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12/03/2013

La véritable histoire de Maria Callas de Jean-Yves Rogale

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THEATRE DEJAZET

41, boulevard du Temple

75003 PARIS

 

(M° République)


Loc. 01 48 87 52 55


www.dejazet.com


Pl. 29, à 49€


Du mardi au samedi à 20h.30

Dimanche à 15h.


 

Mise en scène : Raymond Acquaviva


avec : Andréa Ferréol, Pierre Santini, Sophie Carrier, Lola Dewaere, Raymond Acquaviva, Cécile Pallas.

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Les dieux avaient voulu que Maria Callas naquît plantureuse," six kilos à la naissance " afin d'offrir une caisse de résonance à sa voix. Or, comme chacun sait, les dieux de la Grèce antique ont toujours été en conflits et de ce fait, Eros décidera de changer le destin choisi par l'Olympe tout entier.

Mais revenons sur terre, afin d'y découvrir la petite Maria que sa mère gave et gourmande. La jeune fille est indisciplinée et n'a qu'un seul maître : le chant or si douée soit-elle, l'apprentissage de toute diva en herbe est pénible et laborieux, le métier de cantatrice constituant une réelle ascèse à laquelle elle s'adonnera volontiers.

Sa carrière à peine amorcée, un homme (Battista Meneghini) va un jour se présenter, il est riche et dépose tout ce qu'il possède aux pieds de Maria, (quelques briques ... ) mieux devient son impresario, l'épouse, et désormais tout à la gestion de sa carrière, oublie de lui faire un enfant en dépit de ses demandes réitérées. 

Durant toutes ces années, elle se produira sur les plus grandes scènes d'opéra du monde avec le succès que l'on sait.

Lors d'une réception, un autre homme croisera sa route, et la femme jusqu'alors inassouvie, va enfin se révéler non plus à son public mais à elle-même. Aristote Onassis a surgi dans sa vie qui en sera bouleversée. Cette femme amoureuse n'aura plus alors qu'une obsession, ressembler à une gravure de mode afin de plaire un peu plus à cet amant dont la réputation donjuanesque n'est un mystère pour personne. Elle y perdra sa voix et un surplus de 45 kg. Or, quand un homme est volage, rien ne peut le retenir et parmi ce chassé-croisé de célébrités, la veuve de Kennedy sonnera l'hallali de cet amour mythique. 

Jean-Yves Rogale nous fait connaître toutes les péripéties de ce destin hors-pair au moyen d'anecdotes savoureuses, de conflits homériques et de désespoir tragique.

Pour incarner le personnage de Maria Callas, deux comédiennes illustreront les deux phases de sa vie en un habile jeu de miroir, l'une étant la conséquence évolutive de l'autre. Lola Dewaere est Maria jeune tandis que Sophie Carrier figurera La Callas adulte, non plus seulement passionnée d'Art mais femme dévorée jusqu'à la destruction par cet amour charnel.

Le rôle d'Evangelia, la mère tyrannique de Maria est confié à Andréa Ferréol à l'indéniable présence, ici pour le moins dévastatrice.  

Le malheureux époux de la célèbre chanteuse est de façon jubilatoire, Raymond Acquaviva qui a également signé la mise en scène. 

La confrontation avec son rival Aristote Onassis (Pierre Santini) est un moment de perfection théâtrale. On peut juste déplorer que ce dernier ait le même problème que Maria jeune, quelques kilos en trop pour ressembler tout à fait au modèle car pour ce faire, les lunettes ne suffisent pas, même si on apprécie le comédien. 

Cécile Pallas est Jackie Kennedy, rôle ingrat au possible le personnage n'étant pas particulièrement sympathique ... 

A souligner, car c'est véritablement une réussite sur le plan esthétique, les changements à vue d'éléments du décor effectués par une danseuse aérienne au possible, d'une beauté à couper le souffle.

Cette pièce est donc mieux qu'une réussite et je pense ne pas être la seule à en être convaincue alors même que la voix de Callas et la qualité des enregistrements suffiraient à nous transporter. 

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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( Photos : Thierry Beauvir)


15:59 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent

10/02/2013

Nuit d'été de David Greig et Gordon Mcintyre

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LA MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS


((M° Abbesses ou Blanche)


Loc. 01 42 33 42 03


www.manufacturedesabbesses.com

 

jeudi, vendredi, samedi à 21h,

dimanche à 17 h.

 

Traduction : Dominique HOLLIER


Mise en scène : Nicolas MORVAN


avec Patricia THIBAULT et Renaud CASTEL

 

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Un grand lit en milieu de scène et deux oreillers, il n'en fallait pas plus pour que le décor soit planté. Un peu plus tard, les spectateurs découvriront, côté cour, une table de café où aura lieu la rencontre : Bob-Hélèna et côté jardin, se situera l'endroit où vit cette dernière mais en attendant, musique ! (de petits intermèdes ponctueront l'action de temps à autre) ... et puisqu'ils sont musiciens tous deux, chacun s'emploiera à gratter son instrument à cordes.

Petite chanson introductive ... 

Généralement, ce sont les garçons qui abordent les filles dans un lieu public mais cette fois, ce sera l'inverse. 

Héléna lasse d'attendre quelqu'un qui ne viendra pas, décide de le remplacer par ce petit malfrat qui lui, attend les clés d'une voiture volée ... Faut-il préciser qu'elle est avocate ? Simple coïncidence car avant tout, c'est un homme et une femme lesquels ne vont pas tarder à se connaître dans le sens biblique du terme. 

Hilarante, la scène du lit ! C'est même l'un des meilleurs moments du spectacle et le public de s'esclaffer. Le parler est direct et on n'y va pas par quatre chemins. Surtout Héléna, dont le langage n'est pas particulièrement châtié. Il est vrai que c'est une femme libérée et qu'elle entend le prouver. En réalité, Bob est beaucoup plus tourmenté qu'elle, un tantinet anxieux et assez timide aussi.

Je ne vais certes pas vous raconter toutes les nombreuses péripéties engendrées par cette rencontre et si vous voulez connaître la suite … vous savez ce qui vous reste à faire. 

Maintenant, que vous dire des comédiens ? J'ai eu l'impression que Renaud Castel avait appris le métier d'acteur sur le tas. Il lui arrive parfois d'avaler le texte à toute allure alors qu'à d'autres moments il est d'une parfaite justesse.

Quant à Patricia Thibault, (légère et court vêtue) avec elle " ça déménage ! " aidée en cela par une façon bien à elle de camper ses longues jambes sur scène mais comme elle est loin de jouer comme un pied, nous n'en dirons pas plus et puis on se souvient de son interprétation d'Eva Braun en ce même théâtre, ce qui rend la comédienne d'autant plus intéressante à nos yeux. L'écriture est moderne, les situations résolument d'actualité et si nous sommes loin de la construction théâtrale à laquelle nous étions jusqu'alors accoutumés, le fait n'est pas exceptionnel en ce lieu qui vise souvent un mode d'expression à tendance anglo-saxonne, auquel le public adhère de plus en plus.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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avec : 

20:45 Publié dans SPECTACLE MUSICAL, THEATRE | Lien permanent

04/02/2013

Jack l'éventreur de Robert Desnos

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LUCERNAIRE

Centre National d'art et d'essai.

53, rue Notre Dame des Champs

75006 PARIS


(M° N.D. des Champs)


Loc. 01 45 44 57 34


www.lucernaire.fr


Pl. 10 à 30€


du mardi au samedi à 21h.

 

Conception et mise en scène : Vincent POIRIER


avec Nicolas RIVALS (comédien)  

Armelle GOUGET (comédienne, danseuse)  

& Sylvain MEILLAN (musicien)


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Jack l'Eventreur, ancêtre horrifique des sérial-killers mais surtout, le plus célèbre auteur de crimes non élucidés. Cette sombre histoire en inspira plus d'un qu'il s'agisse du petit ou du grand écran mais la particularité de ce spectacle consiste à dégager la poésie de cette suite de monstruosités.

En introduction, un violoncelliste nous propose un thème très soft en décalage avec cette fille haletante, au visage couvert d'un curieux masque, mimant une course accélérée.

Chaque crime, 11 au total sera évoqué, détaillé avec une précision toute chirurgicale. Fallait il que le brouillard soit épais pour que chaque meurtre indépendamment commis soit réalisable en toute impunité?

Le mystère demeure concernant l'identité réelle du monstre. Etait-ce un chirurgien dément ou un boucher en mal d'émotions fortes ? Une seule chose est certaine, l'individu avait une connaissance approfondie de l'anatomie humaine. Le mystère continue à envelopper la personnalité du tueur. Pourtant Robert Desnos fut persuadé de l'avoir rencontré et en 1928, il en fera part à ses lecteurs par le biais d'un quotidien lequel vit n'en doutons pas ses ventes monter en flèche.

On a coutume de dire que la musique adoucit les moeurs, ici cette dernière nous envoûte littéralement. Les figures chorégraphiques ajoutent une pointe de surréalisme à la narration. Ce texte remarquablement écrit est dit d'une voix neutre par le comédien qui ne veut surtout pas ajouter une touche dramatique à l'action mais au risque d'être parfois inaudible en dépit de ces ténèbres censées aiguiser notre attention. A ce petit hiatus près, lequel n'est sans doute pas permanent, le spectacle tétanise le spectateur, littéralement happé par ce qui est dit et tout nous porte à penser que chaque soir, l'ombre de Thomas de Quincey s'invite et investit l'espace scénique. A voir, pour l'étrangeté de la démarche mais pas seulement.

 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

 

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(Photos : Merlin Brenot)

13:34 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent