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31/10/2019

Les Témoins de Yann Reuzeau

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Manufacture des Abbesses

 

7, rue Véron

 

 

75018 PARIS

 

 

(M° Abbesses ou Blanche )

 

Loc. 01 42 33 42 03

 

Pl. de 12 à 20€

 

https://www.manufacturedesabbesses.com/

 

jeudi, vendredi, samedi à 20h45

 

dimanche à 17h

 

jusqu'au : 3 NOVEMBRE 2019

 

 

Ecriture et mise en scène : Yann REUZEAU

 

avec : Sophie VONLANTHEN, Frédérique LAZARINI, Marjorie CICCONE,

Frédéric ANDRAU, Morgan PEREZ et Tewfik SNOUSSI

 

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Les spectateurs qui ont vu " Chute d'une nation " savaient que Yann Reuzeau ne pouvait et ne devait en rester là.

 

Par conséquent nous attendions, persuadés qu'il y aurait une suite. L'auteur a t'il voulu jouer les Cassandre ?

Il s'agit ici et de toute évidence d'un théâtre engagé, destiné à nous informer de ce qui se produirait si le fameux " plafond de verre " volait un jour en éclats.

 

Les Témoins, entendez les membres de cette rédaction qui nous ouvre ses portes avaient jusqu'alors une ligne de conduite consistant à informer sans prendre parti ce qui, rappelons le est en théorie l'éthique journalistique : on informe en donnant la parole à tous en partant de l'extrême gauche jusqu'à l'extrême droite sans ignorer le centre et ses satellites.

 

Or un jour, tout a basculé : une droite extrême a gagné les élections. A supposer que ces dernières ne soient pas truquées, faut-il s'incliner et attendre la prochaine alternance ou bien s'insurger en dénonçant ce qui va irrémédiablement suivre ?

 

Les journalistes ne sont pas unanimes. Ce média était dirigé par un couple lequel depuis quelque temps bat de l'aile. Catherine ( Sophie Vonlanthen ) a tenté une expérience d'un autre genre … et se détache de son compagnon. ( Frédéric Andrau )

 

Réaction humaine de ce dernier qui persuadé de l'avoir déçue va brusquement jouer les kamikazes lors d'une rencontre radiophonique mettant ainsi le journal en danger à cause de cette terrible Loi Pawlok qui vient d'être votée. Eric sera arrêté et mis en examen.

 

Désormais seule à la direction du journal, Catherine peine à calmer les membres de la rédaction.

 

Le gouvernement en place va essayer de récupérer Anna

( Frédérique Lazarini ) laquelle d'un naturel " peu commode " éconduira les sbires envoyés.

Qu'en sera t-il par la suite ? ...

 

Cyril ( Frédéric Andrau ) qui se piquait d'écologie va découvrir un projet d'action terroriste ... Surprenant de la part de cette mouvance supposée pacifiste !

 

Hassan ( Tewfik Snoussi ) chargé de la politique extérieure est sans nul doute le plus circonspect de tous et fera preuve de responsabilité en ne rendant pas publique une information qui risque d'aggraver les tensions avec un pays soi-disant ami.

 

Romain ( Morgan Perez ) qui tout au début était arrivé blessé à la suite d'une manifestation va finalement décider de quitter le navire pour passer à un autre média et Rebecca ( Marjorie Ciccone ) la jeune stagiaire qui venait de découvrir une affaire d'espionnage industriel, au mépris de toute éthique, livrera ses sources ...

 

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( photos : CAZAU petit )

 


Pour protester contre l'arrestation puis la mise en examen d'Eric Nivel, une décision spectaculaire sera prise : afficher en dessous du logo une éloquente page blanche !

 

Conséquence, le site sera fermé et Catherine se retrouvera seule, bouleversée sinon désespérée mais non vaincue.

 

Voilà le résumé des péripéties mais sachez qu'il se déroule bien plus de choses que cela et à un rythme soutenu de bout en bout. On ne s'ennuie pas une seconde.
Certes, cela crie beaucoup - peut-être un peu trop - mais en fonction de l'atmosphère explosive, la démarche peut se justifier.

 

Cette pièce est donc à voir : indéniablement.

Faites vite puisque vous n'avez plus que jusqu'au 3 novembre pour la découvrir …

 


Simone ALEXANDRE

 

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11:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent

30/10/2019

L'Ingénu de Voltaire

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame

des Champs

 

 

75006 PARIS

 

 

(M° N.Dame des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 18h30

dimanche à 15h

 

 

jusqu'au : 8.XII.2019

 

 

Mise en scène : Jean -Christophe BARBAUD

 

avec : Thomas WILLAIME

 

 


Si on se réfère à la définition classique de l’ingénu, nous aurons affaire à une personne innocente et naïve.


Dans son conte philosophique de 1667, Voltaire a voulu que son personnage, un canadien que l’on nommait alors « Huron », devienne de moins en moins innocent et qu’il eût les yeux dessillés par les expériences de la vie.

 

Nous ne vous dirons rien de l’action reproduite sur la scène du théâtre noir du Lucernaire, car alors l’effet de surprise, s’il doit y en avoir un, aura disparu.

 

Voltaire a voulu, une fois de plus, dénoncer avec ironie les travers et les défauts d’un système dont il se satisfaisait grandement pour vivre.

 

Sous ses aspects révoltés, plus que révolutionnaires  - il sera mort depuis une assez jolie lurette quand la Révolution se réclamera de sa pensée-sous une ironie mouchetée et prudente, et c’est à nos yeux surtout là que réside son talent, dans la manière de jeter un voile sur son propos, peut être critique mais rarement totalement irrévérencieux, n’incriminant jamais complètement ceux qu’il paraît dénoncer car au fond, de quoi l’avenir est-il fait ?

 

Voltaire nous raconte l’histoire d’un jeune homme qui se laisse déborder dans un premier temps par la situation, puis par ses sentiments, puis est mû par une forme d’ambition avant de s’ouvrir à la connaissance, donc à l’esprit analytique et critique. Il aura alors sans aucun doute perdu de son ingénuité…

 

Ce nouveau seul en scène ( mais combien y en a t-il cette saison ? ) donne à Thomas Willaime l’occasion de déployer l’ensemble de la palette de ses talents, comédien, musicien, mime, danseur et sa performance est loin d’être négligeable.

 

Car au fond, ce texte, qui n’est naturellement pas fait pour la scène, a été adapté afin de permettre à l’interprète de donner à voir divers personnages, tous assez marqués, faisant passer des courants de pensées ou des sensibilités propres à chacun d’eux. Thomas Willaime y parvient avec conviction talent et non sans un certain charme. Sa performance est notable et ce jeune homme possède bien des atouts.

 

Ce qui est en revanche extrêmement critiquable est la mise en scène de Jean- Christophe Barbaud : c’est lourd, c’est pénible, c’est, et c’est une funeste tendance sur les scènes actuellement extrêmement hurleur. Faut-il indiquer aux metteurs en scène que le public n’est pas sourd ?  La vocifération n'est pas un mode d'expression bien plaisant et les effets qu'elle prétend appuyer sont peut-être ailleurs ...

 

Le traitement n’est pas sans évoquer du théâtre de rue, entre les représentations un peu tristes, voire pitoyables d’agitation vaine du Capitaine Fracasse et le tréteaux incertain d’un Molière débutant à Pézenas. On peut aimer. Mais on peut aussi en être extrêmement irrité, car tout cela gâte le plaisir. On a le sentiment que le metteur en scène demande à l’acteur de faire son numéro, et non de se placer au service du texte, sans lequel, rappelons-le, il n’est pas de spectacle.

 

Et précisément, les textes de Voltaire, tout dans la suggestion polie, dans l’ironie furtive, dans la prudente retenue de Cour, ne sont pas des mots de Comédia Dell' Arte. Les portes ne claquent pas et les gifles sont, ô modernité toutes virtuelles. Tout est dans le feutré du mot, la cruauté de l'expression, la justesse de la saillie.

 

C’est néanmoins un spectacle qu’il convient de présenter à tous les élèves de troisième à la terminale, qui doit les amener à comprendre que les aventures, subies ou créées (ou l’expérience comme on dit désormais…) ne mènent qu’à un objectif : s’éclairer la lanterne, pour être franchement trivial.

 

L’horaire est particulièrement adapté à un public de professeurs et d’élèves, qui devraient pouvoir faire leur miel de ce texte, davantage que le spectateur lambda recherchant une représentation théâtrale, et non un numéro d’acteur. Car en dépit des talents de Thomas Willaime, c’est l’effet produit par la mise en scène. C’est dommage.

 

 

Frédéric ARNOUX ©

10:48 Publié dans THEATRE | Lien permanent

25/10/2019

La Famille ORTIZ de Jean-Philippe DAGUERRE

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THEATRE RIVE GAUCHE

 

6, Rue de la Gaité

 

75014 PARIS

 

 

 

(M° Montparnasse, Gaité

ou Edgar Quinet)

 

 

LOC. 01 43 35 32 31

 

Pl. de 27 à 45€

 

http://www.theatre-rive-gauche.com/

 

du mardi au samedi à 21h

 

dimanche à 15h

 

 

Texte et mise en scène : Jean-Philippe DAGUERRE

 

avec,

Miguel, le père : Bernard MALAKA

Marie, la mère : Isabelle de BOTTON

Pierre, le fils aîné : Stéphane DAUCH

Claire épouse de Pierre : Charlotte MATZNEFF

les jumeaux, Uno : Antoine GUIRAUD

et Ali : Kamel ISKER

 

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Chaque famille a ses secrets, plus ou moins bien vécus, plus ou moins bien gardés.

 

L'action de la pièce démarre côté cour en compagnie de deux personnages dont nous ne tarderons pas à apprendre qu'ils sont exilés au Japon. L'homme est un artiste et pousse sa chansonnette en s'accompagnant à la guitare, sa jeune femme (Charlotte Matzneff) est enceinte. Elle ne va pas tarder à découvrir le passé de son compagnon lequel n'avait jamais parlé de sa famille …

 

Reproche immédiat : pourquoi lui avoir caché tout cela et même menti ?

 

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Afin de se justifier, Pierre (Stéphane Dauch) va alors lui raconter ce qui s'est produit quelques années au préalable et dans la foulée, revivre avec nous son histoire.

Le passé ressemble souvent à un boomerang qui risque de faire mal en revenant raison pour laquelle il s'en était farouchement gardé.

 

Pourtant, cette famille était incroyablement unie. Un modèle du genre !

 

Quand il ne va pas à la pêche avec eux, le père (Bernard Malaka) ancien toréro,  organise avec ses trois fils, dont deux jumeaux : Kamel Isker et Antoine Guiraud, sous l'oeil attendri de la mère, infirmière (Isabelle de Botton) des corridas pour rire, Pierre étant le taureau dont les cornes sont des pieds de chaise.

 

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Tout se passait donc joyeusement jusqu'au jour où …

 

Le malheur ne s'annonce jamais quand il arrive. Brusquement tout bascula à commencer par la statue paternelle qui chuta de son piédestal. Pierre qui s'était pourtant comporté en héros se sentit renié et ulcéré, décida de partir à l'autre bout du monde.

 

Des années plus tard, la célébrité qu'il a gagnée au pays du Soleil Levant permettra à ses deux frères de le retrouver et il reviendra pour Noël sur les bords de la Garonne, accompagné de son épouse où là, tout finira par s'expliquer.

 

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( photos : Fabienne RAPPENEAU )

 

Une belle démonstration de tendresse filiale, de pudeur et d'humanité que nous donne ici une fois de plus, Jean-Philippe Daguerre dont nous avions tant apprécié son " Adieu Monsieur Haffmann " qui se joue toujours en ce même lieu. Voilà donc une superbe idée de soirée en perspective sachant que chaque fois, l'homme nous réconcilie avec nos semblables pourtant comme dirait l'autre : " Y'a du boulot ! "

 


Simone ALEXANDRE

 

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14:27 Publié dans THEATRE | Lien permanent