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20/05/2016

Dorothy Parker ou excusez-moi pour la poussière de Jean-Luc Seigle

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° Vavin ou N.D.des Champs)

 

loc. 01 45 44 57 34

 

http://www.lucernaire.fr/

 

Pl. 26€ - T.R. 16 ou 21€

 

- 26 ans : 11€

 

 

A 19h du mardi au samedi

 

jusqu'au : 25 JUIN 2016

 

 

Mise en scène : Arnaud SELIGNAC

 

avec : Natalia DONTCHEVA

 

Durée : 1h15

 

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Ah ! le cliquetis désormais périmé de la machine à écrire …
Maintenant avec les ordinateurs, on peut écrire durant toute la nuit sans risquer de déranger les voisins. N'importe, ceux qui ont connu cette époque pas si lointaine, auraient presque la nostalgie de ces touches cerclées qui cassaient les ongles et du tintement du chariot qui repartait joyeusement en direction d'une autre ligne …

Dorothy vivait à l'hôtel qui constituait pour elle un lieu d'inspiration. Il se passe tant de choses en ces murs là ! 

Nous la découvrons au réveil, pas très fraîche, le cerveau pour le moins embrumé, une bouteille de bourbon ( vide bien sûr) à proximité. Panique ! elle n'y voit plus rien n'ayant pas encore réalisé ce qui se passe réellement. Heureusement qu'au bout du fil, il y a Charly le concierge ( on ne disait pas encore hypocritement " gardien " à l'époque ) un chaleureux concierge black toujours prêt à lui rendre service.

Quand elle n'écrit pas ( ce qui est rare ) ou ne boit pas ( ce qui l'est encore plus ) Dorothy Parker passe son temps au téléphone. C'est le dernier lien qu'elle a conservé avec son mari : Alan K. Campbell dont elle est séparée mais peut-être pas de façon définitive ? Il semble que le couple soit assez indécis sur ce point.

Et puis, elle a Liliane et Béatrice, ses deux amies ; son proche univers se résume à peu près à cela, sans oublier son amour pour les chiens.
Alan lui a déclaré qu'il l'adorait ! En auteur qui connaît le sens des mots, elle lui a aussitôt fait remarquer qu'entre aimer et adorer il y a une différence sensible : quand on adore c'est de loin " sans toucher " car la dame cultive le choix du verbe, percutant, de préférence !

Subversion et indignation sont ses deux roues motrices.

Or l'Amérique baigne en plein maccarthysme et tout naturellement, Dorothy Parker va se retrouver sur la trop célèbre liste noire ...

Elle se rendra à une convocation porteuse d'une robe rouge  - signée Dior, il est vrai  - mais la démarche ne pouvait qu'être assimilée à une provocation supplémentaire. N'a t'elle pas affiché son soutien à Sacco et Vanzetti ? Et voilà que sans l'avoir jamais rencontré, elle s'est entichée de Martin Luther King au point d'en faire son héritier !

 

 

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Natalia Dontcheva distille ce texte avec humour, sans effets superflus. C'est drôle, un peu vachard comme ces chroniques de spectacles que le personnage écrit - pour vivre - tout simplement, l'écriture de scénarii lui étant désormais interdite. Comme elle le constate, " le monde change, ce qui ne veut pas dire qu'il change en mieux ! "

Après le suicide d'Alan, Dottie sera de plus en plus seule, veillée avec attention par Charly et la septuagénaire s'éteindra après avoir choisi comme épitaphe à apposer sur son urne,

-  " excusez-moi pour la poussière " …

Elle avait pensé un temps au commentaire suivant : " allo ! et ce roman ? "  car resté à l'état de projet, elle ne l'écrira jamais se contentant de nous laisser poèmes, articles et nouvelles ; sa vie en revanche fut un vrai roman qu'elle vécut intensément.

Gageons que ceux qui ne l'ont pas encore lue auront très envie de se pencher sur ses écrits après avoir entendu ce monologue.




Simone Alexandre

 

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10:55 | Lien permanent