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01/05/2014

Folies Vaudeville, en attendant Feydeau de Jean Marbœuf

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THÉÂTRE LA BRUYÈRE

5, Rue La Bruyère

75009 PARIS

 

(M° St-Georges)

 

Loc. 01 48 74 76 99

 

Pl. 19 à 38€

- 26 ans : 1O€ les mardi, mercredi,

jeudi (selon disponibilités)

 

 

A 21h. du mardi au samedi

A 15h le samedi

 

Texte et mise en scène : Jean MARBŒUF  

 

avec Pierre AUSSEDAT, Jean-François GALLOTTE, Julie MARBŒUF, Eric MARIOTTO et Patrick PREJEAN

 

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgRetranché, masqué par la foultitude de personnages qu'il a créés, Feydeau incite peu à la curiosité le concernant puisque sa vie durant, il a mis en scène ce qu'il voyait autour de lui. Contrairement à bon nombre d'auteurs, son pôle d'intérêt ne se situe pas au niveau du nombril. Il a amplement dénoncé avec un humour dévastateur les travers de la société bourgeoise de son époque et nous en rions encore même si les mœurs évoquées ne sont plus tout à fait d'actualité.

Jean Marbœuf nous aide à mieux connaître le personnage moins désopilant que son oeuvre mais comme il fallait rester fidèle au ton général de celle-ci, les spectateurs ne seront pas désorientés même si (il faut bien le reconnaître) le spectacle a nettement tendance à partir dans plusieurs directions ... 

L'action se situe en l'An de Grâce (ou de disgrâce) 1920, et beaucoup se remettent difficilement des conséquences de la Grande Guerre. Il n'y a pas que des gueules cassées, pour certains le préjudice est plus profond et notre auteur qui souffre de troubles mentaux se repose en un lieu spécialisé où un directeur de théâtre vient le relancer et insiste pour qu'il termine une pièce inachevée.

En cet asile psychiatrique où de fantomatiques personnages se croisent nous découvrons le Président Paul Deschanel complètement au bout du rouleau suite à la chute ferroviaire dont il fut victime laquelle mit en joie tous les caricaturistes de l'époque. Échange entre ces deux personnages pour le moins largués.

Et puisque le titre de l’œuvre en commande se nomme " On va faire la cocotte " en voilà une qui fait son apparition en tenue plus que légère et le verbe haut. Nous déraperons même en direction du comique troupier si en vogue à l'époque, d'autant qu'un infirmier a bien le droit de rêver de Music Hall, après tout ! 

Certes, on peine quelque peu à retrouver le Feydeau que Patrick Préjean est censé incarner sans la plus petite ressemblance physique, en revanche Pierre Aussedat est tellement drôle dans ce personnage d'ex président de la République que l'on ne cherche même pas à évoquer l'original tant il nous satisfait tel quel. On reste béats d'admiration face aux lumières mises au point par Baptiste Magnien créant une dimension onirique tout à fait inattendue et d'un bel esthétisme. Les adeptes du vaudeville seront peut-être déconcertés mais cette pièce a le mérite de nous inciter à mieux connaître la vie personnelle de l'auteur que certains découvriront sous un jour nouveau et ne serait-ce que pour cela, allez-y !

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( Photos LOT )

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14:55 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/04/2014

Partisans de Régis Vlachos

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LUCERNAIRE

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS

 

(M° N.Dame des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

Ts les jours sauf dimanche à lundi à 21h.30

Matinée le dimanche à 17h.

 

 

jusqu'au : 15 JUIN 2014

 

Mise en scène : François BOURCIER

avec Lucie JOUSSE, Matthieu HORNUSS, Jean-Hugues COURTASSOL

 

" Ami, entends-tu, le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

" Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? "

 

 

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Une femme puis deux hommes de même génération se rejoignent et attendent sous leur parapluie respectif au niveau de l'Assemblée Nationale.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgNous sommes le 27 mai 1943 et une scène de la vie ordinaire vient de se dérouler sous leurs yeux … " Indignez-vous " aurait dit Stéphane Hessel.  A l'époque, il était suicidaire de s'indigner en public car le danger était partout et la police collaborait, on ne pouvait donc se fier à qui que ce soit.

Après quelques tentatives de dialogues et autres escarmouches verbales, l'un des trois va se décider à lancer le mot de code, les autres suivront. Ces trois là sans le savoir avaient bien rendez-vous.

Car à cette date précise, le Conseil National de la Résistance s'apprêtait à mettre en place les mesures dont nous avons bénéficié durant des décennies, ces fameux " droits acquis " qui depuis quelques temps jouent les peaux de chagrin ... 

Deux hommes, une femme, représentants anonymes de mouvements politiques divers oubliant ou essayant d'oublier leurs différences joignent leurs efforts afin que l'avenir devienne plus serein, que la liberté et le droit triomphent.

Ces trois là n'ont pas pouvoir de décision mais ce sont des témoins actifs qui sont venus en un lieu aussi secret que précis attendre le résultat de la réunion du CNR, quelques noms représentatifs seront alors évoqués,

- Jean Moulin lequel (ironie) avait choisi un nom de guerre habituellement réservé aux bergers allemands : Rex ! 

- Le Troquer, héros de la première guerre, représentant la SFIO, 

- Lanniel qui avait pourtant voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940 et quelques autres, communistes jusqu'aux représentants de la droite traditionnelle et catholique.

Nous ne les verrons jamais mais nous entendrons des bribes de leur réunion par le biais d'une porte ouverte tandis que nos trois impatients sur le gril, passent le temps comme ils peuvent, en se chamaillant parfois.

Chacun a son représentant officiel de l'autre côté de la porte sauf la femme qui n'a pas encore acquis le droit de vote et qui de surcroit est juive donc doublement stigmatisée. Au bout du compte,  ils finiront par s'entendre et même se rejoindre.

L'utilisation du poste de radio est omniprésente car c'était alors en dehors de la presse écrite favorable au régime en place, le seul moyen d'information.

Les trois comédiens sont d'un naturel confondant. Ici, aucun effet théâtral superflu, ils sont vrais tels que devaient l'être leur personnage dans la réalité de l'époque.

Voici une pièce à ne pas manquer car elle nous remet en mémoire l'utilité du vrai courage quand tout nous échappe ou presque et que le sort de tous est entre les mains de quelques uns. Belle piqure de rappel, non ? ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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13:17 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/04/2014

Les vaisseaux du coeur, d'après Benoîte Groult

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PETIT MONTPARNASSE

31, rue de la Gaité

75014 PARIS

 

(M° Gaité ou Edgar Quinet)

 

 

loc. 01 42 22 77 74

 

 

Pl. 18/32€ - de 26 ans : 10€

 

Ts les jours sauf dimanche et lundi à 19h.

dimanche à 17h.

 

 

Adaptation de Josiane PINSON

 

Mise en scène : Jean-Luc TARDIEU

 

avec Josiane PINSON et Serge RIABOUKINE

 

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgCette histoire autobiographique, derrière la crudité des mots, traitée avec grande pudeur tant par le metteur en scène (Jean Luc Tardieu) que par les interprètes : Josiane Pinson et Serge Riaboukine nous épargne toute sensation de voyeurisme. Histoire d'une passion qui joue incroyablement les prolongations en s'offrant le luxe d'être pérenne !

Un homme, une femme - tout normalement - se rencontrent, se reconnaissent, se complètent, jusqu'à ne faire plus qu'un. Pourtant, tout au départ les séparait : culture (ou absence de) niveau social, sans compter les aléas de la vie ...

En dépit de tous ces obstacles et peut-être grâce à eux, le lien ne se brisera pas et perdurera jusqu'à la disparition de l'un des deux.

Josiane Pinson module ce texte avec bonheur, nous offrant ce personnage solaire de femme aimante en dépit de tout.

Serge Riaboukine prête à ce rôle d'homme rustique toute l'intelligence des êtres simples en phase avec la réalité.

Ce texte et cette pièce tombent à point nommé pour nous rappeler que les vraies valeurs, celles du coeur, du corps et de l'esprit ont encore quelque avenir en une époque où certains ne savent plus très bien ce qu'ils sont ...

La scénographie est d'une sobriété extrême, les artifices n'ayant rien à faire ici. Il ne suffit aux spectateurs que d'écouter avec leur coeur, au risque peut-être d'essuyer furtivement une petite larme en toute fin de pièce mais peut-on avoir honte de ses sentiments ? Certes non ! Puisque ces deux là ne trichent pas, nous aurions mauvaise grâce de le faire … Croyez-moi, allez-y car on a le coeur dilaté quand on en sort !  

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos : Ingrid Mareski )

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08:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent