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17/11/2013

ORAGE de August Strindberg

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THÉÂTRE de la TEMPÊTE

Cartoucherie de Vincennes

Route du Champ de Manœuvre

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes

puis navette gratuite

ou 112 arrêt : Cartoucherie


Réservations : 01 43 28 36 36



Pl. 18€ - T.R. 15/12€

Mercredi : T.U. 12€

 

Tlj (sf dim.lun) à 20h.30

matinée le dimanche à 16h.30


Durée : 2h.


jusqu'au : 15 DECEMBRE 2013

 

Texte français : René Zahnd (Actes-Sud Editions)


Mise en scène : Jacques Osinski


 

avec Grétel Delattre - Jean-Claude Frissung - Michel Kullmann - Alice Le Strat - Baptiste Roussillon et la voix d'Agathe Le Bourdonnec


 

Orage ( sans désespoir ... )

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgAvant que la pièce commence, en guise de préambule, nous entendrons Suzy Solidor en une chanson très intime qui fit scandale à l'époque, illustrant l'absolu don de soi.

Car il s'agit bien ici d'ouvrir ou non la porte à quelqu'un, d'accepter ou non l'esclavage des sens auquel on ne peut se soustraire que l'âge aidant.

Un décor frontal occupe la scène, faisant penser à une immense véranda ou à un atelier d'artiste car les vitres sont immenses et ne cachent rien de ce qui se déroule à l'intérieur.

Côté jardin, une porte de laquelle sortira ponctuellement le pâtissier Starck (Baptiste Roussillon) brave homme, sympathique et discret mais lequel nous dit-on, n'a pas de chance ...

Le personnage principal, ( peut-on utiliser ce terme chez Strindberg où les personnalités sont équilibrées, bénéficiant d'une analyse précise ?) est Monsieur en qui beaucoup ont voulu reconnaître l'auteur. Jean-Claude Frissung incarne celui-ci, avec une grande justesse de ton.

Une femme jeune, une parente tout à la fois servante et maîtresse de maison l'assiste régulièrement. Il s'agit de Louise (Alice Le Strat) attentive, efficace et discrète, elle aussi.

Le frère de Monsieur que l'on dit Consul promène son élégance à proximité tout en échappant quelque peu aux définitions. Michel Kullmann lui prête sa haute stature ainsi que son autorité.

L'action se déroule en Août, la chaleur est écrasante et de ce lieu dit " Maison du silence " sort depuis peu des bruits aussi divers que perturbateurs.

La demeure semble contenir de sourdes passions, une fureur feutrée et il suffira d'une apparition pour que l'orage éclate et que le passé surgisse tel une lame de fond avec le brusque retour de Gerda ex-épouse de Monsieur, rôle joué avec conviction par Grétel Delattre.

Le rythme est (presque) celui d'une partie d'échecs mais je tiens à vous rassurer, tous les silences sont habités et ne durent pas plus qu'il ne convient.

August Strindberg nous transforme en chercheurs de laboratoire penchés sur un microscope. Quel mystère va enfin nous être révélé ? Comment tout cela finira t-il ? ...

Je vous laisse découvrir la suite sur place.

Ce théâtre intimiste, hautement psychologique est passionnant à qui veut bien l'entendre.

Il demande certes, toute notre attention mais ne sommes nous pas venus pour cela  ? Et puis, il faut mériter certains auteurs et Strindberg en est incontestablement le chef de file. Alors allez-y et peut-être tout comme moi aurez vous ensuite envie de jouer les prolongations en vous procurant le texte dans lequel je me suis dès le lendemain plongée, l'esprit aiguisé par ces analyses au scalpel utilisées cette fois précautionneusement afin de mieux sonder la plaie non cicatrisée. Rappelons que cette histoire fut largement autobiographique.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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17:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

12/11/2013

NADJA de André Breton

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AIRE FALGUIERE

55, rue de la Procession

75015 PARIS


(M° Pasteur)


Loc. 01 56 58 02 32


Pl. 20€ - T.R. 15 & 10€

 

Mardi, mercredi & vendredi à 21h.


Adaptation, mise en scène et interprétation : Bernard Havette


avec Nolwenn Tanet au piano et à l'accordéon


Musique : Véronique Roth et Nolwenn Tanet


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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgAvant de rencontrer le texte, coup de foudre en direction de l'affiche qui semble d'emblée vouloir indiquer que NADJA fut le violon d'Ingres d'André Breton. 

La suite le confirmera aisément car c'est précisément l'histoire d'une rencontre-coup-de-foudre qui est ici évoquée.

Un homme, plus très jeune, marié de surcroît, croise un jour une femme qui ne ressemble à personne et qui va le subjuguer au point de chercher à la revoir, ce qui adviendra comme par hasard mais peut-être pas tout à fait, cependant.

Elle ressemble à l'oiseau qui se pose de branche en branche et dont le gazouillis le charmera.

D'où vient-elle ? ... Où va t-elle ? ... Que cherche t-elle ? 

L'homme amoureux même s'il ne veut pas l'être, s'il n'en est pas tout à fait conscient, s'éprend du mystère, tombe dans les rets de cette moderne Circé. Il se promènera tout au long des rues de Paris avec elle, l'emmènera dans les cafés, échouera même en sa compagnie aux Tuileries un soir à minuit, comparera leur pensée commune à ce jet d'eau qui s'élève dans le ciel tant la présence de cette femme le transcende.

Emporté par une forme de lyrisme, un baiser aura valeur de communion et ses dents à elle seront l'hostie souhaitée.

Cette femme possède un charme mystérieux qui fait choir les assiettes des mains du serveur en ce restaurant du quai Malaquais. Elle a besoin d'argent ? Qu'à cela ne tienne, il lui en apportera, comment pourrait-il faire autrement ? La question ne se pose même pas.

- " Que veux-tu ? ... l'argent me fuit " dira t-elle.

Il écrit, elle dessine. Le rêve se poursuit.

Nolwenn Tanet donne ici une réplique aussi intelligente qu'attentive à Bernard Havette dont la crinière neigeuse ajoute de l'éphémère à ce surréaliste duo.

" Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es "

Ces rencontres auront lieu entre octobre 1926 et février 1927. Nadja sombrera ensuite dans la folie et deviendra dans la foulée, un mythe. Créature inspirée pour l'homme et inspiratrice pour l'écrivain. André Breton ne la reverra jamais.

Ce spectacle est une narration mais pas seulement puisque l'interprète féminine est tout à la fois, musicienne, comédienne et chanteuse, son partenaire ayant signé l'adaptation et la mise en scène. A voir et pas seulement pour le texte d'André Breton.

 

Simone Alexandre

 

www.theatrauteurs.com

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14:11 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/11/2013

Phèdre de Sénèque

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Théâtre des Quartiers d'Ivry


1, rue Simon Dereure


94200 IVRY


(M° Ligne 7 - Mairie d'Ivry)


(RER C : Ivry-sur-Seine


Réserv. 01 43 90 11 11


Durée : 1h.50 sans entracte.


 

du : 4 NOVEMBRE au 1er DECEMBRE 2013


A 20h. sauf le jeudi à 19h et le dimanche à 16h.

relâche : lundi 11, 18 & 25 novembre.

reservations@theatre-quartiers-ivry.com


 

Traduction : Florence Dupont

Mise en scène : Elisabeth Chailloux


avec : Jean Boissery, Marie-Sohna Condé, Thomas Durand, Sara Llorca, Adrien Michaux et Marie Payen


 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgComme chacun sait, les dieux grecs et latins étaient les mêmes sous des noms différents. Comment s'étonner alors qu'Euripide et Sénèque aient écrit chacun une tragédie sur un thème identique, l'une titrée Hippolyte et l'autre Phèdre, puisque la mythologie de ces deux pays était commune.

 

Plus malaisée est la transposition à notre époque mais ceci se limitera fort heureusement à des détails visuels.

 

Tout d'abord, je voudrais rendre hommage à la scénographie conçue par Yves Collet, assisté de Léo Garnier pour les lumières puisque parfaitement réussies toutes deux.

 

Ceci étant précisé, certains m'accuseront sans doute d'avoir une vision par trop élitiste de la tragédie mais vouloir visuellement faire le lien entre l'époque actuelle et la période antique est selon moi, une démarche qui rencontre quelques obstacles. Car, sans vouloir accéder à une splendeur onéreuse de costumes, il me semble qu'une habile stylisation vaut mieux que cette utilisation partielle de vêtements contemporains, ce qui a pour conséquence, d'abâtardir le résultat.

Voir Hippolyte torse nu et en pantalon puis Thésée en costard et sans chemise ... relève hélas, du pire mauvais goût. Simples détails allez-vous dire, mais qui ont leur importance puisque faisant obstacle à la véracité historique.

 

La traduction de Florence Dupont est tout à la fois belle et percutante mettant en action six personnages, à savoir,

 

- l'incandescente Phèdre (Marie Payen) 

- l'Hippolyte un peu décalé de Thomas Durand, ce prince qui préfère les forêts aux palais et surtout à la compagnie des femmes qu'il déclare abhorrer. ( étonnés, nous verrons le comédien se transformer en punk d'un revers de main. )

- la très humaine nourrice en la personne de Marie-Sohna Condé, (ses interventions comptent parmi les meilleures du spectacle) 

avec pour la partie commentée, les deux personnages complémentaires que constitue le duo alterné du Messager (Adrien Michaux) et la quasi parfaite Sara Llorca dans le rôle du Choeur. 

- Thésée revenu des Enfers mais pas complètement là, étant Jean Boissery, ce qui le préserve peut-être du ridicule que constitue le puzzle horrifique des restes sanguinolents de son fils, transportés dans des sacs venus tout droit du super-marché du coin. 

Bien que l'auteur soit romain, les personnages restent typiquement grecs et la violence qui est faite actuellement à ce peuple ne dément en rien le climat de cette tragédie où les gens de pouvoir s'arrogent tous les droits, n'ont rien à faire de la morale, ne prêtant à l'existence qu'un intérêt jouissif. 

L'époque évoquée ici est celle de Néron, période de décadence significative où tout était permis à certains et le quasi esclavage promis aux autres. En cela, vous l'avez compris, le choix de ce texte s'avère judicieux.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( photos : Alain Richard )

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17:09 Publié dans THEATRE | Lien permanent