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30/11/2019

Le Journal d'un fou de Nikolaï GOGOL

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LES DECHARGEURS

 

3, Rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

 

(M° Châtelet)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

 

Pl. 18€ - T.R. 15€

- 26 ans : 10€

 

https://www.lesdechargeurs.fr/

 

Salle La Bohème

 

Mise en scène : Thierry HARCOURT

 

avec Antony de Azevedo

 

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( photos : Pascal GELY )

 

 

( Entre cris et chuchotements )

 

Un homme est seul chez lui.

 

Il est nu, accroupi dans une bassine avec au dessus de lui une simple ampoule électrique. Il s'amuse à faire osciller celle-ci d'une main distraite.

Nous ne ferons pas l'injure au metteur en scène de le soupçonner d'avoir prémédité un clin d'oeil en direction d'un chanteur d'un autre siècle !

 

La vie insupporte le personnage car il n'y trouve pas sa place. La confiance en soi lui fait défaut mais certes pas l'envie …

 

Comme beaucoup de solitaires il écrit son journal et les journées sont ici ponctuées de noirs, gestion un peu artisanale qui pourrait ralentir l'action si le comédien Antony de Azevedo ne déployait une telle énergie.

 

Employé obscur d'un ministère qui compte bon nombre de membres de la petite noblesse tsariste, cet être frustré est tombé amoureux de la fille de son directeur. Dostoïevsky reprendra ce thème dans " Le Double " en ne se limitant plus à un seul personnage.

 

Ici, nous sommes au centre du problème puisque Gogol a lui-même appartenu au Ministère des Apanages où il occupa un poste modeste qu'il abandonna en 1831 pour une chaire d'Histoire où il enseigna la période du Moyen Age puis persuadé de s'être de nouveau fourvoyé, décidera de se consacrer exclusivement à l'écriture.

 

Le Journal d'un fou fait partie d'un recueil réuni sous le titre : "Arabesques " comprenant trois nouvelles dont " Le Portrait " et " La Perspective Newsky."

 

Son héros Propritchine, à force de solitude morale, se sentant incompris va de fantasme en fantasme délirer jusqu'à se prendre pour le Roi d'Espagne mort sans héritier et dont la succession reste vacante.

 

Notre homme croit entendre les chiens parler ajoutant même qu'ils communiquent entre eux par lettre et de jour en jour se met à dévaler le chemin qui mène à l'asile d'aliénés.

 

Le jeu du comédien s'inspire du principe des montagnes russes ; il s'exprime tantôt en chuchotant pour aller jusqu'au cri l'instant d'après ( n'est-ce pas le propre de ceux que l'on classe dans la catégorie des " dérangés " ? )

 

Car il suffirait de peu de choses pour que tout rentre dans l'ordre, que l'objet de ses voeux lui prête quelque attention, que sa place dans la société s'améliore … et comme cela semble impossible, le " mens sana in corpore sano " est ici quelque peu battu en brèche.

 

Le mystique tourmenté qu'était Gogol hanté par l'image du diable terminera sa courte vie à 43 ans frappé d'anorexie et ses dernières paroles nous dit-on, furent " une échelle, vite, une échelle ! " tant il voulait échapper à l'Enfer.

 

Il s'agit d'une reprise et cela se passe chaque mardi à 19h jusqu'au 17 décembre prochain.

 


Simone ALEXANDRE

 

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Nikolaï GOGOL

1809 - 1852

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09:44 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/11/2019

Léonard de Vinci, l'enfance d'un génie de Brigitte Kernel et Sylvia Roux

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STUDIO HEBERTOT

 

78bis, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

( M° Villiers )

 

 

LOC. 01 42 93 13 04

 

 

Pl. 28€ - T.R. 18€

- 26 ans : 10€

 

https://www.studiohebertot.com/

 

Chaque samedi à 17h.

 

 

Mise en scène : Stéphane COTTIN

 

 

avec : Grégory GERREBOO

 

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Léonard de Vinci, un nom connu de tous.

 

Et pourtant que sait-on de l'homme intime ?

 

Léonard-1h.jpgPeu de choses en fait car il fut très discret concernant sa vie privée qui donna lieu pourtant à de nombreux commentaires …

 


Si l'être humain se définit par rapport à son enfance, découvrons le jeune Léonard alors qu'il avait à peine 10 ans.

 

Il vit en Toscane sous la férule d'un père pour le moins tyrannique. Celui-ci, notaire opulent n'a pas épousé la mère de cet enfant considéré comme un bâtard, Caterina étant fille de paysans pauvres.

 

Léonard-2h.jpgLa seule affection dont Léonard bénéficie est celle de son grand-père Antonio da Vinci lequel constatant les dispositions exceptionnelles dont fait preuve le jeune garçon l'encourage en lui répétant : " Po l'occhio "

( ouvre l'oeil ! )

 

Or précisément, le jeune garçon est curieux de tout et rien ne le laisse indifférent.

Il s'est imposé une règle : " apprendre au moins 2 choses par jour " Gageons qu'il en découvrit bien plus ...

 

 

Constamment, il note ses observations sur le monde qui l'entoure et a coutume de rédiger son journal en utilisant ( par jeu ou par prudence ? … ) l'écriture spéculaire.

 

On retrouvera ses carnets de notes lesquels ne constituèrent pas moins de 13 000 pages composées d'écrits et de dessins mais peut-être y en avait-il plus ? …
D'autant que pour lui, la vie était une remise en question perpétuelle.

 

Leonard-3h.jpgAgé de seulement 10 ans, il rencontrera Andrea del Verrocchio et grâce à lui approfondira l'art pictural jusqu'au résultat que nous connaissons.

 

A la fin de sa vie, invité en France par François 1er, celui-ci en témoignage de son admiration le nommera : Premier peintre, Premier ingénieur et Premier architecte du Roi.

 

Véritable symbole de la Renaissance, l'homme était également philosophe et expérimentateur sans oublier le visionnaire en matière de technologies futures tant dans le domaine aérien que maritime.

 

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( photos : Cyrille Valroff )

 

 

Grégory Gerreboo juché sur un énorme livre incarne ce génie encore en construction et donne vie à ceux qu'il rencontre au moyen de ces mannequins en bois que l'on trouve parfois dans les ateliers de peinture en les manipulant habilement sous nos yeux.

 

L'écriture de Brigitte Kernel par sa beauté et sa sensibilité devrait communiquer aux spectateurs la passion qu'elle nourrit pour le grand artiste.

Cela se passe au Studio Hébertot, chaque samedi à 17h.

 


Simone ALEXANDRE

 

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15:38 Publié dans THEATRE | Lien permanent

21/11/2019

Je ne me souviens pas de Mathieu Lindon

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LES DECHARGEURS

 

3, rue des Déchargeurs

 

75001 PARIS

 

 

 

(M° Châtelet)

 

LOC. 01 42 36 00 50

 

Pl. 28, 20, 14 & 10€

 

https://www.lesdechargeurs.fr/

 

 

du mardi au samedi à 21h

 

Durée : 50mn

 

Adaptation et mise en scène : Christophe DELLOCQUE

et Sylvain MAURICE

 

 

Interprétation : Christophe DELLOCQUE

 

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Il y a dans le texte de Mathieu Lindon adapté par Christophe Dellocque ( qui l’interprète sur scène ) et Sylvain Maurice quelque chose de l’ordre du mantra, ou du syntagme, auquel on est ou non sensible.

 

De deux choses l’une, soit on se laisse emporter par cette sorte de rythmique, qui finit par former une manière de ligne mélodique à un propos énoncé d’une voix assez monocorde et sans beaucoup de relief, un peu à la manière de nos existences dont on se demande parfois quels en sont les points saillants, car après tout nous vivons « au jour le jour », soit on décroche plus ou moins rapidement.

 

« Je ne me souviens pas »  n’est pas le contrepoint du

« Je me souviens » de Georges Perec, et ne prétend pas à une vision globale de la société dans laquelle vit son auteur.

 

Il est l’expression de ce qui constitue au fond la personnalité de l’auteur. Et il y a une forme de coquetterie à dire qu’il ne se souvient pas, car pour amorcer cette phrase, il se souvient nécessairement d’un instant, quel qu’il soit, et où qu’il se situe, de ce qu’il évoque.

 

La prouesse, qui est aussi un pied-de-nez au spectateur, consiste à dessiner un relief à partir d’un creux, réaffirmer quelque chose de positif en partant d’un négatif, comme une photographie, un instantané.


C’est aussi complique que ne pas se souvenir de ce qu’on a fait mais de se souvenir de ce qu’on n’a pas dit.

 

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( photos : Christophe Raymond de Lage )

 

 

Evidemment l’auteur nous contraint à lui donner raison sur bien des points, car qui se souvient de son premier cri, de la première fois qu’il a vu ou entendu la pluie, au fond qui se souvient de ses premières fois ?

 

Qui est suffisamment hypermnésique pour garder la mémoire de tout ? Il faut se réjouir de n’être pas programmés pour garder trace et souvenir de tout, - à l’inverse de nos modernes ( pour combien de temps

encore ? ) ordinateurs et la mémoire est oublieuse

( propos lu il y a longtemps chez Yves Navarre… mais qui se souvient de ce Goncourt oublié de 1980, qui affirmait aussi que « l’oubli est parfois aussi important que la mémoire »).

 

Un début de texte évoquant le vase de Soissons, à propos duquel l’historien peut apporter des réponses aux questions que se pose l’auteur, jusqu’au plus intime du personnage, cette revue des défaillances et des menus abandons,- le corps vieillissant n’est-il pas le champ propre de ces abandons minuscules, successifs, imperceptibles, ces relâchement qui nous éloignent de nous- même ou de l’idée que nous nous en faisons, et nous rapprochent de l’inéluctable échéance ?

 

C'est un miroir tendu face au spectateur, qui pourrait reprendre à son compte la phrase de Cocteau pré-mourant : « Il est juste qu’on m’envisage après m’avoir dévisagé ».

 

Ce texte bref, 50 minutes, n’est ni triste, ni nostalgique, ni amusant au fond et ne vise pas à faire se lamenter les uns et les autres sur ce que nous avons été et ce que nous sommes devenus ; il amène, tranquillement à faire prendre conscience que nous avançons, sensibles aux autres parfois, indifférents parfois aux situations et que nous sommes constitués de cette somme de petits faits plus ou moins marquants ou mémorables, et plus ou moins retenus.

 

C’est moins un auto-portrait qu’une invitation à se remettre sinon en cause au moins en question., quitte à ne pas trouver de réponse.

 

C’est pour 10 jours encore, à 21 heures, au Théâtre des Déchargeurs.

 


© Frédéric ARNOUX

 

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14:12 Publié dans THEATRE | Lien permanent