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14/06/2008

CONSERVATOIRE NATIONAL SUPERIEUR D'ART DRAMATIQUE

Les journées de juin du Conservatoire ...

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2ème année : Classe de YANN-JOE-COLLIN

LE CONTE D'HIVER de Shakespeare. 

dimanche 15 juin à 18h. et lundi 16 juin à 20h.

 

La mise en scène investit tout le lieu, scène et salle au moyen de multiples déplacements ce qui n'est pas pour déplaire à de jeunes acteurs qui ont un besoin quasi viscéral de bouger. Yann-Joël Collin a recours au travesti et c'est ainsi que Camillo sera joué par une comédienne affublée d'une immense moustache que le roi de Sicile lui arrachera délibérément dans le feu de l'action.
Comme chacun sait, ce qui différencie Shakespeare de tous, c'est la constante cohabitation du tragique et du comique or ici, la comédie vire à la farce et ce jusqu'au clownesque. Il suffit pour cela d'un accessoire complètement anachronique tel le port d'une fraise sur une salopette ou (autre travesti) Mamillius venant (elle-même) annoncer sa mort, affublée de lunettes. Le climat fleure bon la plaisanterie de potaches.
Bien entendu, nous aurons droit à ces sempiternelles projections devenues un quasi obligatoire prolongement au spectacle théâtral et là aussi, sur le mode burlesque.
Trois heures trente (avec entracte) d'enthousiasme débridé qui ont bigrement dépoussiéré la pièce, grâce à la traduction de ... (de qui, au fait ?) ...

 S.A.

 ... aux dernières nouvelles, cette " étonnante et agréable modernité " était signée : Bernard-Marie Koltès.

Tout s'explique !  

 

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Mathilde Bisson, Mathieu Sampeur, Sara Llorca, Lionel Dray, Sofia Teillet, Camille Pélicier-Brouet, Ghassane El Hakim, Frédéric Noaille, Pierre-François Garel, Carole Guittat, Julien Allouf. 

 

 

Elèves de 2ème année,

Classe de NADA STRANCAR

RODOGUNE de Corneille 

lundi 16 juin à 15h. - mardi 17 à 19h.30

mercredi 18 à 15 heures. Salle Jouvet -

Apparemment, Ionesco s'est invité chez Corneille ...
Comme pendant un cours, les apprentis-comédiens font tapisserie en attendant que vienne leur tour. Une même scène pourra ainsi se répéter, jouée par des interprètes différents.  Peu importe le sexe ! Séleucus et Antiochus auront successivement des voix de filles ou de garçons mais en viendront toujours aux mains. Laonice pourra se transformer en Rodogune et nous bénéficierons de plusieurs Cléopatre ... Exactement comme au cours, on vous dit ! Ceux qui pensaient assister à la pièce de bout en bout seront certes un peu déçus par contre aucun comédien ne risque d'être frustré. C'est sans doute l'essentiel.
Cette superbe tragédienne qu'est Nada Strancar nous présente ici des comédiens jouant la tragédie ou essayant du moins car il n'est pas facile de se mettre en condition avec pour accessoires de vulgaires chaises (censées meubler une salle du trône) lesquelles de surcroît volent allègrement.
-" J'étais lasse d'un trône " celui-là effectivement s'avère un peu léger.
Le parti-pris de costumes est smocking et pull noir, là aussi, quelque soit le sexe. J'eus la nostalgie du drapé antique excluant les mains dans les poches ... On n'est pas chez Carco, tout de même !
Cléopatre ayant besoin d'une cigarette pour entamer son monologue ... ce sont là des moeurs de café-théâtre et le noble-art n'en sort pas grandi.
Dommage car si l'on excepte quelques éclats de voix non nourris, la violence s'estimant par tout ce que l'on retient pour alimenter l'expression, certains interprètes sont prometteurs. Il n'eut par conséquent suffi que d'une éthique plus rigoureuse car si l'esprit du texte est respecté, les attitudes sont en décalage mais sans doute vais-je me faire traiter d'antique puriste ce qui en matière de tragédie ne saurait être un défaut.

S.A. 

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Elèves de 2ème année

Classe de Didier Sandre

AVANT/APRES de Schimmelpfennig

Lundi 16 juin à 19h.30 - mardi 17 à 15h.

& mercredi 18 juin à 19h.30 - Salle Jouvet

 De façon tout à fait prévisible, nos douze comédiens étaient mille fois plus à l'aise sur un texte contemporain que coinçés par le carcan des obligatoires douze pieds cornéliens. Or, si le Conservatoire n'est pas le lieu où l'on célèbre fidèlement les classiques où faudra t' il aller sinon dans cette antichambre du Théâtre Français ?
La théorie de mon Maître Gautier-Sylla était : " on naît tragédien, on ne le devient pas " dois-je enchaîner en parodiant Guitry pour ajouter : " mon père (spirituel) avait raison ? ...
Cette fois, les projections se justifiaient puisqu'elles avaient le mérite de situer les divers lieux où les multiples actions se déroulaient et au meilleur de leur forme, tous étaient heureux de s'exprimer par le biais d'un texte, proche d'eux.
Roland Schimmelpfennig n'est pas encore connu en France et ce jeu collectif avait par conséquent, tous les attraits d'une création.
Ces scènes de la vie ordinaire se voulaient évocatrices avec pour fil conducteur les didascalies, le rythme était rapide et tout coulait comme eau de source.
Chaque déplacement se justifiait naturellement et Didier Sandre fit ici de l'excellent travail puisque la symbiose s'est révélée parfaite.


S.A.

Rappelons le nom des douze participants de seconde année,

Benjamin Abitan, Aymeline Alix, Mélissa Barbaud, Camille Cobbi, Nikita Huzouski, Kevin Lelannier, Vincent Menjou-Cortès, Antonin Meyer Esquerré, Pauline Ribat, Elena Roussina, Julie Roux et Lise Werkmeister.

Bonne continuation à tous ! 

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com 

 

  

 

 

12:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

06/06/2008

TAIS-TOI ET PARLE-MOI de David Thomas

MANUFACTURE DES ABBESSES

7, rue Véron 75018 PARIS

(M° Blanche)

Loc. 01 42 33 42 03

Pl. 24€ TR.13€

Jeudi, vendredi, samedi à 21h.

(sauf le 19 juin)

Jusqu'au : 26 juillet 2008 

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Mise en scène : Hocine Choutry. 

avec Barbara Beretta, Marc Bouttiau, Sandra Valentin, Raphaël Cohen, Olga Sokolow, Catherine Lenne, Jean-Paul Sermadiras

 

Cas de figures ... D'emblée, le spectateur s'amuse.
 
- Une femme aborde un homme en lui disant : " Parlez-moi " ... (de façon névrotique) mais comment parler quand on ne vous écoute pas ? La dame insiste et l'homme timide, panique.
- Tiens, il n'y a pas que les mâles qui ont des liaisons extra-conjugales tout en refusant de compromettre leur ménage !
- Un monsieur après quelques années de mariage a perdu sa libido, vous ne l'auriez pas retrouvée ? ...
- Parfois, l'époux et l'amant peuvent aisément communiquer.
- " Et maintenant, aux fesses " ! comme dirait le poète.
- Est-ce que vous avez pensé aux problèmes du lendemain ?
- Comme chacun sait, " la solitude on s'y habitue mais on ne s'y résout pas "
- Qu'il est difficile de se chamailler quand on n'en a pas l'habitude ...

Voilà résumées quelques situations présentées par ces différents couples.
Le langage a ici une importance primordiale puisque ce que l'on dit n'est pas toujours en rapport avec la situation et que beaucoup se taisent quand ils parlent.
Or le silence n'est-il pas la plus sûre façon de s'exprimer ? Les complications arrivent bien assez vite ensuite !

Sept comédiens vont illustrer tout cela avec pour support au langage une mise en scène ludique, inventive au rythme constant.
Une mention spéciale pour le couple formé par Sandra Valentin et Raphaël Cohen, ils sont jeunes, ils sont beaux et talentueux en diable ce qui ne saurait pour autant faire de l'ombre aux autres partenaires.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

 

11:01 Publié dans THEATRE | Lien permanent

Sacré nom de Dieu ! de Arnaud Bedouet

THEATRE de la GAITE MONTPARNASSE

26, rue de la Gaité

75014 PARIS

(M° Gaité)

Loc. 01 43 22 16 18

Pl. 35/28/20€

du mardi au samedi à 21h.30

matinée le dimanche à 18h.

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Mise en scène : Loic Corbery (de la Comédie Française) 

avec Jacques WEBER et Magali Rosenzweig. 

(Texte librement inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert) 

Le spectateur va - un temps - se poser des questions quant au délabrement de l'espace scénique avant de réaliser que ce qui nous est montré est en fait le lieu où se situe l'action.
D'évidence, la demeure normande prend l'eau et précisément, l'orage bat son plein. Comme un malheur n'arrive jamais seul, Gustave lit la lettre de rupture que Louise Colet vient de lui adresser.
Côté jardin, un impressionnant amoncellement de lettres froissées évoque la correspondance passionnée que Flaubert et la poétesse échangèrent durant dix longues années.
Jacques Wéber prête à l'auteur sa silhouette massive et sa redoutable puissance d'expression.
Nous sommes bien loin ici de l'image que l'on a tendance à projeter sur celui qui  ciselait minutieusement son expression écrite. L'homme auquel nous sommes confrontés a la truculence rabelaisienne, le verbe haut en couleurs et le sang chaud. Comme celle qui vient de l'abandonner a coutume de jongler avec la rime cette forme d'expression n'aura pas grâce à ses yeux mais quel auteur pourrait se targuer d'un quelconque avantage vis à vis d'un concurrent !  L'enjeu est de taille, ne s'agit il pas de passer à la postérité ? L'écrivain s'en défend, raillant l' Académie qu'il juge indigne de lui, bien sûr ... Il jure comme un beau diable et semble vouloir couvrir l'orage de ses imprécations.
Magali Rosenzweig incarne fort efficacement Marie, dont les interventions sont censées calmer le grand homme. On ne s'oppose pas à un ouragan mais sa présence constante s'avérera quand même modératrice ...
Arnaud Bédouet s'est inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert pour écrire ce texte et il s'agit ici d'une seconde version puisque dans la précédente Jacques Wéber était seul en scène mais seul ou accompagné son nom suffit à attirer les foules.

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

10:45 Publié dans THEATRE | Lien permanent