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03/06/2017

En attendant Godot de Samuel Beckett

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THEATRE ESSAION

 

6, rue Pierre au Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Rambuteau ou Hôtel de Ville)

 

Loc. 01 42 78 46 42

 

 

http://www.essaion-theatre.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

Jeudi à 19h

 

Dimanche à 18h

 

Samedi 10 Juin (dernière) à 21h30

 

 

Mise en scène et lumières : Jean-Claude SACHOT

 

avec Dominique RATONNAT (Vladimir) 

Philippe CATOIRE (Estragon) 

Jean-Jacques NERVEST (Pozzo) 

Guillaume VAN' T HOFF ou Vincent VIOLETTE (Lucky)

 

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On a tout dit, tout écrit sur Beckett et pourtant l'attraction que son oeuvre déclenche est toujours là. Beaucoup s'y réfèrent en dépit du temps écoulé, ce temps que l'auteur évoque de façon obsessionnelle, qui paraît à certains une mystérieuse punition, inexplicable et pérenne.

Qui est Godot ? … On pense immédiatement à Dieu, à la délivrance qui se fait attendre, annoncée puis reportée sans cesse. Disons que c'est le miracle que chaque homme - croyant ou non - espère, souhaite, attend, en vain le plus souvent.

En un lieu imprécis qui fait penser à l'Eden après qu'un dieu jupitérien ait - en représailles ( ? ) lancé sa foudre, subsiste un arbre mort, celui de la connaissance ( ? ) qui ne dit rien. Deux égarés qui ont perdu la mémoire attendent Celui qui est annoncé. ( Désolée pour la tentation d'exégèse que Roger Blin lors de la création de la pièce voulait précisément éviter mais elle s'impose presque malgré nous.)

 

 

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Estragon ( Philippe Catoire ) flanqué de son inséparable Vladimir ( Dominique Ratonnet ) sont ces deux clochards - à l'époque où le texte fut écrit, le langage moins hypocrite que maintenant, n'utilisait pas le terme : SDF - bref, deux clodos qui vraisemblablement ont connu des jours meilleurs si l'on en juge par le port du chapeau melon, signe d'une bourgeoisie affirmée, traînent leurs guenilles en ces lieux.

D'où viennent-ils, on ne le saura jamais - où vont ils ?...

Nulle part, puisqu'ils stationnent en attendant jour après jour Celui qui ne vient pas. Alors pour patienter, ils inventent des jeux, parlent beaucoup, décident de se séparer puis reviennent. Il faut bien meubler le temps !

Un couple encore plus hétéroclite que le leur ne tardera pas à faire son apparition, le tyrannique Pozzo ( Jean-Jacques Nervest ) qui tient en laisse Lucky ( Vincent Violette ) énigmatique homme-chien. A l'amitié ambiguë des deux premiers vient se greffer ce couple aux moeurs sado-maso. La rencontre sera surprenante.

 

 

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Nos deux affamés ( Estragon et Vladimir ) lesquels se contentent pour survivre d'une carotte, d'un navet ou quelque radis noir … verront " le Maître " s'empiffrer sous leurs yeux, boire un vin auquel ils n'ont plus droit, eux dont les poches percées de leur costume usé jusqu'à la trame, ne contiennent plus rien.

Le metteur en scène, Jean-Claude Sachot a utilisé le comique de cirque pour mettre en valeur ses personnages. Le merveilleux sera symbolisé par cette marionnette annonciatrice conçue par Nadine Delannoy. La désespérance n'a plus cours en la présence de ce petit être, sorte de pierrot tombé de la lune, porteur de soudaine poésie.

Que vous connaissiez ou non la pièce, allez-y car les comédiens sont excellents et vous devriez passer en leur compagnie un agréable moment. Dont acte.




Simone Alexandre

 

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10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

01/06/2017

Des hommes en devenir d'après Bruce Machart

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PARIS VILLETTE

 

211, avenue Jean Jaurès

 

Parc de la Villette

 

75019 PARIS

 

 

 

(M° Porte de Pantin)

 

Loc. 01 40 03 72 23

 

Pl. de 8 à 20€

 

http://www.theatre-paris-villette.fr/

 

Mardi, mercredi, jeudi, samedi à 2Oh

 

Vendredi à 19h

 

Dimanche à 16h

 

jusqu'au : 10 JUIN 2017

 

 

Mise en scène : Emmanuel MEIRIEU

 

 

avec : Stéphane BALMINO, Jérome DERRE, Xavier GALLAIS, Jérôme KIRCHER, Loïc VERRAUT

 

Musique originale : Raphaël CHAMBOUVET

 

Lumière, décor et vidéo  Seymour LAVAL et Emmanuel MEIRIEU

 

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( photo : Emmanuel MEIRIEU )

 

 

A l'origine de ce spectacle, un recueil de nouvelles écrit par l'américain Bruce Machart, textes réunis sous le titre : " Des hommes en devenir " racontant l'histoire de grands blessés de la vie.

Ils sont cinq : Tom, Dean, Ray, Sean et Vincent et cette chienne d'existence ne les a pas ménagés.

Ils arrivent un à un, tout sanglants, face à nous.
Chacun a connu une perte irrémédiable, vécu un cauchemar dont on se remet difficilement.

Imaginez une autoroute prise puis suivie à toute allure, la provision de bière à portée de main, le bottin placé sur la pédale d'accélération : une atmosphère à la Bukowski et puis le choc, prévisible, bien sûr. Ce chien innocent écrasé et les pleurs de son propriétaire qui n'avait peut-être connu que cette tendresse là, que cette fidélité brusquement arrachée  à lui par ce fou alcoolique voulant se prouver, Dieu sait quoi ?

Parlons en de Dieu, l'éternel absent, lui qui permet qu'un enfant naisse avec un pied sans doigts. Comment de telles choses peuvent-elles advenir ? … Un innocent qui paie pour des fautes qu'il n'a pas commises. Le monde dans toute sa laideur est alors silencieux et ne peut que constater le désastre comme chaque fois qu'un bébé meurt dans le ventre de sa mère ...

Il est vrai que ce petit être là a peut-être échappé au désastre que constitue le fait d'être broyé quelques années plus tard dans une scierie. Le Reader's Digest relate parfois ces drames de la vie réelle et pour écrire ces textes courts mais percutants, un homme qui négligeait par trop sa compagne sera largué. C'est la vie, comme dirait l'autre !

Les spectateurs sont suspendus au souffle de chaque interprète. Chaque monologue exprime l'incompréhension qui nous tombe dessus quand un malheur arrive, quand le destin ressemble à une impasse, pire à une malédiction.

Chaque comédien a tellement fait corps avec son personnage que portés par la puissance du texte, nous oublions parfois que nous sommes au théâtre en dépit de ces visages géants projetés en superposition : gros plan surgissant à l'avant-scène, destiné à créer encore plus d'impact.

 

Musique et lumières transcendent le tout.

Précision indispensable : comme l'espace scénique est ponctuellement surtitré ne vous installez pas trop près afin de confortablement lire les précisions apportées. C'est âpre, vous l'avez compris mais mérite le détour.




Simone Alexandre

 

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13:41 Publié dans THEATRE | Lien permanent

31/05/2017

LUCRECE BORGIA de Victor Hugo

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THEATRE 14

 

20, avenue Marc Sangnier

 

75014 PARIS

 

 

 

 

(M° Porte de Vanves)

 

Loc. 01 45 45 49 77

 

 

http://theatre14.fr/

 

Pl. 25€ - T.R. 18€

 

Mardi, Vendredi et Samedi à 20h30

Mercredi et Jeudi à 19h

Matinée le samedi à 16h

 

jusqu'au : 1er JUILLET 2017

 

 

Mise en scène : Henri et Frédérique LAZARINI

 

avec,

 

- Emmanuel DECHARTRE : Le Duc Alfonse d'Este

- Frédérique LAZARINI : Lucrèce Borgia

- Didier LESOUR : Gubetta

- Marc-Henri LAMANDE : Rustighello

- Louis FERRAND : Ascanio

- Hugo GIVORT : Gennaro

- Clément HEROGUER : Apostolo

- Pierre-Thomas Jourdan : Jeppo

- Kelvin Le Doze : Maffio

- Adrien VERGNES : Oloferno

 

 

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Quand Hugo écrivit Lucrèce Borgia, Freud n'était pas encore né. Il est donc logique que nous ayons une lecture différente de l'oeuvre, désormais …

Après l'échec du Roi s'amuse, Lucrèce Borgia connut un succès réparateur et quoi de plus porteur en effet, que l'histoire de cette diabolique famille " revue et corrigée par … "

bien entendu.

Puisant ( entre autres ) dans l'énorme " Essai sur les moeurs et l'esprit des nations " dans lequel Voltaire avait consacré aux Borgia un chapitre entier, Victor Hugo se pencha tout spécialement sur le personnage de Lucrèce faisant reposer sur ses féminines épaules, les crimes de César, lesquels ne connaissaient aucune limite !

Aux yeux de notre auteur, la femme criminelle à plus d'un titre ( débauches multiples n'excluant pas l'inceste, ajoutées aux crimes de sang ) n'en restait pas moins une mère qui protégeait amoureusement dans l'ombre et à distance, son enfant.

Notre actuelle lecture entachée de freudisme dérive en direction de la mère adultère ;
c'est Phèdre convoitant Hippolyte et le malheureux Gennaro lui ressemble à plus d'un titre.

Le théâtre du XIXème siècle ne lésinait pas sur le nombre de personnages et les décors étaient alors somptueux. Notre époque est plus sobre, un immense fond rouge situera de prime abord le climat et dans l'aventure, quelques figurants passeront à la trappe.

C'est Carnaval à Venise et les masques anticipent l'action qui ne tardera pas à se dérouler sous nos yeux. Accompagnée de Gubetta, complice de bien des crimes, Lucrèce masquée elle aussi, se mêle à la foule. Un groupe de jeunes seigneurs l'ayant reconnue, l'insultera en lui jetant au visage les abominations commises …

A ses yeux, un tel affront ne pouvait que se laver dans le sang et l'engrenage infernal se déclenchera aussitôt. Or parmi ces jeunes seigneurs se trouvait le fils caché de Lucrèce et le mélodrame trouvera ici sa pleine expression.

 

 

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( photos : LOT )

 



L'orgie-traquenard prendra des allures de " binge drinking " et le célèbre poison des Borgia aura raison des jeunes insolents.

On aime ou pas le théâtre hugolien et ses envolées lyriques. Il convient de le replacer dans le contexte de l'époque où le but était de substituer le romantisme à la tragédie traditionnelle en haussant le drame ( considéré alors comme un genre mineur ) à un niveau élevé, ce qui nous est peut-être difficile de comprendre à l'époque actuelle où le simple fait divers est plus largement exploité, certains le compliquant d'états d'âme inextricables.

Quoiqu'il en soit, il est toujours utile de s'évader en direction de ce théâtre, reflet des splendeurs passées - ces dernières fussent-elles criminelles - car le sordide en est miraculeusement exclu.




Simone Alexandre

 

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11:39 Publié dans THEATRE | Lien permanent