Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/06/2014

La Tragédie de Siâvosh - Création -

 Théâtre de l’Épée de Bois

 

Cartoucherie de Vincennes

 

Route du Champ de Manœuvre

 

75012 PARIS

 

 

(M° Château de Vincennes puis autobus 112)

 

 

Loc. 01 48 08 39 74

 

Pl. 18€ - T.R. 12 & 14€ - 12 ans : 7 €

 

jeudi à 20h.30 - samedi à 16h & dimanche à 15h.30

 

 

jusqu'au : 29 JUIN 2014

 

 

Mise en scène et écriture : Farid Paya

 

d'après " Le Livre des Rois " de Ferdowsi

 

Musique : Bill Mahder

 

 

Agathe Poupeney-PhotoScene.jpg

 

 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgSecond volet de la trilogie inspirée du Livre des Rois, récit mythologique persan que l'on doit au poète Ferdowsî, surnommé " Le Recréateur de la langue persane " Il s'agit d'une épopée riche en rebondissements faisant état des affrontements de deux empires voisins.

- Siâvosh, fils de Kâvous - roi d'Irân, s'est vu enseigner l'art des armes par le célèbre Rostam dont nous avons fait la connaissance lors de l'épisode précédent. Or l'épouse royale va tomber amoureuse du jeune homme ...

Cette autre Phèdre, ne pouvant obtenir la réciprocité, cherchera à le perdre et le monarque amoureux fera preuve d'une naïveté assez incroyable !

Une femme éconduite ne recule devant rien pour assouvir sa vengeance. 

Après moult péripéties, le jeune guerrier ira se réfugier auprès du monarque voisin, ennemi de son père.  Les honneurs qui lui seront rendus déclencheront la jalousie du frère de son hôte et son destin sera alors scellé.

Les Anciens faisaient beaucoup de cas des Oracles et tout ce qui fut prédit se réalisera. Exception faite concernant le rôle titre, chaque comédien interprète successivement deux ou trois personnages ce qui demande une souplesse de jeu assez remarquable même si cela constitue un frein à l'incarnation individuelle car tout va très vite. Ce théâtre est avant tout un théâtre d'action au cours duquel combats et chants sont réglés au millimètre près. Élégante sobriété de la scénographie, beauté indéniable des costumes tout est destiné à réjouir les yeux et contenter l'esprit.

En fin de représentation, un comédien rappelle les problèmes que rencontrent plus que jamais les intermittents du spectacle et ceux-là sont bien placés pour en parler eux qui ont déjà payé un lourd tribut au gouvernement précédent. Notre solidarité les accompagne.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

Siavosh-2.jpg

 ( photos  Agathe Poupeney - PhotoScène )

l'Epée de Bois.jpg

15:21 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/06/2014

CAPRICES d'après Francisco di Goya, de José Drevon

THÉÂTRE de l'ATALANTE

10, Place Charles Dullin

75018 PARIS

 

(M° Anvers, Abbesses, Pigalle)

 

Réserv. 01 46 06 11 90

 

Pl. 20€ - T.R. 12 & 15€

 

Lundi, mardi, mercredi, vendredi à 20h.30

 

jeudi et samedi à 19h

 

Relâche le dimanche

 

 

jusqu'au : 24 JUIN 2014

 

 

Mise en scène : Guillaume Dujardin

assisté d'Elodie Guibert

 

 

avec : Maxime Kerzanet

 

 

 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgLa nuit, quand on ne dort pas, tout devient cauchemardesque, c'est alors la descente en un puits, coup de grisou garanti. Mais il est vrai que certains aiment avoir peur ou recherchent ce que d'aucuns nomment " l'inspiration " par des voies inavouables …

Où Goya trouvait-il ces faciès souvent horrifiques ? La guerre n'explique pas tout. Un visage peut trahir mille et un vices cachés et l'oeil du peintre s'ingéniait à les déceler. Caricatures ? Que nenni ! Le pinceau de l'artiste se transformait en ciseau de sculpteur pour mieux fouailler les âmes. Etrangement, ses modèles ne le fuyaient pas, bien au contraire ! La noblesse pourtant habituée aux flatteries sollicitait le miroir tendu par la toile. Ne fut-il pas le protégé de deux rois successifs ? ...

Dans la pénombre de la cave, un corps halète, un esprit pratique l'introspection sans épargner le jugement des autres qu'il ne ménagera pas tant il lui reste peu d'illusions.

Saviez vous que Goya était sourd ? Sourd et lucide apparemment. Quand une fonction fait défaut on la remplace par une autre … Ses oreilles cadenassées l'excluent de ce monde où pourtant il gravite, où il est recherché, honoré, en dépit des images qu'il restitue.

Maxime Jerzanet est un Goya très crédible et s'expose à nos yeux tel un Christ ou un Bouddha vivant, témoin-victime de la société qui l'abrite. On pense également à Edgar Poe tant cette vision flirte avec le fantastique. 

Alors si vous aimez les spectacles hors normes, si en plus vous recherchez la fraîcheur, non des églises mais des caves, ce moment atypique est pour vous, ne le laissez surtout pas passer.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

theatrencave.png

Crédit photo :  Patrice Forsans, Atelier Contrast

Logo l'Atalante.jpg

16:19 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/06/2014

Voltaire-Rousseau de Jean-François Prévand

aff.Voltaire-Rousseau.jpg

POCHE-MONTPARNASSE

75, boulevard du Montparnasse

75006 PARIS

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Loc. 01 45 44 50 21

 

A 19h. du mardi au samedi

 

A 17h.30 le dimanche

 

 

Mise en scène de l'auteur et de Jean-Luc Moreau

 

avec : Jean-Paul Farré et Jean-Luc Moreau

 

Discussion-VR.jpg

 

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgC’est toujours un plaisir rare, presque une suavité que de se frotter à l’intelligence d’un texte presque nu. Car au Théâtre de poche, Jean Pauul Farré et Jean Luc Moreau sont respectivement Voltaire-Rousseau , la pièce de Jean François Prévand, mise en scène par lui-même et Jean Luc Moreau avec discrétion et efficacité, du mardi au samedi à 19 heures et le dimanche à 17h30.

 

Ces deux-là ne s’aimaient guère, et nous avons face à face, dans une rencontre inventée un duel verbal entre un orgueilleux couvert de gloire et un faux modeste auto-flagellant.

 

Voltaire est réputé pour son esprit et ses mots demeurent aujourd’hui davantage que son poussiéreux et pesant théâtre, ou nombre de ses écrits ampoulés ( "La Henriade", quel pensum ! ) et parfois bassement flatteurs, voire complaisants.

Il reste de lui surtout les « Contes philosophiques »  et l’affaire Calas. Cela peut paraître peu, c’est énorme si on veut bien se replacer dans le contexte historique.

 

Rousseau est moins flambard, plus en retrait, genevois pour tout dire, de cette nation discrète mais solide, et bien qu’il ait lui aussi joui des faveurs de quelques grands, et notamment des dames, il pose au solitaire, au quasi ermite, qui défend la bonne nature de l’homme et croit en des mythes, ou du moins feint d’y croire.

 

Nous avons là deux grands pendards de penseurs peu dupes d’eux-mêmes, qui sont en représentation permanente, pour les autres, mais pour la satisfaction de leur immense vanité aussi, et peut être surtout.

 

L’argument de la pièce est une visite de Rousseau à Voltaire pour savoir si ce dernier ne serait pas l’auteur caché d’un pamphlet intitulé « Sentiments des citoyens » qui est un tissu d’infamie contre Rousseau lui-même. Le jeu du chat et de la souris, à rôle parfois inversé, est un exercice périlleux auquel Farré–Moreau se livrent avec un talent tel que nous croyons voir Voltaire-Rousseau.

 

Nous voyons et entendons les deux esprits s’affronter, s’allumer, se déchirer, feindre de se concilier pour retomber dans une querelle au fond inextinguible.

 

Cela nous vaut notamment un numéro de Farré-Voltaire d’une haute drôlerie, avec une vue plongeante sur la mécanique de son cerveau en marche. C’est un magnifique moment de théâtre.

 

Rousseau est plus posé, et plus dissimulé aussi, ce qui est une forme d’exploit quand on sait le caractère au fond assez chafoin de Voltaire.

 

L’esprit des lumières passe, dans un texte moderne, plein d’allusions à notre actualité, et on cite les encyclopédistes, d’Alembert, Diderot et madame d’Epinay aussi qui n’était pas la plus sotte des femmes de son temps… 

 

Et se dire que les cénotaphes de ces deux olibrius se font face au Panthéon désormais laisse rêveur sur la notion de cohabitation et l’éternité de leur dispute.

 

Cette pièce est une reprise, qui se donne depuis sa création en 1991. Ce peut être aussi une nouveauté pour qui ne la connait pas et qui a la chance de pouvoir la découvrir.

 

Il faut aller assister à la performance des deux acteurs, diction parfaite, équilibristes des mots et jongleurs des idées.

 

C’est un beau spectacle, c’est une très belle soirée d’intelligence et d’humour courtois.

 

Frédéric Arnoux ©

www.theatrauteurs.com 

 

réconciliation-VR.jpg

 ( photos : Brigitte Enguerand )

Théâtre de poche.jpg

10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent