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25/09/2014

La Tempête d'après William Shakespeare

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VINGTIÈME THÉÂTRE

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

 

(M° Ménilmontant)

 

Réserv. 01 48 65 97 90

 

 

Pl. 25€ - Séniors : 20€ - Etud. 13€

 

A 19h, jeudi, vendredi, samedi

A 15h le dimanche

 

jusqu'au : 26 Octobre 2014

 

Adaptation : Ariane Bégoin et Ned Grujic

 

Mise en scène : Ned Grujic et Rafael Bianciotto

 

avec : Charlotte Andrès, Rafael Bianciotto, Anne-Dominique Défontaines, Christophe Hardy, Jean-Luc Priano, Francis Ressort

 

Durée : 1h.40 sans entracte

 

 

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En plein coeur de la tourmente, qui n'a eu un jour ce désir complètement fou de se rendre maître des esprits et des éléments, puisque " nous sommes faits de la même étoffe que les rêves " ? …

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgAinsi, Prospéro duc de Milan, déchu puis exilé raconte t-il à sa fille Miranda, les épreuves qu'ils ont dû l'un et l'autre traverser et dont enfant elle ne pouvait être consciente.

La jalousie d'un frère peut mener au désastre et c'est ce qui advint. Or de quoi l'ancien duc de Milan était il coupable sinon d'avoir considéré que sa bibliothèque était pour lui un duché assez vaste donc prioritaire ? Tandis qu'il s'affairait à l'étude, d'autres préparaient sa perte.

Prospéro avait il réellement bénéficié grâce aux livres et autres manuscrits, de pouvoirs exceptionnels ou bien en référence à l'affiche assistons nous à la tempête qui sévit sous sa boîte crânienne ? A chacun sa lecture de la pièce adaptée par Ariane Bégoin et Ned Grujic lesquels - faut-il le préciser - sont restés rigoureusement fidèles à l'oeuvre du grand Will.

Cette dernière est juste examinée sous un angle particulier.

Au cinéma, Peter Greenaway s'intéressa au thème par le biais de Prospero's Books - Ultima Tempesta - tandis que plus près de nous, Julie Taymor séduite elle aussi par le caractère fantastique du propos, fit de même avec la participation d'Helen Mirren. (2012)

Il reste toutefois difficile de qualifier cette oeuvre ultime qui fut cependant classée par certains dans la catégorie des tragi-comédies, qui a tout du conte fantastique et qui ici, utilise le ton de la farce et les moyens de la commedia dell'arte.

Très verbeuse, La Tempête semble avoir été montée assez rarement sur scène mais la façon joyeuse avec laquelle elle est ici traitée devrait en séduire plus d'un.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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07:32 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/09/2014

Chère Elena de Ludmilla Razoumovskaïa

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THÉÂTRE DE POCHE

75 boulevard du Montparnasse

75006 PARIS

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

Réserv. 01 45 44 50 21

 

 

du mardi au samedi à 21h.

dimanche à 15h.

 

 

Traduction : Joëlle et Marc BLONDEL

 

Mise en scène : Didier LONG

 

 

avec : Myriam BOYER,

 

 

Gauthier BATTOUE, Julien CRAMPON, François DEBLOCK, Jeanne RUFF

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgC’est une histoire terrible qui commence par un abus de confiance et qui finit dans l’horreur absolue et la défaite de tous.

C’est une histoire de petits malins qui se sentent pousser des ailes, que leur médiocrité les aide à envisager couvrant toute l’Union soviétique, et que le pragmatisme de leur professeur ramènera aux justes proportions de moignons de poussins.

Il n’est pas aisé de parler de « Chère Elena » de Ludmilla Razoumovskaïa parce qu’il convient de ne pas révéler l’histoire, ni le caractère des unes et des autres.

Disons que quatre étudiants en fin de cursus scolaire, avant le supérieur, sonnent à la porte d’Elena Sergueievna prétextant lui souhaiter son anniversaire. Elle est à la fois surprise et heureuse mais sa joie sera de courte durée lorsqu’elle  comprendra ce qu’ils veulent vraiment.

C’est une longue nuit de palabres et de manipulation qui commence.

Ces quatre personnages étudiants sont des sortes d’allégories des figures qu’ils présentent, le traîne-savate, déjà raté, mais attachant et séduisant, funestement et précocement alcoolique, Vitia, l’indécis Pacha, amoureux conditionnel de la blonde Lialia, inconsistante et futile, animée de soubresauts de lucidité, complice moralisante se donnant les gants d’une certaine forme de pureté, quand son Pacha n’est que faiblesse et velléité. Pour les secouer, les pousser à révéler ce qu’ils sont, tout autre chose que les charmants adolescents en fin d’adolescence qui sonnent à la porte d’Elena, il y a Volodia, sec, coupant, plus manipulateur que diplomate, plus roué que madré, totalement immoral quand ses amis ne sont qu’amoraux, ce qui leur donne une part d’innocence dans leur stupidité, un Volodia antipathique jusqu’au vertige pour qui seul l’atteinte du but importe.

Face à eux, Elena, plantée dans ses principes, tentant de préserver et de protéger des valeurs en cours d’écroulement dans une URSS qui commence de se déliter et qui ouvre des possibilités aux arrivistes de tout crin, que ses élèves personnifient chacun à des degrés divers.

Forte de ses valeurs anciennes, dont elle n’a pas vu qu’elles étaient totalement démonétisées, Elena résiste, pied à pied, mot pour mot, défendant ce en quoi elle a toujours cru, et qu’elle voit se lézarder de plus en plus largement. Atterrée, abattue, elle constate la faillite de son action de professeur, qui suit celle du régime en lequel elle croyait, mais elle résiste. Je ne vous dirai pas jusqu’où ira cette résistance, car il vous appartient d’aller entendre cette pièce intelligente et vive, une réflexion sur le temps, les mœurs, les systèmes politiques, les principes et leurs modes, mais attention, pièce dangereuse ! C’est âpre, c’est violent.

Pour ce texte passionnant, Myriam Boyer, si petite et qui tient une telle place sur la scène parisienne, qui est une des comédiennes pour qui on se déplace nécessairement, parce qu’elle est toujours lumineuse et sombre à la fois, au sourire éclatant qui transperce et qui, à chaque envoi, touche.

Autour d‘elle quatre jeunes gens prometteurs (Julien Crampon, Gauthier Battoue, Jeanne Ruff et François Deblock), dont on peut simplement regretter que le metteur en scène, Didier Long, ait choisi de les faire hurler par trop souvent et sans nécessité. Certes ils sont jeunes, fougueux, nerveux, et somme toute assez craintifs de tout à commencer d’eux-mêmes, mais le cri n’est pas le seul moyen que le texte leur ait offert pour le traduire.

Comme pour le tableau de Munch, le cri doit être muet. Il n’en est que plus assourdissant.

Un beau et bon spectacle intelligent, qui doit faire réfléchir, au Théâtre de Poche.

 

© Frédéric Arnoux

www.theatrauteurs.com

 

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10:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent

22/09/2014

La Prairie parfumée où s'ébattent les plaisirs de Muhammad al-Nafzâwi

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THÉÂTRE DE L'ESSAÏON

6, rue Pierre au Lard

75004 PARIS

 

(M° Rambuteau ou Hôtel de Ville)

 

Loc. 01 42 78 46 42

 

 

 

 

Depuis le 11 SEPTEMBRE jusqu'au 8 NOVEMBRE 2014

 

 

 

les jeudi, vendredi, samedi à 21h.30

 

Texte : Muhammad al-Nafzäwi

 

Traduction : René R. Khawam (Editions Phébus)

 

Mise en scène : Didier Carrier

 

avec Bénédicte Bosc et Stefan Godin

 

 

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Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgEn cette époque où bon nombre de femmes musulmanes se calfeutrent derrière un amas de voiles plus ou moins épais et plus ou moins sombres, présenter le traité d'érotologie de Muhammad al-Nafzâwi dont les écrits remontent au XVème siècle constitue bien plus qu'une heureuse initiative.

Car ce texte à la fois sensuel, précis et cependant pudique est un ravissement pour les oreilles de même que les deux interprètes (Bénédicte Bosc et Stefan Godin) en sont un pour les yeux - Lui, l'homme mûr au regard oriental et Elle, sa cadette d'un bon nombre d'années avec ce malicieux regard de myope …

Au début, la gente damoiselle paraît très effacée, soumise même jusqu'à ce que nous découvrions que son personnage intime correspond à celui d'une charmante friponne.

" Faites l'amour, pas la guerre " disait-on dans les années 70. Hélas, le message semble parfois être bien oublié  ...

Je brûle d'envie de vous en dire plus mais ce serait carrément sacrilège, aussi ne puis-je que vous inciter à vous précipiter à l'Essaïon car même si le meilleur moment de l'amour se situe dans l'attente, ne tardez pas trop, pour y découvrir La Prairie Parfumée où s'ébattent les plaisirs. (titre plus engageant que Gazon maudit ) car le bonheur est dans la Prairie, aussi cours y vite, cours y vite ! 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( photos JC DONDA ) 

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15:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent