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23/03/2018

1336 (paroles de Fralibs) de et par Philippe Durand

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THEATRE DE BELLEVILLE

 

94, rue du Faubourg du Temple

 

 

75011 PARIS

 

(M° Belleville)

 

LOC. 01 48 06 72 34

 

Pl. 25€ - T.R. 15€

- de 26 ans : 10€

 

http://www.theatredebelleville.com/

 

Mercredi, jeudi, samedi à 21h15

 

dimanche à 17h

 

 

jusqu'au : 31 MAI 2018

 

 

Texte publié aux Editions d'ores et déjà

(en vente au théâtre)

 

Ecriture et interprétation : Philippe DURAND

 

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( photo : Stéphane BARLOT )

 

 

Théâtre militant.

 

 

Combien d'entreprises ont disparu en France sans que les intéressés s'y opposent très longtemps ? La liste serait longue à dresser. Il semble bien que ce peuple réputé le plus frondeur du monde ait peu à peu baissé les bras, sauf quelques uns, pas très nombreux et qui mériteraient le titre de héros nationaux. Un pot de terre peut-il ne pas voler en éclats au contact d'un pot de fer ? … David peut-il encore triompher de Goliath ? …

Les statistiques le prouvent, les français boivent de plus en plus de thé mais ce dernier est-il toujours d'excellente qualité ?

 

Fait paradoxal, à mesure que nous nous convertissons " aux larmes du Bouddha " les chinois eux apprécient de plus en plus notre vin duquel nous nous détournons peu à peu.

 

Conséquences de la mondialisation des produits sont transformés ou disparaissent, la notion de profit étant ce qui désormais dirige le monde.

C'est l'historique de la fabrication artisanale d'un thé qui se veut de qualité que nous conte Philippe Durand lequel est allé recueillir des témoignages, en a fait un recueil et nous en livre sur scène la sélection.

Afin de rendre la démarche plus ludique, il a adopté l'accent marseillais puisque l'entreprise qui ne comptait pas moins de 54 familles a dû quitter le Havre pour s'installer à proximité de la grande bleue. Ce n'était encore qu'une manoeuvre de diversion trouvant son apparente justification dans le fait que la marque initiale avait été créée à Marseille précisément, au début du XXème siècle.

Ensuite pour des raisons de rentabilité, la production s'est vue transférée en Pologne et en Belgique mais les ouvriers de Fralib vont se battre pour conserver leur emploi ainsi que leur outil de production et la lutte durera exactement : 1336 jours, le tribunal après bien des péripéties leur ayant donné raison ce qui a permis la création d'une coopérative.

Mais la bataille est-elle terminée ? Si les grandes surfaces ne diffusent pas la marque en question " 1336 " cette victoire remportée de haute lutte ne risque t'elle pas de déboucher sur un échec ? Le comédien a mis toute son énergie dans ce seul en scène informatif et se veut le porte-paroles de tous ces ouvriers qui sont restés debout quand d'autres disaient " à quoi bon ? "

Certes, pour conforter la diffusion, il existe internet qui face à la carence des distributeurs peut maintenir les ventes ( justifiant ainsi la parodie de la langue d'Esope : " la pire et la meilleure des choses " ) Un demi siècle s'est écoulé depuis qu'un vent de liberté soufflé en mai 68 s'est vu converti en pétard mouillé. Peut-être est-ce la raison pour laquelle beaucoup baissent les bras ?

Il convient donc de rendre hommage à ce comédien qui vient de relever le gant, seul contre tous afin que la lutte de certains ne soit pas vaine. Allez l'entendre et espérons le, nombreux seront ceux qui voudront soutenir l'association : Fraliberthé dont les coordonnées vous seront fournies sur place. Haut les coeurs !




Simone Alexandre

 

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08:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/03/2018

Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard

 

 

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MANUFACTURE des ABBESSES

 

7, rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Abbesses)

 

LOC. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

les jeudi, vendredi, samedi à 21h

dimanche à 17h

 

jusqu'au : 22 AVRIL 2018

 

Adaptation et mise en scène : Nicolas LAKIOTAKIS

 

avec Sophie LAJEUNESSE, Nicolas LAKIOTAKIS, Corinne de MONTALEMBERT et la voix de René POUTOU

 

 

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La règle des trois unités est ici rigoureusement respectée et l'action se situe en la maison des Worringer, grande famille d'industriels et de mécènes viennois.


Après le décès des parents ( le père étant mort suite à un cancer de la langue, ce qui hante l'esprit tourmenté du fils qui redoute une possible hérédité ) les deux soeurs restent ancrées sur place, désireuses de faire autrement mais ne le pouvant pas.

Elles se déclarent comédiennes l'une et l'autre mais ne jouent que très rarement.  Du reste Voss ( Ludwig ) n'affirme t'il pas que " faire du théâtre est un art abject " seule la musique et Beethoven en particulier ayant quelque attrait pour lui.

Thomas Bernhard ouvre pour nous ici, une parenthèse, celle qui correspond à la visite de Ludwig ( Nicolas Lakiotakis ) ce frère philosophe monomaniaque interné à Steinhof, lequel bénéficie d'une autorisation de sortie suite aux demandes réitérées de sa soeur : Dene ( Corinne de Montalembert ) ce, en dépit des réticences de la plus jeune de la fratrie : Ritter, ( Sophie Lajeunesse ) qui ne sait que trop comment les expériences précédentes se sont soldées or l'amour de Dene pour ce frère est plus fort que tout.

Cette dernière a donc réussi à convaincre le directeur de l'établissement qui ici prodigue ses recommandations devant nous selon l'intention du metteur en scène. ( dans l'oeuvre initiale, seuls ses propos étaient reportés.)
Ce rôle inhabituel ne dépassera pas les limites d'une éphémère figuration qui n'avait rien d'indispensable de même que le bien fondé de l'utilisation ponctuelle d'une voix off m'a quelque peu échappé …

Nous assistons donc aux instants qui précèdent la venue de ce frère si particulier ; Dene qui a congédié les domestiques, s'active aux derniers préparatifs tandis que la soeur cadette manifeste sa désapprobation en restant confortablement installée dans un fauteuil et consulte négligemment des revues.

En fond de scène, cinq portraits de famille sont accrochés symbolisant l'immuabilité du temps en ce lieu où tout le monde vit dans l'espoir improbable du réel retour de ce frère dont l'absence statufie l'existence de ses proches.

 

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Mais voilà Ludwig qui s'insurge immédiatement quand on lui annonce que le docteur Frege est censé superviser sa présence en ce lieu. Or Thomas Bernhard nourrissait la même considération que Molière pour les médecins. " Il y a des médecins qui ne font qu'accélérer les maladies " précise t-il.

( Il faut dire que l'état de santé de l'auteur lui avait permis de les jauger de très près et de façon réitérée.)

Les rapports s'avèrent pour le moins complexes entre ces trois là qui ne peuvent se passer les uns des autres et s'adorent tout en se haïssant ; il y aura forcément quelques confrontations et bris de vaisselle en attendant qu'un après-midi de pluie calme les esprits sinon les corps ...

Ludwig convaincu de son pouvoir sur les deux femmes se révèlera despotique, fantasque et pour tout dire, infantile, les deux soeurs réagissant de façon sensiblement différente mais restant l'une et l'autre à sa merci.

Comment croyez-vous que tout cela finira ?

Pour le savoir il ne suffit que de prendre le chemin qui mène à la Manufacture des Abbesses. Cette pièce commence à peine mais étant programmée jusqu'au 22 avril, devrait s'améliorer de soir en soir et trouver très rapidement son rythme de croisière.




Simone Alexandre

 

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08:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

15/03/2018

Qui êtes-vous Elsa Triolet ? de Dominique Wallard

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THEATRE de NESLE

 

8, rue Nesle

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Odéon)

 

Loc. 01 46 34 61 04

 

Pl. 20€ - T.R. 13€

 

http://www.theatredenesle.com/

 

chaque vendredi à 19h

 

du 2 Mars au 13 AVRIL 2018

 

puis,

 

du 31 MARS au 21 AVRIL,

 

chaque samedi à 16h

 

Durée : 1h15

 

Mise en scène : Julie Berducq-Bousquet

 

avec Brigitte Damiens & Julie Berducq-Bousquet

 

Frédéric Borsarello au violoncelle

 

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 S’il est une interview, comme on dit en bon français, qu’il importe d’entendre, et de voir, c’est bien celle que Dominique Wallard a écrite, dans son spectacle intitulé « Qui êtes-vous Elsa triolet ? »

Dans une mise en scène impeccable, pas simple en raison même du dialogue et de l’échange questions / réponses que constitue cette entrevue, Julie Berduq-Busquet , qui joue, en compagnie de Brigitte Damiens, formidable Elsa, nous propose de découvrir ou se remémorer la vie de celle qui reste la muse la plus célèbre du XXème. siècle.
 
Abélard avait Héloïse, Dante avait Béatrice, Aragon eut Elsa. C’est ainsi, de ces couples qu’on ne peut désapparier et qui marquent durablement l’histoire littéraire.


Toutefois Elsa affirme sa différence : elle est également écrivain et même un auteur connu et reconnu, prix Goncourt à la Libération, et les polémiques ne manquèrent pas alors pour minimiser l’œuvre prétendant que c’est l’écrivain communiste qui était salué, et même la communiste tout court, au sortir de la guerre.

Passons sur l’évocation de la lente montée en puissance de l’auteur, son travail solitaire et longtemps peu ou pas reconnu, moyen de subsistance avant d’être raison de vivre, et regardons la femme de plus près.

 

Elle se définit souvent comme russe, juive, écrivain et communiste. Dans un pays, le nôtre, où le cumul est une notion toujours un peu inquiétante, parce qu’on ne sait jamais par quel bout la prendre, la dame ne rassure pas beaucoup ...

 

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Issue d’une famille plutôt intellectuelle, sœur d’une femme inspiratrice d’auteurs célèbres et de révolutionnaires, elle part pour se trouver elle-même, et elle y parvient, à force d’indépendance d’esprit, de mœurs, de combats personnels et de la mise en valeur permanente de son égalité face aux autres, quels qu’ils soient.

 

D’une manière différente de sa consoeur et contemporaine Beauvoir, on peut dire d’Elsa Triolet qu’elle est une féministe, de celles qui recourent aux armes de leur intelligence, de leur culture et de leur féminité pour damer le pion aux hommes.

Il est parfois curieux de constater combien la route d’Elsa a croisé de chemins différents et de personnages célèbres à des titres divers, tous ou presque artistes, et le quasi « name droping » auquel il nous est donné d’entendre laisse assez rêveur… Mais ici tout est vrai et aucun effet n’est recherché, et c’est ce qui rend cette vie d’autant plus impressionnante.

Il n’a manqué aucune critique machiste à l’encontre de cette femme de tête, et de coeur volage, pour tenter de diminuer son travail en le plaçant souvent en perspective avec celui d’Aragon, jaloux parfois des succès de cette brillante compagne.
Pourtant comment mieux connaître un auteur qu’en lisant son œuvre, et ce spectacle brillant ponctué, peut-être un peu trop parfois des accords  moelleux du violoncelle de Frédéric Borsarello.

 

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( photos : Françoise ALMERAS )



Une note de rappel sur l’élégance proverbiale d’Elsa, au moment où le plus chic et raffiné des couturiers de ces années vient de mourir, Hubert de Givenchy, pour signaler combien l’apparente légèreté dans laquelle certains ont voulu la cantonner représente une masse de travail importante. La futilité, c’est beaucoup de travail, à commencer par un immense effort d’indifférence à la critique, et elle permet de suivre sa voie en laissant les dupes sur le côté.

C’est ce que semble avoir réussi cette femme si particulière, attachante, agaçante, généreuse et calculatrice néanmoins, et toutes ces qualités rendues par cet intelligent et émouvant spectacle font que, au sortir, on regrette que les librairies soient fermées.




Frédéric Arnoux ©

 

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10:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent