écriture ne seraient peut-être pas venue jusqu'à nous ? 

Ce spectacle étant programmé sur une courte durée, allez le découvrir sans plus tarder car en dépit des quelques réserves formulées ici, l'intérêt reste entier d'autant qu'ayant vu la pièce dès le premier soir, je pense que (pour employer la formule consacrée) les boulons ont dû être resserrés depuis.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : Etoile du Nord )

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12:14 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/11/2013

Le paquebot Tenacity de Charles Vildrac

Théâtre Essaïon

6, rue Pierre au Lard

75004 Paris


(M° : Hôtel de Ville / Rambuteau)


loc. 01 42 78 46 42

 

Pl. 20€ - T.R. 15€


jeudi, vendredi, samedi à 21h.30


jusqu'au : 9 NOVEMBRE 2013

 

Mise sn scène : Pierre Boucard


avec : Franck Cicurel, Barbara Castin, Pierre Boucard, Patrick Bethbeder, Cécile Malo et Michael Hirsch.


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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgTENACITY :  quel beau nom pour un bâtiment qui s'apprête à affronter vents et marées !  Deux rescapés de la Grande Guerre veulent s'y embarquer afin de tenter d'oublier le passé en allant vers un monde nouveau, qu'ils imaginent meilleur ...

 

Seulement voilà, une avarie va les retenir au port pour quelque temps et il suffit parfois de peu de jours pour que le destin s'inverse.


 

Mais ne brûlons pas les étapes, découvrons cet établissement, café-restaurant en bordure de mer, faisant éventuellement, pension de famille, tenu par deux femmes : Madame Cordier (excellente Cécile Malot) et son employée, Thérèse ( subtile Barbara Castin) qui assure le service en salle.

Les ouvriers ont l'habitude de s'arrêter là pour reprendre des forces en buvant un verre et jouer aux dés. Celui qui est plus solitaire pourra y lire tranquillement son journal.


Il y a Hidoux, ( incroyable Patrick Bethbeder ! ) le pilier de l'établissement qui n'en repart les trois quart du temps que fin saoul, lequel n'a pas la langue dans sa poche mais que tout le monde aime bien car il est pittoresque, ayant choisi de vivre autrement, se vantant d'être une anguille, car non récupérable.


Deux jeunes gens vont arriver, que personne ne connaît encore. Il s'agit de deux anciens typographes que la guerre de 14 a confisqué à la vie civile. Ils ont eu la chance d'en réchapper mais désormais veulent partir, quitter cette vieille Europe pour de nouveaux horizons, pour une nouvelle vie. 

Celui qui des deux décide toujours est Bastien (Franck Cicurel) tandis que son compagnon Ségard (Pierre Boucard) est plus discret, plus sensible ...

 

Que font deux jeunes gens brusquement immobilisés en un lieu où se trouve une fille jeune et jolie ? (Thérèse) Ils vont lui conter fleurette, chacun à sa façon, je vous laisse imaginer la suite ... Quand le matelot anglais (Michael Hirsch) viendra annoncer que le paquebot est enfin prêt à partir, beaucoup de choses auront changé dans l'intervalle.

Cette pièce évoque le choix auquel nous sommes tous sans exception, un jour ou l'autre, confrontés : choisir son destin ou se laisser porter par lui ?

 

Nous passons là en leur compagnie à tous un moment privilégié car le ton de la pièce est profondément humain et les interprètes jouent parfaitement juste.

Cette pléthore de spectacles depuis la rentrée de septembre a fait que ne sachant où donner de la tête je n'ai pu voir cette pièce plus tôt.

Si ce n'est déjà fait, il ne vous reste donc que peu de temps pour la découvrir mais ne manquez surtout pas ce rendez-vous qui mériterait d'être incontournable. Du reste, la salle était pleine et les spectateurs ravis. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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14:59 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/10/2013

Gouttes dans l'océan de Rainer Werner Fassbinder

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A LA FOLIE THEATRE

8, rue de la Folie Méricourt

75011 PARIS


(M° Saint-Ambroise)


Réserv. 01 43 55 14 8O


Pl. 22€ - T.R. 17€


Jeudi, vendredi, samedi à 21h.30

Dimanche à 18h.


jusqu'au : 8 DECEMBRE 2013


 

Traduction : Jean-François Poirier

Mise en scène : Sylvain Martin

 

avec William Astre, Pierre Derenne, Juliette Dutent, Florence Wagner


 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgEn lisant le titre, je me suis dit,

- " tiens, l'eau s'est évaporée ! "

Il faut dire que l'atmosphère est parfois torride. Rencontre d'un petit brun et d'un grand blond.

Dans l'ordre inversé, l'un a 20 ans et l'autre 35. Pourquoi le plus jeune a t-il suivi ce parfait inconnu chez lui alors qu'il se réfugie comme il peut derrière son hétérosexualité ? Appréhension de ce qui va suivre ? ... Sans doute.

Léopold, le maître des lieux maîtrise parfaitement sa stratégie de séduction.  Il procédera donc par paliers, commençant par évoquer la femme avec laquelle il a vécu un bon nombre d'années, prenant bien soin de faire mention du climat conflictuel qui a mené à la séparation ...

Franz quant à lui parle d'Anna mais on comprend très vite que ce n'est pas la passion mais plutôt une sorte de conformisme qui a créé le couple.

Ces deux hommes vont boire un verre, puis plusieurs, jouer aux petits chevaux, ce qui prête à rire ... Assez nerveux, Franz fume cigarette sur cigarette mais peut-être est-ce son habitude après tout ? Tiens, il est mauvais joueur et apte à " monter comme une soupe. " Je vous laisse imaginer comment et où se conclura cette première rencontre. 

Nous allons les récupérer quelque temps plus tard, Léopold voyage beaucoup pour son travail, s'absente donc régulièrement et revient fatigué, de mauvaise humeur, tandis que Franz désormais installé, joue en son absence les fées du logis.

Rien n'arrive par hasard et le climat explosif que Léopold entretenait avec sa compagne, se répètera cette fois encore. Jeu ambigu du dominant-dominé ...

Les femmes feront tour à tour leur apparition. On ne peut s'empêcher de penser que cette pièce est aux trois-quart autobiographique car plus personne n'ignore la façon dont Fassbinder vivait. 

William Astre est un Léopold Bluhm cynique et pervers au possible, un seul petit reproche, le comédien boule parfois le texte qui alors peine à rester compréhensible mais le même se surpasse à d'autres moments. 

Pierre Derenne qui joue Franz Meister est absolument parfait, tant par son jeu porté par une voix solidement timbrée qu'une diction irréprochable. Quant au physique, il n'est pas exagéré de dire qu'il est beau comme un dieu grec.

" rien à jeter ! ... " comme dirait une de mes copines.)

Juliette Dutent est Anna Wolf et Florence Wagner,Vera et même s'il est évident que Rainer Werner s'intéressait plus aux hommes qu'aux femmes, les deux comédiennes tiennent  leur rôle respectif de façon irréprochable. 

On pense bien sûr à " The Servant " de Pinter,(*) en moins correct, en plus crûment agressif et avec un cynisme poussé au paroxysme. 

La mise en scène de Sylvain Martin fait mouche et les fans de cet auteur aussi génial que déglingué seront ravis car, si (comme je l'espère) vous allez voir cette pièce, gageons que vous direz en sortant :  ich bin begeistert ! 


(*) pour le scénario, film de Joseph Losey 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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08:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent