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07/06/2019

Le jour qui vient de Christian Giudicelli

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 14 à 28€

 

https://www.lesdechargeurs.fr/

 

du mardi au samedi à 19h30

 

jusqu'au : 29 JUIN 2019

 

 

Mise en scène : Jacques NERSON

 

 

avec Léa DAUVERGNE, Mélik DRIDI,

Marlène GENISSEL, Muriel GAUDIN, Marie NEGRE, Angelo PATTACINI, Roman TOUMINET

 

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Un tableau noir, un mini-piano, un mini-vélo, quelques marionnettes, les moyens du bord … C'est l'été, les vacances et par voie de conséquence, la disponibilité, l'époque des rencontres et des amours éphémères.

 

L'action se déroule dans une station balnéaire située en bordure de Méditerranée.


Il sont six, chacun ayant une vingtaine d'années plus Muriel, la mère de l'un d'eux, laquelle arbore la cinquantaine triomphante, persuadée ( et elle a raison ) de n'en paraître que quinze de moins. Elle reste donc tout comme eux, accessible aux rencontres ...

 

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Cela tombe bien puisque son fils vient de lui présenter un copain, discret, timide et apparemment sensible à son charme. Poli, il ne la démentira pas. D'autant qu'il n'en a nulle envie. Disons qu'il se laisse porter par les circonstances !

 

Nous ne tarderons pas à apprendre qu'il a eu une aventure avec le fils de la dame en question et qu'il s'était peut-être un peu trop attaché à son partenaire …

Il constatera qu'à contrario, certains vivent des expériences qui n'ont nulle prise sur eux.

 

A cette amitié masculine vient s'ajouter une autre, féminine cette fois entre une infirmière et une apprentie-comédienne qui ne se comprennent pas toujours, forcément : leur univers est si différent.

 

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Nous ferons également la connaissance d'une fugueuse à bicyclette et d'un migrant hanté par Rimbaud.

 

Les marionnettes sont là, symboliquement et chacun cherche confusément ce qui pourrait devenir son destin mais n'est en réalité que le fruit du hasard car tout peut arriver, le temps d'une nuit pour peu que l'on accepte de croire en l'autre que l'on ne connaît pas et que peut-être on ne connaîtra jamais ? ...

 

Il fallait à ces jeunes comédiens beaucoup de souplesse pour jouer à tour de rôle la partition qui leur était confiée. Est-ce un jeu collectif du mensonge ou de la vérité ? Qui pourrait le dire ? - mais qu'importe - comme le précise Christian Giudicelli, " ce n'est pas le résultat qui compte, mais le risque qu'ils ont pris. "


Le courage de la tentative qui permet tout simplement de vivre sa vie.

 

Cette pièce fut ( nous dit-on ) écrite rapidement, en l'espace de trois semaines et le rythme se devait donc d'être enlevé, au diapason de ce vécu volatil à l'extrême car c'est ainsi que l'on apprend parfois à vivre les expériences que la vie nous réserve.

 

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( photos : Christophe Raynaud de Lage )

 

 

Plus tard, sans nul doute, ces comédiens conserveront un souvenir ému de ces instants vécus ensemble, de ce texte écrit tout spécialement pour eux, auquel les spectateurs séduits et avides d'en savoir plus, apportèrent leur totale disponibilité.

 

La mise en scène de Jacques Nerson compose pour nous ce paysage estival et nocturne par touches successives rapides, subtiles et colorées.

 


Simone ALEXANDRE

 

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16:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/06/2019

Mademoiselle Julie d'August Strindberg

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THEATRE de L'ATELIER

 

1, Place Charles Dullin

 

75018 PARIS

 

 

 

( M° Anvers )

 

 

LOC. 01 46 06 49 24

 

 

http://www.theatre-atelier.com/

 

du mardi au samedi à 19h

dimanche à 15h

 

Durée : 1h20

 

jusqu'au : 30 JUIN 2019

 

 

Traduction : Terje Sinding

 

Mise en scène : Julie Brochen

 

avec,

 

Anna Mouglalis : Mademoiselle Julie

Xavier Legrand : Jean

Julie Brochen : Kristin

 

 

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" Tragédie naturaliste " c'est ainsi que l'auteur qualifiait sa pièce ; drame expressionniste répondront certains et ce texte fera scandale à sa sortie, sera même boudé par les directeurs de théâtre suédois durant 20 longues années.


La forme d'expression de Mademoiselle Julie cette moderne amazone, dérangeait en cette fin de XIX ème siècle !

 

Or le féminisme était à l'ordre du jour mais Strindbergh s'opposera violemment à ce mouvement et à Ibsen en particulier en écrivant la même année que Mademoiselle Julie ( 1888 ) une parodie de " Maison de Poupée " intitulée " Camarades ".

 

L' intention de Strindberg était de mettre en scène ce

" combat des cerveaux " , lutte des classes et des sexes qui finira en meurtre psychique car avant Antonin Artaud, c'est un théâtre de la cruauté qu'il développe ici, lui le disciple de Kierkegaard, également grand admirateur de Nietzsche.

 

Anna Mouglalis interprète le rôle-titre en prêtant au personnage son timbre de voix si particulier, d'une gravité surprenante qu'auraient pu lui envier bien des tragédiennes du début du siècle dernier. Sa haute taille vient conforter l'impression qu'elle donne de jeune femme dominatrice qui s'efforce de surmonter toutes ses failles …

 

Après la disparition de la mère, le père de Mademoiselle Julie restait seul face à cette sauvageonne capricieuse qui jouait au garçon manqué. Ce n'est certes pas par hasard si la metteur en scène : Julie Brochen eut l'idée d'intercaler les textes chantés par Gribouille à la voix grave - elle aussi - et d'un expressionnisme tout particulier.

 

" Dieu Julie " revêt une étrange coïncidence même si certains pourront se déclarer dérangés par la curieuse compétition qui intervient entre le texte de Strindberg et la chanteuse au destin tragique.

 

Xavier Legrand est Jean, ce laquais ambitieux qui rêve d'une autre vie tout en faisant reluire les bottes du comte. Napoléon disait qu'il faut prendre appui sur l'obstacle pour le surmonter et c'est exactement ce qu'il fera jusqu'au machiavélisme.

 

Enfin, Julie Brochen est Kristin à qui notre metteur-en-scène / interprète fournit sa belle solidité et sa logique, faisant contraste avec ces deux funambules qui jouent leur va-tout en l'espace d'une nuit.

 

La règle des trois unités est ici en cette pièce ( la plus courte des 58 écrites par l'auteur ) rigoureusement respectée. Il est une autre règle qui cependant sera volontairement enfreinte tout à la fin, mais je ne puis vous préciser laquelle, à vous d'aller sur place le constater.

 


Simone ALEXANDRE

 

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19:13 Publié dans THEATRE | Lien permanent