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13/12/2007

Entretien avec M. Saïd Hammadi, ouvrier algérien.

Théâtre de Ménilmontant
15, rue du Retrait
75020 PARIS
(M° Gambetta)
Tél. 01 46 36 98 60
Pl. 15€, TR. 10€

Du mardi au samedi à 20h.45
Dimanche à 16h.
Relâche exceptionnelle le 30 décembre.
... jusqu'au : 31 décembre 2007

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Texte de Tahar Ben Jelloun
publié dans Le Monde du 11 avril 1978 sous le titre,
" Les grilles du temps "
Mise en scène : Alexandre Laurent
Scénographie & création lumière : Mathieu Bataille

avec Zahir Boukhenak (M. Saïd Hammadi)
& Philippe Haug (Journaliste-écrivain)

Combien de M. Saïd Hammadi avons nous croisé dans notre existence sans penser peut-être, à leur accorder un regard ? Parfois certains ont fait pire ...
Que venaient faire ces hommes qui avaient quitté leur pays, leur famille pour se perdre parmi une population qui ne les voyait même pas, ne leur concédant que le droit de travailler pour un salaire de misère ?
Après avoir colonisé les algériens chez eux, dans leur propre pays, nous avons ensuite réussi à les faire venir pour les coloniser en France, à domicile !
Beaucoup sont venus de leur propre chef car de même que le rêve américain attirait irrésistiblement tous ceux qui pour une raison ou une autre se sentaient mal là où ils étaient, il semble qu'un rêve européen soit devenu la dernière utopie en cours ... Les générations françaises précédentes ont fait croire à leurs enfants que certaines tâches étaient indignes d'eux, il fallait alors avoir recours à une main-d'oeuvre externe et si possible, au meilleur prix.
M. Saïd Hammadi est de ceux là. Habitué au soleil, il doit se contenter du ciel gris, de la petite chambre qui ne fait que 12m2 et qu'il partage avec un collègue. Comme il le dit, aucun français n'accepterait de vivre en de telles conditions.
Seulement, sur les malheureux 3000 fr qu'il gagne en France (c'était avant l' euro qui n'a sans doute rien arrangé ...) il peut en faisant très attention en adresser 1000 à sa famille restée au village, là-bas, de l'autre côté de la mer qu'il traverse une fois par an pour aller les rejoindre et revenir ensuite galèrer jusqu'à la retraite.
Un journaliste-écrivain va l'interroger afin de comprendre ou du moins essayer ...
Ce texte de Tahar Ben Jelloun est paru dans le Monde sous le titre " Les Grilles du Temps " en 1978 mais depuis, qu'y a t' il de changé ? ...
Les flux migratoires alternent quant à leur provenance tandis que les problèmes restent identiques. Le fantasme de l' An 2000 qui occupa les esprits s'est évanoui au fil des années. M. Saïd Hammadi ne sera pas " la dernière génération à émigrer " bien au contraire, puisqu' il semble que les raisons de bouger se multiplient. On prévoit même des arrivées massives dues aux désastreuses modifications climatiques dont les pays riches sont en grande partie responsables, bien entendu.
De tous les regrets qu'il peut collectionner, notre transfuge déplore avant tout de ne pas avoir eu la possibilité de s'instruire afin d'être en mesure de mieux se défendre. Ce texte nous en dit long sur le sort de certains alors qu'un minimum d'humanisme aurait pu et pourrait encore tout changer.

Simone Alexandre
www.theatrauteurs.com

14:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent

10/12/2007

FURIE de et avec Jérôme ROUGER

LUCERNAIRE
53, Rue Notre Dame des Champs
75006 PARIS
(M° N.D. des Champs)
Tél. 01 45 44 57 34
Pl. 20€ TR (sauf samedi) 15 & 10€

jusqu'au : 18 janvier 2008

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Photo : Damien Bossis.

Mise en scène : Jean-Pierre Mesnard.

Une voix off avertit : " toute personne âgée oubliée dans la salle sera immédiatement détruite " ... Vous imaginez la panique, un dimanche après-midi ? Une chance que FURIE ne soit programmée que du mardi au samedi et qu'entre 19 heures et 20 heures, il ne soit pas encore l'heure de dormir. Quoique ...
Les autres commentaires d'attente seront du même cru mais je vous les laisse découvrir. Au bout de quelques instants, le comédien décide de s'aventurer sur scène, s'exprimant d'une petite voix timide bien que parfaitement audible (c'est ça, le métier ! ) et une expression touchante de chien battu.
Il ne tardera pas à exécuter rien que pour nous, un petit numéro de danse et croyez moi, si - un samedi soir - vous le lancez sur une piste encombrée, il vous la dégagera mieux et plus vite qu'un sergent de ville en plein carrefour !
Comme notre homme est philosophe, il a forcément remarqué que la catastrophe du monde moderne provient du fait que les gens savent ... Aussi pour compenser, a t' il décidé d'éliminer le texte. De ce qui aurait dû être écrit, ils n'en sauront rien ! Inutile d'insister et du reste le comédien est un spectateur comme les autres, venu simplement là, pour voir ce qui va se passer.
Finie l'ère du spectateur-consommateur, ici il n'y a rien à consommer, circulez, puisqu'on vous dit qu' il n'y a rien à voir ! Bien qu'un peu déroutés, ceux qui sont présents ne sont pas d'accord.
Partir ? ... pas question ! Ce qui, soit dit en passant, arrange bien notre acteur car s'ils l'avaient pris au mot, il les aurait rattrapés, c'est certain.
En réalité Jérome Rouger possède l'art et la manière de capter son public, tout à fait naturellement, presque sans avoir avoir l'air d'y toucher.
Mieux, il paraît qu'il n'y a pas de texte ? ... Et bien, on en redemande !
C'est inédit, original et tenez pour un peu, on crierait : BIS.

Simone Alexandre

theatrauteurs. hautetfort.com

22:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/12/2007

La veuve, la couturière et la commère de Charlotte Escamez

THEATRE de L' ATALANTE
10, Place Charles Dullin
75018 PARIS
(M° Anvers)
Loc. 01 46 11 90
Tarifs : 18€, 13€ & 8€

Du mercredi 14 novembre au samedi 22 décembre 2007
Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h.30
Dimanche à 17h. (relâche le mardi)

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Photo : BM Palazon.

Farce onirique et meurtrière,
Mise en scène et lumières : William Mesguich

avec : Agathe Alexis (Maria) - Anne de Broca (Lola) - Michèle Simonnet (Antonia) - Philippe Fenwick (L'hidalgo) - Zbigniew Horoks (Le fou).

Texte publié aux éditions : " L'oeil du Prince "

Trois Erinnyes, trois sorcières de Macbeth, distillent leur venin sur une île. Elles font penser à des naufrageuses auprès desquelles il est plus qu' imprudent d'accoster.
Agathe Alexis, Anne de Broca et Michèle Simonnet seront ces trois fossoyeuses vengeresses, rivalisant de talent. Hydre tricéphale auprès de qui s'abîmeront l'hidalgo (Philippe Fenwick) et le fou (Zhigniew Horoks) dont la fantaisie respective sera confrontée à ces mégères apocalyptiques.
William Mesguich anime l'action grâce à une mise en scène active, inventive ...
Charlotte Escamez (l'auteur) tricote la métaphore, entrelaçant les fils de cette farce " onirique et meurtrière" où effectivement, la mort et la folie jouent les équilibristes sur le fil du rasoir.
Ces trois femmes s'activent sous nos yeux, l'une rafistole, l'autre embaume tandis que la troisième reste à l'écoute de ce qui se passe ou de son imagination, ce qui revient au même.
Le spectateur s'interroge tout au long de la pièce essayant de décrypter ce qu'il voit et entend, se surprenant à imaginer la fin ignorant si ce à quoi il assiste se déroule sur terre ou en enfer?
Submergé d'hypothèses toutes plus aléatoires les unes que les autres, on se laisse finalement porter par le jeu des interprètes car le climat est onirique, surréaliste et ... pardonnez du peu, fantastico-macabre !
Les partenaires masculins bien que victimes expiatoires ne sont pas en reste ...
Aucun fou ne saurait égaler celui-là quant à l' hidalgo ou hidalgotte si vous préférez, le personnage semble sorti tout droit d'un film d' Almodovar.
Bref, une pièce qui interroge, tout spécialement destinée à ceux qui aiment se poser des questions et qui parvient ensuite à nous hanter de bien étrange façon ...

Simone Alexandre

www.theatrauteurs.com

19:05 Publié dans THEATRE | Lien permanent