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28/09/2018

LE C.V. de DIEU de Jean-Louis FOURNIER

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PEPINIERE-THEATRE

 

7, rue Louis-le-Grand

 

75002 PARIS

 

 

 

(M° Opéra)

 

LOC. 01 42 61 44 16

 

Pl. de 20€ à 34€

- de 26 ans : 12€

 

https://theatrelapepiniere.com/

 

du mardi au samedi à 19h

matinée le dimanche à 16h

 

d'après le roman de Jean-Louis FOURNIER

paru aux Editions STOCK en 2008

 

Mise en scène : Françoise PETIT

 

avec Jean-Louis BALMER & Didier BENUREAU

 

 

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Si vous choisissez d’aller applaudir, parce que vous ne pourrez faire autrement, Didier Bénureau et Jean François Balmer à La Potinière Théâtre pour « Le C.V de Dieu » » de Jean Louis Fournier, vous ferez bien.

Durant un peu plus d’une heure, nous avons face à nous deux artistes du loufoque et du non-sens totalement à leur aise pour échanger des propos qui vont de la blague potache au trait douteux. Et c’est des plus réjouissant !


L’argument est amusant : Dieu s’ennuie seul dans son paradis et décide de s’occuper en travaillant. A cette fin, il postule à un emploi dont nous ne saurons rien mais c’est indifférent, et pour lequel il est reçu par le DRH d’une firme indéterminée.

C’est cet échange auquel nous assistons, en énumérant quelque peu les réalisations divines, avec les moyens adaptés à ceux du postulant, entrecoupé de questions d’ordre psycho-moraux de la part du DRH - Bénureau qui, bien entendu, souhaite mieux connaître son futur collaborateur.

Jean Louis Fournier a écrit un texte enjoué, moqueur, critique parfois, parfois cruel, plein d’un « non-sense » à la française qui n’est pas sans évoquer par moments l’humour absurde de Raymond Devos.

 

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Disons-le tout net, on rit franchement et, bonheur supplémentaire, on rit sainement, car il n’est pas question ici que le rire s’exerce aux dépens de qui que ce soit. C’est en cela que ce petit texte, vif et léger, se détache de ce que nous pouvons actuellement entendre en matière de « comique » qui peine soit à s’élever au -dessus du nombril (souvent celui de son auteur) soit à être simplement bienveillant.

Balmer compose et propose un Dieu assez bonhomme, peu fier de son fils, peu fier de lui au fond, sauf peut-être de son sens artistique, son goût, et son talent, pour le choix des couleurs et des formes. Honnête homme, dans les limites du raisonnable, il concède quelques erreurs, mais plaide son immense solitude et son manque d’expérience. Tout cela, dans son contexte, est savoureux.

C’est un Dieu modeste et sans orgueil, qui se veut bon, généreux, et ne reconnaît pas volontiers le revers des médailles dont il ne revendique que l’avers. Les catastrophes naturelles ne sont pas de son fait, pas plus que les malheurs du monde ou les défauts de l’homme, qu’il tient pour responsable de sa situation en déplorant son peu de respect du travail qu’ Il a accompli. Cette mauvaise foi le rend un peu plus humain encore.

Il y a une dizaine d’années, Marc-Antoine Matthieu publiait un petit texte intitulé « Le procès de Dieu ». Ici, Jean Louis Fournier nous livre une autocritique raisonnable et raisonnée de ce même Dieu.

 

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( photos : Ch. VOOTZ )



Dans une mise en scène plaisante et simple,  car quiconque a un jour subi un entretien d’embauche connaît le caractère figé voire compassé de l’exercice, Françoise Petit donne aux interprètes l’occasion de se livrer à un dialogue jouissif. Peu à peu, les liens vont se créer entre les deux personnages, une sorte de confiance va naître et nous serons, un bref instant, à rôles renversés.

Jean-Louis Fournier, qui a travaillé en son temps avec Pierre Desproges, dont on peut, parfois retrouver le trait absurde et forcé,  nous livre là un texte tendre et sympathique, où l’humour, et la formule n’est pas neuve,  est la forme la plus élégante, la plus polie d’un certain désespoir. C’est vrai que tout irait bien si nous n’étions pas contraints de vivre, mais que ne raterait-on pas, d’occasions de protester, s’indigner, pleurer ou rire.

C’est un spectacle vif et entraînant, comme on dirait d’un air de musique joyeuse, porté par deux interprètes y prenant, suivant toute apparence, plaisir, et ce bonheur rejaillit sur la salle.


C’est à consommer sans modération.


Frédéric ARNOUX ©

 

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10:26 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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