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24/05/2013

Les Mystères de Paris d'Eugène Sue

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CARTOUCHERIE  

THEATRE de la TEMPETE

Route du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes + navette gratuite, Cartoucherie)


Loc. 01 43 28 36 36


www.la-tempete.fr


jusqu'au 16 JUIN 2013


Pl. 18€ - T.R. 15 & 12€

le mercredi tarif unique : 12€


Du mardi au samedi à 20h

Dimanche à 16h


Durée : 2h.


 

Adaptation : Charlotte Escamez (Editions Les Cygnes)


Mise en scène : William Mesguich

 

avec,

Jacques Courtès (Monsieur Loyal, Jacques Ferrand, Le Maître d'Ecole, Squelette


Zazie Delem (Madame Loyal, La Veuve Martial, La Chouette, La Nourrice, La Fermière)


Romain Francisco (Monsieur Loyal, Morel, François Germain, Le Chourineur, Polidori, Tortillard)


Marie Frémont (Madame Loyal, Rigolette, Sarah, Cecily)


Sterenn Guirriec (Madame Loyal, Fleur de Marie, Louise)


Julie Laufenbuchler (Madame Loyal, Madame Pipelet, La Louve, Madame Séraphin, L'Ogresse)


William Mesguich (Monsieur Loyal, Rodolphe, Martial)



 

N'en doutons pas, la vision des sans abris qui investissent de plus en plus nos rues parisiennes a sans nul doute donné l'idée à William Mesguich de se pencher sur " Les Mystères de Paris ", la capitale ressemblant parfois (hélas) à un remake non souhaité de la Cour des Miracles ... 

Désormais, plus personne (ou presque) ne lit Eugène Sue, lequel au XIXème siècle eut pourtant son heure de gloire par le biais de feuilletons proposés par les quotidiens de l'époque. C'était alors la meilleure formule pour arriver au lendemain, mille fois plus jouissive que nos journaux télévisés et sans doute, les lecteurs sur le gril, trépignaient-ils en attendant  la suite ?  Plus près de nous, cette histoire a d'autant plus marqué ceux qui traversèrent les 30 glorieuses puisqu'ils étaient encore à l'abri de semblable sort.

Nous voici donc plongés dans les Bas-fonds de Paris où un aristocrate (Rodolphe, grand duc de Gérolstein, pardonnez du peu ! ) vient chaque soir s'encanailler. C'est aussi la démarche typique de l'écrivain à la recherche des réalités. N'a t-on pas coutume de dire que tout auteur se glisse dans la peau de ses personnages ?... Là, pour tous les présenter il ne faudra pas moins de plusieurs Mr Loyal déclinés tant au masculin qu'au féminin. (pas de jaloux !) 

- 7 comédiens pour 25 personnages en 25 lieux différents : la méga-gageure ...

D'évidence, le trait est forcé mais autant miser sur l'humour à une époque où il est devenu impossible de " faire pleurer Margot " Et oui, nous ne percevons plus les choses de même sorte que nos ancêtres et par ce choix, le risque de ringardise se trouve écarté. 

Certes, s'il déborde d'idées, William Mesguich n'a pas la stature d'un Frédéric Lemaître (du moins pour ce que l'on en sait) et peut-être aurait il dû abandonner le rôle de Rodolphe à quelqu'un d'autre afin de se consacrer tout entier à celui de metteur en scène ? 

Chaque interprète se voyant confier plusieurs personnages, il serait fastidieux de se pencher en détail sur chacun d'eux. Aussi, allez découvrir : Le Chourineur, Martial et le Maître d'Ecole sans oublier La Chouette, Rigolette, la Louve et Fleur de Marie (pour ne citer que ceux-là) tous hauts en couleurs comme il se doit. 

Pour ma part, je reste convaincue qu'un nouvel Eugène Sue nous fait cruellement défaut pour relater ce qui se passe à l'époque actuelle d'autant qu'une transposition au théâtre reste toujours possible. Pour l'heure, l'action se situe au 19ème siècle, par conséquent, restons-y.

 

Simone Alexandre

 

www.theatrauteurs.com 

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( photos : Palazon )


16:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/05/2013

Je pense à Yu de Carole Fréchette

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Théâtre ARTISTIC ATHEVAINS

45, RUE Richard Lenoir

75011 PARIS


(M° Voltaire)


Loc.01 43 56 38 32


www.artistic-athevains.com


Pl. 30€ - T.R. 20€

-de 26 ans : 10€


mardi 2Oh, mercredi et jeudi 19h,

vendredi et samedi 20h30

samedi et dimanche 16h

Relâche le lundi


jusqu'au : 30 JUIN 2013


 

( Le texte est édité par Actes Sud-Papiers )


 

Mise en scène : Jean-Claude Berutti

assisté de Salomé Broussky


avec : Marianne Basler (Madeleine) -

Antoine Caubet (Jérémie) - Yilin Yang (Lin)


 

Pour un auteur qui a le talent de Carole Fréchette, il n'est pas étonnant que la lecture d'un simple entrefilet dans la presse quotidienne, suffise à déclencher l'écriture d'une pièce. 

Nombreux furent durant les années 60, les jeunes qui ne juraient que par Mao. C'était sans doute en quelque sorte, à leurs yeux, la réincarnation asiatique de Bonaparte et de ses idées révolutionnaires du début.

Une fois arrivé au pouvoir, les mentalités changent et le Grand Timonier ne fit pas exception à la règle. 

Carole Fréchette (avant que naisse le personnage de Madeleine) s'est intéressée à ce jeune contestataire chinois qui lors des événements de la Place Tiananmen lança des projectiles remplis de peinture rouge sur le portrait de Mao Zedong. Gaminerie qui lui valut d'être condamné à 20 ans de prison ! Il fut libéré 17 ans plus tard mais son esprit avait sombré dans l'intervalle ...

Maintenant, imaginez le Canada en février sous 40 cm de neige ... on reste alors chez soi, à lire ou ranger (ce qui visiblement inspire peu Madeleine) laquelle recherche sur internet des documents susceptibles de lui permettre d'approfondir le destin de ce malheureux Yu.

Deux autres personnages vont les jours suivants, faire leur apparition en ce lieu, tout d'abord Lin, la jeune élève chinoise qui est censée venir ici prendre des cours de français mais que Madeleine repousse à diverses reprises sous les plus fallacieux prétextes parce qu'elle veut rester seule, tout simplement.

Lin est aussi vive que Madeleine est repliée sur elle-même et les deux personnalités ne vont pas tarder à s'affronter.

Et puis, il y a Jérémie ce voisin ou presque " à 2 rues d'ici " (précisera t-il) lequel a incroyablement récupéré un colis pour elle ... Il reviendra plusieurs fois et nous assisterons alors à leurs échanges à tous. Rencontre de trois solitudes subitement réunies par un événement qui s'est produit il y a bien longtemps à l'autre bout de la planète. Cette pièce vient opportunément nous rappeler que nous faisons partie d'un tout.

 

Simone Alexandre

 

www.theatrauteurs.com

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(photos : Jean-Louis Fernandez)


16:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2013

L'Histoire du Tigre de Dario Fo

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MANUFACTURE des ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


(M° Abbesses ou Blanche)


Loc. 01 42 33 42 03


manufacturedesabbesses.com


A 21h les dimanche, lundi,

mardi, mercredi - Durée : 1h.


jusqu'au : 5 JUIN 2013


 

Adaptation : Toni Cecchinato, Nicole Colchat


Mise en scène et interprétation : Pierre-Marie Escourrou


 

Sur un espace aussi vide que celui des plaines chinoises après le passage des Seigneurs de la Guerre, quand ces derniers se prenaient pour les hordes d'Attila, (c.a.d. bien avant la Longue Marche) Pierre-Marie Escourrou aborde le sujet en nous narrant l'histoire-de-l'histoire ... du Tigre, lequel n'était pas de papier, bien que Dario Fo l'y ait couché. 

Napoléon clôtura sa carrière par la retraite de Russie tandis que Mao commença son ascension par la conquête à pied du pays. Pourtant la tâche fut aussi rude de part et d'autre, surtout pour la piétaille qui tombait comme à Gravelotte ... (oui, quand on parle de guerre, le temps est aboli alors au diable la chronologie !) 

Un soldat blessé, presque mourant, une jambe gangrenée, va - au prix d'un incroyable instinct de conservation - et après moult péripéties, trouver accidentellement refuge auprès d'une tigresse et de son rejeton. 

Mourant de faim (de trouille aussi) puis gavé de lait, il finira par reprendre des forces sous la langue cautérisante de l'omniprésente bestiole en question.

Qu'un auteur pour le moins anar' nous fasse vivre les péripéties guerrières d'un communiste bon teint, la démarche ne pouvait qu'être drolatique avec pour seul objectif : faire rugir le spectateur de plaisir. Force est de reconnaître, qu'on n'en est pas loin. D'autant qu'à quelques intonations soulignées par des mouvements d'épaules, j'ai cru revoir quelqu'un. Or, avec ses talonnettes cette Longue Marche vers le pouvoir n'était pas envisageable ! Aurais-je eu une hallucination ? Si m'en croyez, vous feriez bien d'aller vérifier sur place ...

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

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17:31 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/05/2013

Les tentations d'Aliocha d'après les frères Karamazov de F.Dostoïevski

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THEATRE de l'AQUARIUM

Cartoucherie de Vincennes

Rte du Champ de Manoeuvre

75012 PARIS


(M° Château de Vincennes puis

navette gratuite ou autobus 112)


Loc. 01 43 74 99 61


www.theatredelaquarium.com


du mardi au samedi à 20h.30

dimanche à 16h.


Durée du spectacle : 2h.30


jusqu'au : 24 MAI 2013


 

Traduction : André MARKOWICZ


Mise en scène : Guy DELAMOTTE


Adaptation : Véro DAHURON / Guy DELAMOTTE


 

Avec : Véro DAHURON (Grouchenka) - Catherine VINATIER (Katerina) - David JEANNE-COMELLO (Aliocha) -

Anthony LAIGNEL (Smerdiakov) - Gilles MASSON (Ivan) -

Timo TORIKKA (Dimitri)


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Qui ne connaît Dostoievski ne peut comprendre l'âme slave. Toute notre reconnaissance va donc à André Markowicz envers lequel nous sommes redevables de la traduction de l'oeuvre complète du grand auteur russe, parue chez Acte Sud.

On peut contester Tolstoï et certains ne s'en sont pas privés mais concernant Fiodor Mikhaïlovitch, la tâche est plus ardue, le personnage s'avérant beaucoup plus complexe. Car enfin, ces frères Karamazov ne sont-ils pas la seule et même image de leur auteur et de ses multiples facettes ? ( La référence à l'épilepsie ne sera du reste pas oubliée. )

Les psy ' affirment qu'il faut tuer le père ! Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre car on ne saurait écarter Smerdiakov bien qu'illégitime en cette fratrie. Tous - sans exception aucune - vont souhaiter la mort de Fiodor Pavlovich ce père riche, despotique et débauché mais un seul passera à l'action. Ensuite, le soupçon planera sur tous, car chacun d'eux est coupable, " de tout, envers tous." 

Et puis, tous - désirent Grouchenka, et vont se partager ses faveurs à des degrés divers ... la femme symbolisant la débauche sexuelle, le besoin de domination virile de chacun, sans excepter le pur Aliocha, par le biais duquel nous entrerons dans cette histoire compliquée au possible.

On ne loue plus depuis longtemps le talent de Véro Dahuron (Grouchenka) qui fait preuve ici d'un tempérament dévastateur.

Catherine Vinatier est Katerina, plus pondérée bien sûr, mais dont la présence scénique n'en est pas moins indéniable.

Les interprètes masculins ne seront pas de reste et nous entraîneront dans un tourbillon quasi indescriptible. Tout comme eux, on perd pied sur ce décor enneigé, on s'enivre en les écoutant ... Et puis, il y a cet écran et ces premiers plans qui prennent possession de notre esprit, jusqu'à l'hypnotisme. 

La pièce se joue seulement jusqu'au 24 mai alors faites vite, ne la laissez surtout pas passer et ce, que vous ayez lu ou non " Les Frères Karamazov " car adapter ce roman par ce biais particulier, loin d'être une trahison, nous permet d'aller au coeur du problème existentiel de ces âmes tourmentées.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com


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( photos Tristan Jeanne Valès )


 

15:51 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/05/2013

Ninon, l'enclos ou la liberté

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THEATRE DES MATHURINS

36, Rue des Mathurins

75008 PARIS


(M° Havre-Caumartin)


Loc. 01 42 65 90 00


www.theatredesmathurins.com


Pl. 32€

étudiants et - de 26 ans : 10€


du mardi au samedi à 19h

Relâche : dimanche et lundi.


jusqu'au : 30 JUIN 2013


 

Texte d'Hyppolyte Wouters


Mise en scène et scénographie : Cyrielle Clair


Avec : Cyrielle Clair, Pauline Macia, Sacha Petronijevic, Sylvain Clama


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En référence au théâtre classique, le rideau rouge est tiré et par ses mouvements, ponctuera ensuite les diverses périodes évoquées sur fond de musique baroque.

Le public quant à lui, revenant à ses anciennes habitudes, jacasse en attendant. Pas très longtemps du reste car fait rarissime, la pièce démarre pratiquement à l'heure indiquée. Quand l'espace scénique se révélera à nous, ce sera tout d'abord un ravissement pour les yeux et par le biais des alexandrins les oreilles ne seront pas de reste. 

Cyrielle Clair est l'interprète idéale pour incarner cette aristocrate libérée dont la carrière fut incroyablement longue.  Nous découvrons donc son personnage dans la dernière phase de son existence, l'esprit toujours aussi vif et maîtrisant parfaitement l'art " de réparer des ans, l'irréparable outrage " puisque l'abbé Gédouin en la voyant, sera tout transporté mais elle ne lui permettra pas qu'il la récupère dans tous les sens du terme. 

Pourtant, Ninon n'a t' elle pas (nous dit-on) fêté son 77ème anniversaire d'épicurienne façon avec l'abbé de Châteauneuf ? Il est vrai qu'il lui restait encore presque 20 ans à vivre ce qui à l'époque était un exploit ! 

La dame n'ayant jamais caché son athéisme - bien au contraire - refusera jusqu'à l'idée de confession mais acceptera de se livrer aux confidences et passant de la narration à l'action,  il convient d'ouvrir ici une large parenthèse. Rideau, musique ! 

Nous retrouvons donc Anne de Lenclos dans toute sa splendeur mais partageant (à son corps défendant, ce qui est le comble !)  les faveurs de Louis de Mornay, marquis de Villarceaux (Sylvain Clama) avec Françoise d'Aubigné future Madame de Maintenon.( Pauline Macia) 

L'amie et l'amant seront découverts lors d'une étreinte qui ne laissera aucun doute sur la nature de leurs relations et le sieur de Villarceaux pris sur le fait,  battra courageusement en retraite. Mais il en fallait plus que cela pour fâcher les deux femmes bien que le souvenir de l'incident puisse difficilement être effacé.

Précisément, nous allons retrouver l'ex veuve Scarron, devenue première dame de France et le roi ne tardera pas à faire son apparition pour bénéficier des conseils avisés de cette anti-courtisane qu'est Ninon. 

Sacha Pétronijévic sera successivement le prêtre et Louis XIV qu'il campe de façon pour le moins rustique mais sans nul doute, sa stature en est seule la cause et puis le Roi ne danse plus depuis longtemps, alors ! ... 

Cette parenthèse refermée, la pièce finira comme elle a commencé et Cyrielle Clair réintégrera l'enveloppe du personnage du début mais nous, spectateurs aurons passé un excellent moment à voir cette femme superbe joyeusement vivre avec une telle liberté et peut-être même (qui sait ?) aurons nous la nostalgie de l'élégant libertinage d'antan ? 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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( Photos LOT )

10:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent