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04/04/2017

Les Misérables de Victor Hugo

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THEATRE LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

( M° N.D. des Champs)

 

Loc. 01 45 44 57 34

 

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. de 11 à 26€

 

 

Tous les jours sauf dimanche et lundi à 20h

 

Matinée le dimanche à 18h

 

Adaptation et mise en scène : MARION MONTEL

 

assistée de STEPHANIE WURTZ

 

avec : DOV COHEN, STEPHANE DAUCH, CLAIRE FAUROT, JEAN-CHRISTOPHE FRECHE, CECILE GENOVESE,

MANON MONTEL, LEO PAGET, FRANCOIS PERACHE, ANTOINE GUIRAUD et ANATOLE DE BODINAT

 

 

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A l'origine, un roman - volumineux - que sans doute, tout le monde n'a pas eu le courage de lire mais qui a fait l'objet de nombreuses adaptations tant au cinéma qu'au théâtre.

Comme Hugo ne lésinait pas sur le nombre de personnages et qu'il ne s'agit nullement ici d'une superproduction, Manon Monteil a donc effectué des coupes sombres pour ne conserver que les personnages principaux, voire essentiels.
 
Il fallait ensuite trouver une approche et elle a eu l'idée d'utiliser le personnage de la femme Thénardier

( Claire Faurot ) pour introduire l'action.

En effet, sans le couple infernal le drame que nous connaissons dans son intégralité ne serait sans doute pas advenu, aurait du moins été atténué. Or il fallait que la densité même écourtée conservât son impact.

C'est ainsi que 7 interprètes devront camper 13 personnages - pas un de plus ou de moins - au grand mépris de la superstition, laquelle porte malheur comme chacun sait.

La monumentale oeuvre initiale repose donc au départ sur les épaules de cette fâcheuse Thénardier, conteuse de circonstance et accordéoniste d'occasion - cette expression ne mettant nullement en cause la qualité de son jeu musical - tandis que dans sa voix passe l'accent crapulard des bas-fonds du Paris de l'époque.

Ce roman fleuve nous est donc ici servi en tranches vives et colorées. Signalons que les lumières mises au point par Allan Hové sont particulièrement réussies.

Certes, les hugoliens ( il doit bien en rester quelques uns ) se plaindront peut-être de ce traitement à la Reader's Digest mais en revanche, les paresseux-à-lire y trouveront leur compte et même certains scolaires auront peut-être envie d'en savoir un peu plus ? ...

Stéphane Dauch est un Jean Valjean fougueux et apparemment ses années de bagne n'ont en rien émoussé son énergie une fois devenu Monsieur Madeleine …

Le chien hargneux qui le suit en la personne de l'inspecteur Javert est interprété par Jean-Christophe Frèche à qui il manque peut-être un peu de vicieuse perfidie ?

Quant à Xavier Girard, son physique le met à l'abri de toute antipathie alors que le personnage de l'époux Thénardier avait coutume de déclencher l'aversion la plus physique qui soit.

Du fait de l'alternance, j'ignore si François Pérache correspond plus à ce triste sire que lui. L'un et l'autre interprètent également Courfeyrac …

 

 

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Alors certes, le personnage de Fantine joué par Manon Montel précisément, n'échappe pas au mélo très en vogue à l'époque.

( l'action, pas le jeu ) Victor Hugo et Karl Marx étant contemporains, si les temps actuels ne sont pas joyeux, le 19ème siècle était bien pire ! Un moment très réussi du spectacle est du reste celui qui nous donne un aperçu du travail à la chaîne ... ( autre forme de bagne )

Le sautillant Gavroche également interprété par cette comédienne-adaptatrice-metteur en scène ne m'a pas complètement convaincue, peut-être parce que les travestis au théâtre sont un peu passés de mode mais également du fait que le personnage du jeune garçon est devenu par trop présent en notre esprit. Ferait-on jouer le Petit Gibus à une fille ? Pardon Hugo pour la comparaison ! 

Léo Paget offre sa fragilité au personnage de Marius tandis que Cécile Génovèse est une Cosette un peu plus charmeuse et semble t-il, un peu moins ingénue que d'habitude. Elle sera accessoirement le subversif Enjolras ...

 

 

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( photos : Bruno DELORD )



J'ai cru déceler un malicieux clin d'oeil à Corneille en cours de représentation mais peut-être n'est-ce qu'un dérapage incontrôlé ou un effet de mon imagination ?

Dov Cohen est tour à tour Monseigneur Bienvenu ( Myriel ) et Guillenormand, grand-père de Marius et royaliste convaincu.

Ce double rôle équivaut pour lui à une belle performance.

J'espère n'avoir oublié personne. Chorégraphie et musique originale sont de Claire Faurot. Le traitement est curieux car inhabituel et même si cela ne correspond pas exactement à l'idée que l'on est en droit de se faire concernant cette oeuvre, ce qui nous est donné de voir mérite le détour.




Simone Alexandre

 

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11:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent

29/03/2017

Stavanger de Olivier Sourisse

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STUDIO HEBERTOT

 

78 bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

 

( M° Villiers ou Rome )

 

loc. 01 42 93 13 04

 

https://www.studiohebertot.com/

 

Pl. de 10 à 28€

 

Ts les jours sauf dimanche et lundi à 21h

 

Matinée le dimanche à 15h

 

 

Mise en scène : Quentin Defait

 

avec : Sylvia Roux (Florence) et Thomas Lempire (Simon)

 

 

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" Mens sana in corpore sano "

- que ce proverbe me soit venu à l'esprit au sortir de la pièce peut sembler paradoxal mais peut-être n'était-ce en fait qu'un réflexe d'auto-préservation ? ( Que ceux qui n'aiment pas être dérangés passent leur chemin. ) Jadis on allait au théâtre pour se distraire et les spectateurs n'en étaient pas plus sots pour autant.

Or les temps ont changé et nous nous sommes peu à peu habitués à subir les complications mentales des auteurs … Expression d'un imaginaire plus ou moins morbide ou traumatisme qui cherche la guérison en s'exprimant ? La question se doit de rester sans réponse, eu égard à la vie privée de l'écrivain et nous savons que l'évidence n'est au théâtre qu'un faux semblant.

Sur cette " pièce d'ambiance " planent les ombres portées d'Edgar Allan Poe et pourquoi pas du vieil Hugo lequel - comme chacun sait - s'adonna au spiritisme à la fin de sa vie … Les vapeurs méphitiques de l'esprit sont parfois plus nocives que celles émanant de la décomposition des corps.

Mais fort heureusement, nous sommes ici au théâtre, lieu où le fameux binôme : attraction-répulsion peut s'exercer sans risques, l'enjeu étant la traversée du miroir.

Si nous décidons de ne pas trop en dire, de rester à la surface de ce Styx dont les eaux se révèleront parfois glauques, nous assisterons tout simplement à l'arrivée d'un couple visiblement de condition sociale différente (elle est avocate, lui verrier) et nous apprendrons que cette femme vient de sauver cet homme d'un destin à la Anna Karénine. L'homme apparemment n'est pas en bouillie mais son esprit peine quelque peu à se reconstruire.

 

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( photos : Patrick Courtois )



L'avocate se transformera donc en Inquisiteur tout en cautérisant les plaies au champagne. Peu à peu, aucun détail ne nous sera épargné lors du déroulement de cette autopsie virtuelle.

Bien sûr, ceux qui sont persuadés qu'il y a une vie après la mort analyseront cette pièce de façon différente à un athée. Le projet était ambitieux et Olivier Sourisse solidement assisté par la mise en scène de Quentin Defalt témoigne ici d'un incontestable talent en menant à bien cette scabreuse entreprise.

Pour les deux interprètes : Sylvia Roux et Thomas Lempire il s'agissait pour eux d'une gageure dont ils s'acquittent impeccablement.

Cette pièce est à voir mais à moins d'être de façon congénitale - indifférent - blindez vous au préalable !


Simone Alexandre

 

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14:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

24/03/2017

INTRA MUROS d'Alexis MICHALIK

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THEATRE 13 - JARDIN

 

103 A, bd Auguste Blanqui

 

75013 PARIS

 

 

 

( M° Glacière )

 

 

Tél. 01 45 88 62 22

 

 

http://www.theatre13.com/

 

Pl. 24€ - T.R. 16€

 

13€ le 13 de chaque mois.

 

Tlj (sauf dimanche et lundi) à 20h

 

Dimanche à 16h

 

 

Texte et mise en scène : Alexis MICHALIK

 

 

avec : Jeanne ARENES - Bernard BLANCAN - Alice de LENCQUESAING - Paul JEANSON - Fayçal SAFI

 

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C’est un titre un peu trompeur qui pourrait incliner à penser que nous allons vivre un moment d’enfermement :  « Intra muros » ce texte écrit et mis en scène par Alexis Michalik nous conduit certes dans une prison centrale, mais c’est pour mieux faire comprendre la force de l’esprit pour s’en échapper.

Un metteur en scène dont la petite carrière est faite et qui continue de déployer plus d’ambition que de talents, est engagé par l’administration pénitentiaire pour développer des cours d’art dramatique à des détenus.

 

Il attend du projet des retombées personnelles et du cours une participation forte des détenus. Ils seront deux, l’un jeune et expressif, l’autre dans la soixantaine et taiseux. Il commencera néanmoins à dispenser son « enseignement » assisté d’une comédienne, son ancienne femme, et d’une assistante sociale débutante.

L’auteur s’est d’abord amusé à montrer ce que le travail d’acteur a parfois de puéril et de ridicule, allant à la limite du dégradant, comme s’il s’agissait de libérer le corps et l’esprit de ce qui fait de nous des individus. Autant dire qu’on ne commence pas par travailler du texte, ce qui est une sorte de paradoxe !

 

 

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Le retour des participants est naturellement différent de l’un à l’autre : l’un qui se prête plus volontiers au jeu, dès que celui-ci a pris un peu de hauteur, l’autre qui s’ y refuse.
Naturellement il ne saurait être question de dévoiler le déroulement dramatique de cette pièce, qui met souvent mal à l’aise, de façon salutaire, et qui vise à engager chacun dans une réflexion sur les raisons de son enfermement, tangible pour les prisonniers, souvent inconscient pour le spectateur.

C’est également une interrogation sur le temps et sa perception, avec dans la représentation des scansions, des rappels à celui qui passe, plus ou moins long, ressenti différemment suivant, selon la formule de Proust « qu’on songe ou non  à le mesurer ».

Au vrai, peu importe les raisons pour lesquelles Ange et Kevin sont détenus, seul les anime le désir d’en sortir, physiquement pour l’un, immatériellement pour l’autre.
L’habileté de l’écriture, comme de la mise en scène, est de nous extraire de l’univers carcéral en faisant vivre à ses cinq personnages des rôles différents, multiples, qui retracent la vie, vraie ou rêvée des deux protagonistes centraux.

Cela signifie que l’on peut tout inventer, tout construire, tout rêver. Dans une chanson écrite dans les années 50 par Francis Blanche pour Edith Piaf, « Le prisonnier de la tour », cette situation du détenu était mise en musique et pour s’échapper, l’auteur finissait par ce mot en forme de conseil : « Dors ! ».
Il en est un peu de même, dans cette pièce où très vite on tente de percevoir la part de l’onirique de celle de la réalité, la part de vérité de celle du fantasme. C’est plutôt habile.

Il vous reste à aller découvrir ce texte mis également en musique par Raphaël Carpentier , et interprété avec conviction par Jeanne Arenes, Alice De Lencquesaing, Paul Jeanson, Fayçal Safi et le toujours formidable Bernard Blancan qui donne à Ange une épaisseur absolue dans une grande économie d’effets.

 

 

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( photos : Alejandro GUERRERO )


 
Ce texte au titre latin aurait aussi bien pu s’intituler « Sursum corda » tant il emmène le spectateur sur un chemin d’espoir, démontrant que, dans l’espace un peu hors les murs, et le temps, que constitue une scène de théâtre, en l’occurrence la salle polyvalente de la prison, on peut créer d’autres mondes, donner à voir d’autres choses, donner à penser différemment.

C’est une vision du spectacle qui est offerte au public, une approche de ce que peut être le théâtre qui n’est pas sans rappeler les peintures de l’âge d’or flamand où la scène principale donnait à apercevoir autre chose, quelque part dans le tableau, dans un miroir ou le reflet d’une vitre...

C’est dans un Théâtre 13 /Jardin tout neuf que vous pouvez applaudir cette intelligente création.




Frédéric Arnoux ©

 

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09:52 Publié dans THEATRE | Lien permanent