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08/01/2019

Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand CELINE

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LUCERNAIRE

 

53, rue Notre Dame des Champs

 

75006 PARIS

 

 

 

(M° N.D. des Champs)

 

LOC. 01 45 44 57 34

 

Pl. 11 à 26€

 

http://www.lucernaire.fr/

 

THEATRE NOIR, durée : 1h10

 

Mise en scène et interprétation : Franck DESMEDT

 

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Nous avons l'habitude d'assimiler auteur et personnage (s) et indéniablement, Céline a vécu l'expérience de Bardamu, pourtant conclure à l'identique constituerait une erreur.  Louis-Ferdinand a transposé, construit soigneusement ce anti-héros.

Comme beaucoup sans doute, car on ne va pas en direction d'un auteur par hasard, j'ai pris le chemin qui mène au Lucernaire avec encore en mémoire la prestation époustouflante de Stanislas de la Tousche, véritable réincarnation de Céline !

Comparaison n'est pas raison a t'on coutume de dire, néanmoins et de prime abord, Franck Desmedt me dérouta un peu. Toujours obsédée par celui que je viens de nommer, je le trouvais trop lisse, son jeu trop académique donc à l'inverse de l'image habituelle du personnage. Il se présentait à nous comme un être polissé ( en dépit du langage utilisé ) avec en prime, une incroyable élégance.

Or le Dr Destouches n'a pas toujours été ce quasi clochard qui retenait ses pantalons au moyen d'une ficelle et la légende à la longue a caricaturé l'homme, lequel en un souci de vérité voulait descendre en lui toujours plus profondément, toujours plus bas.

Bardamu, ( contraction de barde et de mue ) car sans nul doute, le facétieux Céline s'est amusé à composer ce nom, sans compter que le barda était ce sac lourd au possible ( entre 30 et 35 kg ) que tout soldat traînait obligatoirement tout au long de ses déplacements.

Le barda de Céline, c'est la vie bien entendu et le chargement pèse lourd aux épaules anarchiques. Il conspuera tout, la guerre - lui, le pacifiste convaincu emporté dans la tourmente - l'Afrique, où il apprit à détester le colonialisme puis New-York, avec son esprit capitaliste et enfin, la misère des banlieues.

Avant d'écrire ce chef-d'oeuvre insolite, Céline en 1927 avait donné vie à Bardamu par le biais d'une pièce de théâtre intitulée : L' Eglise, oeuvre à ses yeux complètement ratée mais qu'il présentera quand même à un éditeur qui en toute logique n'en voudra pas. Les prémisses du Voyage figuraient déjà tout au long de ces 5 Actes.

Il décida donc de réécrire mais cette fois sous forme de roman autobiographique avec la nécessité d'y faire figurer le personnage de Robinson " cet autre moi " aurait-il pu dire ... son double par conséquent et les tâches seront ainsi réparties.

 

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( photos : LOT )

 



Or Céline a un objectif : dire la vérité - sa vérité - laquelle ne tombe pas précisément au bon moment. Au délire hitlérien se juxtapose le délire célinien, qu'il paiera très cher…

-  " J'écris comme je sens ( disait-il ) on me reproche d'être ordurier, de parler vert … on me reproche la cruauté systématique. Que le monde change d'âme, je changerai de forme. "

Tout est dit.

Rien ne l'affecte plus que le spectacle de la misère ( que dirait-il actuellement ? ! ) lui, le médecin qui soignait les nécessiteux sans réclamer d'honoraires.

Confrontés à ce génie littéraire, grande est la tentation de se faire avocat du diable car les mots heureusement n'ont pas le même poids que les actes et à notre connaissance Céline n'a tué personne. Comment l'aurait-il pu, lui qui prononça le serment d'Hippocrate ? ( Rien à voir avec un Mengele ) seul son langage fut parfois assassin et ( bis repetita … ) tombait au pire moment.

Par conséquent, ne confondons pas l'homme et l'oeuvre ce que beaucoup firent  et continuent de faire dans le sens le plus négatif du terme. Céline est mort, vive Céline car à sa façon ce fut un roi. Celui des gueux si vous voulez …

Maintenant si ses textes vous tombent des mains ( ce fut mon cas durant des décennies ) vous pouvez toujours choisir de l'aller entendre, dit par Franck Desmedt gageons qu'il passera alors de façon optimale.




Simone ALEXANDRE

 

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10:28 Publié dans THEATRE | Lien permanent