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11/06/2016

PEGGY PICKIT voit la face de Dieu de Roland Schimmelpfennig

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LA MANUFACTURE

 

DES ABBESSES

 

7, rue Véron

 

75018 PARIS

 

(M° Abbesses ou Blanche)

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

A 19h jeudi, vendredi, samedi

 

jusqu'au : 25 JUIN 2016

 

Traduction et adaptation : Patricia Thibault

 

Mise en scène : Mitch Hooper

 

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avec : Xavier Béja, David Nathanson, Patricia Thibault et Sophie Vonlanthen

 

 

Scénographie :  un bar en fond de scène, encadré par deux banquettes, l'une côté cour, l'autre côté jardin. Deux tours lumineuses souligneront l'action en la scandant, incluant les retours en arrière et les répétitions destinées à ce que nous ne perdions pas le fil  …

Au centre, un peu plus à l'avant-scène, une table basse - genre aquarium - sur laquelle repose une poupée en plastique du style Barbie.

Un personnage, la mine sombre, résume la situation par ces mots,

- " catastrophe complète - folie totale."

Nous ne tarderons pas à découvrir pourquoi et constater que cette pièce a tout d'une bombe à fragmentation !

Retrouvailles de deux couples après 6 ans d'absence ...

Jadis, leurs aspirations étaient identiques puis ils ont pris des routes différentes.

Nous sommes chez Liz ( Sophie Vonlanthen ) et Franck ( Xavier Beja ) le couple de visiteurs est formé par Carol ( Patricia Thibault ) et Martin ( David Nathanson )

C'est ce dernier qui résumait la situation de façon pour le moins pessimiste et ne cessera de boire comme quelqu'un qui ne peut plus rien faire d'autre …

Embrassades, c'est du moins la première étape car après quelques échanges verbaux, les deux femmes ne tarderont pas à en venir aux mains  ( pluie de gifles ! )

Quelques apartés dont nous serons les bénéficiaires privilégiés s'avèreront peu aimables puisque constatant la déchéance physique du couple d'en face. Ils ont jadis fait leurs études de médecine ensemble et de ce fait le diagnostic tombe sans complaisance aucune. Réflexe professionnel mais pas seulement.

Par bribes, tout le passé va se recomposer sous nos yeux.

Carol et Martin à la fin de leurs études ont choisi la voie humanitaire et sont partis en Afrique. Liz et Franck sont restés là, s'embourgeoisant  ( comparativement aux deux autres ) mais ils ont continué de correspondre régulièrement.

Le couple resté en Europe a eu une petite fille ( absente ce soir là ) tandis que celui qui a décidé de se rendre utile ailleurs … a virtuellement adopté une petite orpheline qu'ils ont sauvée d'une mort certaine et dont ils avaient coutume de donner des nouvelles.

Tenus au courant des difficultés, Liz et Franck ont envoyé de l'argent pour que tout se passe au mieux et puis la guerre est arrivée et son cortège d'horreurs habituelles. Là, on pense immédiatement au Rwanda car ce fut le rapatriement en catastrophe. Ils ont tout laissé pour sauver leur peau. Peut-on les en blâmer ?  Mais ils n'ont pu ramener avec eux la petite fille malade, peut-être morte depuis et de toutes façons, condamnée.

Confronté à ce récit, Franck reste à peu près calme mais Liz explose littéralement !  Chaque couple se sent coupable, les uns pour avoir essayé puis échoué, les autres pour n'avoir pas cherché à sortir du petit confort dans lequel ils s'étaient installés.

 

 

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( photos : Garance Thibault )



L'introduction appartenait à Martin, la conclusion reviendra à Franck, tout aussi éperdu que le premier. Il est évident que dans cette histoire, les hommes réagissent différemment de leurs compagnes mais le poids de la responsabilité n'épargne aucun d'eux.

N'allez surtout pas croire que cette pièce est difficile à entendre. Sa construction toute particulière sied parfaitement aux rebondissements. Je voudrais ici souligner la qualité de l'interprétation de chacun et chacune, tous se surpassant.

Les consciences sont ici explorées au scalpel et le texte a le mérite de nous interpeller quant au sort de certaines régions ...

En dépit du thème - certes, pas facile - l'humour parvient à émailler l'habile adaptation que l'on doit à Patricia Thibault.

Il y a des rendez-vous que l'on ne doit pas manquer et celui-ci en est précisément un, aussi allez vite les applaudir car ils le méritent amplement.


Simone Alexandre

 

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16:36 Publié dans THEATRE | Lien permanent

09/06/2016

L'Oiseau Bleu ( hommage à Prévert et Kosma )

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STUDIO HEBERTOT

 

78 bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

(M° Villiers ou Rome)

 

 

Loc. 01 42 93 13 04

 

http://www.studiohebertot.com/

 

 

Pl. 28€ - T.R. 19€

 

- de 26 ans : 10 ou 12€

 

A 19h du mardi au samedi

 

à 17h le dimanche

 

 

jusqu'au : 3 JUILLET 2016

 

 

Ecrit et mis en scène par Catherine MORRISSON

 

avec Gaël GIRAUDEAU

 

& Fabrice BIBAS au piano

 

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Si Dieu doit beaucoup à Bach, Prévert doit sans nul doute autant à Kosma.



Avec ce titre emprunté à Maeterlinck, ( L'Oiseau Bleu ) Gaël Giraudeau rend hommage au poète dont l'oeuvre servit de prétexte à relancer cette guerre que se livrent ponctuellement classiques et modernes.

Or ce qui m'a semblé caractériser ce jeune interprète c'est sa mobilité tant physique que mentale. Sur scène, le comédien-chanteur est sans cesse en mouvement alors que les générations précédentes furent nettement plus statiques. Ce trentenaire virevoltant bénéficie déjà d'une belle richesse d'expressions.


Malicieusement il précise " pas poète mais l'âme artiste quand même " et il va nous offrir ces " picotis d'idées " qui se transformeront sous nos yeux en poussière d'étoiles car à ses heures l'homme est magicien.

Ces voiles tendues sur scène et plus exactement celle du milieu - avec sa forme triangulaire - va évoquer le bateau en partance, tandis qu'elle se fera prétexte à ombres chinoises ...

" Rappelle-toi, Barbara " - Brest n'est il pas un lieu de départ par excellence ? Or la raison d'être d'un oiseau ne se concrétise que par l'envol.

Précisément, Giraudeau junior, héritier du talent paternel tout comme l'oiseau a pris lui aussi son envol et que vous aimiez ou non Prévert je ne saurais trop vous inciter à aller voir et entendre ce Gaël là dont le prénom lui va comme un gant, or tout ce qu'il fait est singulier.

 

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Pour l'accompagner ( n'oublions pas Kosma ) un talentueux pianiste est à ses côtés en la personne de :  Fabrice Bibas. Signalons également que ce spectacle fut habilement écrit et mis en scène par : Catherine Morrisson.

Sachez d'ores-et-déjà ( là, je vous offre un scoop ) que vous retrouverez Gaël Giraudeau dès la rentrée, sur la scène du théâtre La Bruyère dans une pièce de Daniel Colas intitulée " La Louve "

 

En attendant ne manquez pas d'aller l'applaudir au Studio Hébertot tant il est vrai que l'avenir ( avec un grand A ) appartient aux jeunes talents aussi sur cette lapalissade, vous laisserai-je au plaisir d'aller le voir " en vrai ", le petit écran vous l'ayant je crois, déjà présenté à diverses reprises.



Simone Alexandre

 

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15:54 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent

06/06/2016

Mère Teresa Ombre et Lumière de Joëlle Fossier

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Artistic Théâtre

 

45 bis, rue Richard Lenoir

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Voltaire)

 

Loc. 01 43 56 38 32

 

Pl. 30€ - T.R. 15 & 20€

 

- de 26 ans : 10€

 

http://www.artistic-athevains.com/

 

A 19h du mardi au vendredi

 

A 20h30 le samedi

 

A 15h le dimanche

 

jusqu'au : 2 JUILLET 2016

 

Mise en scène : Pascal VITIELLO

 

avec Catherine SALVIAT

 

Sociétaire Honoraire de la Comédie Française

 

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Ce texte constitue le second volet d'un triptyque intitulé,

" Femmes d'exception - Mes seules en scène " - 

 

Cette fois, Joëlle Fossier témoigne de son admiration pour Mère Teresa, personnage qui ne peut laisser indifférent que l'on soit croyant, simple agnostique ou résolument athée.

A cela une explication fort simple : le personnage dépasse le clivage de la religion. Sans doute aurait-elle pu agir de même sorte en étant simple laïque, si les moyens lui en avaient été donnés.

Née en 1910 en pays ottoman ( actuelle Macédoine ) Agnès puisque c'était son prénom originel, fut élevée dans le catholicisme. Quand on perd brusquement un être cher, ( son père est mort alors qu'elle était très jeune ) deux réactions sont alors possibles, certains maudissent Dieu ( parfois le renient ) ou bien s'en rapprochent. Celle qui allait devenir Mère Teresa choisira sans hésiter l'engagement religieux. Partir en s'oubliant soi-même pour mieux se consacrer aux autres …

Tout d'abord religieuse à Dublin dans l'ordre des soeurs de Notre Dame de Lorette où elle restera 20 ans, elle décidera de partir à Calcutta ce qui ne fut pas accepté d'emblée par sa hiérarchie mais son opiniâtre détermination l'emportera.

Elle fondera sur place sa propre congrégation " Les Missionnaires de la Charité " choisissant pour elle même et toutes celles qui vont la rejoindre, ce sari blanc bordé de bleu

( désormais célèbre ) " aux couleurs de la Vierge " ...

L'espace scénique est dépouillé au possible, de simples tentures blanches et grises occupent le fond de scène et serviront accessoirement d'écran aux projections. Sur le plateau, une chaise, un banc et cette statue d'étoffe, côté jardin, symbolisant tout à la fois une Vierge à l'Enfant et le personnage dont il est question.

 

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( photos : Marion Duhamel )



Avec justesse et simplicité, Catherine Salviat nous narre les péripéties de ce Destin exceptionnel supposé être ici, le sien. Pourtant faire revivre le détail d'un tel engagement en l'espace d'une petite heure tenait de la gageure pure et simple !

Le spectateur simple laïque ne verra sans doute que la prestation d'une comédienne avérée, les autres accèderont à une autre perception en fonction du degré mystique qui est le leur ... La particularité de ce monologue est qu'il se transforme tacitement en dialogue intime entre celle qui dit et celui ou celle qui perçoit.

Ce n'est peut-être pas le meilleur texte que Joëlle Fossier ait écrit bien que la démarche ne puisse résolument s'inscrire en une quelconque hiérarchie. L'expérience mérite cependant et grâce à son interprète, d'être vécue.



Simone Alexandre

 

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10:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

02/06/2016

EVITA, Amour, gloire etc ... de Stéphan Druet

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COMEDIE BASTILLE

 

5, rue Nicolas Appert

 

(au niveau du 51 bd. Richard Lenoir)

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Richard Lenoir)

 

loc. 01 48 07 52 07

 

Pl. 27 & 32€

-26 ans : 10€

 

http://www.comedie-bastille.com/appert/

 

 

A 19h30, mardi et mercredi

 

A 20h le dimanche et lundi

 

 

Ecrit et dirigé par Stéphan DRUET

 

pour Sébastian GALEOTA

 

Costume ; Franck SORBIER

 

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( projection : David Chabert )

 

 

Quelques tangos argentins viennent meubler l'attente puis dans le noir en guise de prologue, s'élèvent ces vers raciniens,

" Où suis-je ? Qu'ai-je fait ? Que dois-je faire encore ? "
" Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ? "

Le spectre d'Hermione se superpose un temps à celui d'Eva Peron soulignant ainsi la parenté tragique des personnages puis c'est l'apparition tout à la fois vaporeuse et sculpturale : Evita prisonnière de ce carcan constitué par le Pouvoir et le Destin.

D'origine modeste, la jeune personne a décidé de partir à Buenos Aires car de son propre aveu, " son ambition était aussi grande que le village dans lequel elle est née était modeste. " Les hommes l'ont depuis longtemps renseignée sur le pouvoir de sa beauté. Une fois sur place, pour vivre, elle enregistrera quelques publicités radiophoniques " dans des conditions catastrophiques " … Sans se ménager elle ajoutera " pas de talent mais séduit . "  Terrible verdict !

Une vieille comédienne qui se reconnaît en elle, la prendra un temps sous son aile protectrice, lui prodiguera ses conseils et la sauvageonne deviendra le mythe qu'elle rêvait d'être.

Julio, le coiffeur ( confident de toutes ) fera d'elle cette blonde qui dans un pays de bruns ne saurait passer inaperçue.

Le destin mettra Juan Peron sur son chemin permettant ainsi à Eva Duarte de devenir Eva Peron.  

Sébastian Galéota est cette Eva là et très curieusement parvient à lui ressembler. Des projections de documents d'époque viendront du reste confirmer cette incroyable ressemblance. Des extraits de films s'incrustent dans l'immense robe de tulle, ajoutant une dose supplémentaire de fantasmagorie au spectacle.

Ligoté (e), coincé (e) en sa somptueuse parure, Sébastian-Evita n'a que son jeu et la voix pour s'exprimer, un timbre incroyable teinté d'une pointe de vulgarité quand le personnage se met en colère, au phrasé porteur d'accent ( lui-même est argentin ) le visage expressif et les bras inlassablement mobiles. N'oublions pas que l'interprète est non seulement chanteur mais danseur et que lui, l'acrobate dans tous les sens du terme se soumet ici à une redoutable épreuve.

 

Saluons donc la performance, bien réelle !

Le texte véhicule un humour indéniable parfois féroce mais n'est-ce pas l'apanage de la lucidité ?  Nous le constaterons lors de l'évocation du voyage au pays de Franco " le petit gros "  puis quand Eva Peron se rendra à Rome dénonçant la présence de nazis au Vatican et ajoutant un peu plus tard que " La Suisse n'est pas un pays, ... c'est une banque. "

Hélas, la terrible maladie devait faucher cette étoile filante en plein vol mais la féministe a fait beaucoup pour ses semblables, pour les enfants pauvres ( entre autres … )  n'ayant jamais oublié son origine modeste aussi les argentins ne sont-ils pas prêts de l'oublier !  Elle méritait donc ce vibrant hommage au cours duquel on oublie que c'est un homme qui le véhicule sans dérision aucune, bien au contraire.



Simone Alexandre

 

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( photo : Jamil Le Parc )

10:56 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent