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01/03/2020

Eugénie Grandet d'après Honoré de Balzac

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THEATRE 13 / Seine

 

30, rue du Chevaleret

 

75013 PARIS

 

 

 

M° Bibliothèque F.Mitterrand

 

 

LOC. 01 45 88 62 22

 

 

Pl. 22€ - T.R. 16€

11€ (scolaires) 7€ (Rsa)

 

https://www.theatre13.com/

 

du mardi au samedi à 20h

dimanche à 16h

relâche le lundi

 

Mise en scène : Camille de la Guillonnière

 

avec Hélène Bertrand, Lara Boric, Erwann Mozet,

Pélagie Papillon, Charles Pommel et Lorine Wolff

 

 

Il est de notoriété que « Eugénie Grandet » n’est pas un texte écrit pour le théâtre ; néanmoins Camille de la Guillonnière s’est efforcé de démontrer que la scène était un espace envisageable. Disons qu’il a mis le texte sur scène, car son adaptation laisse quelque peu songeur.

 

Le sous-titre choisi « ou l’argent domine les lois, la politique et les mœurs » est particulièrement malhabile car qui lit Balzac sait que ce thème irrigue toute son œuvre, du «  Père Goriot » à « Splendeurs et misère des courtisanes », du « Cousin Pons » à « César Birotteau », donc s’agissant de l’argent, nihil nove sub sole balzacien.

 

Félix Grandet est un tonnelier enrichi par la Révolution, père d’une fille unique, tyran domestique, avare compulsif, taiseux maladif.


Sa fille Eugénie grandit près de la vitre de la pièce principale de la maison de Saumur, chichement meublée, un ouvrage de dames, donc d’aiguille, toujours à la main, face à sa mère, soumise, incolore inodore et sans saveur.

 

Cette existence terne et plate est bousculée par l’arrivée de son cousin, dont le père, autre Grandet mais parisien celui-là, failli, mais, et le texte complet le dit, malgré lui, donc non frauduleux, et n’ayant pas virtuellement perdu tout honneur. C’est important pour la fin de l’histoire.

La pièce n’en parle pas…

 

De cette arrivée, qui sera suivie d’un départ et d’une longue attente, Balzac a tiré une histoire vive faite de temps qui passe lentement, de micro- événements, de bonnes et de mauvaises actions.
Au final, la morale est peut être que le cousin a lâché la proie pour l’ombre et qu’il a raté l’une des plus belles fortunes de la France d’alors.

 

Sur scène, outre de curieux moments musicaux dont on peine à saisir le sens et l’opportunité, six comédiennes et comédiens, simultanément n’importe quel personnage ou le narrateur, se coupent la parole, parlent ensemble, créent une sorte de brouillard auditif assez difficilement compréhensible .
C’est certainement un travail de création…

 

Ce spectacle, pas inintéressant au demeurant, mais qui donne de l’auteur certainement le plus prolixe du XIXème. siècle, et dont on peut s’étonner qu’il ne soit pas au Panthéon quand Malraux y repose, comprenne qui pourra…, une image un peu tronquée, est certainement davantage fait pour le collégiens ou lycéens qui souhaiteront entrer dans son univers, sans pour autant se limiter à ce qui ne constitue qu’une vision toute personnelle d’une œuvre.

 

La curieuse agitation à laquelle nous assistons sur scène, on crie, on saute, on galope ( ? ) alors que dans ce court roman, toute tempête est intérieure tant les rancœurs, les ambitions, les détestations provinciales sont secrètes, souterraines, sournoises – ce qui est dans le roman, pas sur scène, hélas !- laisse une curieuse impression.

 

Reste que ce spectacle n’est pas dénué d’intérêt et que le Théâtre -13 le propose, jusqu’au 29 mars prochain.


Cet OTNI- objet théâtral non identifié, mérite d’être vu.

 


© Frédéric ARNOUX

 

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10:00 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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