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01/10/2015

L'ENFANT FROID de Marius von Mayenburg

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THEATRE de BELLE VILLE

 

94, rue du fbg du Temple

 

75011 PARIS

 

 

(M° Goncourt ou Belleville)

 

tél. 01 40 06 72 34

 

Pl. de 10 à 25€

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

Du mercredi au samedi à 21h15

 

le dimanche à 17h

 

jusqu'au : 4 OCTOBRE 2015

 

Traduction : Laurent Muhleisen

 

L'Arche, éditeur -

 

Mise en scène : Stéphane Benazet

 

avec Logan de Carvalho en alternance avec Stéphane Benazet, Laurent Deve, Amélie Esbelin, Delry Guyon, Anaïs Harte, Sophie Le Cam, Côme Thieulin et Marie Thieulin

 

 

 

Quand il y a un auteur à découvrir, nous devrions tous être partants. Ce n'est hélas pas le cas pour la plupart d'entre nous. Nous allons plus facilement en direction de ce que nous qualifions de " valeur sûre " En fait, nous prenons le moins de risques possible. Or, si les contemporains de Molière ou Shakespeare n'avaient pas eu confiance en leur époque, jamais ces auteurs ne seraient venus jusqu'à nous.

 

Né en 1972, Marius von Mayenburg s'est pourtant déjà taillé une belle réputation en Europe et son oeuvre est publiée aux éditions de L'Arche. Il fut joué du reste à La Colline et au Rond-Point mais il lui reste encore à se faire connaître du grand public français et selon moi, passer par ce que l'on nomme " les petits lieux " est encore la façon la plus efficace d'y parvenir ...

 

Témoin de son temps et du désarroi qui frappe les européens, cet auteur nous parle de la société actuelle, de l'incompréhension des générations entre elles, des anciens codes et de l'incapacité présente d'en trouver de nouveaux.

 

Le mur de Berlin est tombé et si l'espoir fut grand beaucoup de convictions se sont écroulées avec lui, les repères habituels ayant sauté du même coup. 

 

Pour illustrer cela, le metteur en scène Stéphane Bénazet a choisi d'investir le plateau en créant des espaces scéniques destinés à symboliser les différents lieux où se déroule l'action. Un peu à la façon dont on capte une photo en l'isolant, en la sélectionnant dans le temps et dans l'espace. N'oublions pas que notre époque est celle de l'instantané et du zapping ! 

 

Le spectateur emporté par ce maelström commencera à peine à se poser une question, qu'une autre se présentera immédiatement à lui car ce théâtre est sans cesse en mouvement. Nous passons ainsi d'un lieu à un autre, du fantasme à la réalité, du passé au présent et ne serons jamais sûrs de rien. C'est déstabilisant et stimulant à la fois. 

 

N'oublions pas que l'ordre puise ses racines dans le désordre il en est ainsi depuis toujours. De même qu'il faut un certain recul pour apprécier une oeuvre picturale, notre époque ne peut dans le même temps agir et tirer des conclusions.

L'avenir et les générations futures dresseront le bilan et ceux qui anticipent sont de piètres devins. A nous de surfer sur la vague ! 

 

L'action commence dans un bar berlinois où les parents de deux adolescentes sont venus pour se rendre compte de ce qui se passe … L'aînée, étudie l'égyptologie  tandis que son père préférerait qu'elle devienne comptable et lui a du reste trouvé un emploi. Imaginez l'enthousiasme de la jeune personne !

Installé au comptoir du bar Henning ne cesse de regarder de leur côté. La soeur cadette ne tardera pas à rencontrer le personnage aux toilettes pour dames.

Tandis qu'à une table voisine, un couple de trentenaires attend un autre couple ami en compagnie d'un enfant en bas âge. Ces situations vont évoluer très vite. 

 

Je ne vous en dirai pas plus mais voilà un théâtre bien intéressant; la somme de questions soulevées étant stimulante pour l'esprit.

Il n'y a plus que quelques jours pour voir cette pièce alors si vous êtes curieux, faites vite et n'oubliez pas le nom de cet auteur : Marius von Mayenburg. En ce qui me concerne, la voie est tracée et je ne risque pas de passer outre.

 

J'oubliais de vous préciser que la salle était hier soir pleine à craquer, composée de beaucoup de jeunes, preuve qu'il ne faut jamais désespérer du public parfois plus curieux que les professionnels.

 

Simone Alexandre

 

 

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15:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/09/2015

Un, Deux, Trois, Soleil de Christelle George

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THEATRE RANELAGH

 

5, rue des Vignes

 

75016 PARIS

 

 

(M° La Muette ou Passy)

 

Loc. 01 42 88 64 44

 

Pl. 28 & 32€

 

-26 ans : 10€

 

http://www.theatre-ranelagh.com/

 

du mercredi au samedi à 19h

 

le dimanche à 15h

 

Mise en scène : Michel Voletti

assisté de Valérie Rojan

 

avec Delphine Depardieu (Claire) - Marie Tirmont (Marie) - Jérémie Duvall (Julien) - Michel Voletti Jean et la voix off de Valérie Rojan (la mère)

 

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Chaque famille a un secret - certains sont plus ou moins lourds à porter.

 

On évite désormais de prononcer le mot " folie " remplaçant l'expression par des termes à priori plus précis ... comme paranoïa, schizophrénie pour évoquer les troubles les plus connus. Pourtant le fait est là et les familles doivent gérer

( comme elles peuvent ) le sacro-saint principe de précaution ne pouvant endiguer et encore moins résoudre tous les problèmes.

 

Alors le plus longtemps possible, on fait comme si … on essaie de pallier, de cacher certains inconvénients autant que faire se peut. Car il faut continuer à vivre du mieux possible, d'autant que certaines décisions ne sont pas faciles à prendre, ainsi on occulte ce qui crève les yeux !

 

Un drame est survenu dans cette famille qui semblait avoir tout pour être heureuse. Il y a douze ans de cela et l'ainée des trois enfants est partie pour tenter d'oublier. La voilà qui revient et tous les souvenirs avec elle ... 

 

Chacun réagira selon son tempérament.

Le père ( Michel Voletti ) est un taiseux comme disent nos cousins québécois, lequel garde le plus longtemps possible une certaine distance et observe … ce qui n'exclut pas la douloureuse tendresse, bien au contraire ! 

 

La cadette ( Marie Tirmont ) qui avait idéalisé cette mère qu'elle ne comprenait pas - mais adorait - est restée auprès de son père et de ce jeune frère ( Jérémie Duvall ) qui lui, était bien trop jeune à l'époque pour percevoir tout ce qui se passait. 

 

Donc après une longue absence, l'aînée, Claire ( Delphine Depardieu ) revient et avec elle, cette lame de fond incontournable.

 

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 ( photos : Lionel Hubert )

 

Par le biais de répliques courtes, de didascalies précises ( pour ceux qui auront envie de se procurer le texte à l'issue de la représentation ) l'auteur nous amène peu à peu à décrypter ce passé lourd de conséquences.

 

On a coutume de dire qu'une mise en scène réussie est une mise en scène qui ne se voit pas. Michel Voletti a excellé à nous faire oublier que nous étions au théâtre et c'est un épisode de la vraie vie qui se déroule sous nos yeux, ce qui favorise l'empathie avec les personnages. 

 

Il y a toujours une lumière au bout de chaque tunnel. Il suffit d'y croire pour y parvenir.

L'histoire est certes bouleversante mais prouve que l'espoir est toujours possible.

 

Les comédiens sont parfaitement naturels - aucune distanciation entre eux et nous - qui au final quitterons les lieux, la tête pleine de réflexions, reconnaissants pour cette humanité dont nous venons d'avoir une belle démonstration.

 

Simone Alexandre 

 

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07:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/09/2015

Entretien avec Michel Voletti, metteur en scène d'Un, deux trois, Soleil de Christelle George

 

THEATRE RANELAGH

 

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5, Rue des Vignes 75016 PARIS

 

 

(M° La Muette)

 

Tél. 01 42 88 64 44

 

 

 

 

S.A.   Michel Voletti, comment cette aventure (car c'en est une) s'est-elle déclenchée ? ... Pour être plus précise, de qui avez vous fait la connaissance en priorité, de l'auteur(e) ou du texte ?

 

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M.V.   Lors d’une soirée au théâtre, j’ai rencontré l’auteure qui m’a donné deux pièces à lire. En rentrant je les ai mises dans un tiroir et bien entendu… oubliées ! Quatre ans plus tard, en faisant du rangement, je suis tombé dessus. J’ai lu " Un Deux Trois… Soleil " et j’ai eu un coup de cœur ! De là a commencé cette belle aventure.

 

 

S.A.  Le choix des interprètes qui ne saurait se contenter d'approximations (rassurez-vous, ce n'est pas le cas) vous revient-il exclusivement ou bien l'auteur(e) y a t'elle participé ?

 

 

M.V.  Non, l’auteure m’a totalement laissé carte blanche pour mon casting qui s’est passé par auditions après annonce sur les réseaux sociaux et auprès d’amis. 

 

 

 

S.A.  Le caractère des deux filles volontaires l'une et l'autre (à leur façon) conserve malgré tout une part de mystère. Est-ce ainsi que vous l'avez voulu ?

 

 

M.V.  Il me semble que le mystère vient surtout de cette famille de taiseux qui a du mal à communiquer et des non-dits du passé. Au niveau de Claire et de Marie, chacune a son caractère - les rôles comme les comédiennes -  et je trouve qu’ils se complètent parfaitement. Claire, en partant, a eu le temps de se refaire une vie à elle, même si sa famille lui manque. Marie s’est retrouvée « maman » à un âge ou on joue encore à la poupée, en charge d’un jeune frère et d’un père rongé par la douleur. Avec le départ de sa grande sœur, elle a perdu son enfance. Le conflit entre les deux sœurs est donc fort, même si elles essaient de se retrouver.

 

 

S.A.  Parlons de celui qui apporte la touche de fantaisie, le souffle d'air frais grâce au jeune et charmant Jérémie Duvall …

 

 

M.V.  Malgré son jeune âge (21 ans), Jérémie a déjà une belle carrière au cinéma et à la télévision. Le fils à Jo avec Gérard Lanvin, Mon père est femme de ménage avec François Cluzet, Délit de fuite avec Eric Cantona et Mathilda May… Il est aussi réalisateur/scénariste et termine en ce moment son 7ème court métrage ! Il est d’un naturel déconcertant et a un charisme extraordinaire. Je suis ravi qu’il ait accepté de jouer ce rôle. Il apporte beaucoup au personnage de Julien. Il est en effet le souffle d’air frais qui était nécessaire à la pièce. 

 

 

S.A.  Votre personnage donne l'impression d'être un homme éprouvé certes mais qui garde à tout moment les pieds sur terre. L'aînée partie puis revenue n'a pas perdu un atome de l'affection paternelle. Votre stature certes fait bien plus que servir le rôle mais j'ai eu l'impression que vous symbolisiez - comment dire ? …

" one heart in the right place

 

 

M.V.  Jean est renfermé sur lui-même depuis la perte de sa femme. Il parle peu. Il a essayé de gérer ses enfants, mais il est englué dans ses souvenirs, dans le passé. S’il garde quelque peu les pieds sur terre, c’est pour Julien et Marie. Il aimerait qu’ils partent pour une vie meilleure, mais… Le retour de sa « grande » chamboule tout. Si les blessures se ré ouvrent, c’est que l’amour revient dans ses veines. Il a du mal à parler, mais ses regards et ses silences en disent long.

 

 

S.A.   J'espère que vous serez d'accord avec ma conclusion qui est la suivante,

Musiques, lumières et décors concourrent à nous faire oublier que nous sommes au théâtre créant une illusion de vraie vie, pas toujours drôle certes mais profondément humaine.

 

 

M.V.  Oui, c’est une pièce très humaine sur les conséquences d’un acte irrémédiable au sein d’une famille, sur les souvenirs, la culpabilité, les non-dits mais aussi sur le retour, le pardon et l’amour. Cet amour que le temps n’a pas réussi à éteindre et qui les réunit afin de partir vers une nouvelle vie, vers la lumière !

 

 

http://www.theatre-ranelagh.com/ 

 

 

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09:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent