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24/01/2018

Concerto de passions

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THEATRE LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet-les Halles)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 13 à 26€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Du mardi au samedi à 19h

 

Textes de Georges Courteline, Georges Feydeau

et Sacha Guitry

 

Mise en scène : Mélissande Guessoum et Jacques Mornas

 

avec : Gilles Bugeaud, Mélissande Guessoum,

Arnaud Pontois Blachère, Marine Tonnelier

 

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L’éclectisme de la production du théâtre des Déchargeurs nous amène à parler cette semaine d’un spectacle assez bouffon au fond construit fort intelligemment autour de textes, connus pour certains, moins pour d’autres de Courteline, Feydeau et Guitry.

Le lien entre ces auteurs, et leurs pièces, est le couple et ses passions. Mélisande Guessoum et Jacques Mornas ont ainsi rapproché, non sans talent ni opportunité quatre pièces pour constituer la trame d’une production disons assez boulevardière.

La finesse, et la justesse, de ce travail résident dans le fait que nous ne voyons pas vraiment les « jointures » de cette articulation, et l’ensemble coule son heure et demie avec une parfaite logique, dans une apparente continuité dramatique qui laisse penser que nous sommes toujours avec les mêmes quatre personnages.

Certes tout cela a fort vieilli et le couple avec le tiers importun et la bonne délurée est une image du passé que nous ne pouvons regarder qu’avec nostalgie, ou agacement.

On peut peut-être déceler les césures au travers de chansons interprétées  également par les comédiens, avec des talents partagés et des bonheurs divers,  issues du répertoire de la variété.  Nous irons donc de Dario Moreno en Dalida-Delon, de Rita Mitsouko en Guy Marchand … Disons- le d’emblée, cela n’ajoute rien et même détonne quelque peu …

On pourra également s’interroger sur le parti pris hispanisant adopté, l’accent très fort de l’épouse, le choix des costumes, du décor, des mélodies. Cela n’a qu’un rapport assez éloigné avec les auteurs retenus et désarçonne quelque peu.

On peine à trouver à tout cela une unité.

 

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( photos : Temporalia - Danielle Aspis )



Dans une mise en scène calquée sur la tradition du boulevard, aux portes claquant près, ce qui, qu’on me pardonne, ne rajeunit pas l’ensemble, Gilles Bugeaux, Mélisande Guessoum, Arnaud Pontois-Blachère et Marine Tonnelier s’efforcent de donner à ces textes une vie parfois débordante, dans une agitation souvent brouillonne, tant il est difficile de s’agiter vraiment dans un espace restreint, avec force haussements de voix, pour employer une litote…

Rit-on ? Eh bien pas vraiment, tant les moeurs ont désormais changé, tant le regard sur le couple a évolué, tant la place de la femme et de l’homme s’est marquée d’une manière toute différente depuis quelques décennies.

On peut percevoir ce spectacle avec un œil d’entomologiste ou d’historien, comme une sorte de vue au microscope d’une société disparue, des mœurs désuètes qui seraient jugées tout à fait défavorablement, hors toute notion de bien-pensance ou de moralisation.

Nous n’avons jamais le sentiment que ces couples sont unis par autre chose que le partage des contingences à des fins économiques, et de là naît un certain recul par rapport au spectacle. Nous peinons à nous attacher aux personnages de ces acteurs qui s’agitent comme dans un théâtre de marionnettes. Et nous avons surtout le sentiment d’assister à une longue dispute conjugale à laquelle vient se mêler l’indispensable, mais assez pénible, quiproquo.

L’idée initiale est très bonne, le travail sur les textes une totale réussite, la mise en scène, et ce qui est donné à voir est davantage sujet à critique. Mais ce n‘est qu’un avis, parce qu’il faut bien reconnaître qu’une grande partie du public semble y trouver son compte. Alors il convient d’être modeste et de raison garder, comme d’aller se forger sa propre opinion, au théâtre des Déchargeurs donc.



© Frédéric Arnoux

 

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13:13 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent