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10/10/2014

Sugar de Joëlle Fossier

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VINGTIÈME THÉÂTRE

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

 

(M° Ménilmontant)

 

Loc. 01 48 65 97 90

 

 

Pl. 25€, Séniors : 20€, Etud. 13€

 

A 21h30, jeudi, vendredi, samedi

 

A 17h30 le dimanche

 

 

jusqu'au : 26 OCTOBRE 2014

 

 

Mise en scène : Frédérique LAZARINI

 

avec : Guillaume BIENVENU, Stéphane DOURET, Denis LAUSTRIAT, Frédérique LAZARINI

 

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Jusqu'à la dernière guerre, il n'était pas rare qu'un bon bourgeois, père de famille, notable de surcroit entretienne une petite amie, bref mène une vie double connue ou non par son épouse … 

Puis les moeurs ont changé, les femmes ont - paraît-il - été libérées pour que les hommes bénéficient de plus de liberté encore.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgActuellement, force est de constater que seuls les garçons parviennent à bénéficier d'une semblable prise en charge, ce qui n'exclut nullement les états d'âme. 

Georges (Denis Laustriat) notaire de son état, donc notable socialement, notoirement père de famille a " mis dans ses meubles " comme on disait jadis, William (Guillaume Bienvenu) il y a de cela 5 ans.

Comme à l'accoutumée en pareille circonstance, l'homme marié joue les courants d'air ne voulant surtout pas détruire le bel édifice de sa vie apparemment rangée.

Au paroxysme d’un état dépressif, William, qui ne fait plus que dormir ou se lamenter, vient de bazarder (il n'y a pas d'autre terme) les meubles et autres bibelots que Georges lui avait offert.

Un voisin sympathique (du moins dans un premier temps) - rôle interprété par Stéphane Douret - s'est chargé de la transaction.

Arrivée de la soeur, infirmière urgentiste ( Frédérique Lazarini) mère poule du frérot (William) et femme de caractère ! Après avoir recueilli des aveux totalement superflus, cette dernière va décider de prendre la situation en mains et c'est alors que quelques rebondissements vont avoir lieu.

Concernant Joëlle Fossier, on se souvient tout particulièrement de la pièce, " Compartiment fumeuses " qu' Ivana Coppola jouait à la perfection sans oublier " Les Zola " d'un tout autre registre ...

Cette fois l'auteur (e) semble avoir voulu surfer sur la vague dont, pour l’heure, les médias nous rebattent les oreilles ad nauseam.

La scène au cours de laquelle le " voisin sympathique " se transforme brusquement en plouc anti-gay (injurieux au possible) en dit long sur la réaction de certains.

Maintenant si on examine la situation sans l'ombre d'un a-priori, que deviendront ces deux hommes disons … dans 5 ans ? Une fois qu'ils auront bu jusqu'à la lie la coupe de la promiscuité maritale...  L'âme humaine est ainsi faite qu'elle désire toujours ce qu'elle n'a pas et peut-être alors la nostalgie viendra à Georges de sa vie d'avant avec ses enfants mais n'anticipons pas. Toute expérience doit se vivre personnellement pour être profitable.

Vous avez encore jusqu'au 26 octobre pour aller voir la pièce si le thème vous intéresse, bien sûr.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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15:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/10/2014

HETERO de Denis Lachaud

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Théâtre du Rond-Point

2bis, avenue Franklin Roosevelt

75008 PARIS

 

(M ° Franklin Roosevelt)

 

Loc. 01 44 95 98 21

 

 

Pl. 30€

 

du mardi au samedi à 20h30

dimanche à 15h.30

 

 

 

jusqu'au : 19 OCTOBRE 2014

 

 

Mise en scène : Thomas Condemine

 

avec : John Arnold, Valentin de Carbonnières, Christian Caro, Bertrand Farge et Yvon Martin

 

 

 

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Autant le dire tout de suite, tant le titre « Hetero », sans accents aigus, que la pièce elle-même ont de quoi désarçonner.

 

De quoi s’agit-il ? d’un monde sans femme qui cherche à se perpétuer, dans des normes qui frisent le traditionalisme, et qui reproduit les archétypes de notre actuelle société, dans ce qu’elle a de plus machiste.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgNous sommes dans une famille où le père 1 est voué aux tâches ménagères et de reproduction, et où le père 2 joue à l’homme, aux goûts militarisant de surcroît. Il importe de marier le fils, un dadais joliment tourné mais délicieusement cruche et pour cela, le garçon n’y parvenant pas seul, les pères font appel à un marieur qui trouvera le promis.

 

Tout cela pose un peu au vaudeville et pourrait être une bonne idée si Denis Lachaud, plus inspiré semble-t-il lorsqu’il rédige des romans, ne tombait dans le piège qu’il a ouvert lui-même, du drame bourgeois, mâtiné de références à diverses traditions venues des âges anciens de notre civilisation, de pratiques plus exotiques sujettes également à critiques et d’anecdotiques procédures en vigueur, jadis, au Vatican.

 

Passons sur ce folklore un peu vain qui pourrait faire sourire s’il était amusant, mais qui tombe ici comme mars en carême, et interrogeons-nous sur l’actuelle portée de cette pièce.

 

Au vrai, il est assez difficile d’y trouver une seule porte d’entrée tant, et la mise en scène ne contribue pas à la clarification, tout cela semble être brouillon.

 

Il ne s’agit pas d’une société d’ « amazons » si nous osons ce néologisme, ni de couples homosexuels, ni d’une approche autour de la théorie du genre, non il s’agit simplement d’une société sans femme, mais où le rôle sociétal et social des femmes continue d’être tenu, par les hommes, qui ont pris leur place. 

 

Sur l’homme enceint, nous renverrons au film de Jacques Demy de 1973 (« l’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune ») où Marcello Mastroiani voyait sa vie perturbée par cette situation. Disons que Denis Lachaud est parti de l’idée que cela était possible.

 

Mais à notre grand regret, il n’a pas poussé la situation dans ses retranchements, et a dupliqué les stéréotypes masculins et féminins, sans parvenir à créer d’effets particulièrement novateurs ni comiques. Ce théâtre n’est même pas loufoque, ni Alfred Jarry ni Eugène Ionesco ne sont appelés à l’aide, et pourtant, ils eussent été utiles, peut-être même un peu Beckett…

 

Le « promis » qui doit assumer le rôle « féminin » ne peut exercer de métier qui le place au-dessus de son mari, il doit lui obéir, le suivre, l’accompagner. Tout cela est au fond très dérangeant qui sous couvert d’autre (hetero) ne le respecte pas et reproduit un schéma assez pénible de soumission domination entre les individus, le tout pimenté de morale et d’une certaine pudibonderie ;

 

A l’heure des « manifestation pour tous », qui sont au fond pour quelques-uns et contre beaucoup d’autres, cela peut prendre un certain relief.

 

Au fond ces deux heures ne font que conforter le propos d’Aragon : « La femme est l’avenir de l’homme », et, fors elles, point de salut !

 

Néanmoins, je crains de n’avoir pas été le spectateur le plus enthousiaste de la salle…

 

 

C’est au théâtre du Rond-Point jusqu’au 19 octobre, puis en tournée en janvier et février  2015 à St Etienne du Rouvray, Blois, Villeneuve d’Ascq et Orléans.

 

© Frédéric Arnoux

www.theatrauteurs.com

 

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 ( Photos: John Cittadini Cesi )

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13:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent

08/10/2014

L'entrevue de Badajoz de Christian Morel de Sarcus

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THÉÂTRE du NORD-OUEST

13, rue du faubourg Montmartre

75009 PARIS

 

(M° Grands Boulevards)

 

Loc. 01 47 70 32 75

 

 

Pl. 23€ - T.R. 13€

 

 

(consulter le site du théâtre pour connaître dates & heures de représentations)

 

Mise en scène : RICHARD FERIOT

 

avec ELIEZER MELLUL et Richard FERIOT

 

 

Tout père (à de rares exceptions près) souhaite que son fils lui ressemble afin de poursuivre l’œuvre qu'il a accomplie ...

 

3763804959.6.jpgIci, nous avons affaire à un personnage plus qu'autoritaire, frisant le despotisme. Ce vieil aristocrate rallié au franquisme a hérité d'un fils révolutionnaire, artiste et de surcroit homosexuel, de quoi révulser cette vieille culotte de peau ! 

Nous allons donc assister aux tumultueuses retrouvailles des deux hommes différents en tout, après des années d'éloignement.

Un drame familial est survenu quelque temps au préalable mais qui les a tous marqués, chacun réagissant à sa façon en fonction de son tempérament, comme toujours.

La mère et le fils se sont installés au Portugal où ils ont soutenu activement la Révolution des Œillets.

Or Dona Isabella a (sans doute pour oublier) un peu trop abusé de l'alcool et se trouve sur le point de mourir, raison pour laquelle Antonio vient quémander de l'aide au vieil obstiné. 

Une phrase résume mieux que tout autre la mentalité du père,

" Les petits (dira t-il) c'est leur vice de vouloir être écrasés sinon ils s'élèveraient ! "

Qu'attendre d'un tel homme ? ... Pourtant à un moment donné une faille se laissera entrevoir derrière la carapace et le fils fou de joie pensera qu'il a gagné.

Eliezer Mellul dans le rôle du père trouve ici l'occasion exceptionnelle d'exprimer tout son talent. Il passe de la froideur la plus coupante à la violence à peine contenue, sans oublier la tendresse enfouie dont il consentira à faire preuve, un temps.  Son partenaire et metteur en scène Richard Fériot joue bien sûr, d'un tout autre registre, se voulant persuasif avec un zeste de provocation sporadique.

En habile dramaturge, Christian Morel de Sarcus nous a ménagé une fin inattendue qu'il vous appartient de découvrir par le biais de ce grand moment de théâtre au cours duquel nous bénéficions de deux belles et fortes analyses psychologiques. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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15:24 Publié dans THEATRE | Lien permanent