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25/09/2018

INDEPENDENCE de Lee Blessing

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THEATRE LE FUNAMBULE

 

53, Rue des Saules

 

 

75018 PARIS

 

(M° Lamarck-Caulaincourt)

 

LOC. 01 42 23 88 83

 

Pl. 28€ - T.R. 18€

- 26 ans : 10€

 

https://www.funambule-montmartre.com/

 

Samedi à 17h30

Dimanche à 19h

 

 

jusqu'au : 28 Octobre 2018

 

 

Adaptation : François Bouchereau

 

Mise en scène : Marjorie Lhomme

 

avec : Laura Chemakh, Florence Gotesman, Macha Isakova et Clémence Lestang

 

 

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Le paradoxe du titre est que rien de ce que nous verrons et entendrons ne relève d’un état d’indépendance, mais bien plutôt l’inverse. Lee Blessing a voulu jouer sur les mots et donne à sa pièce le nom d’une ville de l’Ohio qui ne donne pas plus que cela l’envie de s’y rendre, même par curiosité touristique.

Cette pièce, produite par récurrence et qui revient périodiquement, témoigne du théâtre moderne, qui, disons- le d’emblée, ne vieillit pas trop bien, reste un morceau de choix pour les actrices qui s’y collent.

 

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Il s’agit ici de rencontrer trois filles et leur mère ( et cela n’a rigoureusement rien à voir avec le roman érotique de Pierre Louÿs publié en 1926 « sous le manteau », intitulé « Trois filles de leur mère » ), aux prises avec les affres de la vie de famille.


Nous avons face à nous quatre caractères fort différents et nous comprenons vite que dans cet univers sans homme, quelque chose déraille.

La mère est rapidement réputée folle et l’aînée de ses filles, partie vivre sa vie et enseigner loin de chez elle, dans un autre Etat, l’a faite interner pour quelques mois, ce que la plus jeune des trois  filles n’accepte pas, alors que sa soeur, artiste approximative et crédule, un peu futile, un peu « tendance » et, somme  toute plus indifférente aux liens familiaux, ne se formalise pas plus que cela.

Si cette pièce constitue pour les comédiennes une sorte de gageure, un peu comme un exercice de style, il n’en demeure pas moins que le texte a vieilli.

 

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Certes entrer dans un monde exclusivement féminin n’est pas simple et Marjorie Lhomme, dans sa mise en scène nerveuse, rapide en dépit de la multitude de scènes qui constituent la pièce, avec autant de changement de tenues ou d’emplacements, pour marquer le temps qui passe, fait de son mieux pour traduire cette impression d’étouffement, mais elle n’y parvient pas vraiment.

Pourquoi faut- il « hystériser » les attitudes des femmes que l’on traduit en faisant hurler les comédiennes, qui tympanisent alors les spectateurs qui n’en peuvent mais, sans comprendre un mot de ce que le cri contient… Passons, c’est certainement un effet de mode, il passera également.

Curieusement, et alors que la tension devrait monter, on peine à s’intéresser aux états d’âme des unes et des autres, parce que Lee Blessing n’est pas allée assez profondément dans la recherche des caractères, semble-t-il ; nous ne sommes pas dans un univers où les liens familiaux mènent à la folie, ce n’est ni « Soudain l’été dernier » ni « Une chatte sur un toit brûlant », ce sont juste quatre pauvres provinciales qui s’ennuient, coincées entre le voisinage et le quotidien  et qui pour passer le temps se pourrissent mutuellement la vie.

 

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C’est assez lourd, et au final plus agaçant que dérangeant.

Car on a très envie de les secouer toutes autant qu’elles sont, pseudo intellectuelle comme gourde à prétention artistique , fille cadette vaguement stupide et accrochée à une histoire d’amour bidon ou vieille petite fille qui a eu trois enfants dont elle ne sait que faire, comme elle ne sait que faire d’elle-même.


Et c’est moins à un combat entre solitudes accumulées auquel nous assistons qu’à quatre monologues qui parfois s’entrecroisent. Reste que cette pièce est à connaître et que les actrices donnent tout pour apporter  de l’épaisseur à leurs personnages. C’est assez dire combien elles doivent être performantes.




Frédéric ARNOUX ©

 

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10:35 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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