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17/09/2018

LISA et MOI de et part Laurent BROUAZIN

Lisa et moi.jpg

 

 

THEATRE ESSAION

 

6, rue Pierre-au-Lard

 

75004 PARIS

 

(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

 

LOC. 01 42 78 46 42

 

Depuis le 30 Août 2018,

 

les jeudi à 19h45

 

vendredi & samedi à 21h30

 

http://www.essaion-theatre.com/

 

Texte, jeu, mise en scène : Laurent BROUAZIN

 

Direction d'acteur et lumières : Marie SAUVANEIX

 

Lisa et moi - Chaise.jpg

( photos : Doris ALB )

 

 

Ce seul en scène ( mais Laurent Brouazin l'est-il vraiment ? ) se déroule dans la salle pentue de l'Essaïon.

 

Un mur de pierres et rien, aucun décor, aucun accessoire avant que l'interprète arrive dans un flot de lumière, vêtu de noir de la tête aux pieds, lesquels sont nus. Visage chaleureux encadré d'une courte barbe poivre et sel.

Lisa et moi - Prêt.jpgMalicieusement il prévient,

- " ça va être long ! "  

En retour, le public rit, la complicité est immédiate.

 

Un fauteuil ressemblant à ceux que l'on trouve sur les plateaux de tournage de films est par lui mis en place au centre de la scène puis il ira chercher ce panneau reproduisant le célèbre tableau de Léonard ( de Vinci ) avec juste l'ovale du visage découpé dans lequel, de façon ludique il s'amusera parfois à figurer car il a décidé de donner la parole à Mona Lisa et pour ce faire, se met à la place de celle ( ou celui ? ) qui posa pour l'éternité.

Face à ce visage au fameux sourire énigmatique, se trouvent au Louvre, " Les Noces de Cana " aux multiples personnages, écrasant vis-à-vis de ce portrait unique, le plus célèbre de tous et entre eux deux, les visiteurs qui défilent, s'arrêtent, commentent ...


On aurait envie de sortir du cadre pour moins que cela !

Lisa et moi - Mains.jpg" Objets inanimés avez-vous donc une âme ? " …

Alors il est permis d'imaginer toutes les pensées, toute l'évocation de souvenirs qui se bousculent dans la tête de ce portrait qui fit couler tant d'encre, qui fut convoité et volé avant d'être récupéré et protégé derrière une vitre blindée.

Laurent Brouazin, guide conférencier depuis 15 ans maîtrise parfaitement le sujet, Mona Lisa n'a pas de secrets pour lui ; son but est de nous informer avec gentillesse et humour, sans pédanterie aucune tant sur le plan artistique qu'historique et personne ne s'ennuie jamais en l'écoutant, l'intérêt du spectateur allant croissant au fil de ses commentaires.

Mieux, il nous donne envie de revoir le précieux chef d'oeuvre en question , d'aller le questionner sur place en imaginant ses réponses maintenant que nous les connaissons grâce à cet informateur avisé.

 

Lisa et moi - Vitruve.jpg

Ne manquez surtout pas ce rendez-vous qui se situe à l'Essaïon chaque jeudi à 19h45, vendredi et samedi à 21h30 et puis retournons prochainement au Louvre, riches de tout ce que nous venons d'apprendre.



Simone ALEXANDRE

 

 

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16:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent

14/09/2018

Mademoiselle C de Maude Sambuis

 

aff.Melle-C.jpg

 

 

Théâtre ESSAION

 

6, rue Pierre au Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

 

LOC. 01 42 78 46 42

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

http://www.essaion-theatre.com/

 

les jeudi, vendredi & samedi à 21h30

 

jusqu'au : 22 SEPTEMBRE 2018

 

 

Texte et interprétation : Maude SAMBUIS

 

Mise en scène : Marcel HETTAK

 

 

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En mars de cette année, nous parlions déjà d’un spectacle autour de Camille Claudel, qui nous avait fort déçus.

C’est en septembre et jusqu’au 29 qu’il faut aller voir et entendre Maude Sambuis dans un texte vif, nerveux, conçu par elle- même et sobrement intitulé « Mademoiselle C. » au Théâtre Essaïon.

C’est , bien sûr, Camille Claudel, mais comme flashée à divers moments de sa vie.


On découvre une jeune femme espiègle, enjouée, fine, cultivée, secouant son frère, ce léthargique  précocement pompeux, noyé dans les jupes de sa mère et qui s’apprête à devenir, on ne sait comment, une ( fausse ) gloire littéraire et un diplomate sans éclat.

 

On voit alors une jeune femme sur le chemin de la liberté qui n’est pas sans  évoquer  la Carmen de Bizet, qui n’est pas tout à fait celle de Mérimée,  libre, indépendante d’esprit, curieuse d’expériences et déterminée.

Le spectacle s’ouvre sur une vidéographie  projetée directement sur le fond de scène, qui est de pierre ; et nous verrons à cela le signe du destin de l’artiste. Sa vie repose sur cet élément et l’habite infiniment.

 

La dernière image est saisissante où, floutée, nous voyons une esquisse d’œuvre de Claudel traverser la porte de l’Enfer de Rodin, sans savoir si elle y entre ou en sort.

 

C’est en quelque sorte, en une seule image, tout le cours de l’existence de cette femme, que cette montée aux Enfers et le saut dans le vide atroce de l’oubli, dont elle ne sort que depuis quelques années. Ce nouveau festin de pierre n’est pas sans laisser un certain trouble.

 

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La force et l’intelligence de ce spectacle vif, il dure une heure, est que nous traversons la vie de Camille par séquences marquantes. Et c’est l’occasion pour Maude Sambuis, mise en scène efficacement par Marcel Hettak qui utilise l’espace de l’Essaïon, difficile, au mieux, dans une grande économie d’effet et une approche tout en rétrécissement des mouvements qui témoigne de la terrible descente de Camille vers le vide, de donner à voir et à comprendre le sort des femmes entre la fin du XIXème  siècle et au début du XXème.

Disons- le tout net, elles n’ont le choix qu’entre la cornette et la maternité.


Or pour celles qui veulent s’émanciper, le combat est multiple qui consiste à affirmer son droit à la différence pour mieux installer ensuite le droit à l’indifférence, c’est-à-dire la reconnaissance dans la vie sociale.


Camille a foi en la société ; issue d’une famille aisée, catholique pratiquante ( jusqu’à la bigoterie pour certains membres ), ayant une véritable vie sociale, elle peut légitimement caresser l’espoir de réussir sa vie d’artiste et ses débuts dans la création sont plutôt prometteurs et engageants.

Il est inutile de revenir sur sa relation avec Rodin qui certainement fut le point de départ de son malheur , puisque l’engagement  de celui-ci ne fut jamais à la hauteur des attentes de Camille.

Rappelons néanmoins que ledit Rodin dûment marié à Rose Beuret, était un coureur de jupons reconnu et qu’il ne devait, au final, pas attacher plus d’importance que cela à son ex élève…
Ce Dom Juan fin de siècle est au final humainement assez peu sympathique.

 

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Au travers de plans -séquences, Maude Sambuis nous entraîne sur le chemin du désespoir de Mademoiselle C., victime des hommes et ce, compris son frère traître et peu moral, victime d’une société dans laquelle les femmes n’ont pas encore trouvé leur place, victime des institutions qui ne reconnaissent pas son travail, ou mal, victime de l’oubli. Sa revendication de liberté s’évanouit alors.

C’est un beau et vibrant spectacle auquel il faut se hâter d’aller, car il s’achève fin septembre, au moment où les feuilles de l’automne commenceront de couvrir les rues.



Frédéric Arnoux ©

 

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10:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

13/09/2018

ICH BIN CHARLOTTE de DOUG WRIGHT

aff.Ich-bin.jpg

 

 

THEATRE DE POCHE

MONTPARNASSE

 

75, boulevard du Montparnasse

 

75006 PARIS

 

 

(M° Montparnasse-Bienvenue)

 

LOC. 01 45 44 50 21

 

Pl. de 10 à 35€

 

http://www.theatredepoche-montparnasse.com/

 

Du mardi au samedi à 21h

 

Dimanche à 15h

 

Adaptation : Marianne FROVES

 

Mise en scène : Steve SUISSA

 

avec : Thierry LOPEZ

 

PRIX PULITZER 2004 du texte dramatique

 

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( photos : Svend ANDEREN )

 

 

En cas de grave désaccord entre physique et mental, l'être - qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme - se sent piégé par sa propre enveloppe charnelle.

 

Ce fut le cas de Lothar Berfelde, dont le père militant nazi voudra ( en vain ) l'inscrire aux Jeunesses hitlériennes.

( Il semble qu'en ce domaine, Benoît XVI ait eu moins de chance que lui ! )



talons.jpgChoisissant de s'habiller en femme, Lothar deviendra Lottchen avant de prendre définitivement le nom de Charlotte von Mahlsdorf

( en référence au quartier berlinois où il vivait.)



Le comédien Thierry Lopez à la mince silhouette, apparaît juché sur des escarpins, vêtu d'une longue robe noire, le cheveu ras et le menton bleu car, comme il le précise : il a voulu investir le personnage " de l'intérieur. "



Etrange destin que celui de cet homme qui, à l'époque où le sort des triangles roses ne valant guère plus que celui des porteurs d'étoile jaune, parviendra à traverser indemne le nazisme puis après l'intervention des forces russes, se jouera de la STASI avec laquelle il entretiendra, il est vrai, des rapports assez troubles …



Car Lothar, alias Charlotte avait décidé de sauver les meubles dans toute l'acception du terme puisqu'il collectionnait ceux des familles juives déportées. Il en posséda tellement qu'il fut à même de créer un musée ( Le Gründerzeit Museum à Berlin-Mahlsdorf )  ce qui lui valut d'être décoré (e) de la Croix fédérale du Mérite en 1992 !



lunettes.jpgQuand le journalisme d'investigation dénoncera ses liens avec la sinistre STASI il devra s'exiler en Suède et ne reviendra dans la capitale allemande qu'en 2002 où là, il sera emporté par une crise cardiaque.

 



Singulière démarche que celle de cet homme qui vécut sa vie durant, déguisé en femme mais rappelez-vous, il y eut un précédent célèbre en la personne du chevalier d'Eon ( Charles Geneviève de Beaumont ) espion lui aussi, lequel en dépit des services rendus à la couronne ne finira pas ses jours " en odeur de sainteté. "

 



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Quelque soient vos convictions et quoique l'on pense du personnage,

( en accord ou pas avec le pape François ... ) la performance du comédien est à saluer et je ne saurais trop vous conseiller de l'aller applaudir car il le mérite au delà de l'imaginable !





Simone Alexandre

 

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10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent