Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/12/2019

TROIS FEMMES ( l'échappée ) de Catherine ANNE

aff.3femmes.jpg

 

 

LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame

des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

 

du mardi au samedi à 19h

dimanche à 16h

 

Texte et mise en scène : Catherine ANNE

 

 

avec : Catherine HIEGEL, Clotilde MOLLET

et Milena CSERGO

 

 

3femmes-Bellamy.jpg

( photo : Bellamy )

 

 

Le Lucernaire, toujours aventurier, toujours à l’affût de la création donne à applaudir dans la Salle Rouge de son théâtre une pièce de Catherine Anne , qui la met également en scène, intitulée,

« Trois femmes ( l’échappée) ».


Ce deuxième élément du titre ne manque pas de retenir l’attention car qui s’échappe de la jeune femme , assez peu sympathique au demeurant, arriviste ayant plus de malices que de moyens, plus d’exigence que d’ambition et moins d’empathie que d’intérêts, ou de la grande bourgeoise qui vit l’hiver de son existence ?

 

Cette dernière, dont le rôle est tenu par l’immense et toujours surprenante Catherine Hiégel, qui nous ferait aller au théâtre sur les mains, dame fort riche, veuve et coupée de sa famille réduite à une fille qui la bat froid et une petite fille absente, va reporter son affection et son reste d’énergie sur une jeune femme qui se trouve être la fille de son assistante de vie, interprétée par une Clotilde Mollet tout en délicatesse, en retrait , chargée d’une vie emplie de tristesses et de désarroi, de misère digne et de renoncements successifs, feignant ( ou pas… ) de la prendre pour sa petite fille.

 

3femmes.V.Tonelli.jpg

( photo : Victor Tonelli )

 

C’est là l’un des grands intérêts de ce texte : cette dame a-t-elle oublié des pans de sa vie, ou des visages, est-elle sur ces rivages que la mémoire déserte ou transforme, ou joue-t-elle un jeu pour se rassurer, pour être de nouveau considérée non comme un objet de soins, mais comme une personne réelle, vivante, aimée et aimable ?

 

Toute la force de ce texte est dans le personnage de cette bourgeoise généreuse et affranchie des codes comme des conventions de son monde, par la situation, la fortune, les années.

 

En revanche, les parties dévolues à la jeune femme, ses propos sont plus faibles, le discours est moins convaincant, plus artificiel, et au final font de ce personnage un être manipulateur et assez détestable.

 

L’arrivée non désirée de cette auxiliaire de vie, dont la vie est auxiliaire, accessoire, tant elle ne semble pas être vraiment de ce monde, ayant un côté empathique , mais de cette empathie un peu fausse, très travaillée, apprise dans le cadre de formations, respectant des règles de politesse, de courtoisie et , ici, de déférence même, ce que la grande bourgeoise moque et repousse, cette arrivée va être plus riche de conséquences que ce que ce phénomène banal peut augurer.

 

Certes on peut voir dans cette délégation du soin de ses parents à un tiers une manière de mise à l’écart, pour ne pas voir, une façon de confier à des mains mercenaires- ce qui est d’emblée signalé - la vie, ( la vie !:  « si tu crois que ma vie est une existence, et si tu crois que mon existence est une vie », fait dire Jacques Prévert à ses personnages in Hôtel du Nord …) des personnes âgées, les confinant dans une solitude plus grande encore puisqu’elles doivent faire connaissance, s’habituer puis tenter de trouver des liens avec des étrangers, des étrangères.

 

3femmes-V.Tonelli.jpg

( photo : Victor Tonelli )

 

 

Le désarroi de cette dame est une évidence, mais elle vit, dignement, sans regret, sans acrimonie réelle, constatant ses échecs et ne pouvant les expliquer, envisageant ses déceptions ; à un autre niveau et pour d’autres raisons, son auxiliaire de vie est de la même farine. Et toutes les deux continuent de tenter d’avancer dans leurs vies, tenant en faire le meilleur usage possible.

 

On ne peut que vous conseiller d’aller assister à cet échanges de trois destinées, ce croisement de chemins, ces trois générations de femmes qui sous nos yeux, continuent d’affirmer la force et la résistance de la chaîne de l’humanité.

 

© Frédéric ARNOUX

 

Bandeau horizontal Theatrauteurs.jpg

 

 

 

14:34 Publié dans THEATRE | Lien permanent