Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/05/2018

STILL LIFE TODAY d'Emily MANN

aff.still-life.jpg

 

 

LES DECHARGEURS

 

3, Rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

Pl. de 10 à 26€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

du mardi au samedi à 19h30

 

jusqu'au : 19 MAI 2018

 

Adaptation et mise en scène : Pierre LAVILLE

 

avec : Manon CLAVEL, Antoine COURTRAY & Ambre PIETRI

 

still-life-today.jpg

( photo iFou pr le Pôle Média )

 

 

Pièce-témoignage mettant en scène un Marine revenu d'Afghanistan qui peine à retrouver sa vie d'avant, entre son épouse ( enceinte ) et sa maîtresse …

L'homme a été deux fois blessé et traumatisé a désormais peur du noir et des feux d'artifice. Certaines images le hantent la nuit. Il ne parvient pas à se réinsérer dans la société civile où il est au chômage.

L'épouse ( Cheryl ) en dépit de ses efforts supporte difficilement la situation avec ce mari qu'elle ne reconnaît plus tandis que l'autre femme ( Nadine ) bien que militante pacifiste se veut positive et pour ce faire, idéalise le personnage.

Mark se définit non sans ironie comme " une nature morte " en référence à ces fruits frais qui étaient offerts aux combattants rescapés ; ce qu'il a vécu tourne en boucle dans sa tête ...

Chaque soldat pris dans l'engrenage ( conséquence logique de tout ce qu'il a vu, enduré, subi ) a tendance à se prendre pour un dieu vengeur ; les remords arrivent plus tard après le retour à la vie normale. Dans le feu de l'action, n'a t'il pas massacré ( il n'y a pas d'autre terme ) toute une famille, enfants compris et voilà qu'il s'apprête à être père !

- " Je casserais moi-même les deux jambes à mon fils pour lui éviter ça " dit-il.

Chaque personnage s'exprime face au public, presque les yeux dans les yeux car nous sommes tous concernés que nous le voulions ou non puisque nos impôts contribuent à financer les guerres. Nous refusons simplement d'y penser.

Un écran en fond de scène présente ponctuellement des images à la limite du supportable. tandis que ce survivant, ce fantôme de lui-même est là, face à nous avec sa culpabilité et son mal-être ...

Vous l'avez compris, ce n'est pas une pièce facile mais NECESSAIRE !
 
Impossible de condamner cet homme qui est lui aussi victime et pour toute la vie. Ce n'est pas lui qui a décidé de la guerre même si l'engagement dans Les Marines n'est pas tout à fait innocent …

Ceux que l'on nommait les vétérans du Vietnam sont identiques à ceux qui ont " fait " l'Afghanistan comme on dit. Mais rien que des bras armés, les cerveaux décideurs restant confortablement à l'abri. Le crime - hélas éternel - c'est la guerre, pas ceux qui une fois qu'ils y sont plongés se battent avec parfois trop de zèle car la peur au ventre, ils n'ont pas le choix.

Certains reprocheront sans doute le manque d'imagination concernant la mise en scène pour le moins statique avec pour la scénographie : 2 chaises, 1 fauteuil et un coffre-valise sur lequel Mark finira par s'installer en une vaine tentative de faire le point.

L'important est le texte traduit, adapté par Pierre Laville et le message qu'il véhicule afin que le " plus jamais ça " ne soit pas une phrase en l'air, ce dont il est permis - hélas - de douter en référence à l'actualité.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

07/05/2018

En attendant Bojangles d'après le roman d'Olivier Bourdeaut

aff.Bojangles.jpg

 

 

 

La Pépinière Théâtre

 

7, Rue Louis le Grand

 

75002 PARIS

 

 

 

(M° Opéra)

 

 

LOC. 01 42 61 44 16

 

 

Pl. de 20 à 34€

 

( moins de 26 ans : 12€ )

 

http://www.theatrelapepiniere.com/

 

Du mardi au samedi à 19 h

 

jusqu'au : 28 Juillet 2018

 

Adaptation et mise en scène : Victoire Berger-Perrin

 

avec Julie Delarme, Didier Brice & Victor Boulenger

 

en-voiture.jpg

 

 

C'est l'histoire folle d'un amour fou, captée par les yeux d'un fils unique, explicitée grâce au diarisme d'un père qui notait tout, ne vivait que pour cet amour là, pour cette femme qui ne ressemblait à nulle autre ( pas même à elle ) puisqu'elle était multiple.

Le père en question arborait la même coiffure que ce cavalier prussien dont le portrait était accroché au mur et se révélait presque aussi original que son épouse.
L'homme chaque dimanche après-midi faisait de mini exercices de musculation, la pipe au bec, en écoutant du jazz, baptisant non sans humour cette pratique : " gym tonic " en référence à la boisson dont il alimentait ses pauses …

Il se prénommait Georges, quant à sa femme, celle ci avec sa complicité, changeait de prénom à tout bout de champ, sauf le lendemain de la St-Valentin où là, chaque année Georges et sa Georgette du jour, déjeunaient en un restaurant qui avait fait le plein la veille.

A domicile, un superbe oiseau exotique baptisé " Mademoiselle Superfétatoire " égayait le lieu de ses cris quand il ne dormait pas debout, la tête sous son aile. ( vous reconnaîtrez que c'est plus original que de posséder un chien ou un chat ! )

 

Danse.jpg



Quand le père n'était pas à son travail où il s'activait tard pour pouvoir s'arrêter tôt - disait-il - le couple se lançait en une danse éperdue aux accents de Nina Simone et de son " Mister Bojangles "

Tout aurait continué ainsi dans le meilleur des mondes si une montagne de courrier jamais ouvert ne s'était accumulée avec toutes les conséquences qui suivirent.

La légère fêlure qui ornait l'esprit de l'épouse et mère devint peu à peu une crevasse puis un gouffre dans lequel elle sombra tout à fait jusqu'à se retrouver en un asile protecteur.

 

Hopital-les3.jpg

( photos : Evelyne Desaux )

 


Père et fils lui rendaient régulièrement visite jusqu'à ce que la patiente décrète qu'elle était guérie et mette au point un scénario d'enlèvement auquel les deux hommes subjugués se prêtèrent.  Je vous laisse ici découvrir la suite de l'aventure …

Julie Delarme joue le rôle de la mère avec une irrésistible fantaisie tandis que père et fils à savoir Didier Brice et Victor Boulenger rivalisent de brio afin que le trio familial soit parfait.

 

C'est drôle, émouvant, bref à voir ou revoir puisque le spectacle perdure à La Pépinière, traversant de façon exceptionnelle trois saisons : hiver, printemps, été, la pièce restant à l'affiche jusqu'au 28 Juillet.




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/05/2018

PROVIDENCE de Neil LaBute

aff.Providence.jpg

 

 

 

LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

 

Pl. 26€ - T.R. 13 à 20€

- 26 ans : 10€

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

du mardi au samedi à 21h30

 

jusqu'au : 12 MAI 2018

 

Durée : 1h25

 

Adaptation et mise en scène: Pierre LAVILLE

assisté d'Antoine COURTRAY

 

avec Xavier GALLAIS et Marie-Christine LETORT

 

Providence-1.jpg

 

 

Le 11 Septembre 2001 constitua un choc mondial : incrédulité, consternation, panique, indignation et il serait malaisé d'affirmer quel sentiment a pris le pas sur l'autre 17 ans plus tard tant l'impact fut grand.

Le vieux monde s'était effondré et il fallait reconstruire sur les ruines. Je n'affirmerais pas que nous y sommes parvenus.

Un vieux dicton populaire prétend que,

" le malheur des uns fait le bonheur des autres "
Il faudrait pour cela faire abstraction de toute compassion voire de remords, ce qui dépend de la situation de chacun.

Ce cas particulier a sans nul doute - dans la réalité - été plusieurs fois illustré par des couples qui ont cru voir là l'échappatoire tant espérée. Certains n'étaient pas allés travailler ce jour là, se soustrayant sans le savoir à un destin fatal. On peut donc parler de Providence, qu'elle soit ou non méritée.

Car des innocents sont morts incrédules face à ce coup du sort, plongeant ceux qui furent épargnés dans l'effroi. Comme toujours en période de catastrophe, la nature secrète de chacun se révèle. Pour Ben ainsi que pour beaucoup d'autres, le fait a eu valeur d'électrochoc. L'ordre mondial en était bouleversé.

Comme souvent dans le monde du travail, des rapports intimes s'installent en catimini. Là un homme ( Xavier Gallais ) est le subordonné d'une femme ( Marie-Christine Letort ) et les bureaux de l'entreprise qui les employaient étaient situés dans le World Trade Center. L'homme est par ailleurs marié et père de deux enfants.

 

Providence-2.jpg

( photos : iFou pr le Pôle Presse )

 



Comme beaucoup en pareille circonstance, il n'a nullement l'intention de changer quoique ce soit à sa vie actuelle tout en prétendant le contraire …

Quand les tours sont tombées, le couple bien à l'abri faisait l'amour. Ensuite, la femme a continué de sortir, lui pas. Depuis, son téléphone sonne sans arrêt mais il ne répond pas, replié sur lui-même au mépris de ce flot d'angoisse désespérée qui tente de venir à lui.

Fuir, recommencer une autre vie en partant de zéro, presque tout le monde a un jour fait ce rêve utopique et peu ont eu le courage de le réaliser. Ici, les conditions propices se présentent d'elles-mêmes …

Neil LaBute excelle a disséquer les sentiments de ce couple extra-conjugal, mettant l'âme de chacun à nu et le talent conjugué des deux comédiens ajouté à l'habileté du metteur en scène ( Pierre Laville ) font ici merveille. La salle captivée par la puissance du texte fait preuve d'une rare écoute, bien méritée.

A ne surtout pas laisser passer !




Simone Alexandre

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

13:03 Publié dans THEATRE | Lien permanent