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10/05/2016

Les banquiers de Nicolas Haut

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

(M° Châtelet-Les-Halles)

 

loc. 01 42 36 00 50

 

http://www.lesdechargeurs.fr/

 

Places de 10 à 26€

 

19h30 : jeudi, vendredi, samedi

 

(à partir du 23 juin, le spectacle passe à 21h30)

 

Relâche les 14,15 & 16/7

 

jusqu'au : 3 SEPTEMBRE 2016

 

 

Texte et mise en scène : Nicolas HAUT

 

avec : Matthias Leonhard LANG & Derek ROBIN

 

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Costumes impeccables aux poches bourrées de billets ( ça, c'est pour le fun, l'utilisation de la carte bleue électronique étant devenue prioritaire, à fortiori pour les professionnels ! )

Mais ces deux là jonglent avec l'humour inspiré par le langage des initiés.


" Un banquier, ça peut tout faire "

 

- démonstration à l'appui : peintre, enseignant, clown ( pour les petits népargnants ) - chanteur, boucher, charcutier et même curé !  Qui dit mieux ? …

 

Comme chacun sait, l'argent ouvre toutes les portes. Surtout celles des Paradis fiscaux. Les banques nous braquent - Vous ne le saviez pas ? Alors parfois, certes, un accident peut survenir et un banquier se découvrir une conscience mais cela reste un cas exceptionnel !

 

Le fait est même tellement perturbant que la victime de cet état d'âme devra en référer à un psy afin d'essayer de trouver la solution pour sortir de l'impasse qui déboucherait ( ... ) infailliblement sur la faillite. Le secret bancaire est mort ( nous dit-on ) aussi assisterons-nous à la mascarade de son enterrement.


Vous l'avez compris, ce spectacle composé de sketches dûment ciblés est hilarant au possible. Nos deux recyclés s'en donnent à coeur joie et nous leur emboitons le pas avec un enthousiasme galopant.


L'auteur et metteur en scène, Nicolas Haut sait de quoi il parle et son propos humoristique vise juste.

 

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( photos : Philippe Hondebert )

 


Matthias Leonhard Lang compose ses personnages avec une aisance et un entrain tout à fait sidérant tandis que Derek Robin lui donne la réplique droit dans son costume croisé, plus vrai que nature, illustration fidèle d'un membre de ce secteur

( pour nous incontournable ) auquel nous sommes hélas, ponctuellement confrontés.


En sortant de la salle où le spectateur a enfin trouvé moyen de se défouler mentalement, une envie irrépressible lui vient alors de téléphoner à son banquier pour lui dire : " j'ai pensé à vous, allez-y ! " Sans doute, celui qui s'est laissé convaincre rirait-il jaune ... ( comme Maître Su ) mais quelle satisfaction pour nous tous !

Or quelque soit votre profession, vous êtes obligatoirement concernés, aussi allez-y, je vous promets que vous ne pourrez le regretter, bien au contraire car vous aurez même envie d'y retourner.

 

Tenez, " je vous en fiche mon billet ! " ...

Simone Alexandre

 

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10:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent

05/05/2016

Le Monde d'hier de Stefan Zweig

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THEATRE DES MATHURINS

 

36, Rue des Mathurins

 

75009 PARIS

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

loc. 01 42 65 90 00

 

http://www.theatredesmathurins.com/

 

Pl. 18 à 32€

 

du mardi au samedi à 19h

 

le dimanche à 15h

 

Relâche les 24 & 25 MAI

 

Jusqu'au : 19 JUIN 2016

 

Mise en scène : Jérôme Kircher et Patrick Pineau

 

avec : Jérôme Kircher

 

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Tout d'abord, il convient de rendre hommage à Laurent Seksik lequel à partir des 506 pages de ces Souvenirs d'un Européen a construit cet intéressant monologue. C'était certes une gageure mais l'essentiel y est dit. Nous entrevoyons grâce à lui " Le Monde d'hier " et nous en imprégnions peu à peu.

 

Deux guerres successives ont détruit l'Europe préexistante, mettant à bas un niveau culturel qui avait certes ses défauts mais n'en restait pas moins d'une richesse inégalée. Je veux parler ici de la richesse intellectuelle bien sûr, dont bénéficiait un petit nombre mais qui ne faisait pas encore passer avant tout le pouvoir de l'argent.

 

Quelques grandes figures méritèrent l'admiration de Zweig tels Schnitzler, Rilke ou Freud pour ne citer que ces trois là.

 

Jusqu'à l'arrivée d'Hitler, la pensée unique n'avait pas encore démontré les catastrophiques nuisances dont elle était capable. Or nous savons tous que toute situation excessive engendre fatalement son absolu contraire … Il ne suffit que d'examiner l'époque actuelle pour en être convaincus. 

 

Jérome Kircher nous dit ce texte porté par une sensibilité nerveuse tout en cultivant m'a t-il semblé, une distance que d'aucuns pourraient qualifier de brechtienne. L'espace scénique est nu, juste traversé en fond de scène par un rideau en biais, ce qui crée un effet de perspective dont la symbolique ne saurait nous échapper.

 

Pour accessoires une chaise et un recueil qu'il prendra en mains de temps à autre pour faire diversion, lunettes à l'appui.

Nous bénéficions alors de cette élocution que je qualifierai de particulière … Il ne m'est pas permis de m'étendre sur le sujet puisque c'est la première fois que je vois et entends ce comédien sur scène.

 


Sachez toutefois que des casques audio sont mis à la disposition des spectateurs qui eux, n'entendraient pas bien. Intention très louable du lieu mais démarche assez incompréhensible pour les amoureux de l'art théâtral convaincus que c'est à l'interprète qu'il revient de régler personnellement ce problème. Autres temps, autres moeurs et puisque nous avons quitté le monde d'hier cela nous permet d'avoir recours à la technique quand le besoin s'en fait sentir ...


Ce monologue est programmé chaque soir du mardi au samedi à 19h et le dimanche à 15h, ce jusqu'au : 19 juin prochain.

Simone Alexandre

 

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11:04 Publié dans THEATRE | Lien permanent

03/05/2016

GIACOMETTI, la rue d'un seul de Tahar Ben Jelloun

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A LA FOLIE THEATRE

 

6, Rue de la Folie Méricourt

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° St-Ambroise)

 

 

loc. 01 43 55 14 80

 

 

http://www.folietheatre.com/

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

A 19h30 : vendredi et samedi

 

jusqu'au : 4 JUIN 2016

 

Adaptation et mise en scène : Sarah VAUSSIER

 

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avec : Valérie PUJOL et Sarah VAUSSIER

 

 

Giacometti et ses silhouettes étirées à l'extrême comme ces vêtements oubliés sur une corde à linge, un jour de pluie. Personnages énigmatiques, fantômes décharnés et comme débarrassés du légendaire linceul. Squelettique interrogation.

Tahar Ben Jelloun a découvert cette oeuvre grâce à Jean Genet, attirés l'un et l'autre par l'insolite.

Tout naturellement ces êtres étiques ne pouvaient qu'emprunter, se situer dans " la rue d'un seul " en cette Médina de Fez, où deux hommes normalement constitués ne peuvent se croiser.


On pense alors à ces rescapés d'Auschwitz, aux yeux immenses, silhouettes qui n'ont plus que la peau et les os. Rappel horrifique de la malédiction qui s'abat parfois sur certains. Fort heureusement pour nous, les deux interprètes féminines font preuve d'une belle santé physique et mentale ce qui nous épargne la perspective du cauchemar mais favorise la réflexion.

Le gris étant la couleur privilégiée de Giacometti, leur tenue scénique tout à fait identique a adopté cette teinte. Même coiffure également ou presque : on pourrait les assimiler à deux soeurs siamoises surtout quand elles se tiennent côte à côte avec sur un seul bras, cette manche flottante comme le discret étendard d'un bateau en partance.

Il n'est pas aisé de porter à la scène un texte fait pour être lu. La chorégraphie mise au point par Sylvaine Soldano est là pour suppléer à l'absence de didascalies ce qui permettra de suggérer tout ce qui n'est pas dit.

 

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Car ce spectacle privilégie l'onirisme en une invitation au voyage. Ici, tout s'imbrique comme ces deux voix qui murmurent, se chevauchent ou se répondent tel un écho. Réflexion sur le cheminement de l'artiste, sur son oeuvre, sur les personnages engendrés par elle et qui peu à peu s'animent de façon autonome avec pour maître mot,

 

- " ne pas s'installer ."

L'Art est un personnage en marche qui traverse les épreuves en direction d'un ailleurs de même consistance que la ligne d'horizon. Duo réussi entre Sarah Vaussier et Valérie Pujol qui se répondent en parfaite complétude, adoucissant les angles de leur présence féminine.

Spectacle atypique, digne d'être vu.



Simone Alexandre

 

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10:29 Publié dans THEATRE | Lien permanent