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18/09/2018

Les mots pour le dire d'après Marie Cardinal

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L' ARCHIPEL

 

17, boulevard de Strasbourg

 

75010 PARIS

 

 

 

(M° Strasbourg St-Denis)

 

LOC. 01 73 54 79 79

 

Pl. 15 / 22€

 

https://www.larchipel.net/

 

Salle Rouge

 

jeudi, vendredi, samedi à 19h30

 

jusqu'au : 19 JANVIER 2019

 

Mise en scène : Frédéric SOUTERELLE

 

 

avec : Françoise ARMELLE et Jade LANZA

 

 

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C’est toujours une sorte de gageure que d’adapter un roman, par essence la forme la plus appropriée à l’extrême liberté d’expression tant sur le fond que sur la forme, au théâtre, qui certes ne connaît plus les contraintes de la règle des trois unités, mais qui dépend terriblement de l’espace scénique.

Avec « Les mots pour le dire » d’après le roman de Marie Cardinal, Jade Lanza est parvenue à une adaptation très fluide, très compréhensible. Dans sa mise en scène Frédéric Souterelle a bien marqué dans l’espace les moments de la vie de la narratrice : côté jardin, nous sommes dans son passé et son enfance, côté cour, nous sommes chez le psychanalyste et au centre, Jade Lanza, qui interprète également le texte, est dans son présent.

 

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Ce roman, qui remporta un vif succès et confirma Marie Cardinal en qualité d’auteur a paru en 1976 et préfigure d’une certaine manière ce qui prendra plus tard la forme des autofictions. Elle raconte sa psychanalyse commencée au début des années 1960.

Faire de ce texte une sorte de manifeste féministe est peut être hâtif. Marie Cardinal ne milite pas, elle expose sa situation d’enfant à l’enfance peu regrettée, peu aimée, puis son statut de jeune femme puis de femme, épouse et mère, soit la trajectoire très classique des femmes d’après-guerre, jeunes adultes durant les Trente glorieuses ,et qui devaient trouver bonheur et épanouissement au sein de sa famille et des arts ménagers.
Pour la professeur de philosophie qu’était Marie Cardinal, le compte n’y était naturellement pas.

Victime de troubles physiques des plus incommodants, elle choisit de consulter un psychanalyste durant près de 7 ans. Il saura lui faire trouver les mots pour dire son mal être, ses malaises, ses souffrances, et d’eux viendra la guérison.

Si nous voulions dresser un parallèle avec la confession, au cours des époques précédentes,  qui remet les péchés et rétablit l’âme, dit-on, on pourrait penser que ces séances avec le spécialiste sont une forme de confession moderne, dépouillée de toute valeur religieuse ou morale. Mais il semblait que les résultats soient plus importants que le passage à genoux devant une autorité morale sans légitimité réelle.

La narratrice voit s’ouvrir devant elle des horizons insoupçonnés, comprend des situations anciennes restées dans l’obscurité, change de point de vue sur les personnes et sa vie passée, pour tenter de donner à sa vie future sinon une nouvelle orientation au moins une inflexion inédite.

 

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( photos : Philippe ESCALIER )



On peut dire que Marie Cardinal a œuvré pour le droit des femmes, avec ce roman, ici adapté. Peut- être. Certes pas à la façon littéraire de Simone de Beauvoir ou Benoîte Groult, ou politique et militante comme Yvette Roudy ou Antoinette Fouque, mais néanmoins, et parce que ce  roman a remporté un très vif succès de librairie, on peut y voir le début, juste avant 1968, de la prise de conscience par les femmes de leur importance, au sein d’une société alors très masculine.

Il paraît qu’actuellement la parole des femmes se libère. On peut sourire de la formule car n’est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre, et il y a une assez jolie lurette que des femmes ont pris la parole, pour d’autres, qui finissent simplement par les rejoindre, 40 ans plus tard.

Marie Cardinal, avec ce texte,  et un peu en avance sur notre époque a ouvert des voies, et le spectacle actuellement à l’affiche  au Théâtre l’Archipel est là pour le rappeler, avec intelligence, talent et opportunité  Ce n’est pas «N’écoutez pas Mesdames », mais plutôt « Entendez-nous Messieurs ! ». Et c’est en une heure une jolie leçon de vie.




Frédéric ARNOUX ©

 

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13:20 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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