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18/03/2015

Perrichon voyage toujours d'après Eugène Labiche

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THEATRE LA BRUYERE

 

5, rue La Bruyère

 

75009 PARIS

 

(M° St-Georges)

 

loc. 01 48 74 76 99

 

http://www.theatrelabruyere.com/

 

Pl. 28€ - T.R. 24€

 

- 26 ans : 10€

 

du mardi au vendredi à 19h

 

samedi à 15h.

 

 

Texte de Gérald Sibleyras d'après Eugène Labiche

 

Mise en scène : Philippe Uchan

 

avec : Gilles Gaston-Dreyfus, Jean-Luc Porraz, Christiane Bopp, Arthur Fenwick, Linda Massoz, Charles Templon.

 

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Gérald Sibleyras qui est l’auteur de « Perrichon voyage toujours », en ce moment au théâtre LaBruyère, est né en 1961 ; « Le Voyage de M. Perrichon », d’Eugène Labiche date de 1860. Cette centaine d’années d’écart n’est significativement marquée que par les destinations choisies pour la villégiature. En 1860, la famille Perrichon se rendait à Chamonix, ici, on la retrouve à St. Barthélémy. Les valeurs sont néanmoins les mêmes : un parvenu assez fat tente de se pousser du col et se fait manipuler par un jeune homme peu scrupuleux et que la franchise n‘étouffe pas pour parvenir à ses fins.

Tout dans la trame de « Perrichon voyage toujours » reprend l’original, ce qui tend à démontrer la permanence des caractéristiques humaines. Certes ce n’est pas de la grande psychologie et les traits sont marqués par une recherche d’humour, parfois assez réussie.
Le monde a changé, la société a changé et nous avons affaire à un entrepreneur nécessairement enrichi et retraité face à un jeune énarque et un fils de pub, comme on dit joliment… 

Ce qui ne semble pas avoir changé et dont on peut faire reproche à l’auteur, c’est le statut des femmes, accessoires, marginalisées, domestiquées. Cette vision est désormais très fausse et à tout le moins des plus désuète et certes Perrichon est un tyranneau domestique, avec ce que cela emporte et de drôlerie et d’agacement, mais son épouse et sa fille sont très en retrait. Cela ne colle plus trop.

La transposition est néanmoins plutôt bien faite et n’était l’embrouillamini un peu hâtif de la fin, tout cela serait très réussi.

Il y a toujours une petite morale dans ce type de comédie, et celle de 2015 n’a pas varié d’un iota de celle de 1860.

On pourrait, en période préélectorale, en tirer une leçon et se dire que des actes valent mieux que des paroles, qu’il vaut mieux juger lesdits actes en lucidité et non sous l’éclairage, flatteur ou dépréciatif, que notre humeur veut bien nous fournir, qu’il convient de tenter de n’être dupe de rien ni de personne, mais si, si, si…

Dans une distribution vive et enjouée, qui fait la part belle à Gilles Gaston-Dreyfus, la prestation de Arthur Fenwick, discret et très présent, confirme les promesses de ses débuts, ce qui ne retire rien aux qualités de ses partenaires.

 

 

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( photos : LOT )

 

Belles lumières de Jacques Rouveyrollis, comme toujours, mais il fallait le signaler.

Au final, une adaptation qui est davantage une remise au goût du jour de la pièce du délicieux Labiche, qui permet, à 19 heures, d’aller commencer la soirée de façon plaisante avant de sortir pour profiter, de bonne humeur, de l’arrivée du printemps.

 

© Frédéric Arnoux

 

 

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10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

17/03/2015

Boesman et Léna d'Athol Fugard

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THEATRE de la TEMPETE

 

Cartoucherie de Vincennes

 

Route du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

(M° Château de Vincennes + navette gratuite)

 

Tél. 01 43 28 36 36

 

http://www.la-tempete.fr/

 

Pl. 20€, T.R. 15/12€

 

Le mercredi, tarif unique : 12€

 

Tous les jours sauf dimanche & lundi à 20h.30

 

Matinée le dimanche à 16h30

 

Salle : Copi 

 

Adaptation et mise en scène : Philippe Adrien

 

avec Christian Julien, Nathalie Vairac et Tadié Tuéné

 

scénographie et costumes : Erwan Creff

 

 

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Arrivée des deux personnages principaux, trainant avec eux tout leur barda, les épaules chargées, l'un et l'autre à la limite de l'épuisement. Seule la langue de Léna reste vivace ce dont Boesman se plaint car elle lui casse littéralement les oreilles mais le suit fidèlement. Ils ont une fois de plus été expulsés de l'endroit où ils s'étaient provisoirement posés. Nul besoin de remonter à l'époque de l'apartheid pour constater que ce genre de situation perdure, les Roms, nos réprouvés actuels en fournissent chaque jour, la triste illustration. 

Chaque fois que cela arrive, le couple revient en ce même endroit, désert, inconfortable au possible, situé à proximité d'un cours d'eau qui envahit ponctuellement les terres qui le jouxtent, réduisant le sol à l'état de boue. 

Léna est agaçante certes car elle ne cesse de parler, pour se plaindre bien sûr, comment pourrait-il en être autrement ?

A contrario, Boesman semble avoir sinon accepté la situation mais du moins faire avec. Le bulldozer de l'homme blanc lui a rasé son dernier abri, et bien il va en construire un autre, ailleurs, fait de bric et de broc, comme chaque fois mais il faut bien reconnaître, qu'il excelle à ce genre d'exercice.

Jusqu'à ces derniers temps, un chien les suivait lequel fait cruellement défaut à Léna car lui au moins l'écoutait. Boesman lui, préfère la battre. N'est-elle pas le seul bien dont il dispose ? … et certaines possessions sont cruelles.

Un troisième personnage va faire son apparition, situé tout en bas de l'échelle des fausses valeurs que les " humains " ont créées. 

Outa s'exprime en un mystérieux dialecte et Léna va le prendre sous sa protection, ce qui déplaît à son homme, lequel ne pense qu'à s'en débarrasser. Des comparaisons vont alors naître dans l'esprit de la femme qui va brusquement rêver de libération mais je vous laisse découvrir la suite ... 

 

 

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 ( photos : Antonia Bozzi )

 

 

Christian Julien (Boesman) est particulièrement bien dans ce rôle où il se distingue par un jeu tout à la fois mesuré et puissant faisant preuve d'une présence scénique indéniable.

Cassée en deux, ployant prématurément sous le poids de tout ce qu'elle a dû endurer, Nathalie Vairac (Léna) ne ménage pas ce qui lui reste d'énergie. 

Enfin, Tadié Tuéné nous prouve ici que les petits rôles n'existent pas. Son visage mobile à l'expression prenante capte l'attention du public avant celle de Léna. Le verbe d'Atol Fugard s'exprime avec cette force habituelle témoignant une fois de plus de la présence d'un monde que certains voudraient confortablement oublier.

L'adaptation, la mise en scène et la direction d'acteurs réalisées par Philippe Adrien constituent un sans faute. Nous n'en attendions pas moins de lui. 

 

Simone Alexandre

 

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08:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

16/03/2015

ALBERTINE SARRAZIN de et par Mona Heftre

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THEATRE DE POCHE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

loc. 01 45 44 50 21

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Pl. 10 à 35€

 

du mardi au samedi à 21h,

 

dimanche à 15h.

 

jusqu'au : 3 MAI 2015

 

 

D'après l'oeuvre d'Albertine Sarrazin

 

Adaptation et interprétation : Mona Heftre

 

Mise en scène : Manon Savary

 

 

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 ( photos : Louis Descamps )

 

 

Menue, la crinière platine, Mona Heftre tente de ressusciter pour nous en un peu plus d'une heure celle qui passa le tiers de sa vie en prison avant de plier bagage après trois petites décennies, remplies de mots écrits ( et de maux ) mais toujours indomptable et rebelle !

 

En fond de scène, un écran sur lequel sont projetées des images en noir et blanc évoquant l'original. Albertine Sarrazin écrivait pour cesser de mentir car on s'exprime plus librement sans le regard de l'autre, des autres qu'elle trouvait constamment sur son chemin hasardeux au possible.

Cette jeune femme en manque de mère recherchait les contacts physiques pour se rassurer alors qu'elle se mettait constamment en danger. 

 

Dès 15 ans 1/2 : elle fait l'apprentissage de la maison de correction, prémisses de la prison qui deviendra son récurrent point de chute. On n'enferme pas un feu-follet et elle s'évadera à plusieurs reprises …

La seule chaîne qu'elle accepte est celle de l'écriture qui constitue son indispensable exutoire. Cette " jouisseuse cérébrale " y raconte tout, même l'inavouable. Ce qui eut quelque impact à l'époque ! Encore maintenant, les femmes se disent libérées mais le sont rarement. 

 

Elle ? … rien ne l'arrête - de son propre aveu, elle vole par plaisir, nommant cela : " avoir des yeux au bout des gants. "

En prison, elle s'est fait une petite amie, Emilienne et à elles deux, elles n'ont que 32 ans mais quand dehors un mâle passe, qui lui plaît, Albertine ne se fait pas prier pour le suivre et s'abandonner à ces plaisirs physiques qui la classent dans la catégorie des : " perverse constitutionnelle " ( dixit ) ce qui l'amuse beaucoup. 

 

En prison, elle tentera bien de se trancher les veines, mais heureusement, ce n'était pas l'heure … 

En avril 1965 Jean-Jacques Pauvert accepte d'éditer ses écrits. Le Destin lui devait cette revanche dont hélas, elle ne profitera pas longtemps.

 

Mona Heftre ponctue ce monologue-récit de parenthèses sonores et nous entendons alors sa voix chantée plus grave, plus suave que sa voix parlée, légère et percutante.

Certes, physiquement elle ne ressemble pas au modèle, il eut fallu une Annie Girardot, jeune, pour que nous y crussions jusqu'à confondre les deux mais quelle importance ? Le texte est là et grâce à son jeu alerte nous découvrons cette Albertine Sarrazin, la sienne, avec plaisir.

 

Simone Alexandre

 

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09:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent