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18/10/2018

Le vieux juif Blonde d'Amanda STHERS

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THEATRE DES MATHURINS

 

36, Rue des Mathurins

 

75008 PARIS

 

 

 

(M° Havre-Caumartin)

 

LOC. 01 42 65 90 00

 

Pl. 26€ (tarif unique)

 

https://www.theatredesmathurins.com/ 

 

Mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 19h

Dimanche à 16h

 

Texte : Amanda Sthers

 

Interprète : Camille Razat

 

Musique : Stanislav Makovsky

 

sous le regard de : Volker Schlöndorff

 

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Avec régularité depuis sa création voilà douze ans, « Le vieux Juif Blonde » revient sur nos scènes parisiennes.

Première pièce d’Amanda Sthers, c’est actuellement le théâtre des Mathurins qui nous offre l’occasion de la voir ou la revoir. Cette fois, c’est le brillant Volker Schlöndorff qui assure la mise en scène, sans excès, dans un espace volontairement dépouillé, de façon sobre , élégante.

Accompagnée du son moelleux de l’archet de Stanislav Makovsky, Camille Razat nous donne à voir et à entendre une jeune femme partagée entre l’apparence qu’elle présente, une toute jeune femme blonde et fort jolie, et le personnage qui l’habite, un vieux juif de 77 ans, Joseph Rosenblatt, rescapé d’Auschwitz, qui continue de parler par sa voix.

 

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Nous entrons dans un monde fantastique où le jeune se confond avec le vieux, qui n’est pas sans évoquer l’inversion des processus retracé dans le film « L’étrange histoire de Benjamin Button », où parfois l’un prend le pas sur l’autre à la grande surprise de l’entourage de la jeune femme, pour lequel elle est simplement folle, parce qu’il convient toujours de ranger les uns et les autres dans des cases connues.

L’idée force de ce texte est d’avoir pu mêler les tourments ressentis par une jeune femme au sortir de l’adolescence et les souffrances d’un ancien déporté qui après avoir souffert dans sa chair porte sans fin le souvenir de ce passé douloureux.

Leur croisement peut revêtir quelque chose d’excessif, et pourtant la mécanique fonctionne.

Il y a dans le constat fait par la jeune fille du manque de respect accordé à sa personne une sorte de parallèle avec le mépris voire l’indifférence exercé par les bourreaux à l’encontre des déportés.

La vie de la jeune fille se trouve, par moments, par courts instants, affectée par la présence en elle de Joseph, son passé, ses croyances et les repas de famille deviennent des cérémonies baroques, surtout au moment des célébrations juives auxquelles la famille bien classique, bien bourgeoise, et peu informée, peu curieuse, au vrai qu’elle est de ce qui n’est pas elle, n’est pas du tout prête.

 

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( Photos : Richebé )



Dans une sorte de tourbillon de plus d’une heure, Camille Razat nous expose avec une grâce infinie la palette de sa sensibilité, de son talent, en interprétant plusieurs personnages, comme rapidement tracés, des esquisses, mais des esquisses suffisamment précises pour que nous rencontrions les uns et les autres avec ce qu’ils ont d’odieux ou de sympathique.

Dans un sentiment mêlé d’effroi et de curiosité que nous ne qualifierons pas, nous partageons les émois et les troubles de cette double personnalité, inquiet tant pour elle que pour celui qui l’habite.


Ce n’est pas pour autant un spectacle fantastique au sens que peut nous rendre « l’Exorciste », rien de malsain ni de macabre, juste le cheminement de deux souffrances superposées qui se retrouvent dans un même corps.

C’est à un monologue poignant que vous convie le théâtre des Mathurins, et ce « Vieux Juif Blonde » a bien du charme et des attraits.


Frédéric ARNOUX ©

 

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10:42 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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