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04/11/2018

Les Bonnes de Jean Genet

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GUICHET-MONTPARNASSE

 

15, Rue du Maine

 

 

75014 PARIS

 

(M° Montparnasse)

 

LOC. 01 43 27 88 61

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

Forfait 2 spectacles le même soir : 30€

 

le jeudi à 19h

 

jusqu'au : 22 NOVEMBRE 2018

 

http://www.guichetmontparnasse.com/

 

Mise  en scène : Mathilde CHABIN-GUIGNARD

 

avec Delphine AUDREY (Madame) - Jude MARTIN (Claire) - Frédérique SOREL (Solange)

 

 

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Avant que la lumière n'éclabousse le plateau, on entend le vrombissement d'un aspirateur car lorsque Madame s'absente, les Bonnes ont intérêt à s'activer.

Nous découvrons en fond de scène, quatre portants, chargés de vêtements féminins tous plus soyeux les uns que les autres, avec pour seules teintes, le rouge ou le blanc en une symbolique très significative : le rouge étant la couleur de la passion ( et du meurtre … ) le blanc, teinte réservée aux reines en deuil ; or Monsieur ( qu'on ne verra jamais ) vient d'être condamné au bagne.

Les Bonnes - quant à elles - n'ont que le noir pour se vêtir, emblème du désespoir anarchique depuis que Louise Michel a un jour de meeting eut l'idée ( paraît-il ? … ) d'accrocher un vieux jupon couleur de ténèbres à un manche à balai.

Caractère dérisoire des grandes causes !

Solange et Claire ne sont pas encore arrivées à ce stade là.
Elles expriment leur rage en catimini, quand Madame est sortie, en jetant à terre les vêtements qu'elles ne pourront jamais s'offrir.

Et puis elles jouent à parodier leur existence et c'est ainsi que Solange devient Claire tandis que cette dernière se prend pour Madame. On se défoule comme on peut.

Jean Genet nous dit-on, était lecteur de la revue Détective, où il découvrit le compte rendu de l'affaire Papin, ces deux soeurs employées de maison devenues criminelles.

Ah ! pouvoir étrangler Madame … lui faire rendre gorge de toutes ses bontés qui sont autant d'insultes destinées à renforcer l'assujettissement du personnel !

" C'est un conte " disait Genet, " une forme de récit allégorique " - un jeu de miroir en quelque sorte où chacun (e) se prend pour l'autre … C'est surtout une critique acerbe de la société où les nantis écrasent les employés.


En cette période où les riches le sont de plus en plus et à ce titre trouveraient inconcevable de se salir les mains au contact de travaux ménagers, semblables situations ne risquent-elles pas de se reproduire ?

 

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Jean Genet avait un temps envisagé de faire jouer les deux soeurs par deux hommes et peut-être souhaitait-il représenter cette pièce en milieu carcéral ? Bien possible ...
Depuis, des metteurs en scène ont parfois eu l'idée de confier le rôle de Madame à un interprète masculin. Nous savons tous que l'auteur adorait bousculer l'ordre établi en cassant les conventions.

Alors pourquoi en effet, ne pas confier celui de Claire à Jude Martin qui se déclarait partant pour l'aventure ?

Sa minceur va de pair avec la silhouette androgyne de Frédérique Sorel ( Solange ) et conforte le contraste avec Madame, aux formes nettement plus épanouies.

Ce qui se produisit ensuite, vous le savez sans doute, ce texte étant le plus joué parmi le répertoire de Jean Genet et si vous l'ignorez, il me faut alors vous laisser découvrir ce qui advint mais pour cela faites vite, car la pièce qui ne se joue qu'un seul soir par semaine - le jeudi - n'est à l'affiche que jusqu'au 22 novembre.

Scénographie et mise en scène sont brillantes et l'interprétation de Frédérique Sorel a plus spécialement attiré mon attention grâce à l'intelligente justesse de son jeu.



Simone ALEXANDRE

 

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18:23 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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