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19/03/2018

Déjeuner chez Wittgenstein de Thomas Bernhard

 

 

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MANUFACTURE des ABBESSES

 

7, rue Véron

 

75018 PARIS

 

 

 

(M° Abbesses)

 

LOC. 01 42 33 42 03

 

Pl. 24€ - T.R. 13€

 

http://www.manufacturedesabbesses.com/

 

les jeudi, vendredi, samedi à 21h

dimanche à 17h

 

jusqu'au : 22 AVRIL 2018

 

Adaptation et mise en scène : Nicolas LAKIOTAKIS

 

avec Sophie LAJEUNESSE, Nicolas LAKIOTAKIS, Corinne de MONTALEMBERT et la voix de René POUTOU

 

 

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La règle des trois unités est ici rigoureusement respectée et l'action se situe en la maison des Worringer, grande famille d'industriels et de mécènes viennois.


Après le décès des parents ( le père étant mort suite à un cancer de la langue, ce qui hante l'esprit tourmenté du fils qui redoute une possible hérédité ) les deux soeurs restent ancrées sur place, désireuses de faire autrement mais ne le pouvant pas.

Elles se déclarent comédiennes l'une et l'autre mais ne jouent que très rarement.  Du reste Voss ( Ludwig ) n'affirme t'il pas que " faire du théâtre est un art abject " seule la musique et Beethoven en particulier ayant quelque attrait pour lui.

Thomas Bernhard ouvre pour nous ici, une parenthèse, celle qui correspond à la visite de Ludwig ( Nicolas Lakiotakis ) ce frère philosophe monomaniaque interné à Steinhof, lequel bénéficie d'une autorisation de sortie suite aux demandes réitérées de sa soeur : Dene ( Corinne de Montalembert ) ce, en dépit des réticences de la plus jeune de la fratrie : Ritter, ( Sophie Lajeunesse ) qui ne sait que trop comment les expériences précédentes se sont soldées or l'amour de Dene pour ce frère est plus fort que tout.

Cette dernière a donc réussi à convaincre le directeur de l'établissement qui ici prodigue ses recommandations devant nous selon l'intention du metteur en scène. ( dans l'oeuvre initiale, seuls ses propos étaient reportés.)
Ce rôle inhabituel ne dépassera pas les limites d'une éphémère figuration qui n'avait rien d'indispensable de même que le bien fondé de l'utilisation ponctuelle d'une voix off m'a quelque peu échappé …

Nous assistons donc aux instants qui précèdent la venue de ce frère si particulier ; Dene qui a congédié les domestiques, s'active aux derniers préparatifs tandis que la soeur cadette manifeste sa désapprobation en restant confortablement installée dans un fauteuil et consulte négligemment des revues.

En fond de scène, cinq portraits de famille sont accrochés symbolisant l'immuabilité du temps en ce lieu où tout le monde vit dans l'espoir improbable du réel retour de ce frère dont l'absence statufie l'existence de ses proches.

 

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Mais voilà Ludwig qui s'insurge immédiatement quand on lui annonce que le docteur Frege est censé superviser sa présence en ce lieu. Or Thomas Bernhard nourrissait la même considération que Molière pour les médecins. " Il y a des médecins qui ne font qu'accélérer les maladies " précise t-il.

( Il faut dire que l'état de santé de l'auteur lui avait permis de les jauger de très près et de façon réitérée.)

Les rapports s'avèrent pour le moins complexes entre ces trois là qui ne peuvent se passer les uns des autres et s'adorent tout en se haïssant ; il y aura forcément quelques confrontations et bris de vaisselle en attendant qu'un après-midi de pluie calme les esprits sinon les corps ...

Ludwig convaincu de son pouvoir sur les deux femmes se révèlera despotique, fantasque et pour tout dire, infantile, les deux soeurs réagissant de façon sensiblement différente mais restant l'une et l'autre à sa merci.

Comment croyez-vous que tout cela finira ?

Pour le savoir il ne suffit que de prendre le chemin qui mène à la Manufacture des Abbesses. Cette pièce commence à peine mais étant programmée jusqu'au 22 avril, devrait s'améliorer de soir en soir et trouver très rapidement son rythme de croisière.




Simone Alexandre

 

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08:53 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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