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19/09/2018

LES ENIVRES de Ivan VIRIPAEV

Enivres-h.jpg

 

 

CARTOUCHERIE

THEATRE DE LA TEMPETE

 

Route du Champ de Manoeuvre

 

75012 PARIS

 

 

 

(M° Château de Vincennes

puis navette gratuite de la Cartoucherie)

 

LOC. 01 43 28 36 36

 

Pl. 20€ - T.R. 16/12€

 

https://www.la-tempete.fr/

 

Du 14 SEPTEMBRE au 21 OCTOBRE 2018

 

Salle Serreau

 

Du mardi au samedi à 20h

dimanche à 16h

 

 

Texte français de Tania MOGUILEVSKAIA et Gilles MOREL

( Les Solitaires Intempestifs )

 

Mise en scène : Clément POIREE

 

avec,

 

John ARNOLD (Mark, Karl, Mathias)

Aurélia ARTO (Laoura, Linda)

Camille BERNON (Marta, Rosa)

Bruno BLAIRET (Gustav, Gabriel)

Camille COBBI (Magda)

Thibault LACROIX (Max)

Matthieu MARIE (Lawrence, Rudolph)

Mélanie MENU (Lora)

 

Scénographie : Erwan CREFF

 

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La vie est un manège qui tourne inlassablement, sur lequel les pauvres bestioles que nous sommes présentent un équilibre instable. Ces êtres titubants essaient de se rejoindre, tombent, se relèvent et parfois se vautrent dans le fossé tandis que la planète poursuit sa course folle.

Voilà ce que nous montre Ivan Viripaev. Tous ces personnages ayant bu au point de ne plus tenir sur leurs jambes essaient encore de raisonner,  s'agressent, se répètent, bref ont le comportement typique de ceux qui ont usé et abusé de la boisson la plus saine qui soit à condition de se contenter de la déguster au lieu de s'en emplir ...

Mais comme le disait Rabelais " natura abhorret vacuum "

A l'issue d'une nuit de beuverie nous les découvrons tous ayant dépassé le stade de la recherche du dépassement de soi, en un fort et collectif piteux état.

C'est excessif, drôlissime, les limites de la dignité et de la bienséance ayant depuis longtemps volé en éclats. Chacun est à la recherche de l'impossible signification, prêt à interpeller un Dieu invisible aussi inaccessible aux croyants qu'aux athées.

Et comme le fera remarquer avec truculence un personnage,

" Dieu n'en a rien à ch … de ce que l'on peut penser de lui ! "

" In vino véritas " allez-vous dire ?  L'amour privé d'équilibre reste au ras des paquerettes. Quelques tentatives ont lieu, çà et là, non dénuées de fulgurances mais les envolées restent pathétiques voire même grotesques.

 

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( photos : Chantal DEPAGNE )



Pourtant une poésie se dégage de ces tentatives d'harmonie spirituelle. C'est ainsi que Marta déclarera à Gustav,


- " Tant que tu n'aimes pas, tu dors, l'Amour c'est la vie."


L'ivresse se révèle ici libératrice car elle permet de dire tout ce qui serait resté secret à jeun.  Gabriel déclarera à son tour,

- " Je ne boirai plus jamais mais je ne dessaoulerai pas. "

La phrase a ici une quasi portée métaphysique ! ...

Car ces quatorze buveurs ne se trouvent dans cet état qu'à cause du caractère occasionnel de l'événement. Ils ne savent pas gérer la situation et en perdant pied, l'ivresse leur sert de tremplin vers autre chose qu'ils ne soupçonnaient pas.

Tous ces comédiens se sont tellement investis qu'il serait injuste d'en citer un, plutôt qu'un autre. Il convient donc d'adresser un immense et collectif bravo à tous.

La mise en scène de Clément Poirée est purement géniale. Voilà du théâtre, du vrai comme on n'en voit que trop rarement.




Simone ALEXANDRE

 

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09:16 Publié dans THEATRE | Lien permanent