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17/04/2019

ANATOMIE DE LA JOIE de Anne Cadilhac et Sandrine Montcoudiol

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THEATRE ESSAION

 

6, Rue Pierre-au-Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Hôtel de Ville  

ou Rambuteau)

 

LOC. 01 42 78 46 42

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

www.essaion-theatre.com

 

Chaque lundi et mardi à 19h45

 

Relâche les 27 & 28 Mai 2019

 

Durée : 1h10

 

Mise en scène : Yann de Monterno

 

avec Anne Cadilhac et Sandrine Montcoudiol

 

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Parler de «  l’Anatomie de la joie », sans la décortiquer  totalement est une forme de gageure tant ce spectacle assez bref, 1h10, mêle un peu tout.

 

Le postulat est une savante ( et si nous connaissons déjà des Docteurs Folamour, ou des savants fous nous avons sous les lunettes une doctoresse assez frappée, obsessionnelle et neurasthénique ) qui cherche à isoler le génome de la joie.

 

C’est foutraque, c’est enlevé c’est joyeux, mais sur le fond, il y a de vraies questions, plus graves : la joie se confond elle avec le bonheur, ou avec le plaisir, ou avec la jouissance ? 

 

Tel auteur ou musicien est-il naturellement porté à ce courant plus qu’à un autre ? Faut-il faire le départ entre la tragédie, toujours vue comme étant plus noble et la comédie, moins considérée ?

 

Et ce spectacle ardait d’une prise totale avec l’actualité que nous vivions, perturbante pour tout Parisien, à quelques centaines de mètres du théâtre Essaïon où nous étions, qui est l’incendie de Notre Dame, ce lieu où tous les chants de gloire et de joie depuis 800 ans sont montés, partait dans un événement aussi définitif que le bûcher de Jeanne à Rouen en 1431.

 

Anne Cadilhac qui interprète le rôle du cobaye humain, toujours enjouée, toujours heureuse, et qui semble être habitée du démon de la joie, est co-auteur de ce spectacle avec Sandrine Montcoudiol, la savante folle, un peu dérangeante au fond et qui nous renvoie à des terreurs anciennes lors d’une conversation avec un homologue teuton. Il y aurait fort à penser sur cet échange, certes amusant, mais au fond révélateur…

 

Dans une mise en scène de Yann de Monterno, nos deux actrices, chanteuses et  musiciennes se livrent à une représentation de notre société : pourquoi certains sont-ils joyeux et d’autres pas ? De quoi rions nous ? : de tout  pour certains, de rien pour d’autres. Faut-il rire de tout de crainte d’en pleurer ? Le rire est-il nocif ? ( et c’est là le sujet central du « Nom de la Rose » ! )

 

Dans ses rêves que nous partageons, Camille Corbillard, la cobaye, grime Fleur de Tolbiac ( la « savante » ) qui porte certes un nom de victoire mais va, semble t-il d’échec en échec, ô paradoxe !, et l’associe à ses délires pour d’une certaine manière la décrocher des cimaises auxquelles elle pense prétendre. 

 

C’est la replacer dans son espace vital, celui de la fantaisie, du « lâcher-prise » dirait-on maintenant, et c’est surtout le domaine des rêves donc de la loufoquerie vue comme plausible, de l’irréel ressenti comme rationnel. 

 

Nous sommes là au croisement des deux mondes représentés par chacune des interprètes et la fusion se fait à la fin du spectacle, un peu à la manière du teaser de « La Haine » : jusqu’ici tout va bien !

 

Ce spectacle pour léger qu’il paraisse, en raison des moments de dinguerie auxquels il est difficile d’échapper n’en porte pas moins des moments d’interrogations, et porte en lui une information qui ne devrait pas être une nouvelle, on peut tout dire, pourvu que ce soit sur le ton de la légèreté.

 

C’est pourquoi il est utile et nécessaire d’aller applaudir cette « Anatomie de la joie », qui est plutôt une tentative de séquençage.

 

C’est le lundi et le mardi à 19h45.

 

Frédéric ARNOUX ©

 

 

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10:54 Publié dans SPECTACLE MUSICAL | Lien permanent