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15/06/2018

Au-delà des mères de Michelle Brulé

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Au bout là-bas

 

23, rue Noël Biret

 

84000 AVIGNON

 

 

 

loc. 06 99 24 82 06

 

 

 

http://www.avignon-theatreauboutlabas.net/

 

à 14h20

 

DU 6 au 29 JUILLET 2018

 

Relâche les 11, 18, 23 juillet

 

 

Texte et interprétation : Michelle BRULE

 

Mise en scène : Chantal DERUAZ

 

 

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L'espace scénique est pratiquement vide si l'on excepte un curieux élément de décor, sorte de serpent debout, baptisé totem que l'on pourra un peu plus tard assimiler à l'arbre de la connaissance : bigrement dépouillé mais pourquoi pas ?  

En off, évocation d'un accouchement.

La naissance du monde en quelque sorte après le " péché " (sic) commis par Eve. D'autres suivront au fil des générations et la mémoire sera comme une chaîne …

Apparaît une femme masquée, enceinte jusqu'aux yeux, qui déclare avoir 120 ans !
Il est vrai que depuis quelque temps, la recherche médicale ne connaît plus de limites. Certains rêvent même d'éternité …

Ce mystérieux personnage tire des bouffées d'une cigarette électronique. Quelque soit l'âge que l'on a, il faut bien vivre avec son temps.

- " Qui suis-je ? " dit-elle …

Là, c'est surtout le spectateur qui se pose des questions.

Serait-ce Déméter cette déesse mère venue nous visiter ?

Une Olympienne faisant l'éloge de la pilule, avouez qu'il y a décidément quelque chose de pourri dans le royaume terrestre !

Epuisée, elle s'installe dans le fauteuil ( seul accessoire avec le curieux totem déjà évoqué ) et puis zut, autant enlever le masque, abordons la réalité : elle avoue que ce n'était qu'un mauvais rêve, un cauchemar récurrent.

Chaque mère donne la vie à un enfant pour le voir partir un jour, c'est la règle depuis la nuit des temps. Bienheureuse quand il s'agit d'une fille car elle au moins ne partira pas à la guerre ! ( du moins pour l'instant )

Certains prétendent que nous accomplissons le destin contrarié d'un ou d'une ancêtre, conséquence d'une mémoire génétique.

Il y a donc tout à craindre ! ...

Michèle Brulé poursuit pour nous son monologue évoquant le destin de son arrière grand-mère, cette Médée qui transforma ce bout de mer en Styx pour l'enfant nouveau né.

 

N'est-il pas dit quelque part dans la Bible que les enfants paieront les fautes commises par leurs parents ? Et les bretons - à fortiori les bretonnes - ont la réputation d'être très pieux. Où commence la croyance, où finit la superstition ? … Vaste dilemme !


De mère, grand-mère, la comédienne se transforme en adolescente qui bien sûr, ne rêve que de grands espaces, de libération. On ne s'encombre plus d'un cordon ombilical à notre époque ; et puis, il faut que le destin de chacun s'accomplisse.


Mai 68 est passé par là : " il est interdit d'interdire "

Légère et court vêtue, sac à dos , la tête dans les nuages, la fille et petite fille s'apprête à monter à Paris pour y faire du théâtre ! " On n'est pas sérieux quand on a 17 ans " mais à 18 l'avenir ( avec un grand A ) nous appartient.   

- " T'inquiète pas Mamounette, t'inquiète pas " … après Montréal, j'irai en Amérique latine  … 

Bye bye Mummy, hasta luego ! "

Michèle Brulé dont la présence scénique est indéniable nous a tour à tour inquiétés, intrigués, amusés et à la fin transportés. Comédie de la vie, tragédie humaine …
Sous son aspect amusant, le texte lourd de philosophie continue à nous hanter longtemps après …

Longue vie à ce spectacle !




Simone Alexandre

 

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13/06/2018

L'Etabli d'après le roman de Robert Linhart

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THEATRE de l'EPEE de BOIS

 

Cartoucherie

 

Route du Champs de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

 

( M° Château de Vincennes

puis navette ou autobus 112 )

 

 

Loc. 01 48 08 39 74

 

 

https://www.epeedebois.com/

 

Jeudi & vendredi à 20h30

 

Samedi : 16h - 20h30

 

Dimanche à 16h

 

jusqu'au : 1er JUILLET 2018

 

 

ensuite, du 6 au 29 juillet 2018 au FESTIVAL d'AVIGNON

PRESENCE PASTEUR (Grande Salle)

tous les jours à 12h50 (relâche le lundi)

 

 

Adaptation : Marie-Laure BOGGIO & Olivier MELLOR

 

Mise en scène : Olivier MELLOR

 

avec Aurélien Ambach-Albertini, Mahrane Ben Haj Khalifa, François Decayeux, Huges Delamarlière, Romain Dubuis,

Eric Hémon, Séverin " Toskano " Jeanniard, Olivier Mellor, Stephen Szekely, Vadim Vernay,

 

et la voix de Robert LINHART

 

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Les intellectuels qui choisirent de s'immerger dans le monde ouvrier, qui y plongèrent tel en l'Enfer de Dante, pensaient-ils réellement en résoudre la problématique ?


Nous ne savons que trop combien l'aboutissement d'une utopie se solde le plus souvent par un échec sinon par une possible récupération.

Avant Robert Linhart, Simone Weil ( pas la dame qui s'apprête à reposer au Panthéon ) mais la philosophe mystique, paya cette expérience de sa vie.

Au pétard mouillé que constitua Mai 68, succéda un libéralisme sauvage dont nous mesurons actuellement les effets …

La majorité des ouvriers travaillait alors à la chaîne condamnés à ces éprouvantes 3 x 8 ( qui hélas, ne sont pas complètement obsolètes ) mais modifiées par la présence de robots destinés à améliorer ( sic ) la production.

L'homme en est-il plus libre pour autant ?

Il est permis d'en douter.

Or cette période de notre Histoire baptisée,

" les 30 Glorieuses " avait convaincu les hommes que le travail était le fondement de la liberté, laquelle se résumait par un peu plus de confort en ce peu de loisirs qui restait à chacun, ce à grand renfort d'endettement personnel.

De distingués économistes se sont ingéniés à nous démontrer que les théories de Marx n'étaient plus d'actualité, de même que les religions n'avaient plus aucun pouvoir. Il ne suffit que de constater ce qui se passe dans le monde actuel pour être convaincus du contraire.

La célèbre " dodoche "...

( c'est ainsi que l'on surnommait la 2 cv ) n'est plus depuis longtemps qu'une croquignolesque pièce de musée, les voitures devenant peu à peu électriques, en attendant qu'un autre mode de déplacement leur succède car nous sommes d'évidence en période de transition avec tous les dangers et les incertitudes qui en découlent.

Reprenant ce texte paru aux Editions de Minuit en 1978, Olivier Mellor nous offre ce regard rétrospectif sur la classe ouvrière dans l'enfer des usines où régnait un bruit insupportable, où il était de mise de " mettre les mains dans le cambouis " où les gestes se devaient d'être répétitifs en un sur place effectué par ces travailleurs condamnés à vivre en vase clos 11 mois par an, afin que d'autres puissent en récolter les bénéfices ...

 

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( photos : Ludo Leleu )



Des hommes et des femmes se sont battus pour améliorer leur sort avec parfois quelque succès et plus souvent le licenciement pour prix de leurs efforts.

En Europe, le travail des enfants est interdit mais perdure sous d'autres cieux de même que des enfants font la guerre car l'exploitation inhumaine de l'homme par l'homme n'est pas terminée.

On distribue désormais les diplômes comme médailles en chocolat mais ce genre de denrée ne tient pas au ventre …

Il y a 50 ans puisque nous commémorons mai 68, il était encore facile de trouver du travail armé de courage et de sa seule bonne volonté.


On apprenait alors un métier " sur le tas " avec pour perspective, l'expérience aidant, de gravir les échelons menant à une relative aisance. L'ascenseur social n'était pas encore en panne comme aujourd'hui.

Avec le mondialisme, la société actuelle est complètement différente et bien malin qui pourrait dire que nous avons gagné au change ! Car, que vaut-il mieux : un travail éreintant ou pas de travail du tout ? Je vous laisse juges.

En attendant vous pouvez prendre le chemin qui mène au théâtre de l'Epée de Bois ce, jusqu'au 1er Juillet prochain.

Je ne saurais trop également vous conseiller de lire le livre de Robert Linhart qui se trouve encore facilement.




Simone Alexandre

 

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12:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

11/06/2018

Cris d'Amour - florilège d'écrits d'amour - Maxence MAILFORT

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THEATRE BUFFON

 

18, rue Buffon

 

 

AVIGNON

 

 

réservations : 04 90 27 36 89

 

 

THEATRE - BUFFON.FR

 

 

les 9, 16, 27, 28, 29 JUILLET 2018 à 18h25

 

Mise en scène : Luda NEKRASSOV

 

avec Maxence MAILFORT seul en scène

 

 

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( spectacle vu en avant-première au Studio Hébertot )

 

 

 

L'amour, ce sentiment qui transcende les êtres, presque à leur insu ...

Un homme ( Maxence Mailfort ) est couché, à même le sol, en un dénûment complet sur un espace jonché de détritus.

Clochard sublime, seuls les mots lui restent pour s'élever, grâce à cette culture patiemment acquise, cet amour de la poésie et des textes théâtraux.

Il est évident qu'il a perdu sa seule raison de vivre et depuis il dérive, s'enivrant d'alcool et de mots. Il semble avoir échu en ce lieu avec pour seuls biens : cette couverture, misérable péplum dans lequel se drapent ses splendeurs passées, quelques recueils lus et relus et bien sûr, des souvenirs en pagaille se bousculant en sa mémoire.

Les mots d'amour qu'il prononça jadis et ceux qui lui furent destinés, se sont envolés à l'instar de la personne disparue. Restent les textes universels formulés dans la langue de Molière, Shakespeare ou Goethe ; parfois une simple chanson illustrant un moment donné que ce funambule de la vie entonnera tout en l'accompagnant d'un pas de danse ...

 

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Nulle hiérarchie pour ces citations qui coulent comme eau de source en un chapelet de mots empruntés à Apollinaire, Cocteau, Sartre, Lacan ou Queneau. ( bien d'autres encore ! …) Voilà pour " les modernes " sans oublier un texte sublime signé : Maria Casarès qui en bouleversera plus d'un.

Car Titus sera à jamais lié à Bérénice, Ruy Blas restera éternellement amoureux de sa Reine, Don Juan se croira toujours amoureux dès la première rencontre tandis que cet homme est là, face à nous avec pour seule richesse celle des mots qui le hantent reflétant la lumière en son regard azuréen.

Par lui, les alexandrins sont dits simplement, sans emphase - comme cela doit être - car il est évident que ce comédien ne manque pas d'expérience. Grâce à lui, des textes que nous croyions oubliés nous reviennent en mémoire, ressuscitant une époque à laquelle pour nous, ils étaient liés.

Amants et amantes des belles lettres y trouveront indubitablement leur compte.




Simone Alexandre

 

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