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14/10/2014

Gouttes d'eau sur pierres brûlantes de Rainer Werner Fassbinder

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Théâtre de Belle Ville

94, rue du Fbg du Temple

75011 PARIS

 

(M° Belleville ou Goncourt)

 

Loc. 01 48 06 72 34

 

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

- de 26 ans & abonnés : 10€

 

 

jusqu'au : 21 OCTOBRE 2014

 

DIMANCHE & LUNDI à 21h.15

le MARDI à 19h

 

 

Mise en scène : Hugo BARDIN

 

 

avec : Antonin CHALON ou Alexis GILOT (en alternance), Marie PETIOT, Emmanuel REHBINDER, Kameliya STOEVA

 

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Première pièce écrite par Rainer Werner Fassbinder alors âgé de 19 ans. 

On a coutume d'assimiler les auteurs aux personnages qu'ils créent et RWF fut sans doute et successivement, Franz puis Léopold puisque nous savons à peu près tout de sa courte vie.

 

Ce rimbaldien germanique avait n'en doutons pas, l'intention de parvenir au génie " par le dérèglement de tous les sens " mais il voulait également  réveiller un pays devenu atone suite aux épreuves traversées durant la dernière guerre. 

Ses créations seront donc autant d'électrochocs en direction d'une population qui avait décidé de ne plus rien voir ni entendre.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgAvant que la pièce commence, nous découvrons le plus jeune des deux personnages masculins,  debout face au public et se rongeant les ongles avec obstination.

Une voix off s'élève alors venue du côté des spectateurs, cette intervention ayant valeur de prologue peut-être un peu trop prolongé ( ? ... ) d'autant que le public est impatient de découvrir celui qu'il entend.

 

Léopold ( Emmanuel Rehbinder ) et Franz ( hier, Alexis Gilot ) peuvent désormais se faire face. Chacun a respectivement 35 et 20 ans. Un homme expérimenté face à un post-adolescent qui continue à se chercher et a eu la malchance de trouver le premier. Car Léopold est un chasseur qui ramène sa proie dans sa tanière. Interrogation, aveux … le piège s'est refermé.

Le jeune homme essaiera bien d'évoquer et invoquer Anna, sa fiancée mais son interlocuteur aura tôt fait de lui prouver l'inanité de cette relation.

Changement de lumière, quelques mesures de danse favorisant l'effeuillage et le pas sera franchi.

 

Un certain temps s'est écoulé, Franz installé chez Léopold joue les vestales tandis que son seigneur, maître et amant parcourt les routes pour les besoins de sa profession. Il s'absente souvent durant tout une semaine et revient de fort méchante humeur. O ironie !  Il s'ensuivra ce que l'on désigne parfois sous le terme de : " querelle d'allemands " 

 

Les " ex " : Anna ( Marie Petiot ) et Véra ( Kameliya Stoeva ) ne vont pas tarder à refaire leur apparition une à une, ce qui donnera des idées à Léopold qui cherche toujours à pimenter sa vie sans égard pour les autres, bien au contraire !  … 

La mise en scène se veut alors très " hot " et Hugo Bardin ne manque pas d'imagination. (tout au long de la pièce, une plus grande maîtrise de la direction d'acteurs serait toutefois souhaitable.)  

Le caractère trivial de certaines situations ne sera pas écarté mais nous savons que chez l'auteur les choses se sont parfois déroulées de la sorte et l'inéluctable aura lieu dans un climat de cynisme effarant.

 

Ceux qui ne connaissent pas encore la pièce ou veulent la revoir ont jusqu'au 21 octobre pour cela.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

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 ( photos : Raphaël PIRON )

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14:25 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/10/2014

Sugar de Joëlle Fossier

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VINGTIÈME THÉÂTRE

7, rue des Plâtrières

75020 PARIS

 

(M° Ménilmontant)

 

Loc. 01 48 65 97 90

 

 

Pl. 25€, Séniors : 20€, Etud. 13€

 

A 21h30, jeudi, vendredi, samedi

 

A 17h30 le dimanche

 

 

jusqu'au : 26 OCTOBRE 2014

 

 

Mise en scène : Frédérique LAZARINI

 

avec : Guillaume BIENVENU, Stéphane DOURET, Denis LAUSTRIAT, Frédérique LAZARINI

 

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Jusqu'à la dernière guerre, il n'était pas rare qu'un bon bourgeois, père de famille, notable de surcroit entretienne une petite amie, bref mène une vie double connue ou non par son épouse … 

Puis les moeurs ont changé, les femmes ont - paraît-il - été libérées pour que les hommes bénéficient de plus de liberté encore.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgActuellement, force est de constater que seuls les garçons parviennent à bénéficier d'une semblable prise en charge, ce qui n'exclut nullement les états d'âme. 

Georges (Denis Laustriat) notaire de son état, donc notable socialement, notoirement père de famille a " mis dans ses meubles " comme on disait jadis, William (Guillaume Bienvenu) il y a de cela 5 ans.

Comme à l'accoutumée en pareille circonstance, l'homme marié joue les courants d'air ne voulant surtout pas détruire le bel édifice de sa vie apparemment rangée.

Au paroxysme d’un état dépressif, William, qui ne fait plus que dormir ou se lamenter, vient de bazarder (il n'y a pas d'autre terme) les meubles et autres bibelots que Georges lui avait offert.

Un voisin sympathique (du moins dans un premier temps) - rôle interprété par Stéphane Douret - s'est chargé de la transaction.

Arrivée de la soeur, infirmière urgentiste ( Frédérique Lazarini) mère poule du frérot (William) et femme de caractère ! Après avoir recueilli des aveux totalement superflus, cette dernière va décider de prendre la situation en mains et c'est alors que quelques rebondissements vont avoir lieu.

Concernant Joëlle Fossier, on se souvient tout particulièrement de la pièce, " Compartiment fumeuses " qu' Ivana Coppola jouait à la perfection sans oublier " Les Zola " d'un tout autre registre ...

Cette fois l'auteur (e) semble avoir voulu surfer sur la vague dont, pour l’heure, les médias nous rebattent les oreilles ad nauseam.

La scène au cours de laquelle le " voisin sympathique " se transforme brusquement en plouc anti-gay (injurieux au possible) en dit long sur la réaction de certains.

Maintenant si on examine la situation sans l'ombre d'un a-priori, que deviendront ces deux hommes disons … dans 5 ans ? Une fois qu'ils auront bu jusqu'à la lie la coupe de la promiscuité maritale...  L'âme humaine est ainsi faite qu'elle désire toujours ce qu'elle n'a pas et peut-être alors la nostalgie viendra à Georges de sa vie d'avant avec ses enfants mais n'anticipons pas. Toute expérience doit se vivre personnellement pour être profitable.

Vous avez encore jusqu'au 26 octobre pour aller voir la pièce si le thème vous intéresse, bien sûr.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

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15:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/10/2014

HETERO de Denis Lachaud

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Théâtre du Rond-Point

2bis, avenue Franklin Roosevelt

75008 PARIS

 

(M ° Franklin Roosevelt)

 

Loc. 01 44 95 98 21

 

 

Pl. 30€

 

du mardi au samedi à 20h30

dimanche à 15h.30

 

 

 

jusqu'au : 19 OCTOBRE 2014

 

 

Mise en scène : Thomas Condemine

 

avec : John Arnold, Valentin de Carbonnières, Christian Caro, Bertrand Farge et Yvon Martin

 

 

 

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Autant le dire tout de suite, tant le titre « Hetero », sans accents aigus, que la pièce elle-même ont de quoi désarçonner.

 

De quoi s’agit-il ? d’un monde sans femme qui cherche à se perpétuer, dans des normes qui frisent le traditionalisme, et qui reproduit les archétypes de notre actuelle société, dans ce qu’elle a de plus machiste.

 

Bandeau vertical Théâtrauteurs2.jpgNous sommes dans une famille où le père 1 est voué aux tâches ménagères et de reproduction, et où le père 2 joue à l’homme, aux goûts militarisant de surcroît. Il importe de marier le fils, un dadais joliment tourné mais délicieusement cruche et pour cela, le garçon n’y parvenant pas seul, les pères font appel à un marieur qui trouvera le promis.

 

Tout cela pose un peu au vaudeville et pourrait être une bonne idée si Denis Lachaud, plus inspiré semble-t-il lorsqu’il rédige des romans, ne tombait dans le piège qu’il a ouvert lui-même, du drame bourgeois, mâtiné de références à diverses traditions venues des âges anciens de notre civilisation, de pratiques plus exotiques sujettes également à critiques et d’anecdotiques procédures en vigueur, jadis, au Vatican.

 

Passons sur ce folklore un peu vain qui pourrait faire sourire s’il était amusant, mais qui tombe ici comme mars en carême, et interrogeons-nous sur l’actuelle portée de cette pièce.

 

Au vrai, il est assez difficile d’y trouver une seule porte d’entrée tant, et la mise en scène ne contribue pas à la clarification, tout cela semble être brouillon.

 

Il ne s’agit pas d’une société d’ « amazons » si nous osons ce néologisme, ni de couples homosexuels, ni d’une approche autour de la théorie du genre, non il s’agit simplement d’une société sans femme, mais où le rôle sociétal et social des femmes continue d’être tenu, par les hommes, qui ont pris leur place. 

 

Sur l’homme enceint, nous renverrons au film de Jacques Demy de 1973 (« l’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune ») où Marcello Mastroiani voyait sa vie perturbée par cette situation. Disons que Denis Lachaud est parti de l’idée que cela était possible.

 

Mais à notre grand regret, il n’a pas poussé la situation dans ses retranchements, et a dupliqué les stéréotypes masculins et féminins, sans parvenir à créer d’effets particulièrement novateurs ni comiques. Ce théâtre n’est même pas loufoque, ni Alfred Jarry ni Eugène Ionesco ne sont appelés à l’aide, et pourtant, ils eussent été utiles, peut-être même un peu Beckett…

 

Le « promis » qui doit assumer le rôle « féminin » ne peut exercer de métier qui le place au-dessus de son mari, il doit lui obéir, le suivre, l’accompagner. Tout cela est au fond très dérangeant qui sous couvert d’autre (hetero) ne le respecte pas et reproduit un schéma assez pénible de soumission domination entre les individus, le tout pimenté de morale et d’une certaine pudibonderie ;

 

A l’heure des « manifestation pour tous », qui sont au fond pour quelques-uns et contre beaucoup d’autres, cela peut prendre un certain relief.

 

Au fond ces deux heures ne font que conforter le propos d’Aragon : « La femme est l’avenir de l’homme », et, fors elles, point de salut !

 

Néanmoins, je crains de n’avoir pas été le spectateur le plus enthousiaste de la salle…

 

 

C’est au théâtre du Rond-Point jusqu’au 19 octobre, puis en tournée en janvier et février  2015 à St Etienne du Rouvray, Blois, Villeneuve d’Ascq et Orléans.

 

© Frédéric Arnoux

www.theatrauteurs.com

 

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 ( Photos: John Cittadini Cesi )

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13:02 Publié dans THEATRE | Lien permanent