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08/10/2019

WILDE-CHOPIN, Schubert, Schumann, Ravel, Bach ... lecture musicale DE PROFUNDIS

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Théâtre Le Ranelagh

 

5, Rue des Vignes

 

75016 PARIS

 

 

 

( M° La Muette ou Passy )

 

 

LOC. 01 42 88 64 44

 

 

Pl. 35€ - 30€ - de 26 ans : 10€

 

https://www.theatre-ranelagh.com/

 

9 représentations exceptionnelles

 

chaque lundi à 20h30 à partir du 7.X.2019

 

(Relâche le lundi 4 Novembre)

 

Durée du spectacle : 1h25

 

 

Conception et interprétation : Michel VOLETTI

 

Direction musicale : Mickaël LIPARI-MAYER ( au piano )

 

 

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S’il est un personnage ambigu et néanmoins lisible, c’est bien Oscar Wilde, auteur non pas britannique, comme on le pense le plus souvent, mais irlandais ( né Fingal O’Flahertie Wills Wilde, est-ce assez dire ? ) dont la courte vie fut une recherche permanente de la beauté, un amour de l’art ( sans à la vérité qu’on en définisse plus précisément les contours ) et une liberté de ton et de vie qui lui seront mis à charge dans les dernières années de sa vie.

 

Dans le spectacle qui se joue depuis le 7 octobre et pour 9 lundis encore au théâtre du Ranelagh, Michel Voletti a adapté et lit le célèbre « De Profundis » - qui sont les premiers mots d’un psaume de pénitence prononcé par le roi David et utilisé jadis comme prière pour les défunts et que Wilde a pris pour titre d’une lettre qu’il écrivit de prison à lord Alfred Douglas, son amant bien plus jeune, depuis la prison de Reading en 1897.

 

On peut l’entendre comme un long message passionné ; on peut aussi l’entendre comme un long reproche du silence dans lequel le prisonnier est tenu de la part de « Bertie », et comme une sorte de règlement de comptes, où la colonne des débits est très à la charge de celui que la société a continué de protéger en raison de son statut social, contre celui sur lequel l’opprobre s’est abattue.

 

C’était l’aristocrate contre le saltimbanque. En ces temps victoriens, l’histoire était écrite par avance.

 

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Wilde qui avait volé de succès en succès, encore que sa pièce Salomé, ne fut pas jouée en Angleterre faute d’avoir obtenu les autorisations en raison de la présence dans le texte de personnages bibliques, était scandaleux, dans ses propos, dans sa réussite, dans ses mœurs, et il fallait que ce triomphe cessât.

 

Maladroit, il répondit par voie de justice à la provocation de Lord Douglas père qui lui reprochait ses mœurs et cela lui fut fatal. Vae victis.

 

Dans une adaptation très à la manière d’un oratorio, c’est-à-dire une œuvre lyrique dramatique présentée sans mise en scène, Michel Voletti lit et récite ce « De Profundis » entrecoupé au piano d’œuvres de Chopin, mais aussi de Schumann, de Bach, de Liszt…

 


C’est Mickaël Lipari-Mayer qui ponctue cette lente montée au calvaire de Wilde dont le texte oscille entre le terre-à terre du quotidien et le mysticisme ? Ce texte n’est pas sans rappeler la phrase d’Arvers sur l’œuvre de Leonard de Vinci « the road to perfection is trought a series of digust ».

 

C’est ce cheminement lent et difficile vers la perfection pour lequel Wilde imagine avoir été missionné au profit d’Alfred Douglas qui est ici rendu.

 

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( photos : Philippe ESCALIER )

 

 

Ce spectacle, rangé dans ce qu’il est nommé « lecture musicale » n’est pas sans évoquer, par moments et toute proportion gardée « Le mystère de la Charité de Jeanne d’Arc » de Péguy, , un mysticisme un ou deux crans en dessous, mais la tension vers un absolu est la même.

 

Au sortir de prison, Wilde prit, ainsi qu’il l’annonce dans sa lettre, une autre identité. Ce fut Sebastian Melmoth. Autant dire que la recherche de la foi, sa montée dans les sommets telle qu’elle apparait tout au long de la lecture, ne l’avait pas quitté : au prénom du saint percé de flèches s’ajoute le nom de l’homme errant tel que le cite un roman du début du XIX ème.

 

Ses héritiers se nomment Holland, du nom que prit alors sa femme. Et s’il faut le quitter sur ses dernier mots, dans le dénuement « Je meurs au-dessus de mes moyens », résonnent longtemps les mots de sa souffrance, de ses déceptions et de son désamour, tels que Michel Voletti nous les restitue.

 


© Frédéric ARNOUX

 

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16:13 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent

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