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18/12/2009

La trappe de Robert Poudérou.

L'Harmattan - Théâtre des 5 continents - 11,50€

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Dans sa présentation de pièce écrite en Septembre 1978, l'auteur précise,

" la rébellion solitaire est un leurre. Qui dérange tout le monde. "


J'ai immédiatement envie de m'inscrire en faux. Si elle est solitaire, comment peut-elle déranger ? C'est la rébellion organisée qui dérange le plus, non ? ... Voilà un sujet de polémique à développer la prochaine fois que je verrai Robert Poudérou ...

En attendant, rejoignons les personnages puisque ma religion m'interdit de raconter les pièces sinon où serait le plaisir de la découverte ?

David (25 ans) est un autonome qui s'amuse de temps à autre à commettre de petites plaisanteries subversives qui ne doivent pas être du goût de tout le monde !

Moïse et Max, (la soixantaine approchante ou installée) sont deux amis, camarades de beuveries que la vie ne semble pas avoir épargnés.
Leur sobriquet respectif en dit long : "Coup-de-coude" pour Moïse et "Cul-sec" pour Max. Ils sont l'un et l'autre à la fin du parcours, le savent - comment pourraient-ils l'ignorer ? Et cela n'arrange rien.

Un jour, ces trois là vont se rencontrer ... le lieu est situé au sous-sol d'un grand restaurant. C'est là également que se trouve la trappe justifiant le titre.

Mais surtout, il y a Juliette, la métaphore de l'amour, et ce petit surnom mi-tendre, mi-machiste qui résume à lui seul comment fonctionnent les hommes,  profanateurs déclarés et adorateurs muets, leur truculence ayant pour objet de masquer leur timidité.

On ne vante plus depuis longtemps le style poudérien, c'est un fait avéré mais cette pièce nous prouve si besoin est, qu'un Poudérou peut toujours en cacher un autre.


Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

08:02 Publié dans Editions Théâtrales | Lien permanent | Tags : l'harmattan

20/04/2008

Pas d'homme d' Ophélie Grevet-Soutra

Pièce en 3 Actes (5 personnages : 3 hommes et 2 femmes)

Parue en 2007 aux Editions Vermifuge - Prix : 11€

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Mais qui est donc cet Emile Beauvoisin, détective " plus que privé " installé au numéro 13 de la rue de Maubeuge ?
- un célibataire endurci qui meuble sa solitude en espionnant la vie des autres ?
- un transformiste raté qui n'ose affronter les feux de la rampe ?
Dans son quartier, quand il se déguise tout le monde le reconnaît ... L'homme travaille seul, " à l'ancienne " sans secrétaire ni ordinateur, uniquement " au pifomètre " et à la déduction.
Un jour, lors d'une enquête, il a pris une balle perdue et depuis boite légèrement. Tiens, au fait, ne cherchez plus, c'est bien ainsi que les gens de son quartier l'identifient et non grâce à son eau de toilette car avoir un flair de chien de chasse n'est pas à la portée de tout le monde.  Evidemment !
Marguerite viendra faire le ménage dans son bureau, virtuelle tornade blanche car la dame a l'humour plus alerte que le plumeau.  " vaccinée avec une aiguille de phonographe " aurait dit sa grand-mère ... Comme Emile n'est pas un détective du dimanche, la chasseuse de poussière à peine partie, le premier client du jour fera son apparition.
Encore un cervidé qui se demande après quelques années de mariage s'il avait réellement trouvé chaussure à son pied ?
- " Le monde me désole et la vie m'angoisse " confiera t'il en un soupir, confondant notre détective avec un psy ...
Mais revenons en arrière, un an plus tôt, pour faire la connaissance de Jeanne, qui elle, semble avoir confondu ce bureau avec la SPA alors que son Hercule a disparu ... Fugue ? Enlèvement ?  Vengeance d'un amant jaloux ? ... Violence d'un père tyrannique ?
 L'affaire semble complexe et pourtant notre détective découvrira le pot aux roses.  L'enragée du sécateur poireaute depuis en prison tandis que son Hercule retrouvé peut désormais se prendre pour Milou.
Un bénéfique intrus (absolu contraire du client de l'autre jour) va sur le point de se marier, prendre la poudre d'escampette entraînant notre détective dans son sillage pour le meilleur ou pour le pire car pour nous, l'enquête n'est pas résolue.

Ophélie Grevet-Soutra soumet ses personnages à une folie libératrice au moyen d'un verbe imagé et comme dans la vie de chaque jour, on a coutume de dire " un(e) de perdu(e), dix de retrouvé(es) " celui qui se dérobe à la chaîne s'écriera en conclusion " Pas d'homme, en voilà une histoire ! "

A nous d'imaginer la suite ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

19:51 Publié dans Editions Théâtrales | Lien permanent

29/01/2008

LES COUSINES de Robert Poudérou

(36ème pièce éditée)

2008 ALNA Editeur.
www.alna-editeur.com
Prix : 14 € TTC.

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L'action commence à Paris début juin 1942.
Il fallait alors faire la queue durant de longues heures afin d'avoir une petite chance de remplir un cabas avec ce qui se présentait, bien sûr.
C'était comme les nomme l'auteur : " les queues de la survie. "
Pierre-Jean, célibataire est retraité de fraîche date. Il soupire en vain pour Mélanie ex-enseignante elle aussi qui vit avec Agnès, collègue d'une école privée ...
Il était à l'époque plus que dangereux d'héberger un juif or elles ont accueilli d'un commun accord, Chana jeune fille de 23 ans venue se réfugier chez elles.
Cette dernière est en quelque sorte devenue leur fille à toutes deux.
Pourtant jadis, Agnès a eu un fils parti avec Sylvie leur première protégée. Depuis il n'a plus donné de nouvelles ...
Pierre-Jean va un jour rencontrer ce fils disparu, les sentiments de chacun vont alors s'exacerber, le passé revenir à la surface et la particularité de l'époque poser problème.
Les personnages imaginés par Robert Poudérou utilisent toujours un langage châtié et ce, parfois de façon irréelle, comme s'ils représentaient ce qui doit être, dans son monde à lui. De même qu' Hamilton a choisi le flou pour poétiser les images, notre auteur se meut en une sphère dont toute vulgarité est exclue. Ce choix confère à son écriture un charme quelque peu désuet mais apte à favoriser les nuances.
C'est ainsi qu'il ne vous parlera pas des écrits de quelqu'un(e) mais " d'un journal de coeur et d'âme."
N'allez surtout pas croire que le propos est mièvre car mettre dans la bouche de quelqu'un cette phrase : " - je vous assure que je vous ai toujours préféré à la compagnie d'un chien " en dit long sur sa capacité à réveiller les esprits !
La pièce a déjà fait l'objet de deux lectures publiques, la première incluant la prestigieuse Eléonore Hirt et nous ne pouvons qu'espérer voir ce texte joué très prochainement sur une scène, ici ou ailleurs.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

15:40 Publié dans Editions Théâtrales | Lien permanent

22/11/2007

La belle et le Hussard de Benoît Marbot

3eb9fad57a951d876705d3f760446c4c.jpgDe 1792 à 1818 nous suivrons quatre personnages emportés par la tourmente des événements ce, durant vingt six années, cinq régimes politiques différents au fil des guerres, des passions mais aussi des intérêts.
Combien de fois avons nous entendu dire au sujet de deux êtres ? ..." Ils ne vont pas ensemble " - comme si de l'extérieur, on pouvait juger !
On jouait volontiers à colin-maillard à l'époque; maints films nous l'ont prouvé.
Jeu hérité de l'enfance mais teinté d'une évidente sensualité.
Ne convient il pas de deviner qui est l'autre en le touchant sans le voir, en le humant afin de l'identifier ?
On ne doute plus aujourd'hui de l'importance des phéronomes quant à l'attrait que les individus éprouvent l'un pour l'autre. Nous restons d'évidence une forme animale évoluée.
Lefort est un housard, il sent le cuir, la sueur et ce jeune lion héberge forcément une odeur fauve dans sa crinière.
Face à lui, Gontran de Richepoix ne peut qu'être falot.
L' homme est indécis, joue à l'amoureux transi quand l'autre prend d'assaut.
Sa soeur, Sophie, la meilleure amie de Caroline de Tiersanville aura dans l'action un rôle-charnière mais pas seulement ...
Rien n'attise plus le désir sexuel que l'approche de la mort.
La natalité part en flèche au lendemain des guerres. C'est en quelque sorte un réflexe issu de l'instinct de conservation.
Benoît Marbot nous transporte en ces temps reculés où tout homme valide ne pouvait qu'être militaire où l'habitude du danger finissait par créer une dépendance, un besoin que rien ne pouvait remplacer. Mourir au combat ou mourir d'ennui étant l'unique alternative.
Le style est direct et le rythme enlevé. La lecture de la pièce attise notre impatience à la voir prochainement jouée.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

17:20 Publié dans Editions Théâtrales | Lien permanent