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14/09/2018

Mademoiselle C de Maude Sambuis

 

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Théâtre ESSAION

 

6, rue Pierre au Lard

 

75004 PARIS

 

 

 

(M° Hôtel de Ville ou Rambuteau)

 

LOC. 01 42 78 46 42

 

Pl. 20€ - T.R. 15€

 

http://www.essaion-theatre.com/

 

les jeudi, vendredi & samedi à 21h30

 

jusqu'au : 22 SEPTEMBRE 2018

 

 

Texte et interprétation : Maude SAMBUIS

 

Mise en scène : Marcel HETTAK

 

 

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En mars de cette année, nous parlions déjà d’un spectacle autour de Camille Claudel, qui nous avait fort déçus.

C’est en septembre et jusqu’au 29 qu’il faut aller voir et entendre Maude Sambuis dans un texte vif, nerveux, conçu par elle- même et sobrement intitulé « Mademoiselle C. » au Théâtre Essaïon.

C’est , bien sûr, Camille Claudel, mais comme flashée à divers moments de sa vie.


On découvre une jeune femme espiègle, enjouée, fine, cultivée, secouant son frère, ce léthargique  précocement pompeux, noyé dans les jupes de sa mère et qui s’apprête à devenir, on ne sait comment, une ( fausse ) gloire littéraire et un diplomate sans éclat.

 

On voit alors une jeune femme sur le chemin de la liberté qui n’est pas sans  évoquer  la Carmen de Bizet, qui n’est pas tout à fait celle de Mérimée,  libre, indépendante d’esprit, curieuse d’expériences et déterminée.

Le spectacle s’ouvre sur une vidéographie  projetée directement sur le fond de scène, qui est de pierre ; et nous verrons à cela le signe du destin de l’artiste. Sa vie repose sur cet élément et l’habite infiniment.

 

La dernière image est saisissante où, floutée, nous voyons une esquisse d’œuvre de Claudel traverser la porte de l’Enfer de Rodin, sans savoir si elle y entre ou en sort.

 

C’est en quelque sorte, en une seule image, tout le cours de l’existence de cette femme, que cette montée aux Enfers et le saut dans le vide atroce de l’oubli, dont elle ne sort que depuis quelques années. Ce nouveau festin de pierre n’est pas sans laisser un certain trouble.

 

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La force et l’intelligence de ce spectacle vif, il dure une heure, est que nous traversons la vie de Camille par séquences marquantes. Et c’est l’occasion pour Maude Sambuis, mise en scène efficacement par Marcel Hettak qui utilise l’espace de l’Essaïon, difficile, au mieux, dans une grande économie d’effet et une approche tout en rétrécissement des mouvements qui témoigne de la terrible descente de Camille vers le vide, de donner à voir et à comprendre le sort des femmes entre la fin du XIXème  siècle et au début du XXème.

Disons- le tout net, elles n’ont le choix qu’entre la cornette et la maternité.


Or pour celles qui veulent s’émanciper, le combat est multiple qui consiste à affirmer son droit à la différence pour mieux installer ensuite le droit à l’indifférence, c’est-à-dire la reconnaissance dans la vie sociale.


Camille a foi en la société ; issue d’une famille aisée, catholique pratiquante ( jusqu’à la bigoterie pour certains membres ), ayant une véritable vie sociale, elle peut légitimement caresser l’espoir de réussir sa vie d’artiste et ses débuts dans la création sont plutôt prometteurs et engageants.

Il est inutile de revenir sur sa relation avec Rodin qui certainement fut le point de départ de son malheur , puisque l’engagement  de celui-ci ne fut jamais à la hauteur des attentes de Camille.

Rappelons néanmoins que ledit Rodin dûment marié à Rose Beuret, était un coureur de jupons reconnu et qu’il ne devait, au final, pas attacher plus d’importance que cela à son ex élève…
Ce Dom Juan fin de siècle est au final humainement assez peu sympathique.

 

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Au travers de plans -séquences, Maude Sambuis nous entraîne sur le chemin du désespoir de Mademoiselle C., victime des hommes et ce, compris son frère traître et peu moral, victime d’une société dans laquelle les femmes n’ont pas encore trouvé leur place, victime des institutions qui ne reconnaissent pas son travail, ou mal, victime de l’oubli. Sa revendication de liberté s’évanouit alors.

C’est un beau et vibrant spectacle auquel il faut se hâter d’aller, car il s’achève fin septembre, au moment où les feuilles de l’automne commenceront de couvrir les rues.



Frédéric Arnoux ©

 

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10:30 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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