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08/03/2015

La discrète amoureuse de Lope de Vega

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THEATRE 13 / SEINE

 

30, rue du Chevaleret

 

75013 PARIS

 

(M° Bibliothèque F.Mitterrand)

 

loc. 01 45 88 62 22

 

 

http://www.theatre13.com/

 

 

Pl. 24€ - T.R.16€

 

 

A 19h30 : mardi, jeudi, samedi

 

A 20h30 : mercredi & vendredi

 

A 15h30 le dimanche

 

 

jusqu'au : 12 AVRIL 2015 

 

 

Course folle mise en scène par : Justine Heynemann

 

sur une traduction de Benjamin Penamaria

 

 

Durée : 1h55 sans entracte.

 

 

avec Eléonore Arnaud (Gérarda) - Florian Choquart (Hernando) - Pablo Penamaria (Doristéo) - Jean-Philippe Puymartin (Capitaine Bernardo) - Anne Clotilde Rampon (Fénisa) - Thomas Soliveres (Lucindo) et Françoise Thuries (Bélisa)

 

 

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Scénographie réduite à sa plus simple expression mais était-il besoin de plus ? … ( la sobriété du décor ayant le mérite d'axer notre attention sur les personnages. )

 

Arrivée d'un guitariste lequel par le biais de poèmes écrits par l'auteur puis mis en musique nous met immédiatement dans l'ambiance. Il s'agit de Doristéo personnage ayant sa part dans l'action qui va se dérouler sous nos yeux.

 

Les costumes pour le moins stylisés n'appartiennent pas réellement à l'époque où l'action se situe mais restent agréables à voir.

 

Nous sommes en pleine semaine sainte à Madrid raison invoquée par Bélisa, veuve austère ( impression qu'elle s'applique à donner d'elle-même ) mère de Fénisa, jeune fille charmante à l'esprit vif et même intrépide, laquelle a déjà repéré le jeune voisin qui lui plait tant, alors que ce dernier n'a en tête que Gérarda danseuse aux moeurs légères qui s'amuse fort de la dépendance du jeune homme vis à vis d'elle tout en cultivant une liaison torride avec Doristéo.

 

Lucindo est un gentilhomme un peu follet qui n'échappe (partiellement) à l'emprise de son père, le capitaine Bernardo que grâce à la présence constante de son valet avisé, Hernando. 

 

 

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 ( photos : Pauline Susini )

 

 

Il suffira d'un mouchoir perdu - intentionnellement bien sûr - pour que notre jeune futée mette au point une stratégie destinée à parvenir à ses fins. Mais il faudra dans l'intervalle passer par bien des péripéties toutes plus incroyables les unes que les autres et que je vous laisse découvrir  …

 

Cette joyeuse comédie est menée de bout en bout avec entrain et nous nous réjouissons tout au long de ces chassés-croisés amoureux aux multiples rebondissements.

 

Certes, le ton initial de la pièce a bien évidemment évolué en direction d'une parole plus libre, plus actuelle mais bien que me voulant garante du respect de cette petite musique personnelle que chaque écriture recèle à l'origine, force est de reconnaître que le résultat est optimal aussi me garderai-je de jouer les puristes pour les remercier tous de ce moment passé à les voir et entendre et qui peut sans nul doute être qualifié de réelle réussite. 

 

Simone Alexandre 

 

 

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16:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/03/2015

Vincent de Leonard Nimoy

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CINE XIII THEATRE

 

1, Avenue Junot

 

75018 PARIS

 

 

(M° Lamarck-Caulaincourt)

 

Loc. 01 42 54 15 12

 

http://www.cine13-theatre.com/

 

Pl. 26€ - T.R. 18€

 

- 26 ans : 13€

 

(pas de T.R. durant le W.E)

 

Du mercredi au samedi : 19h.ou 21h

 

Dimanche : 15h. ou 17h.

 

Première mondiale en français ! 

 

Ecrit par : LEONARD NIMOY

 

Mise en scène par : PAUL STEIN

 

avec : JEAN-MICHEL RICHAUD

 

Du 4 Mars au 4 Avril 2015

 

 

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Ce monologue a gagné ses lettres de noblesse en 2012 sur la scène du VS Theater de Los Angeles où il fut donné à guichet fermé durant 14 semaines. Après une tournée effectuée ensuite au travers des Etats Unis il nous est permis de le découvrir du 4 mars au 4 avril prochain au théâtre Ciné XIII.

 

Dire à quel point la prestation de Jean-Michel Richaud est affûtée, constituerait un euphémisme !

Pour nous, et durant 1h10, il est Théo, frère de Vincent Van Gogh en un décor minimaliste avec projection de dessins et autres toiles, essentiellement des autoportraits de Vincent que nous connaissons tous bien sûr mais qu'il nous plait de retrouver.

 

Ce que fut la vie de cet être tourmenté, incompris, Théo s'ingénie à nous le raconter. 

Nous constatons une fois de plus que le génie flirte souvent avec la folie mais folie créatrice, insatiable, sorte de monomanie qui balaie tout pour s'exprimer.

 

Avant même de naître, Vincent Van Gogh était marqué d'un sceau tragique car ses parents lui donnèrent le même prénom que ce frère mort-né, un an auparavant - jour pour jour - et cet héritage fut lourd à porter !

 

Foncièrement mystique, Vincent voulut être pasteur et s'installa dans le Borinage, là où le coudoiement de la misère justifiait son choix. Il alla même jusqu'à descendre dans la mine mais ses positions radicales mal perçues, le disqualifièrent ce qui constitua un drame pour lui qui avait sans cesse besoin de se sentir utile aux autres. Le dessin puis la peinture le sauvèrent partiellement du désespoir que les déconvenues amoureuses avaient contribué à aggraver.

 

Ce peintre en véritable Icare recherchait constamment la lumière et quitta les brumes du Nord pour s'installer en Arles mais ses extravagances ajoutées aux écarts de conduite de Gauguin qu'il avait fait venir auprès de lui tant celui-ci l’avait subjugué le livrèrent à la vindicte publique. 

Une pétition constituée de 80 signatures adressée au maire déclencha son internement.

 

Son frère Théo qui l'avait constamment pris en charge, ne pouvait cependant enrayer le cours funeste de ce destin.

Après une altercation plus violente que les autres entre Gauguin et Vincent, ce dernier s'était coupé une oreille et devait plus tard se tirer une balle en pleine poitrine concrétisant ainsi sa résolution à " réussir sa propre mort."

Le docteur Gachet qui le suivait depuis longtemps ne put rien faire et Vincent expira sous les yeux désespérés de son frère.

 

Trop affecté pour prononcer l'éloge funèbre lors de la cérémonie d'enterrement, une semaine plus tard, Théo dans un but de réhabilitation, loua une salle de conférence à Paris afin d'y convier artistes, amis, tous ceux qui compatissaient à la disparition de Vincent.

 

Six mois plus tard, âgé seulement de 34 ans, fauché par la maladie, ce même Théo devait rejoindre son frère bien aimé au cimetière d’Auvers-sur-Oise, laissant derrière lui une épouse et un enfant en bas âge. 

 

 

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 ( photos : Yana Gorskaya )

 

 

Supplément d'émotion, l'auteur de ce texte écrit à partir d'une nombreuse correspondance (1670 pages consultées, étudiées scrupuleusement) nous a quittés fin février suite à une infection pulmonaire ; les croyants sont convaincus que les deux frères furent là pour l'accueillir avec une reconnaissance bien méritée.

Amoureux de l'oeuvre de Vincent Van Gogh ne manquez pas ce rendez-vous ! 

  

Simone Alexandre

 

 

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10:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/03/2015

Comme un cri, d'après Patrice Auvray

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THEATRE LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

(M° Châtelet-Les-Halles)

 

 

Loc. 01 42 36 00 50

 

 

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

 

Pl. 26€ - T.R. 10 à 22€

 

 

A 19h.30 du mardi au samedi

 

 

jusqu'au : 21 MARS 2015

 

 

Adaptation et mise en scène : Amélie Armao et Laurent Lecrest

 

avec Jean-Christophe Leroy

 

 

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Dans sa multi programmation traditionnelle, le théâtre des Déchargeurs propose jusqu’au 21 mars à 19h30 un texte formidable de dépouillement tragique : «Comme un cri », issu du texte « Souviens-toi du Joola » de Patrice Auvray publié aux éditions Globophile.

 

Dans une impeccable adaptation intelligente d’Amélie Armao, qui met également en scène avec finesse et tact, Laurent Lecrest, sur une musique très présente, nécessaire et pourtant discrète de Jean Nicolas Mathieu, nous avons sur scène un comédien assez hors du temps, hors du monde, ailleurs et néanmoins bien présent devant nous : Jean Christian Leroy.

 

Ce seul en scène n’est ni un stand up à la mode, ni un monologue à prétention psychologico thérapeutique, mais un témoignage effaré de ce que l’auteur a vécu, de l’événement auquel il a survécu : le naufrage du ferry Joola, bateau de transport de personnes au Sénégal qui fit 2000 victimes, dissimulées.

 

Car de cette catastrophe survenue le 26 septembre 2002, qui a vraiment entendu parler ? Certes, de loin en loin, la presse évoque des naufrages de ferry, en Inde, au Japon, pour dénombrer les morts, puis on passe à autre chose. Il n’y a que les bateaux de croisière qui, naufrageant, suscitent de l’intérêt, parce que tout un chacun rêvant d’exotisme peut se sentir concerné.

 

Rien de tel avec le Joola, qui assure le transport des autochtones de la Casamance vers Dakar, c’est un bateau bus pour une longue distance, et qui est surchargé, dont les cales pleines ne sont pas stabilisées, ou rien n’est arrimé qui devrait l’être, qui gîte et coule.

 

Jean Christian Leroy rend formidablement  cette impression de désespoir et d’abandon, et son discours rejoint beaucoup celui des rescapés de l’Holocauste : pourquoi ne suis-je pas mort avec les autres ? Et puisque je suis vivant, je me dois de témoigner.

 

Ce témoignage nous saisit avec la violence froide d’un procès-verbal, factuel, sans jugement de valeur, chronométré, fouaillant au plus loin dans la mémoire pour retrouver un détail, peut être inutile, peut être essentiel.

 

Face à nous, ce rescapé est modeste, humble, hésitant, craintif parfois, héroïque par moments, toujours solidaire de ses compagnons d’infortune, révolté et indigné, soumis et fataliste néanmoins.

 

C’est là que Jean Christian Leroy est grand : il nous entraîne à sa suite dans le drame, nous en ressort et nous fait partager ses interrogations avec douceur et conviction.

 

 

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 ( photos : Christophe Voegelé )

 

Grâce en plus à une opportune et véritablement utile bande son, d’admirables lumières de Francis Petit, cette heure vingt de monologue nous entraîne au bord de l’insoutenable. C’est formidable et de surcroît, c’est un spectacle utile.

 

© Frédéric Arnoux 

 

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10:43 Publié dans THEATRE | Lien permanent