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20/05/2015

Démons de Lars Norén

 

LUCERNAIRE

 

53, Rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

(M° N.Dame des Champs ou Vavin)

 

Tél. 01 45 44 57 34

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. 25€ - T.R. 10 & 20€

 

- 26 ans : 10€

 

A 21h. du mardi au samedi

 

 

Du : 13 MAI au 4 JUILLET 2015

 

 

Adaptation : Louis-Charles Sirjacq & Per Nygren

 

Mise en scène : Cyril le Grix

 

avec : Xavier Bazin, Thibaut Corrion, Maud Imbert, Carole Schaal

 

 

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C’est un paradoxe, mais c’est à la salle nommée « Paradis » du Lucernaire que se donne depuis le 13 mai et jusqu’au 4 juillet prochain, du mardi au samedi à 21 h. la pièce de Lars Noren intitulée « Démons ».

 

Disons- le tout net, ce n’est pas un spectacle tendre, et il est même assez violent, dérangeant. 

De quoi s’agit-il ? De retour chez lui après être allé rechercher les cendres de sa mère en vue de l’inhumation en famille de l’urne les contenant, Franck trouve Katarina alanguie, pour être courtois, dans une pièce en désordre. La symbolique de la pièce non rangée saute aux yeux et nous comprenons vite que ce désordre intérieur révèlera son pendant intérieur…

 

 

Ensemble ils décident ex abrupto de convier leurs voisins, couple a priori très classique doté d’enfants et de préoccupations ménagères à prendre un verre, non sans s’être au préalable étripés de belle manière, mais sans grande imagination.

 

 

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L’auteur suédois Lars Noren, né en 1944, connaît bien le théâtre américain des années 1950-1960, puisque tous les thèmes abordés dans ses « Démons »  se retrouvent chez Tennessee Williams que ce soit dans « La chatte sur un toit brûlant » de 1955, ou « Soudain, l’été dernier » de 1959, comme il connait naturellement « Qui a peur de Virginia Woolf » écrit par Edward Albee en 1962.

 

Ce ne sont donc pas les préoccupations de ses personnages qui nous retiennent, nous les connaissons et les avons déjà vues à de nombreuses reprises, mais bien plutôt la performance de ses  jeunes acteurs mis en scène, sans grande invention mais plutôt dans l’air du temps, hurleur et volontiers dénudé, de Cyril Le Grix.

 

Voir le personnage de Tomas interprété par l’efficace Xavier Bazin passer du petit bourgeois fadasse au macho alcoolisé, et macho justement parce que l’alcool l’a contraint à sortir de ses limites, mentales et physiques n’est pas dénué d’intérêt.

De terne et benêt, il devient une sorte de prédateur sans en avoir, au fond réellement ni les moyens ni la consistance.

 

Sa femme, Jenna, interprétée par Maud Imbert, tout en retenue, tout en réserve, ne s’ennuie pas moins que lui dans un conjugo poussif, et profitera, du moins le croit-elle, de la première occasion pour tenter de »voir ailleurs »…

 

Présentée comme troublante, fashonnista de banlieue, Katarina figure le trouble que ressent l’auteur face à la vie, ses épreuves, aux femmes, et son personnage, terriblement complexe et difficile à jouer – sa partition n’est pas la mieux écrite- est tenu par une Carole Schaal tenace, dure, qui le défend bec et ongles avec une énergie surprenante, durant les près de deux heures de la pièce.

 

Franck enfin plutôt falot au fond, plus velléitaire que volontariste, sorte de Norman Bates égaré en Suède sert de catalyseur à toutes ces dérives, à tous les propos sur l’amour, la mort la sexualité…C’est Thibaut Corrion qui donne corps, bien présent, à ce petit homme presque inexistant et très inconsistant, qui néanmoins pose au colosse.

 

 

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 ( photos : Thomas Dewynter )

 

C’est un spectacle bien curieux au fond que celui-là, qui mérite d’être vu, parce que les acteurs y donnent tout ce qu’ils peuvent, y compris toute leur conviction propre à nous aider à entrer dans le texte de Lars Noren. Pour moi, j’en suis resté prudemment sur le seuil.

 

© Frédéric Arnoux

 

 

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10:33 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/05/2015

Mises en capsules, festival de formes théâtrales courtes : 9ème édition -

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CINE XIII THEATRE

 

1, avenue Junot

 

75018 PARIS

 

(M° Abbesses ou Lamarck Caulaincourt)

 

Tél. 01 42 54 15 12

 

http://www.cine13-theatre.com/

 

Pl. 22€ - T.R. 15€

 

De 19h à 22h du lundi au samedi

 

( 5 spectacles d'une demi-heure par soir)

Pass intégral en vente au théâtre : 38€, T.R. 24€

 

 

Du 18 MAI au 6 JUIN 2015

 

 

Depuis hier, 18 mai, et jusqu’au 6 juin, se déroule au Ciné XIII Théâtre, le festival de formes courtes théâtrales nommés « Mises en capsules ».

 

C’est l’occasion pour les amoureux de la scène d’aller découvrir des artistes encore nouveaux, interprétant des textes d’auteurs encore verts (voire très verts pour certains…), mis en scène par d’encore peu connus intervenants.

 

Naturellement, il y a du pire et du meilleur, mais il est encourageant, et rassurant de voir que nombre d’artistes jeunes se lancent dans le spectacle théâtral, avec une contrainte : restituer tout ce qu’un texte comporte en trente minutes.

 

La gageure n’est pas mince et tous ces jeunes gens prennent ici un petit risque qu’il convient de saluer avec bienveillance.

 

Ce festival est bâti sur un schéma de 5 spectacles de 30 minutes chaque soir, du lundi au samedi à partir de 19 heures, et structuré en 3 groupes : lundi-jeudi / mardi-vendredi/ mercredi-samedi.

 

On pourra y retrouver des noms connus, Marius Colucci, Muriel Combeau, qui a co-écrit et interprète « Inséparables », sur le thème de l’amitié, ou Emmanuel Mouret dont le dernier film, « Caprices » est encore à l’affiche.

 

On pourra aussi y découvrir de nouveaux talents qui ne demandent qu’à croître et prospérer.

 

Le format court est assez impardonnable et requiert une rigueur plus stricte encore que le format classique du texte en trois actes auquel nous sommes depuis longtemps accoutumés. Pour autant, ce ne sont pas des sketches façon « seul-e- en scène »où un prétendu amuseur fait de l’étalage de sa sottise une production réputée amusante pour des lourdauds de son acabit venus se pâmer à plus stupide qu’eux, ni des productions de type « café théâtre », dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils tiennent le plus souvent du café, voire du bistrot ou de la gargote que du théâtre.

 

Ici rien de cela qui tire le spectacle vivant vers le bas. Dans « Mises en capsules », nous assistons à ce que à quoi nombre d’auteurs s’est livré jadis, le texte court, nommé alors, pièce en un acte, impromptu…,avec de véritables mises en scène, de vraies césures, une véritable scansion, comme dans une partition tenue.

 

Le programme est vaste et il ne saurait être question ici de citer les seize textes qui composent ce festival, mais dans un climat bon enfant,  néanmoins un peu à la limite du « entre-soi » parfois, il est bon de se rassurer sur le futur de la scène française. L’émotion y côtoie le rire, la satire le dispute au drame intime et c’est tout cela qui rend la programmation si intéressante.

 

De cet ensemble sortiront nécessairement un jour les têtes d’affiches de demain, et ce sera une vraie joie que se dire qu’on les a vues naître.

 

« Mise en capsules » est une bonne idée qu’il faut aller soutenir, et cinq pièces par soir ne sont pas un plaisir si fréquent qu’on doive se le refuser.  

 

© Frédéric Arnoux

 

 

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10:06 Publié dans THEATRE | Lien permanent

18/05/2015

Un amour qui ne finit pas d'André Roussin

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THEATRE de l'OEUVRE

 

55, Rue de Clichy

 

75009 PARIS

 

 

(M° Place de Clichy)

 

tél. 01 44 53 88 88

 

http://www.theatredeloeuvre.fr/

 

Pl. 17 à 44€

 

- 26 ans : 10€

 

A 21h du mardi au samedi

 

A 18h le samedi

 

A 16h le dimanche

 

 

Mise en scène : Michel Fau

 

avec Léa Drucker, Pascale Arbillot, Pierre Cassignard, Michel Fau, Audrey Langle et la participation de Philippe Etesse.

 

 

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 ( photo : Marcel Hartmann )

 

 

André Roussin eut son heure de gloire durant les années 60 et c'est précisément au début de cette décennie là qu'il écrivit cette pièce certes moins connue que d'autres, telles « Bobosse », « La Petite Hutte » ou « Les Oeufs de l'Autruche », pour ne pas les citer

 

Les textes de cet auteur étaient alors portés littéralement à bout de bras par des comédiens aussi célèbres que Pierre Fresnay ou François Périer, sans oublier sa vedette absolue, Elvire Popesco, dont l’accent roumain assurait une grande partie du succès, et il n'était pas rare qu'elles fussent jouées 200 fois de suite ce qui en ferait rêver plus d'un actuellement… 

La critique n'était cependant pas tendre avec cet auteur qualifié de boulevardier ( sic ) genre peu prisé par la profession, ce qui ne l’empêcha nullement d’être élu à l’Académie française !

 

Parce que force est cependant de reconnaître que notre homme maîtrisait bien son art. Derrière cette apparente légèreté, l'expérience de la vie était porteuse de message, incluant une terrible lucidité dont seule la politesse inhérente au milieu social de ses personnages pouvait transformer le drame en comédie.

 

La pièce commence par une rencontre qui permettra d’habilement décrire le caractère de chacun.

Jean ( un homme marié ) a multiplié jusqu'alors les aventures extra-conjugales et, après s'être lassé de son épouse, s'est peu à peu lassé de ses maîtresses ...  Il recherche donc autre chose ( du moins le prétend-il )

 

Ah ! l'amour platonique, … l'Amour galant du Moyen-Age !

C'est donc la stratégie qu'il va mettre au point ( de presque bonne foi ) pour attirer l'attention de cette Juliette ( mariée elle aussi et fidèle de surcroit ) qu'il surnommera « mon Infante » en espérant devenir sinon Grand d'Espagne, du moins son Roméo.

 

La dame intriguée va jouer le jeu durant quelque temps puis constatera qu'à force de jouer avec les allumettes, on finirait presque par se brûler.  Bien entendu, les époux respectifs ne resteront pas passifs !

 

Michel Fau ( Jean ) incroyablement sobre dans ce rôle de séducteur d'âge mûr, a mis au point une mise en scène habile excluant tout temps mort.

 

Léa Drucker ( Germaine ) qui en s'embourgeoisant et se vieillissant pour le rôle fait preuve d'une terrible efficacité en campant l'épouse habituée aux incartades mais n'hésite pas à tirer les ficelles quand le besoin s'en fait sentir … Belle performance !

 

Pierre Cassignard ( Roger ) est l'époux de la dame convoitée, lequel s'avèrera bien sûr, complètement dépassé par les événements.

 

Pascale Arbillot ( Juliette ) celle autour de qui tourne l'action évoluera peu à peu sous nos yeux, n'y croyant presque pas elle-même.

 

Une hilare petite bonne sera incarnée par Audrey Langle et l'apparition aussi savoureuse qu'inattendue de Philippe Etesse fournira l'ironique conclusion.

 

Habilement remaniée par Michel Fau, la pièce s'offre d'évidence un subtil mais beau lifting, ce qui permet aux spectateurs d'adhérer sans réserve à cet instant de vrai théâtre comme on n'en fait plus que très rarement

 

Simone Alexandre

 

 

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13:52 Publié dans THEATRE | Lien permanent