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09/12/2019

La légende du saint buveur de Joseph Roth

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ARTISTIC THEATRE

 

45, rue Richard Lenoir

 

75011 PARIS

 

 

 

(M° Voltaire )

 

LOC. 01 43 56 38 32

 

Pl. 30€ - T.R. 25 & 15€

 

https://artistictheatre.com/

 

mardi : 20h30

mercredi & jeudi : 19h

vendredi : 20h30

samedi : 18 & 20h30

dimanche : 17h

 

Traduction : Sylviane Bernard-Gresh

 

 

par Arnaud Simon

 

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Ce n'est certes pas par hasard si Geza von Cziffra a écrit une biographie intitulée : " Joseph Roth, le saint buveur " car les similitudes concernant l'auteur en question et son personnage sont nombreuses.

 

En effet, Joseph Roth devait finir sa courte vie ( 45 ans ) le 27 Mai 1939 à l'hôpital Necker des suites d'une crise de delirium tremens.


Ce poète exilé, ami de Stephan Zweig, auteur de la superbe et célèbre " Marche de Radetzky " était un être pétri de contradictions.

 

N'a t'il pas écrit ? ...

 

- " quant à moi, je suis un catholique convaincu, mon judaïsme est à peu près ce qu'un problème métaphysique est pour un rabbin hassidique : très au dessus de ce qui arrive aux Juifs."



Comprenne qui veut  ...

 

Son héros, Andréas, vit sous les ponts de Paris ce qui malheureusement est d'une cruelle actualité.

 

Un jour, il va rencontrer un mystérieux homme élégant qui lui fera don de 200 fr et comme il déclare à ce dernier qu'il est un homme d'honneur et entend le rembourser un jour, celui-ci lui suggèrera de déposer la somme - quand il le pourra - en l'église Ste-Marie-des-Batignolles où se trouve une statue de Ste-Thérèse-de-Lisieux.

 

Mais n' a t'on pas coutume de dire,

- " promesse d'ivrogne " ! …

 

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Andréas en possession de cette somme va bien entendu se croire riche, ce qui lui égayera le gosier et de ce fait collectionnera allègrement les péripéties qui l'amèneront à épuiser la somme en question.

 

Puis comme le destin semble curieusement le protéger, plusieurs fois, cette somme providentielle tombera de nouveau, comme une manne céleste, sur lui.

 

Il reprendra alors le chemin de l'église mais se perdra bien entendu en route, à diverses reprises …

 

Arnaud Simon campe cet être sympathique en diable " ni ange, ni vaurien " lequel collectionne les petits miracles tout au long d'un destin pourtant peu favorable.

 

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( photos : Marion Duhamel )

 

 

C'est ainsi qu'Andréas retrouvera d'anciennes connaissances en compagnie desquelles il refera un bout de chemin mais ce personnage touché sinon par la grâce, du moins par l'espoir, ne pourra hélas, éviter la pente fatale.

 

Ne croyez surtout pas que ce texte est sombre car en dépit de ses travers, le personnage reste lumineux à l'image de ceux qui conservent l'espérance en un ailleurs peut-être plus clément ?

 

C'est donc un très beau récit que l'on prend plaisir à entendre en dépit d'une gestuelle un peu répétitive or ayant assisté à ce monologue le soir de la première, la prestation du comédien devrait n'en doutons pas, s'améliorer de jour en jour.

 


Simone ALEXANDRE

 

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10:40 Publié dans THEATRE | Lien permanent

04/12/2019

TROIS FEMMES ( l'échappée ) de Catherine ANNE

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame

des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

 

du mardi au samedi à 19h

dimanche à 16h

 

Texte et mise en scène : Catherine ANNE

 

 

avec : Catherine HIEGEL, Clotilde MOLLET

et Milena CSERGO

 

 

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( photo : Bellamy )

 

 

Le Lucernaire, toujours aventurier, toujours à l’affût de la création donne à applaudir dans la Salle Rouge de son théâtre une pièce de Catherine Anne , qui la met également en scène, intitulée,

« Trois femmes ( l’échappée) ».


Ce deuxième élément du titre ne manque pas de retenir l’attention car qui s’échappe de la jeune femme , assez peu sympathique au demeurant, arriviste ayant plus de malices que de moyens, plus d’exigence que d’ambition et moins d’empathie que d’intérêts, ou de la grande bourgeoise qui vit l’hiver de son existence ?

 

Cette dernière, dont le rôle est tenu par l’immense et toujours surprenante Catherine Hiégel, qui nous ferait aller au théâtre sur les mains, dame fort riche, veuve et coupée de sa famille réduite à une fille qui la bat froid et une petite fille absente, va reporter son affection et son reste d’énergie sur une jeune femme qui se trouve être la fille de son assistante de vie, interprétée par une Clotilde Mollet tout en délicatesse, en retrait , chargée d’une vie emplie de tristesses et de désarroi, de misère digne et de renoncements successifs, feignant ( ou pas… ) de la prendre pour sa petite fille.

 

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( photo : Victor Tonelli )

 

C’est là l’un des grands intérêts de ce texte : cette dame a-t-elle oublié des pans de sa vie, ou des visages, est-elle sur ces rivages que la mémoire déserte ou transforme, ou joue-t-elle un jeu pour se rassurer, pour être de nouveau considérée non comme un objet de soins, mais comme une personne réelle, vivante, aimée et aimable ?

 

Toute la force de ce texte est dans le personnage de cette bourgeoise généreuse et affranchie des codes comme des conventions de son monde, par la situation, la fortune, les années.

 

En revanche, les parties dévolues à la jeune femme, ses propos sont plus faibles, le discours est moins convaincant, plus artificiel, et au final font de ce personnage un être manipulateur et assez détestable.

 

L’arrivée non désirée de cette auxiliaire de vie, dont la vie est auxiliaire, accessoire, tant elle ne semble pas être vraiment de ce monde, ayant un côté empathique , mais de cette empathie un peu fausse, très travaillée, apprise dans le cadre de formations, respectant des règles de politesse, de courtoisie et , ici, de déférence même, ce que la grande bourgeoise moque et repousse, cette arrivée va être plus riche de conséquences que ce que ce phénomène banal peut augurer.

 

Certes on peut voir dans cette délégation du soin de ses parents à un tiers une manière de mise à l’écart, pour ne pas voir, une façon de confier à des mains mercenaires- ce qui est d’emblée signalé - la vie, ( la vie !:  « si tu crois que ma vie est une existence, et si tu crois que mon existence est une vie », fait dire Jacques Prévert à ses personnages in Hôtel du Nord …) des personnes âgées, les confinant dans une solitude plus grande encore puisqu’elles doivent faire connaissance, s’habituer puis tenter de trouver des liens avec des étrangers, des étrangères.

 

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( photo : Victor Tonelli )

 

 

Le désarroi de cette dame est une évidence, mais elle vit, dignement, sans regret, sans acrimonie réelle, constatant ses échecs et ne pouvant les expliquer, envisageant ses déceptions ; à un autre niveau et pour d’autres raisons, son auxiliaire de vie est de la même farine. Et toutes les deux continuent de tenter d’avancer dans leurs vies, tenant en faire le meilleur usage possible.

 

On ne peut que vous conseiller d’aller assister à cet échanges de trois destinées, ce croisement de chemins, ces trois générations de femmes qui sous nos yeux, continuent d’affirmer la force et la résistance de la chaîne de l’humanité.

 

© Frédéric ARNOUX

 

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14:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent