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09/03/2018

CLAUDEL de Wendy Beckett

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THEATRE de l'ATHENEE

 

7, Rue Boudreau

Square de l'Opéra Louis Jouvet

 

75009 PARIS

 

(M° Opéra)

 

LOC. 01 53 05 19 19

 

Pl. de 14 à 34€

T.R. de 8 à 17€

 

http://www.athenee-theatre.com/

 

Mardi à 19h

du mercredi au samedi à 20h

 

Texte et mise en scène : Wendy BECKETT

 

Chorégraphie : Meryl TANKARD

 

avec Célia CATALIFO, Marie-France ALVAREZ,

Marie BRUGIERE, Swan DEMARSAN, Sébastien DUMONT, Audrey EVALAUM, Clovis FOUIN, Christine GAGNEPAIN, Mathilde RANCE

 

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Il est bien rare qu’une année passe sans que les spectateurs soient conviés à découvrir, redécouvrir, Camille Claudel, sa vie son œuvre.

En ce mois de mars 2018, c’est à l’Athénée- Louis Jouvet que vous pouvez entendre et voir « Claudel », de et dans une mise en scène de Wendy Becket . Disons-le d’emblée, il y a dans cette pièce plus d’ambition que de moyens, et il est bien surprenant que ce soit non la mise en scène ou le texte qui retienne l’attention mais bien la scénographie, intelligente, esthétique sans afféterie, brillante même de Halcyon Pratt, servie par des lumières  somptueuses de François Leneveu et la chorégraphie tout en suggestion et en rappel des oeuvres de la sculptrice de Meryl Tankard.

 

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En fait, on a le sentiment  que l’accessoire et le principal ont ici échangé leurs rôles ; et le texte devient le support de la représentation visuelle.


Ce texte est grandement issu de ce que nous avons lu de la correspondance de Camille Claudel, et ne ménage pas les anachronismes langagiers, mais bon, « il faut être absolument moderne », comme disait Rimbaud, dans « Une saison en enfer ». Car que fut la vie de cette malheureuse artiste sinon une saison en enfer ?

Il nous est donné à voir, et surtout à entendre, car quelle idée que faire sans cesse hurler les comédiens, c’est à la fois pénible et inutile, très peu réaliste par ailleurs, et l’autorité voire le despotisme maternel peut s’exprimer autrement que par des forcements de voix…, une famille peu aimante, éclatée et unie uniquement pour la façade bourgeoise, un frère absent et veule, le futur académicien catholique n’ayant pas encore, selon toute apparence,  croisé le pilier de Notre Dame, un Rodin manipulateur et fuyant, bref une galerie de personnages peu reluisants.

 
Notre Camille tente de s’arranger de tout cela, comme elle peut, frappant à des portes entrouvertes qui se referment très vite avant que se referment définitivement sur elle les portes du monde vivant.

Il a fallu le livre de Anne Delbée en 1982 et surtout le film de Bruno Nuytten en 1988, que très visiblement l’auteur et metteur en scène a vu tant certaines scènes ou expressions semblent être un calque , pour ressortir cette artiste de l’oubli dans lequel elle était tombée, morte à 78 ans dans l’indifférence totale..

 

Divers musées (Lille, Châteauroux, Roubaix…) possèdent des œuvres qui témoignent de la force de son talent. L’an dernier, la Ville de Nogent-sur-Seine a ouvert un musée Camille Claudel et il s’est vendu à Drouot en 2017 une de ses oeuvres majeures qui devrait  intégrer prochainement ce musée.

Car c’est dans l’œuvre suggérée de Claudel que nous trouvons le plus intéressant de ce spectacle : deux danseuses ( Audrey Evalaum et Mathilde Rance ) et un danseur ( Sébastien Dumont ), magnifiquement éclairés, jusqu’à donner l’illusion de la matière dans laquelle ils existent.

 

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( photos : Christine Coquilleau )

 



Outre l’épuisant travail de modèle, car est-il un modeleur sans modèle, la tension nécessaire au maintien de la pose, de la plus simple à la plus sophistiquée, c’est également l’image finale qu’il nous est donné de voir et nous comprenons mieux les tourments de l’artiste par la production de son travail que par tout autre moyen.
C’est une riche et belle idée.

C’est à la salle Christian Bérard, merveilleux décorateur de théâtre mort jeune, à 47 ans, dont les moeurs eussent affolé le pudibond Paul Claudel, ce qui ne manque pas d’une certaine saveur.


Frédéric Arnoux ©

 

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10:56 Publié dans THEATRE | Lien permanent

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