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08/10/2014

L'entrevue de Badajoz de Christian Morel de Sarcus

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THÉÂTRE du NORD-OUEST

13, rue du faubourg Montmartre

75009 PARIS

 

(M° Grands Boulevards)

 

Loc. 01 47 70 32 75

 

 

Pl. 23€ - T.R. 13€

 

 

(consulter le site du théâtre pour connaître dates & heures de représentations)

 

Mise en scène : RICHARD FERIOT

 

avec ELIEZER MELLUL et Richard FERIOT

 

 

Tout père (à de rares exceptions près) souhaite que son fils lui ressemble afin de poursuivre l’œuvre qu'il a accomplie ...

 

3763804959.6.jpgIci, nous avons affaire à un personnage plus qu'autoritaire, frisant le despotisme. Ce vieil aristocrate rallié au franquisme a hérité d'un fils révolutionnaire, artiste et de surcroit homosexuel, de quoi révulser cette vieille culotte de peau ! 

Nous allons donc assister aux tumultueuses retrouvailles des deux hommes différents en tout, après des années d'éloignement.

Un drame familial est survenu quelque temps au préalable mais qui les a tous marqués, chacun réagissant à sa façon en fonction de son tempérament, comme toujours.

La mère et le fils se sont installés au Portugal où ils ont soutenu activement la Révolution des Œillets.

Or Dona Isabella a (sans doute pour oublier) un peu trop abusé de l'alcool et se trouve sur le point de mourir, raison pour laquelle Antonio vient quémander de l'aide au vieil obstiné. 

Une phrase résume mieux que tout autre la mentalité du père,

" Les petits (dira t-il) c'est leur vice de vouloir être écrasés sinon ils s'élèveraient ! "

Qu'attendre d'un tel homme ? ... Pourtant à un moment donné une faille se laissera entrevoir derrière la carapace et le fils fou de joie pensera qu'il a gagné.

Eliezer Mellul dans le rôle du père trouve ici l'occasion exceptionnelle d'exprimer tout son talent. Il passe de la froideur la plus coupante à la violence à peine contenue, sans oublier la tendresse enfouie dont il consentira à faire preuve, un temps.  Son partenaire et metteur en scène Richard Fériot joue bien sûr, d'un tout autre registre, se voulant persuasif avec un zeste de provocation sporadique.

En habile dramaturge, Christian Morel de Sarcus nous a ménagé une fin inattendue qu'il vous appartient de découvrir par le biais de ce grand moment de théâtre au cours duquel nous bénéficions de deux belles et fortes analyses psychologiques. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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15:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/10/2014

LA PÉLERINE ÉCOSSAISE de SACHA GUITRY

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Théâtre DAUNOU

7, rue Daunou

75002 PARIS

 

(M° Opéra)

 

Loc. 01 42 61 69 14

 

 

Pl. 25 à 45 €

 

Depuis le 25 Septembre 2014

 

 

 

A 21h. du mardi au samedi

Dimanche à 15h.30

 

Mise en scène : PIERRE LAVILLE

 

 

avec ARNAUD DENIS, DELPHINE DEPARDIEU, MARCEL PHILIPPOT, SERGE RIDOUX, ANTOINE COURTRAY, MONA WALRAVENS, NATHAN DUNGLAS ( sans oublier le chien.)

 

 

 

Une demeure située en bord de mer …

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgPhilippe (Arnaud Denis) dont la tenue vestimentaire trahit quelques années d'utilisation fait une pause sur le canapé du salon.

A ses pieds, emmitouflée dans un plaid écossais, son épouse Françoise (Delphine Depardieu) joue avec un adorable bébé-chien.

Un visiteur parisien doit se joindre à eux et bien qu'à contrecoeur, Philippe s'apprête à aller le récupérer en gare. Petites vacheries dont les couples se gratifient à distance … car l'homme dont il est question, la cinquantaine bien sonnée, a coutume de venir accompagné de sa dernière conquête, laquelle n'est pas toujours choisie avec un goût certain.

Hoan (Nathan Dunglas) grimé en domestique chinois sorti tout droit d'un livre d'images d'avant Mao ouvre des parenthèses pour le moins hilarantes.

Marcel, un jeune voisin (Antoine Courtray) ne manque jamais une occasion de venir faire la cour à Françoise dès que Philippe a le dos tourné.

Le médecin-maire (Serge Ridoux) se verra habilement converti en vétérinaire et se paiera largement de retour en convertissant Philippe en actionnaire d'une régate pas vraiment indispensable à la poignée d'habitants de ce bord de mer.

Seulement voilà, la petite amie attendue avec résignation n'est pas celle qui était annoncée. Bien au contraire car Merissel (Marcel Philippot) plaqué une fois de plus a effectué un retour en arrière et la jolie Huguette (Mona Walravens) ne tardera pas à faire tourner la tête de Philippe alors que de son côté, son épouse sera sur le point de céder aux assiduités de Marcel, ce Brummell breton. 

Je me garderai bien de vous dire comment tout cela finira. Sachez toutefois que Arnaud Denis est remarquable dans le rôle de Philippe, que Marcel Philippot se révèle d'une drôlerie à toute épreuve, que la beauté des deux femmes justifie pleinement le désarroi de l'époux pris entre deux feux et qu'enfin le public est séduit par les irrésistibles interventions de Hoan, natte ancestrale au vent.

Quant au docteur-maire, ce dernier utilise la puissance de sa voix pour nous fournir quelques anecdotes flaubertiennes pour le moins décalées ...

Les applaudissements redoubleront d'intensité pour saluer le retour de Dick-le-chien qui doué comme il est risque fort de virer cabot à brève échéance !

La mise en scène de Pierre Laville est enlevée, le tout constituant une soirée réjouissante. Aussi, sans l'ombre d'une hésitation : allez-y, les occasions de rire intelligemment n'étant pas si nombreuses à l'époque actuelle.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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15:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/10/2014

L'entretien de M.Descartes avec M.Pascal le jeune de Jean-Claude Brisville

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THÉÂTRE de POCHE MONTPARNASSE

75, boulevard du Montparnasse

75006 PARIS

 

(M° Montparnasse)

 

Loc. 01 45 44 50 21

 

 

Pl. 15 à 35€

 

- 26ans : 10€ selon disponibilités.

 

Du mardi au samedi jusqu'à 19h

Dimanche à 17h.30

 

jusqu'au : 2 NOVEMBRE 2014

 

 

Mise en scène de Daniel Mesguich et Willam Mesguich

avec Daniel Mesguich (Descartes) - William Mesguich (Pascal)

 

 

 

C’est une rencontre qui ne se fait pas, en cela que les corps se font face, que les paroles s’échangent, mais le contact n’y sera jamais. Jean Claude Brisville, décédé en août dernier, a écrit « L’entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune » en 1985.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgCe texte est d’une actualité totale, parce que Descartes et Pascal restent modernes au travers des questions qu’ils ont soulevées.

Une génération les sépare, mais, plus que cela, c’est leur idée respective idée de l’homme et de Dieu qui ne leur permet pas de se rencontrer, voire qui les oppose.


L’un, bâti à chaux et à sable, voyageur impénitent, amateur de la vie fait confiance aux forces de l’esprit, de l’intelligence, de la raison.

L’autre, hâve maladif, vieux jeune homme appelé à peu vivre ne cherche que son salut, se retient de vivre, et n’aime en lui que la part de Jésus Christ, oubliant que son corps qu’il méprise est aussi la demeure de Dieu.

 

Venu chercher l’engagement formel de Descartes en faveur d’Antoine Arnault, il ne sera que davantage dépité de constater que ce cher René balance, pas seulement entre le cœur et l’esprit, mais entre la confiance aveugle et le doute raisonnable.

 

Jean Claude Brisville  a écrit un texte intemporel, parce que les grandes interrogations humaines, auxquelles il n’est pas question d’apporter de réponse, scientifique ou religieuse, sont contenues dans ce vif dialogue, sans humour vraiment, fait tout d’une certaine hauteur de vue entre deux grands penseurs français.

 

Ce sont les Mesguich père et fils qui se partagent chaque côté de la table, et qui se mettent, plus que sobrement, en scène, plutôt en place. C’est réussi, parce qu’il n’y a nulle recherche d’effet, nul mouvement inapproprié, nul éclat hors de propos.

 

Daniel Mesguish a été  le jeune Pascal lors de la création de cette pièce, face à Henri Virlogeux, ce comédien magnifique qui fut un Jacques Duèze formidable pour la télévision. Il est aujourd’hui M. Descartes, face à son fils William, qui reprend son rôle.

 

L’entente est parfaite et le spectateur, ravi, ne peut que sortir en se posant quelques questions, non sur ce qu’il a vu, mais sur la résonance de ce qu’il a entendu.

 

L’intelligence est toujours surprenante tant elle revêt de formes, et elle se fait souvent rare sur les planches parisiennes.

 

 

Il faut aller au Théâtre de Poche, à 19h du mardi au samedi, dimanche à 17h30, et vous avez jusqu’au 2 novembre pour cela.

 

© Frédéric Arnoux

www.theatrauteurs.com

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 ( photos : Brigitte Enguerand )

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10:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent