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20/05/2019

LA DAME CELESTE ET LE DIABLE DELICAT d'après le roman de Claude-Alain Cottin

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STUDIO HEBERTOT

 

78is, boulevard des Batignolles

 

75017 PARIS

 

 

 

(M° Villiers)

 

LOC. 01 42 93 13 04

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

https://www.studiohebertot.com/

 

les jeudi, vendredi, samedi à 19h

 

dimanche à 17h

 

jusqu'au : 23 JUIN 2019

 

Adaptation : Bérengère DAUTIN

 

Mise en scène : Stéphane COTTIN

 

avec Bérengére DAUTUN et Alexis NERET

 

 

Rencontre sinon improbable du moins exceptionnelle entre une septuagénaire et un jeune médecin qui pourrait largement être son fils. Oedipe et Jocaste ont fait école, allez-vous dire ! …

 

Or très curieusement, notre actuelle société s'accommode plus aisément d'un couple ayant une différence d'âge similaire à condition que la femme soit la plus jeune des deux et non l'inverse.

 

L'histoire s'inspire d'un fait réel nous dit-on.

L'auteur (e) interprète de cette adaptation ( Bérengère Dautun ) a sans nul doute ajouté un zeste de merveilleux à cette aventure pour le moins romanesque.

 

Gilberte et Claude-Alain se rencontrent au Palais Garnier temple de l'esthétisme mais du rêve aussi. La dame en sa qualité d'ancienne danseuse, hante les lieux puisqu'elle est critique d'art.

 

C'est elle qui remarquera le jeune homme en premier mais n'est-ce pas toujours les femmes qui décident en pareille circonstance ( ? ) car les hommes croient choisir alors qu'en réalité c'est la femme qui décide la première - ou pas - mais toujours elle, or celle ci a de la classe et du caractère ! ...

 

Il deviendra rapidement son chevalier servant au vu et au sus de tous. Elle le trouve beau et l'affiche tel une conquête. Lui est béat d'admiration.

 

Les moments exceptionnels se succèderont et les années passeront sans que le couple se défasse.

Jusqu'au jour où … ( bien sûr ) mais Gilberte a cet amour chevillé à l'âme, une force de persuasion sans égal et Claude-Alain reviendra à elle comme attiré par un irrésistible aimant. ( sans jeu de mots )

 

Bérengère Dautun rend parfaitement crédible son personnage auquel Alexis Néret donne la réplique.

Sans doute eut-on imaginé le concernant, un homme plus fragile voire quelque peu féminin ce qui n'est pas la caractéristique physique de ce comédien.

 

N'importe, c'est une histoire émouvante au possible qui nous est présentée là et sans doute qu'à la fin, les spectateurs auront quelque peine à vaincre l'émotion qui - à coup sûr - les submergera.

 

On ne fait plus l'éloge de Bérangère Dautun qui est la grâce incarnée or il fallait cela pour aborder un tel rôle et l'écriture de son adaptation est subtile tout comme son jeu.

 


Saluons également la mise en scène et scénographie effectuées par Stéphane Cottin tout en élégance et légèreté ce, dans le sens esthétique du terme.

 


Simone ALEXANDRE

 

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11:10 Publié dans THEATRE | Lien permanent

19/05/2019

Annonce : La Dame Céleste et Le Diable Délicat de Bérangère Dautun

 

"La Dame Céleste et Le Diable Délicat" - Bande Annonce from Léo Théâtre on Vimeo.

 

https://www.studiohebertot.com/

10:22 Publié dans Annonces | Lien permanent

18/05/2019

ORPHELINS de Dennis Kelly

 

 

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Dennis Kelly a écrit ici une pièce âpre, en parfaite adéquation avec l'époque actuelle et qui de ce fait, a un impact indéniable sur l'esprit des spectateurs, littéralement scotchés à ce qui leur est permis de voir et entendre.

 

L'action se déroule dans un logement situé dans la banlieue de Londres.


Helen et Danny s'apprêtent à diner quand surgit le frère de l'une et beau-frère de l'autre, couvert de sang.

Ses explications sont confuses, incohérentes et le couple qui essaie de conserver un semblant de lucidité découvre peu à peu l'horreur de la situation.

 

Que s'est-il réellement passé ? Et maintenant, que convient-il de faire ? …

 

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Nous comprenons très vite que la violence est quotidienne dans le quartier, conséquence d'un communautarisme non maîtrisé et de ce fait, mal vécu.


Helen cherche bien évidemment à prendre le parti de son frère car avant d'épouser Danny ils étaient tout l'un pour l'autre et orphelins comme le titre l'indique.

 

Elle est prête à accueillir favorablement toutes les explications si invraisemblables soient-elles alors que Danny se veut plus circonspect, plus rationnel.

 

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Eux trois, sans doute parce qu'ils n'ont pas les moyens de s'installer ailleurs sont contraints de vivre dans ce quartier peuplé de pakistanais contre lesquels ils n'ont pas de préjugés certes mais qu'ils ne comprennent pas. Chacun vit entre-soi.


Le problème est identique dans certains quartiers de Paris et désormais un peu partout dans le monde.

 

Entre communautés, de part et d'autre règne méfiance et incompréhension et la peur de la différence amène souvent les situations à déraper ... C'est exactement ce qui vient de se passer et le fait aura de terribles conséquences en jouant les prolongations.

 

Augustin Bouchacourt est Danny, le mari conscient de ses responsabilités lequel essaie de conserver son calme alors qu'il va être pris dans l'engrenage !

 

 

Caroline Marcos ( Helen ) tout à la fois épouse et soeur cherche désespérément à comprendre puis minimiser la gravité de la situation dans le but de protéger son frère.

 

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Cette situation est aggravée par le fait qu'elle est enceinte ce qui fait qu'elle se pose un surcroît de questions.

 

Maxime Boutéraon est Liam, celui qui vient de péter les plombs au delà des limites permises. Nous n'allons pas tarder à comprendre que ses fréquentations et l'influence qu'il subit ont été déterminantes …

 

C'est ici un miroir que l'auteur nous tend en posant la question : " pour protéger un proche, que seriez-vous capables de faire ? " La morale a toujours été un garde-fou mais plongés dans une société où les repères ont sauté depuis longtemps, que peut-il advenir ?

 

La mise en scène mise au point par Caroline Marcos est tout à la fois sobre et efficace. Antonin Chalon a apporté ici sa collaboration artistique.

 

Cette pièce certes encore " un peu verte " fut présentée le mardi 14 mai à 19h au Studio Hébertot. Les comédiens cherchaient en cette sortie de résidence à se glisser pleinement dans la peau de leur personnage respectif. Le plus au point m'a semblé être le fauteur de troubles mais il est vrai que son implication était quasi obligatoire pour maîtriser un tel rôle !

 

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( photos : Julien JOVELIN )

 

Ce texte qui va se jouer en Avignon lors du prochain festival va n'en doutons pas prendre une indéniable intensité au fur et à mesure des représentations.

 

Pour ma part, si elle revient à Paris lors de la prochaine saison, je ne manquerai pas de la revoir car à son écoute, j'avoue avoir été retournée comme un gant.

 

Tous nos voeux accompagnent ces " Orphelins " qui seront à La Factory Salle Tomasi

4, rue Bertrand 84000 AVIGNON

T. 04 74 74 64 90

du 5 au 28 Juillet 2019 à 11h30

www.la-factory.org

 


Simone ALEXANDRE

 

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16/05/2019

La Cagnotte d'Eugène Labiche

 

 

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame

des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

 

Pl. de 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

du mardi au samedi à 19h

 

dimanche à 16h

 

 

jusqu'au : 16 JUIN 2019

 

 

Mise en scène : Thierry JAHN

 

 

avec,

 

Meghan DENDRAEL, Xavier FAGNON, Thierry JAHN,

Christophe LEMOINE, Céline RONTE et Vincent ROPION

 

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Labiche est un auteur prolifique et drôle, c’est un fait connu. « La Cagnotte » est une de ses œuvres les plus fameuses, c’est également connu et la version qui nous en est présentée actuellement au Lucernaire, jamais à court d’idées par la compagnie La Bigarrure vient le rappeler avec une fantaisie retenue, un peu hélas !...

 

Nous n’avons pas retrouvé, malgré l’entrain mis à nous montrer cette journée, qui est une sorte de descente aux enfers, d’une troupe d’amis soudée et somme toute assez paisible qui finit dans la plus extrême confusion des sentiments et des émotions, la folie que nous y trouvions jadis. Cela retranche beaucoup au plaisir.

 

A la vérité, ce n’est nullement le travail des comédiens et metteur en scène, Thierry Jahn, qui est en cause, mais bel et bien, et à notre grande surprise, le texte de cet Eugène, prénom générationnel s’il en fut ( Haussmann, Viollet le Duc… et Labiche donc, architecte d’un théâtre loufoque et maillon du genre que Courteline et Feydeau suivront).

 

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Air du temps ou morosité passagère, la description des provinciaux, et ce mot désormais déplait à nombre de nos concitoyens qui y voient une connotation péjorative, préférant au joli mot de « province, » connoté Ancien Régime, celui, assez affreux de « région »   qui fleure sa république et sa pesante administration, mais passons…, cette description donc ne nous a pas paru sympathique, ni, à fortiori, prêtant à rire.

 

Cette assemblée de notables, tous un peu vaniteux, tous un peu sots, finasseurs et bêtas, de la Ferté-sous-Jouarre en goguette à Paris, avec son lot de poncifs éculés tant à propos des provinciaux que des citadins de Paris nous a semblé dater furieusement et ne pas, au fond traduire quoi que ce soit de notre époque.

 

Labiche aurait vieilli, Labiche n’aurait pas franchi les barrières du temps !
Cette révélation nous a presque foudroyés tant jusqu’alors nous trouvions à cet auteur des qualités intemporelles majeures et presque moliéresques, en dépit d’un goût modéré pour le sieur Poquelin, dans sa description des caractères humains.

 

Dans l’espace presque clos et naturellement restreint de la scène , en l’occurrence celle du théâtre Rouge du Lucernaire, nous avons eu le sentiment que la troupe n’avait pas l’opportunité de déployer pleinement les ailes de la dinguerie de Labiche.

 

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( photos : Shawn BERDAH )

 

 

La montée vers le désastre ne s’apprécie pas, et les mots nous semblent être téléphonés tant nous les percevons par avance, un peu comme les automatismes de Sacha Guitry, qui a surtout eu quelques foudroyances certes remarquables, mais bien moins nombreuses que ce que sa réputation prétend. Mais on ne prête qu’aux riches.

 

Quoi qu’il en soit, c’est un spectacle enlevé qui permet, pour celles et ceux, bienheureux car alors, il leur reste de belles découvertes à faire, qui ne connaitraient pas Labiche que cette « Cagnotte » qui se joue et se dépense jusqu’au 16 juin prochain.


Frédéric Arnoux ©

10:18 Publié dans THEATRE | Lien permanent